Dumping chinois

Selling the sun confirme ce que disait Torben Sommer : les Chinois avouent que pour imposer leurs panneaux solaires ils les vendent à perte. D’ailleurs pour éviter les barrières tarifaires américaines, ils vont implanter leur production aux USA. Il semblerait qu’ils aient tiré l’idée de ce type de stratégie de l’exemple japonais. Réflexions :

  • Voilà la négation du principe de l’échange : si la Chine détruit l’industrie d’autres pays, qui pourra acheter ses produits ? La logique de l’échange, c’est la spécialisation et la production de biens différents d’un pays à l’autre.
  • Danger de destruction de « l’écosystème » qui participe de près ou de loin à la production des produits qui font l’objet de dumping. L’industrie automobile, par exemple, occupe une quantité considérable de sous-traitants. Beaucoup ne sont que des fournisseurs partiels : leur activité dans l’automobile leur apporte un revenu complémentaire mais surtout un progrès technique dont ils font profiter d’autres clients, et, mieux, qui est un facteur d’innovation dans des secteurs apparemment sans rapport. Cela signifie enfin le chômage, et un chômage durable puisque l’emploi demande la reconstitution d’un savoir-faire partagé pour la constitution duquel des décennies sont nécessaires.
  • La Chine pourra-t-elle longtemps maintenir cette politique mercantiliste ? Elle subventionne massivement ses industries, elle achète des bons du trésor américain pour maintenir sa monnaie à bon marché…

Clean tech

Hier le club économie recevait Torben Sommer, certainement un des meilleurs experts des « clean tech ». Quelques souvenirs :

  • L’énergie éolienne pourrait couvrir jusqu’à 40% des besoins d’énergie du monde. Dors et déjà, elle fait travailler 10% du Danemark.
  • Dans les zones ensoleillées, l’électricité solaire est proche du prix des autres énergies. En France le taux de retour sur investissement du panneau solaire est de 10% (du fait des subventions de l’état), soit 25% avec « effet de levier » financier.
  • On reparle du Chinois. Il a rejoué le coup du lait frelaté : à un moment il a manqué de silicone pur pour les panneaux solaires. Il l’a mélangé avec du silicone pas pur… Aujourd’hui, le panneau solaire chinois est extrêmement bon marché. Pourtant, en dehors de la main d’œuvre, il achète tout à l’ouest…
  • La France semble bénie des dieux : côtes ventées, leader mondial du verre (Saint Gobain), Lafarge toitures, Alsthom… Et pourtant rien ne bouge dans ce monde. Il semblerait que leurs équipes soient convaincues de l’opportunité, mais que leur top management n’ait rien compris. Dommage, les clean tech fournissent énormément de grands et petits emplois, non délocalisables (beaucoup de service). Torben Sommer estime, à partir de l’exemple danois qu’elles pourraient occuper 5% de l’emploi français ! Mais handicap : l’énergie en France semble beaucoup moins chère qu’ailleurs. EDF vend l’énergie qu’elle produit trois fois plus cher en Angleterre qu’en France, par exemple.

Deux réflexions sur ce dernier paragraphe.

  1. Si la déréglementation de l’énergie triple les prix de celle-ci où est la performance tant vantée de l’entreprise privée ? (Une analyse plus détaillée : Que donnent les déréglementations ?)
  2. Notre pays fut dirigiste. Il s’est engagé dans de grands projets tels que les centrales nucléaires, l’équipement téléphonique, les autoroutes… Aujourd’hui il semble devenu muet, son cerveau s’est vidé (Style de Sarkozy). Quand est-ce arrivé ? Pourquoi ? À approfondir.