La Russie veut briser l’Europe

Ce qui se livrerait en Ukraine, ce serait le choc des civilisations. D’un côté, le modèle occidental de la liberté individuelle, de l’autre son antithèse, et son champion, Poutine. Il se bat pour les « valeurs » de la Russie, « la plus importante étant le monopole de l’Etat sur le pouvoir ». « Le rôle joué par l’idéologie communiste a été en grande partie remplacé par celui de l’Eglise orthodoxe, qui, comme l’Etat lui-même, s’est transformé en quelque chose qui ressemble à un monstre. » Il cherche à exporter son « idéologie », « de même que jadis, il exportait le communisme ». Dans cette guerre, la stratégie de M.Poutine est de diviser l’Europe. Pour ce faire, il finance les partis extrémistes (droite et gauche) et les écologistes européens. Dernièrement, il est devenu le financier du Front National. « Il veut exercer une pression sur les maillons faibles de l’Europe pour briser l’unité européenne. » Et l’un de ces maillons faibles est la Hongrie, « Etat illibéral », dépendant du gaz russe. Grande tentation : attaquer un pays balte, à forte minorité russe, mais d’une manière ambiguë, qui n’entraîne pas une interprétation évidente du traité d’entraide de l’OTAN, et donc produise un déchirement de l’alliance.

En Europe, Mme Merkel est assise sur un tas d’or. Elle laisse son pays tomber en ruine. Et l’Europe sombrer dans le cercle vicieux de la dépression. DSK explique que, trop occupé à « sauver le monde », il n’avait pas la tête à vérifier la nature, payante ou non, de ses distractions libertines. Cela va-t-il pousser les Français à se préoccuper de la vie privée de leurs gouvernants ? Et l’armée anglaise est en déshérence « la Grande Bretagne n’a plus une idée très clair d’à quoi servent ses forces armées ». D’ailleurs, elle a disparu de la scène internationale ! La Grèce a subi « un effondrement économique équivalent à celui qu’a connu, de l’autre côté de la Méditerranée, la Lybie ». Son gouvernement est pris entre le Charybde de ses créanciers, et le Scylla de ses alliés de gauche et de droite, sans compter l’espoir renaissant de son peuple.

En Inde, la croissance, pour peu que les chiffres soient fiables, dépasserait celle de la Chine. Par ailleurs, l’amour de l’électorat pour son arrogant nouveau premier ministre semble tiédir. Aux USA, contre toute attente, les pouvoirs militaires du président ne font que croître.

Un moyen d’améliorer l’école des pauvres ? Un programme qui transforme en enseignants, pour deux ans, d’excellents élèves doués d’un tempérament de leader. En revanche, l’Anglais est particulièrement mal enseigné. Cause ? Des enseignants qui ne parlent pas anglais…

Le « crowdfunding » lève 72m$ pour un jeu vidéo. L’industrie de la mode utilise ses défilés comme moyen de communication, permettant de vendre au consommateur électronique final.

La baisse des cours du pétrole a fait boire un bouillon à beaucoup de fonds d’investissement. Ce qui fait des affaires pas chères à récupérer par leurs collègues. L’immobiliera la faveur des investisseurs. Il n’est pas encore spéculatif…

L’innovationserait le fait d’une forme de sélection naturelle agissant sur de petites évolutions aléatoires. Au moins en ce qui concerne le violon. Le système monétaire pose un problème : pour qu’il fonctionne correctement, ce qui semble signifier une forme de monnaie unique, il demande au peuple une « discipline » qu’il est rarement prêt à accepter. 

Chaos et fin nucléaire ?

Al Qaïda se porterait bien. Contrairement à ce qu’espérait le gouvernement américain. (Ce mouvement est-il autre chose que la conséquence du chaos qui existe au Moyen-orient ?) L’attaque des terroristes somaliens contre le Kenya aurait rendu sympathique un gouvernement peu recommandable. En Syrie, les rebelles modérés comptent de moins en moins. Qu’il n’y ait pas eu d’intervention américaine leur aurait été fatal. En Egypte, le retour à une forme de dictature de l’armée semble se confirmer. Les Iraniens seraient toujours aussi désireux de se rapprocher des USA.

