Aide des parents

Tous les conseils de mes parents ont été mauvais, me disait un ami. Surprenant. Les parents ne veulent-ils pas le bien de leurs enfants ?
Cela m’a fait penser à Boris Cyrulnik. Pour devenir homme, il faut explorer le monde pour apprendre à y vivre. Pour cela on a besoin d’une « base de sécurité ». Comme dans la théorie de « la relation d’aide » d’Edgar Schein, cette base de sécurité nous apporte les conditions nécessaires à la résolution des problèmes que nous rencontrons. Ce qui ne peut marcher que si elle cherche à nous donner les moyens de s’affranchir d’elle. Or, les parents ont généralement le projet inverse. C’est peut-être ce qui fait qu’on les quitte. 

La systémique en trois minutes

S’il y a de l’ordre, et pas chaos, c’est parce qu’il y a maintien de l’ordre.
Cette constatation triviale a des conséquences colossales. Elle explique pourquoi notre vie paraît parfois incompréhensible. Pourquoi il y a des crises. Pourquoi nous pavons l’enfer de bonnes intentions. Surtout, cela peut nous éviter de le faire. Pourquoi n’est-ce pas enseigné ? 3 minutes de systémique :

Candidats anti système

On parle de candidats « anti système ». Mme Le Pen et MM.Macron et Mélenchon. La gauche gouvernante serait un « système » ? Avec le discours sur les élites, et sur l’inégalité devenue héréditaire, il y a retournement de ce qu’elle dit être. Et le « système » est un moyen d’asservissement. Aliénation aurait dit Marx. Seulement, il ne s’attendait pas à ce qu’on lui retourne l’insulte.

Jadis, nos affaires se réglaient par la violence. C’était simple. Mais depuis qu’il y a la société, « l’injonction paradoxale » a remplacé la hache. Les armes nouvelles sont psychologiques. Elles font des invalides de l’égo. Elles mettent sous « l’emprise » de l’autre. Et les culpabilités sont impossibles à établir, car les manipulateurs savent rarement ce qui fait leur avantage. (Dieu, pensent certains.) Ce n’est pas une histoire de gauche et de droite, mais une guerre de l’homme contre l’homme. 

Que peut-on contre ce type d’arme ? Impossible de séparer Jeckhill et Hyde. Il faut mettre un terme à la guerre. L’humanité doit comprendre qu’elle a besoin de tous ses talents pour être durable.

Définition de changement

Changement : quelle est votre définition de ce mot ? 
Ressemble-t-elle à ce que l’on en entend ? « le changement c’est maintenant », « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », « la vie c’est le changement », « le Français résiste au changement »…

Avez-vous remarqué ce que toutes ces définitions ont en commun ? Elles sous-entendent que c’est aux autres de changer ! Ce sont des invitations à l’impuissance. Ce que nous disons sur le changement suppose qu’il ne nous concerne pas. 

Et maintenant, Paul et Virginie. On y fait naufrage. Virginie se noie parce qu’elle n’a pas voulu se dévêtir. Eh bien, le changement c’est cela : des circonstances nouvelles et des réflexes (culturels) inadaptés. Nous sommes tous des Virginie. Et il y a pire : c’est que d’autres nous voient comme nous sommes, ridicules, et ils en tirent parti. 
Et si tout ce qu’il y avait à savoir de changement, c’était une définition ? 

Le changement selon Bergson

Bergson explique ainsi le changement. L’artiste ne produit pas quelque chose que nous aimons, il redéfinit nos critères de jugement. Nous ne voyons plus l’art de la même façon avant et après lui. Idem pour tout changement. Il existe des êtres exceptionnels qui ont la capacité de créer la réalité. On y croit. Et elle naît.

Le changement naît tout armé, et fini. 

(Serge Moscovici a fait une expérience qui montre qu’effectivement, dans certaines conditions, notre vision du monde (des couleurs dans son cas) peut être reprogrammée.)

Et ce changement, il arrive ?

Heure des bilans. Ce blog parle de changement. Pour lui, comme pour la systémique, il est à « effet de levier ». Une bonne décision et tout change. Jusqu’ici, il croyait que la tâche était au dessus de ses forces. Il se demande maintenant s’il n’y a pas un moyen de réussir.
D’ordinaire, quand on pense changement, on pense « politique ». C’est une question de lois et de droits, et des justes combats qui nous les accordent. Pour Proudhon et Camus, le changement, au contraire, vient d’en bas. De vous et de moi. Il est social, pas politique. Ma façon de mettre en œuvre leur idée est la suivante. La multinationale a à la fois écrabouillé PME et citoyens en les mettant en concurrence parfaite, et diffusé son savoir-faire, à elle. Ce savoir-faire consiste à tirer du marché le maximum d’argent pour ce qu’elle fait, de maximiser ce que les économistes appellent la « valeur d’échange ».

