Chine et écologie, délocalisation indienne et la politique ne doit pas être laissée à l'homme d'affaires…

Une fois de plus la Chinechange. Elle s’en prend à sa pollution. Ce n’est pas facile d’autant que pour la population cela demeure une préoccupation secondaire. Mais « ses leaders comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux que leurs équivalents internationaux. Ils sont bons pour passer à l’action dans les situations d’urgence. Parce que le pays arrive après les autres, il devrait pouvoir apprendre de leurs erreurs (…) La Chine a un marché intérieur énorme, des capitaux peu chers et des déserts ensoleillés et ventés, un environnement idéal pour bâtir un système qui n’émette pas de carbone. »
La fin des illusions ? « Plutôt que d’utiliser ses compétences d’homme d’affaires pour relancer l’économie italienne, M.Berlusconi a utilisé ses compétences politiques pour protéger ses intérêts d’homme d’affaires. » Faillite du partenariat public-privé. Partout dans le monde cela a été la même chose. On espérait qu’avec des hommes d’affaires au gouvernement, l’économie irait mieux qu’avec des hommes politiques. C’est le contraire qui s’est passé. Fin d’une ère en Israël ? L’armée de citoyens céderait la place à une armée de métier de haute technologie. Adaptation à la dislocation des pays voisins, mais aussi aux aspirations de la population. Barak Obama ferme ses ambassades au Moyen-Orient et en Afrique du nord. Contrairement à ce qu’il croyait, Al Qaeda n’est pas en recul. Au contraire, le chaos régional est favorable à son expansion. L’économie syrienne est en apnée. On se dirige vers une économie de subsistance dominée par des seigneurs de guerre. Fin d’une ère en Italie ? Berlusconi semble avoir été affecté par sa dernière condamnation. Il n’aurait pas de remplaçant à la tête de son parti. Avenir national incertain. (Recomposition de l’Italie politique en vue ?) En tout cas, l’Industrie italienne, jadis puissante, est dans un cercle vicieux. Plus ses entreprises se délocalisent, plus elles tendent à former des sous-traitants étrangers, plus le pays perd en compétence, plus le chômage monte, et plus le marché se rétrécit. La Grèce, le Portugal et l’Irlande vont avoir besoin de la solidarité de la zone euro. On attend l’élection de Mme Merkel pour le dire. « 52% des Anglais ont du mal à joindre les deux bouts. » En Angleterre, il y a de la place pour les gros salaires et pour les très bas. Les qualifications intermédiaires souffrent (apparemment 40% de la population). L’Etat aurait masqué le phénomène par le crédit d’impôt. Et cette population serait surendettée. (Miracle thatchérien ?) L’Inde étant un pays où apparemment rien n’est facile, les hommes d’affaires délocalisent ce qui est compliqué à réaliser ou mal fait en Inde vers d’autres pays (Doubaï, Singapour, l’Ile Maurice, le Sri Lanka, l’Angleterre et même la France).

Achat du Washington Post par Jeff Bezos. L’affaire pourrait réussir. Les journaux sont devenus très bon marché (un dixième de leur prix d’antan). Ils doivent réinventer leur modèle économique. Plus question de compter sur la publicité. Les revenus doivent venir des consommateurs. Et M.Bezos a montré qu’il savait les comprendre. Mais, pour qu’un journal comme le Washington Post continue à faire trembler les hommes politiques. Il doit attirer à lui un lectorat important. Il doit convenir à beaucoup de goûts.

Google Chrome a dépassé Explorer. Fin d’une ère ?


Start up. Une nouvelle activité voit le jour : les entreprises envisagent de monter des contre-attaques contre les pirates informatiques. Il y a aussi un marché de stimulation de l’intellect vieillissant inspiré par les dernières découvertes en neurosciences. Et on est maintenant capable d’utiliser du papier pour imprimer en 3D. Ce qui donne des résultats aussi durs que le bois.
La consommation de poisson explose. Elle est tirée par les pays émergents. Les quantités issues de la pêche sont constantes. La pisciculture est en plein développement.

Attention, l’inactivité est dangereuse. Pour bien se porter, il faudrait maintenir une activité de « basse intensité » (marcher, travailler debout, par exemple). Enfin, on étudie en laboratoire les mutations des virus. Cela permet de se préparer aux éventuels dangers que peuvent présenter leurs évolutions.  

