Blues de la SNCF

L’autre jour, j’ai pris un train pour aller à un rendez-vous, à Paris. Premier arrêt. Il ne repart pas. Un problème de portes. Une demi heure plus tard, les passagers étaient sur le quai. J’avais raté mon rendez-vous. J’ai pris le train en sens inverse. Heureusement, il marchait.

Une des causes du blues de la SNCF ? Le personnel se retrouve dans un environnement dysfonctionnel. Mais la direction n’en tient pas compte et continue à le bombarder d’ordres auxquels il ne peut pas obéir ?

Cela m’a rappelé l’histoire de Christian Kozar et de la RATP. Il avait été appelé parce que les agents de la RATP se plaignaient de l’insécurité de leur travail. Il a attaqué de front les dealers et les taggers. Et il a surtout découvert que les employés de la RATP étaient laissés à eux mêmes.

Cela s’appelle le management…

Le blues de la SNCF

De nouveau la SNCF ne fonctionne plus. Je reçois à nouveau des alertes comme quoi tel train n’a pas pu partir, tel autre est bloqué en gare, ce qui paralyse tout le trafic de la ligne, tels travaux ne se sont pas finis à l’heure prévue…

Le personnel de la SNCF doit être victime d’un nouveau coup de blues. Raisons ? Réforme des retraites après celle des cheminots ? J’ai lu aussi que la SNCF serait un des derniers bastions de la CGT, et qu’elle chercherait à le garder en montrant son efficacité… Mais la réalité est souvent plus subtile qu’il n’y paraît.

C’est pourquoi le nouveau dirigeant de la SNCF a sûrement raison de vouloir commencer par écouter avant d’agir.

Grève sans préavis

Vendredi, quai de la gare : des agents de la SNCF partout, pour dire qu’il y a une grève sans préavis. Résultat d’une agression. J’ai cru que les voyageurs allaient agresser les agents de la SNCF.

D’après ce que j’ai lu, le « droit de retrait » serait la justification juridique d’une grève sans préavis. Le droit de retrait signifie, toujours si j’ai bien compris, que, soudainement, tous les agents de la SNCF estiment que leur vie est en danger. Il y a encore un semblant de loi ? Mais pour combien de temps ? Et si tout le monde se comportait comme cela ?

Loi de la jungle ? C’est toléré, parce que la loi ne s’applique qu’à l’homme ? Les agents de la SNCF sont des « misérables » ? Le peuple en général ?

Que signifie l’égalité sinon que les lois s’appliquent à tous ? Et que les manifestations de mécontentement se font dans la dignité ?

Les gilets jaunes de la SNCF

Saint Lazare, le soir. Les trains ne partent plus. Quasi systématique depuis deux semaines. Que se passe-t-il ?  Le personnel est mécontent et veut le faire savoir ? Mais de quoi ? Bien des passagers de la SNCF seraient heureux de profiter des conditions de travail des cheminots.

Mon retour en banlieue m’a montré à quel point les conditions de vie s’y sont dégradées. Les usagers de la SNCF devraient-ils revêtir des « gilets jaunes » ?

La SNCF rend fou

Mon quotidien, c’est le train supprimé. Maintenant, il y a, en plus, le train qui ne part pas. Trois fois de suite, le soir. Et aucune information. Et un remplissage de wagon à bestiaux. Et l’autre jour, j’avais un rendez-vous un peu lointain, et trois trains pour y arriver… Le second a du mal à partir. Et on m’annonce que le troisième est ralenti… Et le rendez-vous ne durerait pas plus d’une heure… La SNCF, c’est le stress. Du coup, j’en viens à chercher un coupable.

Je crois que c’est l’esprit du temps : l’égoïsme. Les cheminots, collectivement, ont exploité leur monopole, pour essorer la collectivité. Les politiques, eux aussi, ont ruiné la SNCF, donc la collectivité, pour se faire construire des TGV, et se faire mousser. Mais ils sont eux les vrais coupables. Car, au moins certains d’entre-eux, ont aussi trouvé leur intérêt à encourager les premiers.

La concurrence peut-elle améliorer la situation ? On passera d’un comportement monopoliste à un autre. Et la collectivité continuera à être essorée. La question que pose la SNCF est le contrôle des « biens communs », façon Elinor Ostrom. Plus qu’une technique, c’est une question de volonté. Celle de nos élus, pour commencer.

Des bénéfices de la concurrence

Il y a quelques temps France Culture faisait s’affronter un défenseur du service public et un défenseur de la concurrence libre.

Bizarrement, depuis que je suis en banlieue, mon opinion a changé. Jadis j’aurais défendu la SNCF, en arguant du ridicule du chemin de fer anglais. Mais aujourd’hui ? Il est possible que le rail britannique soit bien meilleur que le nôtre. Quand à son coût, il n’est pas sûr qu’il soit plus élevé. Car c’est le citoyen qui paie les dettes de la SNCF.

Mais la SNCF n’a pas toujours été un désastre. En fait, ce qui rend un système efficace, c’est le contrôle social. Sans cela, il tend à parasiter la société.

SNCF en feu

J’entends que la gare Montparnasse est bloquée par un incendie de matériel. Chaque année c’est la même chose, en été, lorsqu’il fait chaud.

On peut en déduire que le matériel de la SNCF ne résiste pas ou plus à la chaleur. Il en est de même des motrices de ma ligne qui, elles, qu’il fasse chaud ou froid, ne parviennent pas à démarrer.

Entre les grèves et ses investissements malencontreux, la SNCF ne doit pas avoir beaucoup d’argent. On ne va pas lui demander de renouveler son matériel. Mais, il est étrange qu’à l’heure de l’Intelligence Artificielle et de la maintenance prédictive, on ne puisse pas prendre les devants de ces types d’incidents. Car ils doivent coûter cher. Au moins pourrait-on demander à ses personnels les risques qu’ils entrevoient. Ils sont certainement aussi compétents que moi et l’IA réunis.

Changement de culture

La concurrence peut-elle améliorer la SNCF ? Lorsque l’on considère ce qui se passe en Angleterre, on peut sérieusement en douter.

Au fond, pour la SNCF, la personne qu’elle transporte n’est ni un usager, ni un client, mais un otage. C’est peut être cette perception qui doit changer. J’entends souvent parler, au sujet de ce genre de changement, de « changement de culture ». Les anthropologues disent que la culture ne change pas. En fait, la culture possède ses propres règles de changement. L’automobiliste n’est pas prisonnier des routes, elles le contraignent un peu, mais elles lui permettent d’aller partout. Il en est probablement de même de la culture. La SNCF doit choisir sa voie.

Logique de la grève

Pourquoi la SNCF est-elle en grève, alors que cela ne sert à rien ? se demandait une amie.

Les syndicats, comme tout groupe humain, ont des rites. La grève en est probablement un. J’ai noté, par exemple, que, sur mal ligne, chaque changement produit une grève. C’est un mécanisme qui n’obéit pas à la logique de la raison individuelle. Une sorte de réflexe conditionné.

D’ailleurs, pour un dirigeant syndical, il est certainement plus risqué de décider de mettre fin à une grève inefficace que de la poursuivre. Problème : il faudra bien arrêter un jour…