Sucre suédois

Dans les années 40, les Suédois soupçonnent que le sucre pourrait être mauvais pour les dents. Alors, ils font une expérience. Ils gavent de sucre des retardés mentaux. L’expérience est concluante. Les cobayes sont en ruine. (Witness history de la BBC.)

Comme quoi, ce que l’on attribue aux Nazis ne leur était pas propre ? L’idée était dans l’air ? Pour un peu plus de complexité dans l’explication de l’histoire des nations ?

Northvolt

So, after raising more than $13bn in debt and equity, why did Northvolt fail? Was it a flawed business plan, poor execution or is there just not a market for a European battery project like it?

Article

A l’origine de Northvolt, un dirigeant suédois de Tesla. Son ambition : 25% du marché mondial de la batterie.

Il avait l’argent et le marché, mais il n’est pas parvenu à produire suffisamment de batteries (de très loin). Il recrutait à tour de bras, mais, semble-t-il, les employés ne savaient pas quoi faire lorsqu’ils arrivaient…

Un des défauts de la culture « start up » : elle se réduit à la capacité de la « rock star » à lever des fonds ?

Bulle verte ?

Can Sweden deliver its much hyped green energy boom?
Abundant electricity in the north was supposed to power a new wave of industrialisation. But projects are struggling to scale up

Financial Times du 13 août

L’article est ici.

« Green deal » ou hybris ? La Suède a cru à une ruée vers l’or. Elle allait donner des leçons d’écologie à la Chine et au monde. Seulement, elle a rencontré un problème : certes, elle a les fonds (considérables) nécessaires pour de grands projets, mais, apparemment, pas le savoir-faire…

Serait-il temps que l’Occident s’interroge sur la façon dont il mène sa « transition écologique » ? Ne serait-ce que parce que certains risquent de penser que leur misère pourrait être due à une mauvaise gestion des fonds publics par quelques illuminés ?

“In the US or China, even if they fail, it’s manageable. In Sweden, if you put in so many resources, so many political investments and it still fails, it will harm the entire economy for decades.”

La nature du changement

Il y a quelques semaines j’ai ressorti un article que j’avais écrit avec un ancien dirigeant. En lui jetant un coup d’oeil, j’ai vu qu’il commençait par des considérations péremptoires sur la transformation systémique du monde. Moment de honte. Maudit consultant, donneur de leçons ! ai-je pensé.

Eh bien, surprise : je pourrais dire, plus d’une décennie après, exactement la même chose !

Le changement ferait-il du sur-place ? En fait, ce que je n’avais pas prévu est la série de crises que nous vivons. Je voyais que le monde changeait, mais je ne comprenais pas comme il allait changer. Immense enseignement ! (Ou : j’ai toujours tort.)

Il était évident depuis bien avant le départ de ce blog que ce que l’on nous racontait ne pouvait que mal finir. Seulement, cela ne sert pas à grand chose de le dire. Ce que je n’avais pas prévu est qu’il suffit de quelques années pour transformer durablement un homme. Une partie de la population suédoise, par exemple, a été plongée dans la pauvreté, et, aujourd’hui, elle a développé un comportement collectif qui est celui du gang mafieux.

Si l’on veut transformer le pays, c’est de cette nouvelle réalité qu’il faut partir.

Gangs suédois

Affaires étrangères de France culture parlait des « gangs » suédois. J’ai enquêté :

C’est le Far West. Wikipedia a même une page « Organised crime in Sweden ». La Suède serait devenue un des pays les plus dangereux d’Europe. Le taux de mort par arme à feu serait le second en Europe (à peu près dix fois ce qui se pratique en Angleterre ou Allemagne). Elle a dû faire appel à l’armée pour reprendre en main la situation.

Mais qu’arrive-t-il à cette si écologique et si civilisée Suède, volontiers donneuse de leçons de morale ?

On parle d’immigration. Mais le problème serait plutôt une question de pauvreté et d’inégalités, qui existent depuis suffisamment longtemps pour avoir fait toute une population à leur image. (Article du Guardian.) Le pauvre n’ayant pas d’espoir, se tournerait-il vers la violence ?

Apparemment, ce phénomène commencerait aussi à apparaître ailleurs en Europe.

La fin du monde aurait-elle fait oublier à la Suède la fin de mois ?

Ecran de fumée

Numérique à l’école : la Suède juge les écrans responsables de la baisse du niveau des élèves et fait marche arrière
S’appuyant sur l’avis de médecins, le gouvernement de centre-droit veut réduire le temps passé par les élèves devant les écrans et faire revenir les manuels scolaires dans les classes. (Le Monde, hier matin.)

Eduquer, c’est apprendre à utiliser la technologie, ce n’est pas être dominé par elle ?

Le paradoxe de l’aide

Une grande partie de la population considère que le gouvernement lui en veut. Celui-ci est probablement surpris, parce qu’il fait beaucoup pour aider le pays. Et que ce qu’il fait est plutôt bien pensé. Voici l’impression que me laissent les enquêtes de l’association des interpreneurs.

