Pauvre Angleterre

Pauvre Keir Starmer ? Déjà qu’il ne semblait pas très fier, il est trahi par sa propre majorité. Son ministre des finances tente désespérément de remettre en ordre les finances de la nation, mais une grosse minorité travailliste a refusé que l’on touche aux « disability benefits » (invalidité), soit 3 ou 4md£, selon les sources. Maintenant, il va falloir augmenter les impôts. Ce qui contrarie les plans du gouvernement, qui ne voyait que la croissance pour sortir la nation du marasme.

(Et, maintenant que l’Europe porte son budget de défense à 5% de son PIB, où l’Angleterre va-t-elle trouver l’argent nécessaire ?)

Mauvais esprit ? Vu de loin, l’Angleterre paraît une nation qui n’a plus d’élan vital. D’un côté des riches qui n’entreprennent pas, de l’autre des pauvres qui vivent d’assistanat (« du pain et des jeux », voilà comment on dirige une démocratie ?). Tout ce système repose sur l’investissement étranger, et sur l’immigration, l’immigré jouant sur le différentiel de niveau de vie entre l’Angleterre et sa nation. Mais c’est insuffisant pour équilibrer les comptes.

On pourrait se réjouir de cette situation, si, d’une certaine façon, elle n’était pas aussi la nôtre.

Quangos

Comme d’autres, Kier Starmer veut réduire la taille de l’Etat. La BBC, mercredi dernier, disait qu’il allait éliminer les « quangos ».

Ces quangos sont une création de Mme Thatcher. Il me semble quils sont les ancêtres de nos « agences ».

Ces quangos étaient une technique de conduite du changement : des organismes qui avaient un seul objectif, et qui devaient réussir coûte que coûte (par exemple réduire radicalement les coûts de la médecine) et pulvériser l’administration. C’était Musk avant la lettre.

Effet systémique bien connu : ils ont donné l’exact opposé de ce que l’on en attendait. Il n’y a jamais eu autant d’administration, et elle n’a jamais été aussi inefficace…

Et si l’on imitait l’Angleterre ?

Existentialisme

Contrairement à ce que laisse entendre ce blog, je trouve que l’Europe répond bien au choc Trump Vance Musk.

En particulier, Kier Starmer, que je pensais, avant son élection, un homme droit et qui m’inquiétait. Il a fait passer l’Ukraine avant les intérêts immédiats de son pays, pourtant mal en point. Le chancelier allemand semble aussi revenir sur ses convictions et sur la ligne de son pays. Quant à M.Macron, il est fidèle à lui-même.

Existentialisme : c’est dans la tourmente que se révèle la nature de l’homme. (Et dans la paix que triomphent ses défauts ?)

Quant à la suite ? M.Trump ne va-t-il pas rapidement finir par être rattrapé par la complexité du monde ?

Doit-on espérer que cela arrive tôt ?

Munich

Il y a des moment où l’on ne regrette pas d’écouter la BBC.

Ce matin, c’était Munich. Grand soupir de soulagement. M.Starmer venait de rencontrer M.Trump. Il n’y aura pas de guerre avec les USA. Même les journalistes goûtaient l’humour de M.Trump. Et je ne vous parle pas de l’enthousiasme des patrons anglais.

Or, M.Trump était incroyablement méprisant pour le pauvre premier ministre, qui arrivait armé pourtant d’une arme absolue : une lettre de sa majesté le roi d’Angleterre ! M.Trump a commencé par se moquer de l’accent de M.Starmer, puis il a dit que ce dernier s’était vraiment donné beaucoup de mal pour lui plaire. Quand à l’engagement de soutenir l’Ukraine ou les troupes européennes ? Les armées anglaises ont fait la preuve de leur valeur !

La seule chose qui intéresse M.Trump est de faire des affaires, si possible en exploitant la partie adverse. Prochaine étape : faire éclater l’union européenne. Cela s’appelle « diviser pour régner ». Il y a même deux expressions pour le dire en anglais. Effectivement, l’Angleterre doit être fière de son héritier.

Anglais modèle

On n’aura pas beaucoup parlé des élections anglaises. Et pourtant elles me semblent pouvoir être un signe de changement.