Globalisation acte 2 : la fin

Pays émergents : la fin du miracle. Ils ont profité d’un moment favorable. L’élite occidentale les a vus croître sans inquiétude. Et les chaînes d’approvisionnement ont rendu possible un développement explosif. On n’en connaît pas encore toutes les conséquences (écologiques, en particulier). Mais cet épisode a produit des effets pervers. Les émergents ont accumulé des dollars, ce qui a abaissé le prix de leurs exportations, et encouragé les émergés à vivre à crédit. Tout se termine avec un monde en déséquilibre, et en crise. Chacun se replie sur soi. Et les prochains pays émergents n’apportent pas assez de personnes pour alimenter un nouveau boom. The Economist aimerait que, cette fois, on évite un conflit.
La crise et ses remous :
La Belgique change de roi. Est-elle l’image de la zone euro ? « piégés dans un mariage royal arrangé. Ils continuent ensemble parce qu’ils n’osent pas y mettre un terme. » Le Moyen-Orient se transforme. « Le toujours puissant Etat égyptien avec l’appui nouveau de l’opinion publique et l’argent des pays du Golf, ennemis des frères musulmans, vont vraisemblablement contenir les islamistes, bien que, probablement, au prix d’une violence modérée. » « La Syrie en tant que pays a cessé d’exister. Différentes parties appliquent différentes lois, allant des anciennes lois nationales à la sharia ou à aucune loi. Les économies sont locales et dépendent de nouvelles affaires liées à la guerre. Différents drapeaux flottent sur les bâtiments administratifs – quand ils existent encore. » Détroit fait faillite. Symptôme d’un problème national. Les villes et les Etats ont promis des retraites et des régimes sociaux à leurs employés, dont ils n’ont jamais eu les moyens. Prévenir est trop compliqué. Seule la crise, une série de faillites, peut permettre de résoudre le problème. (L’ajustement porterait sur 2700md$ : quel va être l’impact de cet appauvrissement massif sur les USA ?) Les Républicains estiment que M.Obama a employé des moyens déloyaux pour se faire élire (n’auraient-ils pas fait de même ?), ce qui justifie qu’ils bloquent le fonctionnement du pays.

Imminente crise boursière ? Apparemment les bourses croient à une croissance qui ne va pas arriver. Elles sont surévaluées. Comme tout le monde, l’Australie a trouvé de nouvelles sources de gaz. Ce pourrait être une « bénédiction », mais le coût d’exploitation semble s’envoler… 

Presse. Les journaux anglais, malgré leurs énormes tirages, suivraient le chemin de ceux des autres nations. Baisse des ventes. Baisse des revenus publicitaires. Presse régionale en difficulté. Trop de titres nationaux. On tente de renforcer la place des abonnements et d’Internet. Mais, ce n’est pas assez.
Et tentatives pour réagir ?
Grande nouveauté. Fini l’obsession des coûts ? Les entreprises envisagent d’avoir une stratégie prix. Les fondateurs sont-ils de meilleurs dirigeants que les managers professionnels ? Pas toujours, mais généralement oui, surtout s’ils savent s’entourer. Et ils ont un avantage décisif lorsqu’il faut réussir des changements difficiles. 
Chasse aux paradis fiscaux. Tentative d’accord international. Les intérêts en jeu sont tellement importants qu’il y a peu de chances de succès immédiat. Mais The Economist est confiant sur le long terme. (La faiblesse de l’entreprise par rapport au gouvernement serait sont court-termisme ?) Les 9 plus grands assureurs attirent l’attention des régulateurs. Ils présenteraient, comme les banques, des risques systémiques. Non pour leur activité traditionnelle, mais pour leurs diversifications.