Si la PME s’empare de ce savoir-faire, elle peut non seulement se sortir de la panade, et connaître une croissance de start up, mais aussi résoudre les problèmes du chômage et d’intégration. Pour cela, il suffit que les dirigeants de PME se sortent un peu la tête de l’eau en se rencontrant les uns les autres. Par exemple en montant des conseils d’administration et en y invitant leurs collègues. (Il y a peut-être d’autres idées, mais, au moins, j’ai observé que celle-ci marchait.) Ce qui ne nous dédouane pas. Si nous ne leur donnons pas un coup de main, ils n’auront pas seuls cette idée.

En fait, je désapprouve Proudhon : agir ainsi est revenir à la définition initiale du mot « politique » : le citoyen prenant part au changement de la société.

Pensée systémique

« M.X (Trump, Poutine…) n’a pas totalement tort quand il dit… », « ah vous êtes un partisan de X ? », « le reconnaître ne fait pas de moi un partisan », « ah, vous êtes un relativiste… ». 
Nous tendons à penser qu’il y a un « bien » et un « mal », et que notre intuition nous le montre. Nous croyons que ne pas être pour c’est être contre. Et ne pas être contre, c’est être pour. Il n’en a pas toujours été ainsi. L’anthropologie, par exemple, est « anti anti-relativiste ». Hannah Arendt parle d’une société plurielle. Et les Lumières et les Grecs (ou, du moins, une partie de leurs philosophes) pensaient que la vérité sortait de la confrontation. La systémique aussi. La société, la nature… sont complexes on ne peut espérer les appréhender que par un travail de recherche qui a besoin de témoignages multiples.

La valeur est dans la PME

C’est étrange. Lorsque l’on réfléchit à ce qui s’est passé ces dernières décennies, on voit un grand mouvement de « dévalorisation » venu d’en haut et appliqué en bas. En même temps, les techniques de « mise en valeur », jadis réservées aux grandes entreprises, se sont démocratisées. Et si cela permettait au « bas », à la PME, de lancer un mouvement de « revalorisation », qui l’affranchisse, au moins en partie, du haut ? (Libérons les PME !)

Injonction paradoxale

Un dirigeant approche l’âge de la retraite, est fort stressé par un travail de tous les instants, a besoin d’argent, et aimerait bien vendre son entreprise. Mais il veut aussi imposer à son acquéreur sa façon, difficile à comprendre, de faire les choses. Façon qui rend son affaire très, très, peu rentable, par ailleurs. Car son affaire, c’est sa vie. Que dis-je ? une œuvre d’art.
J’ai l’impression que beaucoup d’entre-nous, dirigeants ou non, sommes dans ce cas. Nous sommes mus par une « volonté de puissance ». Nous voulons plier le monde à notre volonté. Car nous avons raison. Nos parents ne nous ont-ils pas encouragés à n’en faire qu’à notre tête ? Interdit d’interdire. Mais nous sommes rappelés à l’ordre par la réalité matérielle…
Et si nous avions mis tout à l’envers ? Et si nous devions chercher le bonheur dans notre vie privée, et pas dans nos affaires ? Et si, du coup, cela nous permettait de comprendre que l’autre n’est pas un ennemi ? Qu’il est, au contraire, celui dont nous avons besoin pour nous soulager de tout ce qui nous fait souffrir ? Et, si, de manière imprévue, c’était ainsi que l’on finissait par réaliser nos rêves de puissance ?

Résilience et attachement

B.Cyrulnik fait de « l’attachement » la condition de la résilience. Qu’est-ce que cet attachement ? « Une base de sécurité » qui nous a permis d’explorer notre environnement, et d’apprendre à y vivre.
Remonter la pente
Mal dans votre peau ? Probablement une question d’attachement. Il y a un tas de facteurs, du biologique au social, qui entrent en jeu. On ne sait jamais ce qui est à l’origine d’une résilience défaillante. (Certes, notre modèle de société n’est pas favorable à l’attachement !) De toute manière, si vous n’êtes pas adapté à la société, chercher un coupable ne vous réparera pas. Vous êtes, d’après B.Cyrulnik, handicapé à vie. Mais beaucoup d’handicappés vivent bien.
Comment remonter la pente ? Je suggère de prendre sa pente à l’envers. Le peu résilient manque d’affection. Il en demande trop à la société, et est hyper sensible aux agressions. Du coup, d’échec en échec, il se replie : « learned helplessness ». Il a besoin d’une base de sécurité. Pas une maman, plus possible, mais un réseau relationnel. Un réseau qui puisse l’aider à explorer le monde. Pour le construire, il ne doit pas demander d’affection, mais de petits avantages matériels. Il doit commencer par des relations ténues. Le succès lui donnera confiance. Il deviendra ambitieux.

(Résilience ? Si nous sommes bien adaptés à notre milieu, si  nous profitons de la vie, nous sommes résilients. Nous avons confiance en nous. La résilience doit être quelque-part dans les étages inférieurs de la pyramide de Maslow.)