Vive la Suisse !

Qu’est-ce qui ne va pas dans notre politique ? Nos gouvernants se prennent pour Louis XIV. Or Louis XIV a ruiné la France par des guerres stupides et des dépenses somptuaires. Comme disent les Belges, le bas du dos du Français sent mauvais à force de péter au dessus de son cul.

Renonçons à l’illusion de puissance ? Laissons la à la Chine, aux USA, à l’Inde, à la Russie, à l’Iran et à la Corée du Nord ?

Oui nous accumulons des retards. Faisons avec ce que nous avons. Vive la Suisse !

Calvin

A l’étranger, et peut-être en France, peu de gens savent que Calvin était français. Il est vrai que Calvin (calvine, plutôt) est devenu un prénom anglo-saxon.

Concordance des temps, de France culture, lui consacrait une émission (16 mars). Je n’ai pas appris grand chose, sinon que c’était un malade et un esprit totalitaire (le propre du Français ?) qui a fait griller et tuer une bonne centaine de personnes durant son règne sur Genève. Ce qui, compte-tenu de la taille de la ville à l’époque, doit être comparable aux sévices de la Terreur. En tous cas, les catholiques se seraient inspirés de ses pratiques.

Il est curieux de penser qu’avec un tel passé, Genève ait pu devenir une ville aussi pacifique. Ce qui ne tue pas renforce ? (D’un autre côté, la France n’a pas appris grand chose de la Terreur : la culture nationale serait-elle aussi à prendre en compte ?)

Lausanne brûle-t-il ?

J’ai découvert, ce que n’a pas dit la BBC, que les manifestations françaises s’étaient étendues à la Belgique et à la Suisse.

Voilà qui est surprenant. La Suisse aurait-elle des minorités malheureuses ?

Effectivement, un sinistré s’étonnait, lui-aussi. La France, je comprends, disait-il, mais ici, nous sommes riches !

L’explication semble être, tout simplement, que l’envie de saccager est contagieuse.

Fortress England

J’entendais ce matin la BBC dire que l’Anglais réclamait à son gouvernement que sa royale marine patrouille ses côtes pour empêcher l’accostage d’immigrants. La BBC disait aussi que les entreprises locales ont le souci de ce que l’Europe ne leur ferme pas ses frontières. Schizophrénie ? 
(Ailleurs, je lisais que la Suisse pourrait être une victime collatérale du Brexit : elle ne veut pas d’immigrants, mais elle veut faire du commerce avec l’Europe. Or, pour le moment, l’Europe dit que l’un n’est pas compatible avec l’autre…)

Andorra ou la mauvaise conscience de la suisse alémanique ?

Afficher l'image d'origineAndorra, pièce de Max Frisch (1911, 1991). Vendredi soir, j’étais au Théâtre 13. C’est un Suisse allemand, contemporain de la sortie de l’oeuvre, qui m’a fait découvrir cet auteur. Sans lui j’aurais manqué beaucoup de choses. 
Elle a fait un énorme scandale à sa sortie dans les années 60. Elle dénonce la société suisse allemande, qui eut, on ne le sait pas en France, une admiration certaine pour le nazisme. Elle n’aurait peut-être pas été défavorable à une Anschluss. J’avais compris qu’il y avait critique, certes. La pièce me rappelait ce qui se faisait probablement un peu partout à l’époque, en particulier Sartre. Mais ce qui se comprend moins c’est ce que chaque personnage, chaque geste… signifient. C’est la culture suisse que l’on agresse. Surtout, ce qui est perdu, c’est la langue suisse-allemande, bien pesante, à l’image d’une société, provinciale, petite, médiocre, écrasante, aliénante, qui asphyxie l’individu et le force à une conformité mesquine.
Bien loin de ce patois allemand, qu’un ami alsacien qualifie de « maladie de la gorge », le français et le jeu des acteurs étaient aériens. J’ai reconnu une autre tradition. Celle des acteurs « engagés » de mon enfance. Façon Maison de la culture d’Argenteuil. Je ne croyais pas la revoir chez une troupe aussi jeune. Décidément, tradition, tradition…  ?

(Ce qui me semble original, voire nouveau, dans cette pièce, c’est le rôle de l’intellectuel. Qu’il soit allemand ou suisse, ses velléités de révolte ont fait long feu, il a été victime du conformisme ambiant. Au mieux, il est désespéré. Et il pourrait avoir été à l’origine, bien plus que la société qu’il dénonce, du drame final. Étrange.)