Science et culture (éternelles ?)
Notre sommeil serait affecté par la lune. Peut-être parce que nos ancêtres devaient avoir le sommeil léger lors des pleines lunes. Facile de nous implanter de faux souvenirs. Un des grands cataclysmes de notre histoire aurait été provoqué par une météorite volatilisant le pétrole et le gaz de l’écorce terrestre d’où nuage de méthane et effet de serre. Enfin, Kafka était « un individu névrosé, hypocondriaque, tatillon, complexe et sensible dans tous les domaines, et qui tournait toujours autour de lui-même, et faisait des problèmes d’absolument tout. (…) Kafka décrivait le monde comme il le voyait. Plein d’individus solitaires et persécutés, mais pas sans espoir. »

La Birmanie s'ouvre au monde, et l'Europe est toujours aussi désespérante

The Economist encourage M.Obama à réformer ses régimes sociaux. Il propose des mesures qui dépassent mon entendement limité. Mais il me semble qu’il sera difficile de réformer à un moment où les finances des USA semblent s’améliorer miraculeusement.
En Europe, comme d’habitude, tout va mal. L’Espagne est dans une mauvaise passe. Elle a pourtant réformé ferme et l’électorat se laisse faire. Elle commence même à attirer les entreprises d’autres nations de l’UE. Mais elle dépend de ses exportations dont deux tiers vont vers une euro-zone en pleine dépression. The Economist voudrait plus de réformes. Mais cela va être difficile à avaler. The Economist a enfin compris la ligne directrice de M.Hollande : l’ambiguïté. (Il ne lui reste plus qu’à lire Hannah Arendt.) En tout cas, le journal est inquiet pour la France qui « pourrait couler l’Europe ». L’Europe, aurait, comme l’Espagne, besoin de réformes, mais « les gouvernements ont dépensé tellement de capital politique à promouvoir l’austérité, qu’ils pourraient être trop affaiblis pour libéraliser leurs économies ». « L’infortuné » M.Hollande a peut être raison : « il serait erroné de penser que l’euro peut survivre sans un plus important partage de risques ». Mais l’opinion de la France ne pèse pas lourd, ces temps-ci.
L’économie anglaise irait apparemment un petit peu mieux. Ce qui permettrait de réutiliser la planche à billets sans effet adverse.
La Birmanie s’ouvre brutalement au monde, après un demi-siècle d’isolement. C’est un (des rares) succès pour la politique asiatique de M.Obama. Le pays pourrait profiter d’une situation géostratégique exceptionnelle (entre l’Inde et la Chine, notamment). Mais il est constitué d’une multitude d’ethnies. Ce qui le rend extrêmement fragile. Cela explique peut-être l’importance que l’armée a joué dans son gouvernement. Elle était nécessaire pour le conserver en une seule pièce. On se prépare à négocier avec M.Assad. Car on a peur que les islamistes profitent de sa chute. Mais l’armée de M.Assad ayant l’avantage, il n’a pas grand intérêt à lâcher quoi que ce soit. Ce qui inciterait l’Angleterre et la France à donner des armes à ses opposants. L’Amérique chercherait, elle, à gagner du temps. « Mais pour quoi ? »
Les grandes entreprises vont-elles payer plus d’impôts ? On en parle beaucoup, les « entreprises américaines ont amassé de l’ordre de 1900 md$ à l’étranger, protégés du percepteur américain »,  mais il y a peu de chances que cela se fasse. Les intérêts de pays comme la Grande Bretagne, l’Irlande ou le Luxembourg s’y opposent. Yahoo achète 1,1md$ Tumblr, qui gagne 13m$. Ce type d’acquisitions devrait se multiplier : « les géants du Web nagent dans l’argent ». C’est aussi le cas dans d’autres secteurs. Et c’est pour cela que les fonds d’investissement « activistes », se préparent à lancer l’assaut.
Il n’y a pas que les Chinois qui utilisent Internet pour l’espionnage industriel. L’Inde, et bien d’autres, s’y mettent. Pour vendre des armes, il faut proposer à l’acheteur des projets qui aident son économie. Curieusement, ce serait une forme de subvention déguisée à certains secteurs du pays acheteur que le dit pays paierait au prix fort. La pratique aurait son origine aux USA. « Ils avaient forcé l’Allemagne à acheter des armes américaines pour compenser le coût du stationnement de troupes en Europe ». Elle aurait de beaux jours devant elles. En effet, les industries de l’armement de l’UE et des USA ont besoin de nouveaux marchés.
Il semble que l’on puisse corréler les mots que nous employons avec les caractéristiques de notre comportement. Une bonne nouvelle pour le marketing. Ces temps-ci la recherche découvre que l’être est un écosystème. Dans cet épisode on apprend que certains virus peuvent constituer une sorte de système immunitaire. 

