La série de la BBC dont je parle dans un billet précédent retrace l’histoire du sport moderne, invention anglaise.
Illustration de la « complexité » du monde : une idée originale, qui est tournée dans les sens les plus imprévus ?
A l’origine, il y a l’enrichissement massif de la haute société anglaise. Elle n’a plus rien à faire. Comme toute classe oisive, semble-t-il, elle s’invente un art de l’inutile : le sport. Au début, ce sport est le cricket. Puis elle en vient à penser que le sport est l’école du leader.
Elle croyait affirmer sa supériorité. Mais elle suscite l’envie, pas l’admiration. Le sport devient l’outil d’ascension sociale du parvenu. Le peuple s’en empare, et, faute d’avoir les moyens de le pratiquer en amateur, en fait une profession, et l’amène à des sommets. Ce faisant dissipant les illusions qu’avait, sur sa supériorité génétique, la haute société. Et le sport devient un moyen de revendication pour tous les asservis de l’ordre social : colonisés (à commencer par ceux des îles britanniques), pauvres, femmes, etc.
Cette invention a eu des effets étonnants. Au lieu de les justifier, elle n’a pas arrêté de se heurter aux divisions de classes, propres à l’Angleterre, et, au lieu d’être noblesse, « fair play » et désintéressement, elle a révélé ce qu’il y a de pire dans la nature humaine : pari, tricherie…