Paix

Il est déprimant d’entendre parler de l’Iran, de la Syrie et de l’Irak, et aussi de l’Ethiopie. Mais qu’est-ce qui pourrait amener l’homme à ne plus s’entre-tuer ?

Parmi les causes de boucherie, il y a ce que disait Voltaire : le monde est aux mains d’un petit nombre de monarques. Et ces gens obéissent à des raisons pitoyables, intérêt personnel, grandeur de la nation, quelqu’idée arrêtée… Et, croyant être malins, ils détruisent des vies.

La solution n’est, d’ailleurs, pas le prince philosophe, ou énarque, comme le croyait Platon. Il est pire que tout. Car, une autre cause de boucherie est « l’idée ». Le meilleur exemple de ce mal n’est-il pas l’Afrique, victime des nôtres, qui n’étaient pas les siennes ? Le véritable crime du colonisateur (et de l’anti colonisateur) ne serait-il pas d’avoir imposé à ses populations un jeu sans leur en donner les règles ?

Et la Chine ? Elle avait déjà beaucoup d’atouts, puisqu’elle était une vieille civilisation. Depuis qu’elle a pris conscience que ses complexes de supériorité étaient déplacés, elle veut absorber l’avantage de l’Ouest, sans perdre son âme. Pour ce faire, elle a accepté une « recolonisation », dans les années 90. Une fois les résultats désirés obtenus, elle a éjecté l’Ouest et lui a déclaré la guerre. Seulement, il ne semble pas que le succès soit complet.

Alors ? L’Europe conserve un avantage. Elle a précédé le monde dans l’erreur. Très tôt elle s’est posé la question d’une cohabitation pacifique entre peuples. Or, l’humanité a désormais fait sa jonction. Nous sommes interdépendants. Et les idées qu’elle a eues ne sont pas idiotes. Et si elle continuait à les mettre au point, et devenait le laboratoire de la paix ?

Syrie

Je me demandais ce qui se passait en Syrie.

D’après la BBC internationale, les Russes et les Chinois utiliseraient la secte à laquelle appartiennent les Assad pour fomenter des troubles. (Le pouvoir syrien serait soutenu par les Turcs et les Saoudiens.)

Entre Trump et Poutine, l’esprit du temps est au triste sire et au sale coup ?

Avenir de la Syrie

Bien malin qui peut prévoir l’avenir de la Syrie.

D’après ce que j’entends, les partis d’opposition au régime en place préparaient depuis un an leur coup. Mais vont-ils rester unis ? D’autant que ce pays divisé va devoir composer avec les intérêts de plusieurs grandes puissances : la Russie, qui y a des bases militaires (et qui les considère comme des « investissements » selon la BBC), les USA, les Israéliens, les Turcs. Chacun ayant des champions locaux, qui défendent ses intérêts.

Et si la Syrie nous donnait une leçon de cohabitation ? La saison des voeux commence…

Aventures en Syrie

Syrie : histoire d’un changement ? Un temps, la Syrie, me semble-t-il, était vue comme un Etat progressiste. C’était un Etat laïc, proche de l’URSS, comme Israël, d’ailleurs. Mais avec des intérêts opposés. Mes amis libanais disent que l’on y faisait preuve de beaucoup de tolérance.

Puis les intellectuels occidentaux ont décidé de faire tomber les régimes locaux. Ce fut les « printemps arabes ». Ils donnèrent tout le contraire de ce qui était prévu. Car les amoureux de la démocratie n’avaient pas les moyens de gouverner. Dans le chaos qui en a résulté, la Syrie a subi l’assaut de l’Etat islamique, dont elle a été sauvée par l’Iran et la Russie.

Aujourd’hui, de nouveaux islamistes sont au pouvoir. Mais ils semblent bien accueillis. Lassitude ou sagesse ? Tout le monde a mis de l’eau dans son vin ?

Complexité

Curieux enchaînement de causes et d’effets. En attaquant Israël, le Hamas a provoqué non seulement une réaction contre lui, mais aussi une destruction du Hezbollah, et un effondrement de la Syrie. Le régime accusé de crime contre l’humanité a mis un terme à un crime contre l’humanité que l’on ignorait superbement : la Syrie était une infâme boucherie.

Non seulement l’Iran aurait perdu ses bases avancées, mais la dernière riposte israélienne aurait détruit ses défenses antimissiles, ce qui l’exposerait à une frappe de Trump. Dorénavant Turquie et Israël seraient face à face.

