Alstom, Siemens, le changement ?

Comme prévu, l’UE bloque le rapprochement entre Alstom et Siemens. Question de concurrence. On s’inquiète : l’Horace chinois, champion national qui profite d’un marché protégé, va tuer les Curiace Alstom et Siemens. Demain il n’y aura plus ni concurrence, ni entreprises, en Europe.

La concurrence et le libre échange, c’est fini, pour se mesurer à la Chine et les USA, il faut adopter leur stratégie mercantiliste, et transformer l’Europe en place forte ?

Ukraine : la série de l'été en Russie

Ukraine. Les séparatistes abattent par erreur un avion civil. En Russie, la popularité de M.Poutine est exceptionnelle (83%). « Les Russes voient la guerre en Ukraine comme un drame télévisuel captivant ». Toutefois, « M.Poutine se soucie de son image internationale ». La Pologne s’arme pour pouvoir faire la guerre à la Russie. Mais l’industrie de la France n’aura pas de contrats, puisqu’elle fournit la Russie.
En Italie, M.Berlusconi est lavé d’une partie des charges qui pesaient sur lui. La justice, de gauche, a obéi à M.Renzi, qui a besoin de l’appui de M.Berlusconi pour réformer le sénat. La Croatie est dans de sales draps. Et son élite, corrompue, ne fait rien pour l’en tirer. La Grèce est sous tutelle de ses créditeurs internationaux. Elle aimerait s’en dégager. Ce ne sera probablement pas possible. L’Allemagne est la seule puissance européenne qui compte. Mais elle n’agit pas en leader. (Ou en Führer ?) Israël / Palestine. Les deux camps semblent commencer à penser qu’il faudrait peut-être trouver une solution pacifique à leur éternel conflit. Les islamistes chassent les chrétiens d’Irak. L’anarchie règne dans les pays qui bordent le lac Tchad. Les sectes islamistes y prospèrent. La Malaisie élit un nouveau président. L’opposition, mauvaise perdante, ne devrait pas pouvoir paralyser le pays.
Aux USA, le choix des parents influe considérablement sur le succès des enfants. Les parents riches s’occupent de plus en plus de leurs enfants. Ils les couvent, et leur parlent beaucoup (ça développe l’intellect). Les pauvres pas du tout (l’année dernière, 61% des femmes n’ayant pas le bac qui ont accouché étaient célibataires). Tout se joue dans les premières années de la vie.
Le marché (l’Occident ?) n’aime pas certains pays. Ce qui leur coûte gros. En réduisant massivement la valeur de leurs sociétés (le « price earning ratio » des entreprises russes est de 5,2, contre plus de 25 pour les entreprises américaines), et en leur faisant payer cher leurs emprunts (9,8% à l’Argentine, contre quasiment zéro en Occident). Siemens change de dirigeant. Entreprise pas assez rentable. Il faut faire un élégant redécoupage d’activités pour plaire aux marchés financiers. De manière plus préoccupante, l’entreprise semble avoir développé une culture de la défiance fort peu allemande, et sa conséquence : « une mauvaise capacité à la réalisation de projets ». Microsoft rationalise son portefeuille d’activités. Le pragmatisme est au pouvoir.
Le coût des énergies propres est bien supérieur à ce que l’on pensait jusque-là. « Les gouvernements devraient attaquer les réductions d’émissions plutôt que s’entêter à promouvoir certaines formes d’énergies renouvelables. »
On essaie d’expliquer la schizophrénie par la génétique. Ce qui pourrait avoir un peu plus de succès que les travaux de ce type menés pour d’autres maladies.
Justice. « Pour toutes les culture, présentes ou passées, l’intention du criminel compte plus que le mal qu’il a fait. » « On peut donc faire l’hypothèse que l’impartialité résulte de l’évolution, qui a voulu que (la raison l’emporte sur la passion). »

