Les fusées d’Elon

Faut-il admirer les fusées d’Elon Musk ?

Il a inventé la fusée réutilisable. Il applique la technique de la start-up numérique : j’apprends de mes échecs. Mais pourquoi n’y avait-on pas pensé avant ? Vieux monde décadent et peureux ?

Oui, mais pour perdre autant de fusées, il faut beaucoup d’argent, non ? En fait Elon Musk est porté à bouts de bras par la NASA, qui a décidé que la nouvelle bulle serait lunaire. Elle l’a même sauvé quand il était en difficultés. (Is SpaceX OK ?)

Trump n’a rien changé ? Les USA sont un Etat extraordinairement agressif, qui n’a de libéral que le nom ? Peut-être ressemble-t-il à la Russie, même ? Il est tellement peureux qu’il veut détruire tout ce qui est étranger ?

Exogiinocène

Notre temps est celui de la prise de conscience. Nous découvrons que nos pères ont commis des erreurs fatales, que, dans le meilleur des cas, nos enfants vont devoir payer.

Il est beaucoup question du climat, mais il y a peut-être pire. Sideways, de BBC4, étudie l’éthique de la conquête spatiale. L’émission se demandait : s’il y a de la vie partout, pourquoi n’en voyons-nous pas la lumière ? Réponse : parce que la vie est un danger pour la vie. Pour vivre heureux, les autres vivants vivent cachés ?

Et nous ? Trop tard ! Nous produisons quantités d’émissions depuis des siècles. Bientôt, l’humain sera-t-il sous la coupe d’Elon Musk extra-terrestres ? Il coupera la lumière, et règlera la crise climatique ?

Fusées

Culture monde, de France culture, faisait un bilan des programmes spatiaux mondiaux.

Tout cela est bien poussif. On est loin des temps héroïques. C’est surprenant à quel point il en faut peu pour que le savoir-faire humain se perde.

J’en retire que la Chine progresse seule, et avec une certaine méthode. La Russie pleure son passé glorieux, et échoue. Coup de pied de l’âne : l’Inde réussit. Quant à l’Etat américain, à lui seul il a créé une bulle spéculative. Il a décidé qu’il allait faire du business dans l’espace. En conséquence de quoi, il a créé un marché captif et artificiel pour des entreprises locales. Mais, comme souvent, le programme a des hauts et des bas, aléas de l’humeur américaine.

Toujours est-il que, façon conquête de l’Ouest, les USA polluent l’espace à grande vitesse.

Quant à l’Europe, elle est divisée, les Allemands, en particulier, commencent à l’avoir mauvaise d’avoir été à l’origine de tout le savoir-faire spatial mondial, et de ne rien en retirer (au motif qu’ils avaient à l’époque pour objet d’asservir la planète). Elle gobe, la France en particulier, les bobards américains, en demandant à son industrie de produire aux prix américains, alors que ceux-ci sont le résultat de colossales subventions, et, probablement, ont pour objet de liquider l’industrie de leurs amis.

(Depuis que cet article a été écrit, Ariane 6 est partie. Les émissions en question ne lui donnaient que 40% de chances de succès : c’était une sorte de vol de qualification. Comme quoi, on peut aussi avoir de la chance ?)