De bruit et de fureur ? L’histoire est une suite de coups de théâtre et d’effets papillon ? Vouloir la contrôler est une illusion ?

(Émission de Christine Ockrent, chez France culture, la semaine dernière.)

Mystérieuse Syrie

A peine avais-je écrit cet article que la situation en Syrie avait changé : le président Assad l’avait quittée.

Que se passe-t-il en Syrie ? Attaque surprise d’une génération spontanée d’islamistes inconnus, le régime s’effondre comme un château de cartes.

Apparemment, la Turquie serait dans le coup. Et l’armée syrienne n’était rien sans les combattants du Hezbollah et les avions russes, qui ont actuellement d’autres soucis.

Entre un islamiste et la Russie et l’Iran, qui choisir ? Le premier émet des sons rassurants : ce serait un nationaliste sans velléités de guerre sainte. (Article.)

Syrie

Le régime syrien connaît des revers. La raison en est que ses alliés russes et iraniens sont affaiblis. (Informations de la BBC.)

Ce qui semble montrer que l’Occident n’a pas encore perdu la partie, et qu’il ferait peut-être bien d’y penser à deux fois avant de faire preuve de faiblesse.

Seulement, il doit peut-être aussi faire attention à ne pas détruire ses ennemis, car, l’histoire montre que, sans eux, c’est lui qu’il détruit ?

6 octobre 1973

Le 6 octobre 1973, le jour où tout a changé ?

Il y a 50 ans, commençait la guerre du Kippour. Les services secrets israéliens, les meilleurs au monde, et américains, sont pris par surprise par l’attaque de l’Egypte et de la Syrie. On s’interroge alors : et si l’enfer était pavé de bonnes intentions ? Et si l’on avait involontairement créé au Moyen-orient de nouveaux Balkans : un catalyseur de guerres mondiales, désormais nucléaires ?

Les producteurs de pétrole frappent l’Occident. Ils veulent lui porter un coup fatal.

Ce qui l’amène à démanteler l’organisation mondiale d’après guerre, conçue pour garantir la paix, et qui avait assuré sa prospérité. Conséquences multiples et en cascade : « désertification » des régions industrielles occidentales, avènement de Mme Thatcher et de M.Reagan, qui mettent un terme à l’inflation, le gouvernement israélien saute et le Likud règne sur Israël…

Mais le pire n’est pas certain. Anouar El Sadate, qui avait conçu la campagne victorieuse, avait l’espoir de rééquilibrer le rapport de forces entre Israël et les pays arabes. Rendre leur honneur à ceux-ci. Il voulait une paix des braves, apparemment. Il s’est rendu en Israël pour la négocier. Ce qui lui a été fatal. Peut-être a-t-il négligé certains intérêts ? Ou, peut-être, lorsque l’humeur populaire tourne au fanatisme, vouloir la paix est une condamnation à mort ? En tous cas, il nous a peut-être évité de nouveaux Balkans.

(Réflexions suscitées par Archive on 4, de BBC4 : How the Yom Kippur War changed everything for everyone.)

Syrie

Syrie, curieuse affaire. On y tue par centaines milliers. Mais lorsqu’il s’agit d’utiliser des gaz, le reste du monde s’indigne.

Quelle interprétation donner à ce paradoxe ? Ce qui compte avant tout est de se faire respecter. L’Occident a dit : pas de gaz. S’il ne réagit pas, il perd la face ?
Et, d’ailleurs, pourquoi le régime syrien utilise-t-il ce type d’arme ? Pour s’assurer que le reste du monde est bien vigilant ? Qu’il n’est pas possible de faire ce qu’il veut ?…

Demandeurs d'asile

Au premier trimestre, le nombre de demandeurs d’asile à l’Europe aurait beaucoup baissé par rapport à l’année précédente (47%). Pourquoi ? Principalement du fait d’une réduction importante du nombre de réfugiés syriens (ils seraient une vingtaine de milliers, en baisse de quatre-vingt dix mille). Rapport Eurostat.
J’entendais aussi dire que les Syriens quittaient les camps dans lesquels ils s’étaient réfugiés, pour revenir chez eux. Notamment à Alep. 
Leçon de démocratie ? La dictature n’est insupportable qu’à ceux qui ont tout ?