Soudan

Que se passe-t-il au Soudan, et comment l’en tirer ?

Je n’ai pas été éclairé par l’émission de Christine Ockrent. Situation atroce, affrontements entre factions rivales, chacune appuyée par des nations plus ou moins voisines. Une situation qui serait peut-être due à une erreur de jugement des dites puissances. Car, au fond, elles n’y ont pas intérêt. La Chine, en particulier, et comme d’habitude, serait embarrassée, elle n’a pas le savoir-faire de ses ambitions hégémoniques. Peut-être aussi la situation serait-elle due, comme souvent, à des facteurs socio-économiques.

Soudan

Je me suis mis à écouter les nouvelles de BBC World service. Elles ne ressemblent pas à celles du service national.

En particulier, on y parle du Soudan. Ce qui est dit est effrayant. (Et je ne suis pas capable de parler de ce qui est effrayant.)

Pourquoi n’en est-il pas question dans notre presse ?

Mon hypothèse est que l’information obéit à des processus mécaniques. D’une certaine façon, le journaliste ne pense pas ce qu’il dit, pas plus que l’émetteur de la station de radio. Forme d’impuissance ?

Paix au Soudan

On n’entend plus parler du Soudan. Peut-être parce que l’on en a retiré tous les ressortissants occidentaux ?

Curieusement, on est parvenu à imposer une trêve aux combattants, le temps de les extraire. Ce qui montre que l’on n’était pas sans moyens de pression.

Une leçon ? Quand un conflit nuit à beaucoup d’intérêts, on peut l’arrêter ? La paix est dans l’interdépendance ?

(Pourquoi cela n’a-t-il pas marché en Russie ? Peut-être, contrairement à ce que pense M.Poutine, parce que sa guerre est dans l’intérêt général. Elle permet à l’Occident de se ressaisir. Destruction créatrice. Et on me disait que les Turcs et autres Indiens achètent son pétrole à très bas prix. Il se ruinerait goutte à goutte.)

Soudan

La BBC parle du Soudan. L’Angleterre y a un grand nombre de ressortissants, et a eu du mal à les extraire du conflit. Que s’y passe-t-il ?

Affrontement entre deux généraux, apparemment. Arbre qui cache la forêt ? La guerre civile y est permanente. Le pays est fait de communautés qui ne s’aiment pas. L’un des généraux semble représenter l’élite au pouvoir, et l’autre les déclassés. L’élite aurait été punie par là où elle aurait péché. Elle s’est déchargée de sales guerres sur des milices de sans-grades qui, en partie avec l’aide de Vladimir Poutine, sont devenues riches et puissantes. (Une opinion plus pertinente que la mienne.)

Conséquences de la colonisation occidentale ? L’Occident est arrivé avec sa médecine, qui a multiplié les populations, son progrès, et le concept de « nation » plaqué artificiellement sur des groupes humains, qui avaient peu d’atomes crochus, et les a laissés à eux-mêmes, gros Jean comme devant ?

(La BBC interrogeait, il y a quelques temps, l’ambassadeur saoudien en Angleterre. L’Arabie saoudite semble jouer les médiatrices entre les deux généraux. Un travail qui s’annonce long et ardu. Mais peut-être essentiel : il faut autre chose qu’une logique occidentale pour rétablir la paix, et éviter que le conflit ne se communique à la région ?)

Colonialisme

Livre sur les colonies anglaises.

Elles étaient gérées selon le bon plaisir d’une sorte de caste se recrutant entre soi et obéissant à des rites curieux (« seuls des officiels capables de jouer au polo pouvaient espérer une promotion, dans la province soudanaise du Darfour. »). (With a stony British stare)

Avec de tels modèles, est-il étonnant que les ex colonies aient autant de difficultés à se construire ? 

Manœuvres à Copenhague

D’après un témoin, l’échec de Copenhague serait dû à la Chine.

Le plan semble machiavélique. Le développement de la Chine est fortement lié au charbon, il ne lui fallait donc pas un accord contraignant. Or, elle savait que tout échec serait attribué mécaniquement par les ONG aux « pays riches ». Il lui suffisait donc de bloquer les négociations pour obtenir ce qu’elle voulait (retirer du traité tous les engagements contraignants) sans en subir le blâme.

Outre les ONG, elle tirerait les ficelles de pays pauvres (Soudan) qu’elle utilise comme exécuteur de basses œuvres, et pourrait compter sur la complicité de l’Inde et de l’Arabie saoudite.

Un autre article, d’un écologiste pur et dur ?, dit :

Particulièrement méprisable fut le rôle changeant des gouvernements des pays en développement rapide (…), qui prétendent représenter les pauvres, dans leurs pays et dans le monde – quand cela leur convient, mais cherchent surtout à protéger la richesse grandissante de d’une élite solidement installée.

Apparemment nous sommes dirigés par des idées préconçues selon lesquelles Ouest = mal, pays pauvres = bien. Les élites chinoises et indiennes les exploitent habilement.

Compléments :

  • Une vision qui contredit l’analyse que j’avais tirée de The Economist. Copenhague.