Comment sortir du chaos syrien ?

Un ami libanais commente mon dernier billet sur la Syrie :

Quant à la Syrie, n’oublie pas que la Syrie est le théâtre des conflits des autres – je pense aux conflits suivants : conflit Russie-USA, conflit Sunnite – Chiite, conflit régional entre Iran, Egypte-Arabie-saoudite & Turquie pour le contrôle de cette région, conflit économique dans cette région avec une nouvelle apparition de champs de gaz dans le large du Liban, conflit avec Israël, etc.

Un articleajoute à cela qu’il faut aussi envisager les conséquences du conflit. La minorité sunnite irakienne a été gagnée par la fièvre syrienne : l’Irak est aussi menacé de chaos.

Comment éviter que le Moyen-Orient ne devienne un champ de bataille ? Le même article semble penser que son problème vient de la solution qu’il a adoptée : le conflit. Et si, au lieu de jouer à dent pour dent, on essayait de discuter ? Peut-être que cela sortirait l’Iran, par exemple, d’une spirale de radicalisation ? 

Impasse en Syrie ?

Le régime Assad a joué à diviser pour régner, et à terroriser. Mais, cette fois-ci « la population sunnite (a) simplement arrêté d’avoir peur ». Et le conflit est devenu confessionnel. Et les thèses sunnites rejoignant celles d’Al Qaïda. Nouvel épisode de l’affrontement entre les empires ottoman (turc) et safavide (iranien), mais aussi de la guerre froide, avec Américains et alliés d’un côté et Russes et alliés, de l’autre. « Bientôt (le conflit) sera allé bien trop loin pour que l’un ou l’autre camp puisse revendiquer la victoire. » Si je comprends bien.

Mais serait-ce bon pour la Syrie qu’il y ait un vainqueur ? L’Europe ne devrait-elle pas se préoccuper d’un chaos à ses portes ? Mais, après les désastres irakiens, afghans et libyens, quelle solution adopter ? A moins que la crise mondiale ne soit un des catalyseurs de l’affrontement ? Si elle se résolvait, les forces belligérantes seraient-elles affaiblies ? 

Rêve en Chine et déprime ailleurs

Le nouveau gouvernement chinois parle de « rêve chinois ». Pas moyen de savoir ce qu’il sous entend par là. (Mais peut-être est-ce un reflet du « rêve américain » ? Celui de la Chine étant de redonner la place qu’elle mérite à sa culture, plutôt qu’une bagnole à chaque citoyen, comme aux USA.) Mme Merkel et M.Hollande ne s’aiment pas trop. Mais ça ne change rien, ils sont condamnés à s’entendre. L’Islande change de gouvernement. Ce n’est apparemment pas une question de programme. Juste un usage de crise. L’humeur de l’UE n’est plus à la rigueur. The Economist l’encourage à continuer son effort de libéralisation, cependant. Et la zone euro est de nouveau menacée. Ce coup-ci ce sont les banques espagnoles et italiennes qui ne prêtent pas à leurs PME. Scénario habituel : elles pourraient entraîner leurs pays et la zone euro dans leur chute. La Grèce, après avoir réduit de 20% son PIB, pourrait repartir. Mais son moral est si bas que l’on peut en douter (60% des jeunes sont au chômage). En France, M.Hollande se montre amical vis-à-vis de l’entrepreneur : baisse des taxes sur les plus-values de cession. L’Angleterre est soulagée : le gouvernement français demande des économies à son armée, mais ne renonce pas à son rôle mondial. D’autant qu’il faudra faire sans les USA. Et, effectivement, M.Obama n’intervient pas en Syrie, alors qu’il le devrait. (Curieusement, l’article n’envisage pas les conséquences d’une telle intervention.) D’ailleurs, la Syrie, facilement accessible, est devenue la destination préférée du tourisme terroriste, actuellement en plein boom. L’Angleterre est inquiète : que feront ceux de ses nationaux qui font la guerre en Syrie, lorsqu’ils reviendront à la maison ?