Derniers changements de l'économie

L’économie en changement
Les grandes compagnies pétrolières vont devenir de moyens producteurs de gaz. Pour diverses raisons. Notamment parce que les nations ont décidé d’exploiter elles-mêmes leurs réserves, et que les « grandes compagnies ont jugé sage de sous-traiter le forage et d’autres aspects de la production » à des entreprises qui ont apporté leur savoir-faire aux dites compagnies nationales. George Mitchell est l’entrepreneur qui a le plus fait pour le gaz de schiste. Il semble avoir eu une détermination increvable : c’est à près de 80 ans qu’il a trouvé l’idée qui a fini par rendre le processus d’extraction rentable. C’était aussi un défenseur de la nature. Et un homme de contradictions.
Fusion Publicis Omnicom. Publicité bouleversée par Internet. Plus besoin d’intermédiaires, annonceurs et médias traitent en direct. Les agences elles mêmes construiraient des plates-formes d’achat d’espace. Et se regrouperaient pour ce faire. Leur avenir semble sombre. « Fintech ». Les start up s’attaquent au métier des banques. En Europe, les banques « continuent à réparer leur bilan ». Ce qui les rend fort peu rentables. En outre, la BCE va les inspecter. Mais que faire si elle trouve qu’elles ont besoin de capitalisation, sachant que beaucoup d’Etats sont trop endettés pour les aider, et que l’Allemagne a bloqué toute possibilité d’aide mutualisée ?
Siemens semble avoir des difficultés à gérer une multitude d’activités. Par ailleurs, le modèle allemand de coopération syndicats – employeurs serait sur le déclin. Il aurait fait les frais des réformes Schröder.
Curieux calcul de PIB. Il dépend des hypothèses choisies. En tout cas, il semblerait que l’on cherche à évaluer la production non marchande (production et consommation de la famille), qui pourrait l’être. Où va-t-on s’arrêter ?
Le monde en changement
Prochaine coalition gouvernementale allemande ? Toujours aussi incertaine. Mais Mme Merkel est prête à toutes les cohabitations. En Egypte, l’armée serait tentée de prendre le pouvoir. Mais elle contrôle une grande partie de l’économie. Comment faire le bien collectif sans nuire à ses intérêts ? En Iran, le nouveau président tiendrait ses engagements de réforme. Comment va-t-il résoudre la crise économique causée par les sanctions internationales ? Au Mali, les élections se sont à peu près bien passées. Reste à régler la question de l’indépendantisme touarègue. Aux USA, on se demande si, après tout, la collecte de données privées dénoncée par M.Snowden n’est pas illégale. Un des étudiants de MIT a piraté un système informatique. Contrairement à sa devise, le MIT l’a laissé condamner. Et il s’est suicidé. Le grand bond en avant chinois serait mû par le désir de « venger l’histoire honteuse du pays ». Que va-t-il arriver quand la Chine sera puissante ? Vengeance ou repos du guerrier ?
Science ?
On essaie de construire des ordinateurs sur le modèle du cerveau. 3 avantages : ça consomme peu, c’est robuste, et ça se programme tout seul. 

Vive l’Irlande, honte à l’Amérique, l’Europe et au Japon…

The Economist en veut aux politiques américains qui règlent les problèmes financiers de leur nation à l’européenne, en les repoussant à plus tard. « Pourquoi les pays en développement devraient-ils faire confiance au leadership américain, quand il semble incapable de résoudre quoi que ce soit chez lui ? Et pendant que la démocratie occidentale par excellence est paralysée, la Chine décide, et avance. » Il désire aussi que l’Europe aide l’Irlande à rembourser ses dettes. Argumentation curieuse, car l’Irlande ne semble pas sans ressources : « les entreprises étrangères continuent à préférer le pays comme plaque tournante de fabrication et de service pour les marchés internationaux, en grande partie du fait de son faible taux d’imposition. » « Une fois que la grosse part de PIB qui va aux multinationales étrangères peu imposées est prise en compte, (la dette publique) atteint presque 140%. » Pourquoi ne pas augmenter les impôts des entreprises étrangères ?

Le Japon devient révisionniste. Danger d’un conflit avec la Chine ou la Corée ? Rejet de l’influence occidentale ? (Bien que le Japon semble compter plus que jamais sur les USA pour le défendre.) Gérard Depardieu fait de la publicité à son pays, ainsi que, en ce qui concerne le leur, les ministres grecs, qui auraient falsifié une liste d’évadés fiscaux. Les salafistes pourraient prendre la direction de l’Egypte.

La climatisation favoriserait la productivité, attirerait du monde là où les conditions climatiques ne sont pas favorables à l’homme. Mais elle consommerait beaucoup (8% de l’énergie des ménages aux USA), d’autant qu’elle se généralise. Apparemment, des habitations conçues différemment des nôtres n’en auraient pas besoin. (Ce qui transférerait des revenus des pays producteurs d’énergie vers des emplois locaux ?) Toujours est-il que l’Europe brûle de plus en plus de charbon. Les producteurs américains, concurrencés par le gaz de schiste, nous exportent leur charbon. Il est moins cher que le gaz. Et la politique d’énergie propre de Mme Merkel aurait la conséquence inattendue de favoriser le charbon au détriment du gaz…

On construit beaucoup de métros. Ce qui est bon pour Bombardier, Siemens et Alsthom. L’enveloppe du riz contiendrait de la silice qui, dans un pneu, lui permettrait de réduire sa résistance au roulement…

Enfin, la vie des primitifs serait plus saine que la nôtre. Pas d’attaques cardiaques, et absence de beaucoup de cancers. Peut-être surtout une vie sociale plus amicale que chez nous, les enfants, par exemple, seraient élevés par la communauté. Mais le primitif meurt jeune.  