Black swan suisse

Qui a dit que la Suisse était le paradis de la finance ? Sa banque centrale vient de plomber les comptes quelques banques et de couler plusieurs fonds d’investissement. Tout ce monde avait prévu que le franc suisse allait baisser alors qu’il a pris 20% quasi instantanément. (Billet de The Economist.)
Pour les mathématiques de ces financiers le Suisse ne peut exister. Ce qui montre aussi que le système bancaire demeure peu résilient et très fragile. 

Banque centrale suisse : l'hirondelle qui fait le printemps ?

La banque centrale suisse lâche son franc : cataclysme. A la fois pour l’économie du pays et pour l’euro. 
Cela pose la question de l’indépendance des banques centrales, dit Paul Krugman
Si elles perdent cette indépendance, c’est la fin du monétarisme, une variante du laisser-faire du libéralisme première manière (ou néolibéralisme)… Après le monétarisme ?

Vieux Suisse

Samedi dernier Christine Okrent parlait du vote suisse. Les Suisses veulent limiter l’immigration. Tendance nationaliste comme en Norvège et en Autriche. Or, ces pays sont riches et n’ont pas de chômage (3% en Suisse), et, d’ordinaire le nationalisme est associé à la pauvreté…

Il semblerait que, dans ce cas, ce soit une conséquence du vieillissement. Étrangement, la Suisse va devoir faire de plus en plus appel à l’immigration. Et c’est pour cela qu’elle n’en veut pas…

The Economist vote Obama, pour le reste rien ne change

The Economist vote Obama. « M.Romney a un projet économique qui ne marche que si vous ne croyez pas à ce qu’il dit (…) Et, en dépit de tous ses défauts, M.Obama a tiré l’économie américaine du précipice, et a fait du bon travail en politique étrangère. »  L’ouragan Sandy aussi : il rappelle à l’Américain que, dans les moments difficiles, l’Etat est utile. De même que les drones. Ils donnent l’image d’un président martial, dont les robots liquident les terroristes apparents, sans demander d’autorisation à qui que ce soit.
En Europe, l’Etat est à nouveau interventionniste. Et l’Allemagne, pour une fois, suit l’exemple de la France. (Investisseur toujours aussi avisé : 150m de la BPI, supposée financer le Mittlestand français, vont renflouer l’armateur CMA CGM.)

Depuis que la Birmanie a basculé dans la démocratie, elle opprime ses minorités. Lien de cause à effet ? (Situation une nouvelle fois héritée du diviser pour régner de la Grande Bretagnecoloniale ?)

Les compagnies pétrolières occidentales quittent l’Iraq, trop instable et mal équipé. Elles s’installent au Kurdistan, qui aimerait installer des pipelines en Turquie, qui serait heureuse d’ennuyer son ennemi iraquien, mais qui s’inquiète de sa minorité kurde. En Iraq, la Chine remplace l’Occident.

Le capital grossit, les salaires régressent. Partout dans le monde. Les entreprises réduisent leurs coûts, et n’investissent pas. Réflexes conditionnés ? Elles tendent aussi à grossir au-delà du raisonnable. Pourquoi ? Parce que ça flatte l’amour propre du dirigeant ; parce qu’il surestime les bénéfices d’une acquisition ; mais aussi parce qu’il est rentable d’être un monopole ; et que l’Etat accorde une garantie implicite aux grandes entreprises (comme l’a fait récemment l’Etat français avec la banque de PSA).

Science. Le lac de Genève est propice aux tsunamis (provoqués par des effondrements de sédiments) ; la nouvelle science de l’épigénétique laisse penser qu’une femme peut hériter des poumons en mauvais état d’une grand-mère fumeuse ; éternelle lutte de l’homme contre la nature, les poissons d’élevage sont victimes de nouvelles épidémies, que l’on cherche à éviter en repérant les génomes qui semblent y résister ; dans le même genre, on serait en passe d’inventer la médecine bactérienne, elle crée des bactéries artificielles qui soignent l’écosystème bactérien qu’est l’homme.  

L’entreprise suisse nettoie l’espace

Une société suisse a pour raison sociale le nettoyage des débris de satellites. (Short Sharp Science: Swiss ‘janitor’ satellite to sweep up space junk)

Nouvelle manifestation des avantages économiques que procurent les caractéristiques culturelles d’une nation ?

Au moins indirectement. Que j’aie écrit ce billet montre que jouer sur des stéréotypes permet d’amplifier, à faible coût, un message.