Qui avait dit que les BRICS avaient l’avenir pour eux ? C’est au tour du Brésil de ne pas aller très fort. Economie vacillante, assurance sociale digne de l’Europe, coût de la vie extraordinairement élevé, système politique bloqué par l’intérêt personnel, infrastructure de transport désastreuse. (Cela ressemble à l’Inde. Faudrait-il plus que l’économie de marché pour transformer un pays ?)
Tout le monde attend Mme Merkel, qui elle-même cherche des alliés pour constituer un gouvernement. Cela devrait prendre du temps. Mais elle l’a pour elle. La France s’enfonce dans le cercle vicieux de l’augmentation d’impôts. Et M.Strauss-Kahn va sauver l’économie serbe. La Hollande serait une nouvelle victime d’une austérité qui ne résout rien. Son gouvernement vacille. L’extrême droite bientôt au pouvoir ? En Angleterre Ed Miliband part à gauche et promet de réduire le prix de l’énergie. Mais celui-ci dépend d’entreprises privées. Et l’Angleterre manque de capacités de production. Elle a besoin de leurs investissements. Peut-elle être désagréable avec eux ? (A moins de les nationaliser ?) Aux USA, les Républicains continuent de bloquer le gouvernement. On en vient à regretter les coups tordus de Lyndon Johnson, à qui aucun politicien ne résistait. On aurait aussi compris pourquoi le taux de chômage américain n’est pas plus élevé : les sans emplois se feraient porter invalides (les pensionnés seraient passés de 1,3% en 70 à 4,6% en 2013).
La cigarette électronique est en croissance. Les fabricants de cigarettes s’y mettent, pour ne pas se faire dépasser. Blackberry serait condamné. Son marché, l’entreprise, serait envahi par les terminaux grand public.
Périrons-nous par le nucléaire ? « les arsenaux nucléaires sont des systèmes si complexes et catastrophiques que les être humains – quelles que soient leur formation et leur discipline – ne peuvent empêcher la survenue d’un désastre, tôt ou tard. »

Science. « Les récifs sains ont besoin des requins de même que les forêts saines ont besoin des loups. » La disparition d’un membre d’un écosystème conduit à un déséquilibre qui touche tous les autres. 

DSK et Marcela Iacub

Cette semaine mon attention tombe sur Nouveau scandale alimentaire, il y a du porc dans le DSK. Pour des raisons apparemment alimentaires, l’intellectuelle Marcela Iacub dévoilait la rusticité de DSK et de ses mœurs sexuelles. J’ai pensé d’abord que le pauvre DSK était une illustration de ce que l’on est toujours puni par là par où on a pêché. D’ailleurs, il se plaignait que sa confiance ait été trahie par celle qui l’avait séduit. DSK en rosière abusée par un pervers. C’était inattendu.

Mais j’ai trouvé plus intéressant. Je crois me souvenir que France Culture a présenté Marcela Iacub comme une égérie de la lutte pour la libération de la femme. Le meilleur monde s’affronterait donc. Cette affaire lèverait elle enfin un pan de voile sur la vie de notre élite ? Malheureusement, le pan est vite retombé. On a immédiatement entendu dire que l’affaire était abjecte, que la presse française était atteinte du mal anglais. Dommage. Je crois que les Anglo-saxons ont raison. Le citoyen doit être informé de qui sont ceux qui veulent le diriger. Comme pour les plats préparés, il faut de la traçabilité en politique. Le plus intéressant n’est d’ailleurs pas tant leur vie privée que l’hypocrisie qu’elle peut révéler.
Et j’ajoute que l’omerta qui protège notre classe dirigeante n’est pas bonne pour elle. Car, sachant que ses turpitudes seront cachées, elle est encouragée à se laisser aller au vice.

Sarkozy : Thatcher honteux ?

Les changements de l’université mériteraient une enquête. Quelques idées inattendues récoltées au hasard des rencontres :

Notre ancien gouvernement aurait-il voulu en faire un bagne ? On y aurait abandonné les étudiants aux mains de réprouvés (= mauvais chercheurs), condamnés à faire deux fois plus de cours qu’aujourd’hui. C’aurait été une partie d’un plan d’économie drastique avec réduction des postes (à élèves constants) et fusion d’universités non fusionnables. Et tout ceci mené en force, sans prise en compte des réalités pratiques, ou des lois de la physique.

La recherche devait devenir excellente. Elle aurait, elle aussi, été restructurée, encadrée par allocation de crédit et orientée vers ce qui compte vraiment pour l’avenir de l’humanité : le classement de Shanghai et les besoins de l’économie.

Les universitaires ont peut être été malmenés, ce n’est pas pour autant qu’ils seraient des victimes. Car leur comportement ne serait pas très reluisant. L’université serait un monde de réseaux, non de mérite, qui, bien loin de ses nobles sentiments progressistes, serait incapable d’apporter une « éducation » à l’étudiant, en perdition. La bien pensance y aurait atteint les sommets du « terrorisme intellectuel ».
Et maintenant ? Le gouvernement aurait confié le dossier à une politique… Magouilles as usual ?
Un gouvernement méthodique
J’ai dit que N. Sarkozy était un apprenti sorcier du changement. J’ai eu tort. Tout ceci ressortit à une méthodologie de conduite du changement bien connue. Patrick Le Galès la décrit en ce qui concerne la réforme des régions. C’est ainsi que Mme Thatcher a transformé l’Angleterre, ses syndicats, ses collectivités locales, et son tissu économique peu compétitif. Cela ressemble aussi à ce que je comprends de la méthode France Télécom.