La Chine au bord de l’explosion et Internet augmente notre réalité locale

Toujours aussi peu de temps pour lire The Economist :
La Chine change harmonieusement de gouvernement. Mais, pour le reste c’est explosif : « instable à la base, découragée à la strate intermédiaire, et hors de contrôle au sommet ». Et son nouveau dirigeant est impénétrable.
L’austérité est toujours une erreur. Mais, pour une fois, ce n’est pas l’Europe qui subit les critiques du journal, mais l’Angleterre, et surtout les USA. Et pourtant le budget européen est otage des égoïsmes partisans, opposés à l’intérêt collectif.
Et si l’Allemagne était ennemie de la redistribution au sein de l’Europe parce qu’elle en est elle-même victime ? Ses Etats riches sont rançonnés par ses Etats pauvres…
Dossier spécial sur Internet, téléphonie mobile et la géographie. Où l’on découvre qu’Internet n’efface pas les distances, comme on l’a cru. Il diffère d’ailleurs d’un pays à l’autre. Surtout, il apporte une nouvelle dimension à notre voisinage immédiat. Les services cartographiques deviennent même un enjeu stratégique. Mais, au fait, me suis-je demandé, pourquoi nous disait-on que les distances ne compteraient plus ? Pour mieux délocaliser ? Et si nos intérêts influençaient méchamment notre interprétation des bénéfices de la technologie ?
Pour une fois, une entreprise française est un modèle. Vinciest donné en exemple à ses concurrents chinois. Son secret ? Acquérir judicieusement. Soit des entreprises bien installées dans un marché, soit des consultants ayant des spécialités utiles. Et aussi « ne pas courir après la part de marché » : savoir choisir les affaires rentables. Ce bon sens fait défaut à Hitachi, un assemblage disparate d’un millier de sociétés, peu rentable ; et à Siemens, autre monstre, victime de plusieurs bévues stratégiques. (Et d’un brin d’arrogance germanique ?)

Éclairés par des LED

L’avenir serait à la diode électroluminescente. Elle consomme quatre cinquièmes de moins qu’une ampoule incandescente et dure 20 à 50 fois plus longtemps. Son prix (40 fois celui d’une ampoule) ne devrait pas longtemps être un obstacle à son adoption.
C’est le marché asiatique qui devrait avoir le plus gros potentiel. Ce qui devrait favoriser les fabricants locaux par rapport au leaders actuels du marché (Philips, Siemens, GE). (Charge of the LED brigade)

Sortir de la crise

Comment sortir de crise? Mon billet précédent sur la taylorisation de l’économie me donne une autre idée bizarre :
Faisons le contraire de ce que nous avons fait. Abandonnons l’illusion de l’automatisation à outrance comme source de gain de productivité. Il faut réapprendre à exploiter le génie social, en lui faisant porter les changements (l’automatisation demeure utile, mais en appui). Et, pour cela, il faut identifier les personnels qui conservent un résidu de compétence en conduite du changement (« hommes clés »), les former, les faire intervenir comme animateurs des évolutions de la société, en utilisant ces changements pour construire leur expérience. Les DRH ont un rôle critique à jouer dans ce dispositif.
De ce fait, l’économie se remettra à créer de la « richesse » au lieu de continuer à dissiper son énergie en une lutte des classes stérile.
Que peut faire l’individu dans ce changement ? Tout. Comme le dit un de mes livres (« les gestes qui sauvent »), l’employé, même perdu dans la profondeur de la hiérarchie, a un pouvoir énorme sur la réussite des changements. Et les techniques nécessaires sont d’un gros bon sens. Il faut simplement qu’il ait la motivation d’assister son organisation en danger.
Nous devons prendre notre sort, et celui de nos entreprises, en main. Vu d’où nous partons les premiers pas sont difficiles. Mais le jeu en vaut la chandelle.
Compléments :
  • Cette transformation signifie qu’il faut se débarrasser des hordes de consultants qui aujourd’hui cherchent à apporter à l’entreprise le savoir qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Curieusement, c’est ce qu’a fait Siemens (que j’avais critiqué pour cela !), qui, par ailleurs (?), semble métamorphosé
  • Distinguer les employés doués pour l’animation du changement permettra de les protéger du licenciement la prochaine fois qu’une fièvre d’automatisation gagnera l’Occident. 

De l’art du management

Siemens issues ban on external advisers annonce :

Europe’s largest engineering group, has underlined the challenge facing management consultants in the recession by ordering a ban on their use in a move it hopes will save it about €300m ($386m).

Siemens employait pour 300m€ de consultants pour rien ? Mais comment y prenait-on donc des décisions ? Mais, au fait,  quid de la décision d’éliminer ces consultants ? A-t-elle été longuement murie ? Ou était-ce une dépense qui ne résistait pas ?

Notre vie est entre les mains de l’économie, dont de tels dirigeants tirent les ficelles. Rassurant ?