Rosetta et la conquête de l'espace

La sonde Rosetta m’a fait m’interroger. Admiration, pour commencer. Arriver à repérer une comète de quelques km dans l’immensité interplanétaire, la rattraper et s’y poser, que notre science est magnifique !, me suis-je dis. Mais tout n’a pas marché.
Ce qui a fonctionné, c’est la mécanique classique, la cartographie de la comète, qui a permis une simulation d’atterrissage. Ce a foiré, ce sont les instruments qui devaient assurer l’amarrage à l’objet volant. 
Ceci me semble montrer que, le spatial, c’est compliqué. (C’est ce que vient de découvrir Richard Branson, d’ailleurs.) Mais aussi qu’il faut une grosse expérience pour que tout fonctionne correctement et que, du fait du coût de ces expéditions et du manque d’intérêt pour ce type de projet, on n’en fait pas assez. 
Je me suis aussi demandé si ce n’était pas un coup de pub. La recherche publique est menacée par l’entreprise privée. Elle doit se battre pour exister. Surtout, je crois que la sonde Rosetta est le résultat d’un travail patient de recherche fait par des anonymes. Je ne suis pas sûr que nous ne laissions pas notre héritage péricliter. Pire, je soupçonne que le secteur privé veut utiliser cet héritage pour s’enrichir, sans payer son dû à la société, et sans contribuer à son développement. 

La libéralisation de l'espace ou le progrès, c'est le risque ?

Comment se fait-il que Virgin Galactic ait pensé avoir bientôt des clients, alors que ses navettes n’étaient pas fiables ? Voici la question que je me suis posée en écrivant le billet précédent. The Economist semble m’avoir entendu. Voici ce qu’il me répond. Il parle des conséquences de l’accident qu’a connu Virigin pour l’industrie du transport spatial :

The 2004 Commercial Space Launch Amendments Act, intended to encourage private space vehicles and services, prohibits the transportation secretary (and thereby the FAA) from regulating the design or operation of private spacecraft—unless they have resulted in a serious or fatal injury to crew or passengers. That means that the FAA could suspend Virgin Galactic’s licence to fly. It could also insist on vetting private manned spacecraft as thoroughly as it does commercial aircraft. While that may make suborbital travel safer, it would add significant costs and complexity to a nascent industry that has until now operated largely as the playground of billionaires and dreamy engineers.

Autrement dit, il semble qu’il y ait eu une sorte de déréglementation du transport aérien ou spatial. Et ce pour encourager l’initiative privée. A-t-on essayé de rejouer le coup d’Internet ? On a cherché à « disrupter » les entreprises installées, et fiables, par des entreprises qui n’étaient ni l’une ni l’autre ? Et ce en pensant que ce serait bon pour l’économie ? Que le progrès, c’est le risque ? 
(Ce qui expliquerait la haine qu’éprouve l’entrepreneur digne de ce nom pour le principe de précaution ?)

Virgin Galactic : confions notre vie à l'entreprise ?

Deuxième fusée privée qui explose. Cette-fois ci, il s’agit de celle de Richard Branson, qui voulait l’utiliser dans quelques mois pour transporter dans l’espace des voyageurs. (La première est ici.)
Etrange ? Donc, le projet était loin d’être au point et pourtant on comptait lui donner tout de suite une application commerciale ! Comme l’histoire du gluten, cela pose une question importante. La capacité à assurer la sécurité collective de l’entreprise est-elle suffisante pour qu’on lui confie une part aussi importante de notre vie qu’on le fait aujourd’hui ? Ne serait-il pas grand temps que la main visible de la société se remette à réguler l’entreprise ?

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Devons-nous confier notre sort à l’entreprise privée ?