Djibouti semble béni des dieux. Le trafic de son port ne fait qu’augmenter. C’est le point de passage obligé de l’approvisionnement de l’Ethiopie, arrêt pratique pour les cargos naviguant entre l’Europe et l’Asie et toutes les grandes armées mondiales y sont installées. Mais sa population n’a pas accès à ces revenus. Elle est la « plus pauvre d’Afrique ». À Ho Chi Minh Ville, menacée par la montée des eaux, les autorités locales préfèrent un projet hasardeux de digues à 2,6md$ plutôt qu’un, plus efficace, à 1,4m$ ! Question d’intérêt. Au Bangladesh, un immeuble s’est effondré sur des ouvriers du textile. Ce qui obéit à une logique certaine. Main d’œuvre excessivement bon marché, pas de droit de l’environnement, et boom de la demande suscitée par une ouverture des marchés de l’UE. Dans ces conditions, il faut produire à tous prix.
Défaillance du marché. Les compagnies pétrolières sont évaluées en fonction de leurs réserves. Or, si l’on veut limiter le réchauffement climatique, une partie de ces réserves ne pourra pas être exploitée. Le gouvernement américain demande au commerce en ligne de collecter la TVA. Ce qui pourrait être bénéfique pour Amazon qui, jusque-là, plaçait ses entrepôts dans les zones hors taxes. La société va optimiser sa logistique, multiplier ses dépôts et acquérir une flotte de camions. Avantage concurrentiel important : apparemment pouvoir disposer immédiatement de ses acquisitions compte beaucoup pour le consommateur américain. (Ce qui explique pourquoi Amazon France insiste autant sur la livraison dans la journée ?) Pourquoi les banquiers anglo-saxons ne sont pas en prison ? Parce que l’incompétence n’est pas un crime. En Allemagne, en revanche, on ne transige pas avec la confiance.
On est parvenu à faire voler des robots-insectes. Mais il leur manque encore une alimentation autonome. La pollinisation pourrait être un de leurs emplois ! L’Amérique veut replanter ses forêts de châtaigniers génétiquement modifiés. Les anciennes populations de ces arbres ont été victimes de maladies. 

Logique de l'appui russe à la Syrie

Pourquoi les Russes appuient-ils Assad ? Souvenir de l’URSS ou intérêts économiques. Voici ce que j’avais entendu jusque-là. France Culture, ce matin, avait un autre avis : la Russie se sent proche des chrétiens orthodoxes syriens et a peur que l’émergence d’une forme de fondamentalisme islamique ne gagne ses propres populations.

La vie ne serait-elle pas plus simple si l’on expliquait clairement les raisons de ses actes ?

Chaos au Moyen-Orient, paix en Europe, Chine en guerre, et reflux de l’individualisme ?

Politique. The Economist aimerait que M.Obama s’intéresse enfin à la Syrie. Somalie, en puissance, elle se transforme en chaos. Tout le monde se bat avec tout le monde, y compris entre opposants. Le terreau et fertile pour le Jihadisme. Demain, une guerre qui s’étend au Liban, à Israël, à l’Iraq, à la Jordanie… ?

Chypre subit une crise de la dette. Mais elle serait peut-être riche en pétrole. Cela pourrait lui permettre de payer ses dettes. Mais transporter le pétrole est compliqué et demande des investissements coûteux. Et si le plus simple était de passer par la Turquie ? Et s’il y avait là une raison de se réconcilier, pour les populations de l’Ile ? Quant à la Turquie, l’Europe semble d’un seul coup la trouver sympathique. Et si Kurdes et Turcs se réconciliaient pour devenir Européens ?
Quant à la Chine, son armée aurait organisé des bataillons de pirates informatiques qui alimentent son industrie avec le savoir-faire occidental. Politique d’intérêt national.

L’Europe veut taxer les transactions financières. The Economist n’est pas d’accord. Idem pour les bonus des banquiers : ils vont augmenter leurs salaires ! En revanche, l’Europe serait favorable aux intérêts du Whisky écossais. Elle le protège, abat les barrières douanières à l’étranger, et lui ouvre les marchés européens (La France est le plus gros consommateur mondial).
Vers une nouvelle vague de fusions / acquisitions ? « Beaucoup de patrons s’attendent maintenant à une faible croissance des pays développés. Ils pensent qu’ils ont tiré tout ce qui était possible des réductions de coûts. Une grosse acquisition est le meilleur moyen d’améliorer les affaires, pensent certains. » The Economist rappelle « les études biannuelles de KPMG n’ont jamais trouvé plus de 34% d’acquisitions rentables ».