Cette technique a une double particularité. 1) C’est un moyen de démolition, non de changement. 2) Elle procède par enfermement de l’ennemi, en lui coupant les vivres. Se produit alors un effet curieux, quasiment auto-réalisateur : les misérables s’entretuent. 

Thatchérisme honteux ?
J’en arrive à une conclusion surprenante. Il y aurait eu un projet, dans certains cercles de pouvoir, de détruire, et non de réformer, une partie du pays. Nous avons été gouvernés par la haine. Malheureusement, dirait Machiavel, la haine n’est pas efficace. Les réformes Thatcher ont montré que la destruction n’est pas créatrice : une partie de l’Angleterre est devenue un désert économique, et on peut s’interroger sur la pérennité de ce qui semble avoir prospéré. L’Angleterre a liquidé son héritage, elle ne l’a pas régénéré.
Mais, Mme Thatcher a eu un mérite, et il est immense. Elle a eu du courage. Elle a dit clairement ce qu’elle allait faire. Chez nous, le projet a été tenu secret. Serions-nous un peuple  de lâches ? Et c’est peut être là qu’est le plus inquiétant. Il n’y a pas eu en France, comme en Angleterre de grève des mineurs. Ceux qui semblaient avoir tout à perdre de ces réformes n’ont pas protesté. Pourquoi ? Et si c’était parce que la France n’est que petites magouilles ? Et que faire trop de bruit aurait menacé de les dévoiler ? Syndrome DSK ?

Journalisme et censure

Ecrire des livres m’a fait découvrir la profession de journaliste. Expérience frustrante. Je pensais avoir des choses intéressantes à dire. Or, le journaliste, au lieu de m’écouter, semblait me considérer avec méfiance.

Je crois maintenant comprendre pourquoi. Le journaliste est comme tout Français : avant d’entendre quelqu’un, il a besoin de le connaître. Il doit s’assurer qu’il est honnête. Travailler avec des journalistes est donc un investissement au long cours, avec une longue phase initiale de calme plat.
Mais le plus curieux n’est pas là. Je lis beaucoup la presse étrangère. J’en ai parlé avec les journalistes. J’ai constaté que ce que je leur disais leur faisait peur : « on ne pourrait pas imprimer cela ». En France, il existe une sorte d’omerta. Elle ne couvre pas que les agissements de DSK. Un journal de gauche ne peut pas dire, comme le fait The Economist, que les conditions de travail modernes conduisent au suicide, pas plus qu’un journal de droite ne peut écrire, comme The Economist, que l’automatisation à outrance élimine la classe moyenne.
Raffinement de la culture française, éprise de respect de l’autre, ami ou ennemi ? Ou  dangereuse forme de censure: étant mal informée, notre démocratie marche mal ?

Plus possible aujourd’hui ?

DSK et la roche tarpéienne

Rumeur : Anne Sainclair aurait licencié DSK. (DSK & Wife Split)

Alors qu’il n’est pas tiré d’affaires, en France comme aux USA, que va-t-il faire, si c’est le cas, sans les millions de son épouse ? DSK SDF ? Si Bossuet était parmi nous il aurait tiré un beau sermon de ses infortunes.

Lui qui était proche du Capitole est maintenant sur la roche tarpéienne. Coïncidence ? Et si une succession de réussites faisait croire que l’on est invincible ? Et poussait à vivre de plus en plus dangereusement ?

Shame

Film de Steve McQueen, 2011.

J’ai entendu le philosophe Dany-Robert Dufour dire (France Culture, hier) que notre société créait une « perversion ordinaire ». Par définition, elle encourage toutes les pulsions, car elles amènent à la consommation et surtout à « l’addiction ».  Exemple ? DSK.

Ceux qui ne parviennent pas à la réussite, et ils sont nombreux, se replient sur eux-mêmes : suicide ou dépression.

Je me suis demandé si Shame n’illustrait pas cette théorie.

Hobby de DSK

Loisirs de DSK : organisation de visites des « boîtes coquines » mondiales avec quelques « petites ».
Ses SMS s’expriment comme les passionnés d’un hobby : cigare cubain, cuisine, voiture de collection… (DSK – « Tu viens plus aux soirées ? » | Big Browser)
Mais, peut-on être socialiste et considérer, au moins implicitement, une femme, un être humain en général, comme un objet ?
Et quid de son parti : peut-il se dire « des droits de l’homme » en acceptant de telles pratiques, visiblement connues de beaucoup ?