L’explication de ce paradoxe, semble tenir à ce que les « territoires », ne sont pas ou plus « équipés » pour tirer parti des aides gouvernementales.

Le mot clé est « aide ». Un ami suédois me disait que, dans son pays, l’entreprise recevait peu d’aides financières. Elle n’en a pas besoin, car elle reçoit un autre type d’aide, qui est beaucoup plus efficace : la stimulation de son environnement immédiat. En Suède le collectif est premier. La Suède est très fière, par exemple, d’être le seul pays à avoir respecté les engagements de la conférence de Rio, en 92. Projet collectif.

S’il l’on veut mettre un terme au mécontentement et rendre sa puissance économique au pays, faudrait-il reconstituer une solidarité et un « esprit de corps », au moins locaux ?

Qu'est-ce qui pourrait bien unir les Français ?

« Les Suédois ont l’intime conviction que leur modèle social est le meilleur et qu’ils sont les meilleurs dans les affaires. Ceci n’est peut-être pas vrai, mais ce sentiment donne de la confiance en soi et aide à regarder l’avenir avec un certain optimisme. » (Témoignage

Les peuples du nord semblent soudés par le sentiment d’une supériorité certaine vis-à-vis du reste de l’humanité, en particulier du « club Med », France et autres pays du sud.

Quant à la France, son histoire donne le sentiment d’un étrange aveuglement stupidement fratricide. Les pays du nord auraient-ils raison ? Doit-on, avec M.Macron, déplorer de ne pas être danois ? (Où l’on voit au passage que M.Macron est bien français : tirer contre son camp est inconcevable au nord de l’Europe.)

Bill Belt, grand spécialiste du management, qui connaît bien la France pense, lui, que nous avons une force unique, surprenante : nous savons « penser en parallèle ». C’est le bon côté de l’individualisme français : chacun n’en fait qu’à sa tête. Cela nous permet d’être extraordinairement plus efficaces que les autres peuples qui « pensent en série », qui ont besoin de procédures pour organiser l’action collective. 

Et si comme je le dis du club que j’anime, les Français étaient « des libertaires fédérés par des projets communs » ?

Vikings et Charlots : match retour

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Oeuvre de Nicholas Roerich, en provenance de wikipedia Link

Dans un précédent article, je comparais Suédois et Français, ce qui était pas à notre avantage. Et pourtant…

J’ai étudié à l’INSEAD. Le principe pédagogique de l’INSEAD, c’est l’équipe. Mais les égos des élèves de l’INSEAD sont tels que l’équipe ne dure pas longtemps. Je me retrouve donc, un jour, seul avec un Suédois pour préparer un « cas » de marketing. 

Juste avant, je m’étais occupé de la stratégie de Dassault Systèmes. En y arrivant, j’avais découvert qu’elle n’avait aucune méthode pour analyser un marché et concevoir une stratégie produit. J’avais donc, moi l’ingénieur, étudié des livres de marketing et créé ce qui est toujours ma méthode d’écriture de business plan, et le cours de marketing que j’ai donné pendant des années, et qu’on m’a même proposé de publier. Avant d’arriver à l’INSEAD, j’avais appliqué cette méthode à toute l’offre produit FAO (dont j’étais responsable) de Dassault Systèmes. (Ce travail a eu pour conséquence de faire prendre conscience à la direction actuelle que nous étions sortis du marché… D’où un changement qui s’est déroulé pendant mon séjour à l’INSEAD.) 

J’avais donc une méthode éprouvée (et, depuis, validée par les ans !). Et j’ai été extrêmement surpris de faire l’objet de critiques destructrices de mon Suédois, par ailleurs employé de McKinsey, en ces temps l’élite du conseil en stratégie. N’arrivant pas à progresser, en dépit de mon habitude des milieux hostiles, je lui ai suggéré de faire le devoir seul. A ma grande surprise, devant tant de franchise, il m’a dit en être incapable ! 

On ne le sait pas assez, mais le Français est bien souvent comme moi, il peut faire beaucoup de choses seul. Ainsi, ai-je rencontré récemment un dirigeant qui s’est implanté en Chine après une exploration du pays façon routard. Pourquoi ne sommes-nous pas respectés, alors ? Y compris et avant tout par les autres Français, et par le premier d’entre eux ? Parce que nous sommes extrêmement intransigeants, et qu’il est difficile de vivre avec nous, peut-être. 

Vikings et Charlots

Qui ne rêverait pas de vivre, et surtout de travailler, en Suède ? (Témoignage.) Dans ce pays le dirigeant n’est pas un petit chef, mais un homme de consensus, les syndicats cherchent l’intérêt général, les employés viennent au travail pour travailler, et non pour quelque nécessité de développement personnel, les entreprises se serrent les coudes, quand elles sont à l’étranger… Intelligence collective ?

Mais alors, pourquoi la performance économique de la Suède n’écrase-t-elle pas celle de la France ? Peut-être parce que les gens heureux n’ont pas d’histoire. Le Suédois consacre le juste nécessaire au travail. Le Français lui, gaspille beaucoup, mais dépense tellement d’énergie, qu’il avance tout de même. 

Une hypothèse.