Santé publique. Certains Etats américains légalisent la drogue. Cela permet de contrôler sa consommation. C’est l’occasion d’une expérimentation. (Une bonne idée pour réduire les déficits du pays ?) L’activité spatiale de la NASA ne sert plus à rien, sinon à engraisser quelques lobbies industriels. Et si on lui avait trouvé une activité honnête : surveiller et détruire les météorites qui nous menacent ?
Dans la rubrique, l’individualisme d’antan a du plomb dans l’aile, on essaie de modéliser la façon dont « les sociétés changent leur esprit collectif ». Pour cela, on veut utiliser le « big data » craché de toutes parts. On découvre aussi les bénéfices des virus et que « beaucoup de créatures (y compris les humains) ne sont pas auto-suffisantes mais dépendent de la symbiose ». En équipant les plantes de certains virus, on pourrait leur donner des propriétés utiles (par exemple résistance à la sécheresse). 

Comment aider la Syrie ?

Ce qui se passe en Syrie est d’autant plus préoccupant que l’on voit mal comment cela peut se terminer.

Le mécanisme semble le suivant : Bachar el Assad (ou ses proches) se serait lancé dans une vague de répressions qui aurait pour but de provoquer une réaction de son opposition, et une guerre civile entre communautés syriennes, qui justifierait a posteriori son action et son rôle.

Cela n’aurait pas réussi. Son pouvoir pourrait se fragiliser du fait du mécontentement de composants de la société qui lui sont utiles (par exemple les commerçants).

Mais peut-il être remplacé par un régime stable ? Le fait que les communautés syriennes ne s’entredéchirent pas est un signe positif. Cependant l’opposition politique est divisée et paraît incapable de gouverner. En outre, la Syrie est une pièce de l’équilibre local entre Sunnites (poussés par les Saoudiens) et Shiites (poussés par les Iraniens).

Comment manœuvrer dans ces conditions et déboucher sur un édifice viable ? Ce qui ne semble pas avoir été très bien réussi, dans des cas bien plus favorables, à la fois en Égypte, en Tunisie et surtout en Lybie (dont on ne parle plus !?).

Compléments :

De la globalisation à la parcellisation ?

Les trente dernières années du monde ont été marquées par ce que l’on peut résumer par le « consensus de Washington ». C’est-à-dire la domination du libre échange et de la démocratie anglo-saxonne. Ce modèle a connu une crise majeure. Or, aucun modèle ne peut survivre à une crise. Les forces qui vont le renverser sont certainement en cours de constitution. Peut-on apercevoir ce qui pourrait les alimenter ? Tentative d’exercice de prospective :

  • La démocratie  a été pervertie pour servir de rouleau-compresseur au libre échange. Elle est vue comme une hypocrisie par les puissances montantes (à commencer par la Chine).
  • Au Moyen-Orient, s’affrontent des forces extrémistes islamistes. Elles remplacent des dictatures dont l’ambition avait été d’occidentaliser leurs pays (Iraq, Syrie, Égypte, Tunisie…). Que mettront-elles à leur place ? L’Islam, avec ses variantes infinies qui se haïssent toutes, est probablement plus explosif que le christianisme des guerres de religion.
  • Le Japon, le meilleur converti à l’occidentalisme, est en dépression quasi suicidaire.
  • La Chine pourrait devenir une grande puissance pauvre. Viserait-elle à atteindre la taille qui lui permettra de tenir l’Occident et son modèle en respect ?
  • L’Inde est un chaos au contact de poudrières, le Pakistan et l’Afghanistan.
  • Quant à l’Occident, il se bat contre lui-même. Les Républicains américains pensent que les démocrates sont le mal. En Europe, le nord veut se séparer du sud. Les pays victimes de la crise se déchirent.
Tout cela semble signifier un repli sur soi généralisé. Qu’il soit instable ou non dépend peut-être de ce que l’Occident arrive ou non à se réconcilier avec lui-même, et à contrôler l’irresponsabilité (revendiquée) de la classe financière anglo-saxonne. En effet, il n’y a pas beaucoup d’autre groupe social désireux d’assurer la concorde internationale