Le premier ministre anglais est un haut fonctionnaire d’élite, comme on n’en fait plus en France. Autrement dit, il est guidé par l’intérêt général.

Et il a décidé de faire ce que doit faire tout serviteur de l’Etat digne de ce nom : le remettre en ordre pour qu’il accomplisse sa mission.

Une idée pour la France ?

Changement au Royaume uni

Le gouvernement de Keir Starmer s’est engagé dans des réformes douloureuses. Venant d’un gouvernement de gauche, elles sont inattendues.

En effet, il tente de remettre en ordre les finances publiques. Si bien que son chancelier de l’échiquier, un genre de « dame de fer », mène une politique de rigueur.

Il fait aussi construire des habitations en masse, notamment dans des zones qui jusque-là étaient protégées.

Et il cherche comment réduire le nombre de prisonniers, qui ne fait qu’augmenter, avec les coûts afférents.

Et il réduit le nombre de fonctionnaires (de 10.000) !

Kier Starmer reprend en main l’appareil d’Etat ?

Curieusement, les gouvernements libéraux « pro business » qui l’ont précédé ont été de très mauvais gestionnaires, et ont fait un usage immodéré de l’administration. Politique millénariste : nous libérons les instincts animaux de l’entreprise, il en résultera une prospérité sans précédent ?

Une leçon dont pourrait s’inspirer la France ?

Elections en Angleterre

Ces derniers temps les prévisions ne se trompent plus : les travaillistes anglais ont balayé les conservateurs.

Le peuple a-t-il voté pour les travaillistes ou contre les conservateurs ? Le commentateur s’interroge.

Toujours est-il que l’on entend là-bas un discours qui ne nous est pas familier : il s’agit de reconstruire le service public, et ce pour le bénéfice du plus grand nombre.

Ce qui s’annonce difficile : comme en France, l’économie du pays est défaillante. Ce qui est surprenant, lorsque l’on y songe, car cela fait un demi-siècle que l’Occident est gouverné par des économistes qui ne parlent que de compétitivité ?

C’est quand on ne la cherche pas qu’on la trouve ? Un espoir pour les travaillistes ?

Dégel anglais

Depuis que Rishi Sunak est devenu premier ministre anglais, il est question, dans son pays, des prochaines élections. Logiquement ce devrait être un succès retentissant pour les travaillistes.

Seulement, à écouter ce qui se dit, depuis le début, j’en doute. Car je ne vois pas de différence entre ce que j’entends des deux programmes. Sir Keir Starmer, le leader travailliste, est un homme triste et raisonnable. (« A decent chap » doit-on dire dans son pays.) Il est à M.Sunak ce qu’était M.Blair à Mme Thatcher. Seulement, justement, les réformes thachériennes ont fait flop. Le grand élan s’est échoué. Et l’on a eu le Brexit. Les travaillistes n’ont plus les moyens de la compassion sans changement de cap. Seulement, comme l’ont montré les mésaventures de Liz Truss et de Jeremy Corbyn, les vieilles recettes ne marchent pas. Il va falloir faire preuve d’imagination.

Selon les théories sur le changement, la Grande Bretagne entre dans une période de « dégel » ?

Elections en Grande Bretagne

Depuis quelques temps, on entend que M.Sunak va déclencher des élections cette année. Il va évidemment les perdre. Mais cela devrait être un grand soulagement, pour lui, car sa situation est intenable. Le parti travailliste est extrêmement divisé entre des extrêmes exceptionnellement extrêmes, et le pays est mal en point. Economie en panne, et grèves permanentes. Dans ces conditions, il est bien mieux d’être dans l’opposition. Décidément, M.Sunak est un sage ?

L’opposition actuelle semble appartenir à la tendance Blair. Vu de loin, il est difficile de distinguer MM.Starmer et Sunak. Comme un gouvernement de gauche devrait, de toute manière, être plus généreux pour le peuple que les conservateurs, et que le problème du pays est son économie, on ne voit pas comment la situation ne pourrait pas empirer.

Au fond, on a beaucoup critiqué Mme Truss, mais, dans ces conditions, seul le geste d’un désespéré est rationnel ?

(Ou faire ce que fit Roosevelt : je ne sais pas où je vais, mais ce que je sais est que ce que l’on a fait jusque-là ne marche pas, il faut expérimenter ?)