La simplification de l'entreprise

Dans les années 80, Michel Crozier voulait « simplifier » l’entreprise. Qu’est-ce que cela signifie ? Que son organisation bureaucratique la rend lourde et rigide. Surtout, le potentiel humain est mal, ou pas, utilisé. En « libérant » l’individu, on n’a plus besoin de couches de hiérarchies. L’organisation devient agile et « apprenante », intelligente. Elle est « lean and mean » comme disent les Anglo-saxons. 

Avec la pénurie de main d’oeuvre, voici une question qui pourrait se poser de nouveau. Il est aussi possible qu’il y ait un rééquilibrage des rémunérations. En 30 ans, l’augmentation des salaires du top management a été spectaculaire. Cela ne concerne pas uniquement les PDG. Même un cadre relativement secondaire peut gagner autant qu’un grand patron des années 80. Ce management, et son coût, est certainement condamné par la simplicité. En revanche, comme on la vu lors de l’épidémie, on manque de « petit personnel »…

Smart simplicity

Votre analyse, c’est « smart simplicity », me dit-on. Qu’est-ce que « smart simplicity » ? me demandé-je.

Je regarde quelques textes. Smart simplicity c’est le constat de l’étranglement de l’entreprise, peut être de la société, par un imbroglio invraisemblable de règles et contraintes. 

Cela m’a rappelé Le mal américain de Michel Crozier. Le « mal américain » c’est la société d’individus. Car, le seul moyen de contrôler des individus, c’est la loi, la multiplication de lois, l’étouffement sous les lois. Mêmes causes mêmes conséquences ? Nous sommes tous américains ?

Smart simplicity annonce-t-il un retour de balancier ? Si vous considérez, avec les sciences humaines, que l’homme est membre d’une société, et que celle-ci a déjà des lois (la culture des anthropologues), implicites, tout change. Car, il suffit d’utiliser ces lois. Mais cela exige de les connaître.  

(Comparaison USA, Japon.)