Une nouvelle semaine de surplace mondial

Rien ne semble pouvoir sauver le pauvre Hollande. Collé à 18% d’opinions favorables. Dommage, il fait une bonne politique. L’Espagne change de roi. Le précédent n’avait pas su comprendre les évolutions de la société. Miracle allemand sans lendemain ? Déficit démographique, que le pays ne cherche pas à compenser par le gain de productivité. Investissements en baisse, éducation peu performante… La croisade anti Juncker de M.Cameron serait-elle allée trop loin ? L’omnipotente Mme Merkel partage ses vues sur l’avenir libéral de l’Europe, mais est agacée. Il est bien que l’Angleterre veuille faire triompher ses intérêts au détriment de l’intérêt général. Mais pas qu’elle le fasse au détriment des apparences d’entente cordiale. En réalité, pour Cameron, la menace n’est pas l’Europe, on l’aime trop, mais l’Angleterre. Il y fait monter un espoir qu’il est incapable de satisfaire. Dans leur lutte contre les Russes, les Polonais, déçus par la tiédeur européenne, se tournent vers les Américains. L’Europe est-elle antisémite ?A moins de vouloir fuir les taxes françaises, The Economist estime qu’Israël demeure moins sûr que l’UE. La Chine stimule une croissance qui faiblit. Le Brésil est parvenu à stopper la déforestation par la contrainte. La contrainte marche, finalement. Fin de règne de M.Obama. Il soigne sa place dans l’histoire. Il a relâché 5 Talibans de Guantanamo, contre un Américain, passé à l’ennemi de son plein gré. La seconde partie de l’affaire n’était pas prévue. La première si. Malin. Les Talibans étaient des prisonniers de guerre. Ils auraient été relâchés quoi qu’il arrive. En outre, l’Amérique va devoir négocier avec les Talibans. M.Obama s’intéresse maintenant au changement climatique. Il promulgue des lois néfastes à la production de charbon. Réaction hostile des Etats producteurs, et des hommes politiques, y compris de son camps (ils risquent de perdre de ce fait les prochaines élections). En fait, manœuvre pour forcer les Indiens et les Chinois à suivre son exemple. D’autant que le gaz de schiste, guère plus cher que le charbon et moins polluant, est en passe d’inonder le marché américain. La croissance chinoise faiblit. Le gouvernement procède à une relance.
Et si les services secrets américains avaient infiltré la communauté Internet ? Toujours est-il qu’il n’y a pas encore de marché pour la protection des données. Comment faire du business en France ?Mettez un énarque dans votre équipe. Ses copains du gouvernement n’ont rien à lui refuser. Voilà l’histoire de Clara Gaymard et de GE, dans l’affaire Alstom. La force d’Apple ? Son écosystème de produits. Il en renforce l’interopérabilité. Les producteurs d’énergie allemands relèvent la tête. Torpillés par des surinvestissements, l’arrêt du programme nucléaire national, les subventions aux énergies renouvelables, les tribunaux pourraient leur accorder de grosses compensations. Malheureusement, ils sont en panne de stratégie. Automobile, haut de gamme japonais. Dans les années 90, on disait qu’il allait balayer le monde. Or, il a été ridiculisé par les Allemands, et même par les Anglais (aux mains des Indiens). Les Japonais n’y croient plus. Seul Lexus en a encore un peu sous la pédale.
Où il est démontré que le marché a pris le relai du public en termes d’innovation. La nanoparticule contre la bactérie ? Mieux que les antibiotiques en perte d’efficacité ? Peut-être, pour certaines applications. Mais il demeure des dangers. Le micro satellite, bâti sur la technologie smartphone est en passe de transformer l’industrie spatiale, y compris du propulseur. On fabrique des microscopes en papier, pour les pauvres. La montre mécanique innove. Comme elle se vend très cher, elle a de l’argent à investir dans la recherche.
Football. Coupe du monde au Qatar. Le Qatar aurait acheté quelques pays africains ainsi que Platini et Sarkozy. (Voilà un type de manœuvre qui serait inconcevable en Angleterre, ou aux USA.)

Fin de la conquête spatiale

Plus de conquête spatiale (The end of the Space Age). Fin des grandes espérances d’après guerre. 
Qu’est-ce qui la tuée ? à l’ère de la technocratie triomphante s’est substituée l’esprit du boutiquier ?…
Est-ce une bonne chose ? Toutes les conquêtes ont été accompagnées d’épidémies. Peut-être en aurait-il été de même de la conquête spatiale ? Mais, peut-être aurait-elle surtout stimulé notre innovation, ouvert de nouvelles voies à notre développement ? Et Galbraith ne pensait-il pas qu’il fallait un tel type de moteur à notre économie, un projet à long terme qui rende l’avenir prévisible ?