Sondages

Qui fait encore confiance aux sondages ?

Ce qui est surprenant est à quel point les sondeurs n’ont plus l’esprit scientifique. En fait, ils conçoivent des dispositifs compliqués et nous disent que ce qui en ressort est la réalité.

Mais pourquoi ne vont-ils pas vérifier que c’est bien le cas ? Peut-être qu’ils feraient des découvertes ?

Lorsque je faisais des études de marché, avec les mêmes moyens que les sondeurs, j’avais un objectif pratique : orienter les décisions de mes clients (entreprises). J’avais constaté que ce qui « marchait », c’était de segmenter le public selon des « comportements ». On ne cherchait pas une grande précision, seulement des ordres de grandeur. Cela donnait de très bons résultats, et a permis, notamment, de régler quelques casse-têtes. En particulier, il est fréquent que le gros d’un chiffre d’affaires soit fait par un petit nombre de clients. Et s’ils avaient quelque-chose de commun ? Eh bien, c’est généralement le cas !

On verra dans ce blog que je me demandais pourquoi M.Trump n’étais pas distancé dans le coeur des électeurs, alors qu’apparemment tout allait bien aux USA. J’ai découvert que des journaux avaient mené des études qualitatives auprès d’indécis et que ceux-ci avaient le sentiment de bien mieux vivre sous Trump que sous Biden, ils appuyaient leur jugement sur des faits. Cette explication est celle qui, aujourd’hui, paraît faire consensus à gauche et à droite…

Opinion des Français

Que pensent les Français ? Je découvre un baromètre IPSOS.

On apprend qu’Emmanuel Macron approche les records d’impopularité de François Hollande et que François Bayrou établit une nouvelle mode : l’état de disgrâce. (Au moins, il ne peut décevoir ?)

(J’apprends aussi que Gabriel Attal était relativement populaire. Cela lui aurait-il nuit ?)

Quant aux préoccupations des Français, on trouve le pouvoir d’achat (presque un sur deux !), le système social, l’immigration, la dette, et, seulement en 5ème, l’environnement (surprenant : le « matraquage médiatique » ne semble pas aussi efficace qu’on le croirait).

Quel va être notre prochain président ? Qu’est-ce qui fera la décision ? Ceux qui aiment (dans ce cas c’est le FN), ou ceux qui n’aiment pas (Bruneau Retailleau et Edouard Philippe) ?

Vive les sondages

François Fillon vainqueur des primaires, nous dit-on. Et si c’était faux ? Et si les sondages étaient les réels vainqueurs ?  Personne n’ayant vu arriver M.Fillon, M.Juppé a parlé à l’électorat du second tour, et M.Sarkozy a voulu discréditer M.Juppé. 
Et de trois, après le Brexit et M.Trump ? Et si nous entrions dans une époque où il est impossible de croire personne ?

Sondages et Brexit

https://ig.ft.com/sites/brexit-polling/

De derniers sondages donnent l’Angleterre partante. Peut-on les croire ?

Ce qui a caractérisé les élections, récemment, c’est le sursaut de dernière minute (Écosse, Autriche). Peut-être que les peuples ont peur du changement ? Mais cela n’a pas été le cas en Grèce.

Bref, on ne sait pas. Même pas si les sondages se trompent systématiquement. Peut-être, mesurent-ils bien moins l’état d’esprit de la population qu’ils n’agissent sur elle ?

Le bon politique est un politique mort ?

Ce n’est pas ce que je pensais. J’entendais dire que M.Juppé était en tête des sondages. En fait, lorsque l’on y regarde de plus près, ils semblent dire que les Français aiment beaucoup de gens. Certes M.Juppé a de l’avance, mais MM.Macron, Raffarin, Bayrou, Fillon et autres Cazeneuve et Hidalgo sont dans un mouchoir. Ce qui est surprenant ce sont les « très mauvaises opinions ». Elles sont généralement à de faibles valeurs, sauf en ce qui concerne MM.Sarkozy et Hollande et Marine et Marion Le Pen. (35% pour M.Sarkozy, plus de 40 pour les trois autres.)
Cela pose beaucoup de questions : que faut-il pour être aimé ? Être muet ? Y a-t-il corrélation entre amour et élection ? 

Les sondages et M.Tsipras

M.Tsipras obtient beaucoup plus de voix que prévu. J’ai pensé en entendant la nouvelle qu’il y avait un biais systématique dans les sondages : à chaque fois qu’ils annoncent un bouleversement dans l’ordre des choses (le FN en France, Ed Milliband en Angleterre, etc.), ils se trompent. L’ordre établi a une sorte d’inertie. 
France Culture proposait une autre explication : les journaux grecs sont aux mains d’intérêts puissants. Ils cherchent à influencer le peuple. Du coup, je me suis demandé s’il en était de même en France. 

Internet a-t-il tué le sondage ?

Je participe à un sondage de SFR, sur Internet. C’est de l’auto administré, donc biaisé. Et c’est idiot, le système continue à me poser des questions alors que je ne suis pas intéressé par ce qu’il me propose. Je ne suis pas allé jusqu’au bout.
Je me suis demandé si l’industrie du sondage avait encore un sens. Une autre victime de la destruction numérique. Elle a été amochée par Internet, la téléphonie mobile, et une perte de confiance généralisée qui fait que l’on ne dit plus ce que l’on pense.
Il faut réinventer l’enquête à partir des techniques anthropologiques. Il faut comprendre la logique des gens, les principes sur lesquels reposent leurs décisions. 

M.Hollande aussi dangereux que M.Mitterrand ?

Il est curieux que les sondages aient finalement si bien prévu les résultats de la présidentielle. De mon temps, on disait que l’intervalle de confiance d’un sondage était de 3,2% pour 1000 interviewés (et en plus avec 95% de probabilité, si mes souvenirs sont bons). De plus la méthode des quotas devrait introduire une incertitude supplémentaire. On aurait pu s’attendre à des fluctuations. Mais la tendance a été nette.

Ce qui est aussi curieux est la similitude des scores entre MM.Hollande et Mitterrand.
M.Giscard d’Estaing avait suscité une énorme haine, que l’on a probablement oubliée aujourd’hui. Mais M.Mitterrand représentait la certitude des chars soviétiques sur les Champs Élysées.
Aujourd’hui aussi, beaucoup de gens haïssent M.Sarkozy, à commencer par son propre camp. Du coup, il est tentant de penser que M.Hollande suscite les mêmes peurs que M.Mitterrand. Finalement, les temps changent peu, la plupart des opinions sont figées, seule une fraction de l’électorat fluctue ?

Compléments :
  • Dernier point intrigant concernant M.Sarkozy, ceux qui se reconnaissaient comme de son bord formulent des critiques effroyablement assassines à son endroit, tout en disant que l’on ne peut que voter pour lui : L’exemple suisse.

Fiabilité des sondages

Les prochaines élections nous réservent-elles des surprises ? Les journalistes s’interrogent.

On a vu récemment les deux principaux candidats perdre des points. Lors des élections de 2007, N.Sarkozy avait eu plus de votes que ce que lui promettaient les sondages. On parle aussi des indécis. Mais ils semblent moins nombreux qu’aux autres élections. Peut-on croire les sondages ?
En fait, le seul sondage fiable est le comptage de boules de couleur par tirage au hasard. La disparition des idéologies a laissé des électeurs peu certains de leurs choix. Par conséquent, le sondage ne peut être un indicateur de vote totalement juste. Par contre, vu la stabilité des prévisions, et l’importance des écarts prévus au second tour, il y a peu de chances de surprise.