L’Europe de l’après 9 juin est donc placée face à son destin. Elle a le choix entre rester un peuple hédoniste de consommateurs béats s’abrutissant devant Netflix ou Tiktok, se déplaçant en vélos ou en voitures électriques chinoises. Ou de se retrousser les manches pour redevenir une Europe de la production ce qui nécessitera plus que des moyens financiers et budgétaires, une vision, du leadership et la remise en cause des dogmes du passé.
disait Philippe Mabille, de la Tribune, dimanche matin
Pour le moment, l’Europe est le dindon de la farce, certes. Elle a besoin de trouver une « anxiété de survie » partagée. Et, surtout, un cap. Une vision. Mais, par définition, une vision, ce n’est pas faire ce que font les autres ! Combler un retard par rapport à telle ou telle mode, ce n’est pas une vision. Et ce n’est même pas conforme avec l’orthodoxie de l’économie, qui ne parle que d’échange. Or, on n’échange avec l’autre que ce qu’il ne produit pas.
Un professeur d’entrepreneuriat du MIT, rencontré il y a longtemps, disait que seulement 3% de la création d’entreprises du MIT provenaient de la recherche et des dernières technologies. Tout le reste consistait à faire d’une nouvelle façon ce que l’on faisait depuis la nuit des temps. Et si, au lieu d’absorber les dernières modes spéculatives, l’on se demandait si nous n’avons pas un « potentiel ignoré » ?

