- Le changement que l’on a en tête est un changement permanentet naturel. Il est inhérent à la vie. C’est l’apprentissage, le vieillissement, le renouvellement des élèves d’une école, des clients ou des produits d’une entreprise, du flot d’un cours d’eau, ou encore les tremblements de terre… On a peu de pouvoir sur ce changement. Je peux m’entraîner autant que je voudrai, jamais je ne courrai le marathon en moins de x heures. Je suis limité par mon potentiel. (Et que dire de mon pouvoir sur les fleuves, les épidémies et les tremblements de terre ?)
- Le second type de changement est un changement de cap. Un genre de virement de bord sur un voilier. Il est brutal et fait passer, en quelque sorte, d’un monde à un autre. C’est lui qui m’intéresse. Parce qu’il est volontaire. Mais il a une particularité. Il obéit à des lois. Et elles ne sont pas « évidentes ». Voir encadré:
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L’exemple le plus simple peut-être de ces lois contrintuitives concerne l’automobiliste. Imaginons qu’il dépasse l’endroit où il voulait s’arrêter. Il en est distant de 50m et pourtant il va devoir faire une boucle qui lui demandera 10 minutes. Il est contraint par la route et par son code. Il en est de même pour un tennisman. Supposons que sa faiblesse soit son coup droit. Il peut essayer de le renforcer. Mais il y a peu de chances qu’il fasse vite des progrès, ou qu’ils soient décisifs. Une meilleure tactique est de jouer sur ses forces. Par exemple, en utilisant son revers (s’il est efficace). Idem pour l’entreprise. Si elle est dépassée par l’innovation d’un concurrent, il est probable qu’elle aura plus à gagner à employer son savoir-faire dans un secteur nouveau, qu’à chercher à combler son handicap.
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L’innovation est-elle un changement non systémique ?
Pour Schumpeter, le changement est au cœur du capitalisme. Ce changement vient de l’entrepreneur. Et il combine des ressources existantes. Le changement capitaliste est un changement systémique. (SCHUMPETER, Joseph A., The Theory of Economic Development: An Inquiry into Profits, Capital, Credit, Interest, and the Business Cycle, Transaction Publishers, 1982.)
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