La beauté des oiseaux

Darwin aurait distingué la sélection naturelle de la sélection sexuelle.

La sélection sexuelle porterait sur des caractéristiques sans lien avec la survie de l’espèce, en particulier sur des critères « esthétiques ».

Pour ma part, je me demande si la sélection naturelle se fait selon des critères que nous pouvons comprendre. Plus exactement, ce qui fait le succès de quoi que ce soit semble avoir un caractère aléatoire. Notre esprit trouve a posteriori une explication au succès. L’esthétique est peut-être l’expression de cet aléatoire vital.

Pasteur et la sélection artificielle

Dans une lettre à Victor Duruy, Pasteur explique que, du fait de son action, il a quasiment quadruplé le nombre de candidats au concours de Normale sup sciences, qui auparavant (à l’époque où il l’a réussi ?) était de 15 places pour 50 à 70 candidats.

Ces nombres, même quadruplés, sont ridicules par rapport à ceux que j’ai connus.

Ce qui me ramène à une question que je me pose régulièrement. Des écoles comme polytechnique, centrale ou supélec doivent, me semble-t-il, leur gloire à leurs origines, une époque où elles procédaient à une faible sélection. En revanche, elles apportaient à leurs élèves une science révolutionnaire. Celle-ci assurait le succès de ceux qui voulaient entreprendre. En outre, ce qui caractérisait lesdits élèves était l’enthousiasme. L’esprit du pionnier.

Comme le dit le psychologue Martin Seligman, la sélection ne sélectionne que ceux qui sont stimulés par la compétition ?

Stress test

En écoutant parler de Roosevelt, je me demande s’il est aussi différent de Trump qu’on le dit.

En 40, quel était son plan ? Imposer au monde la culture américaine ? Une culture de boutiquier. La culture de Trump. Pensait-il que les Européens, avec leurs idées tordues, incompréhensibles, n’étaient que des fauteurs de guerre, des dangers publics ? Il fallait les rayer de la carte, les empêcher de nuire ? Et une planète américaine serait bonne pour le business.

L’Américain ou le degré zéro de la pensée ? Il lance un défi existentiel à ce qui nous a fait et qui n’est pas mesurable : droits de l’homme, justice, rigueur intellectuelle, vérité, honneur…

Une question pour Darwin ?

Internet des microbes

Découverte. Des microbes, qui vivent de photosynthèse au fond des mers et produisent 10 à 20% de notre oxygène, seraient reliés par des « nanotubes ». Cela leur permettrait de vivre avec peu d’ADN grâce à une « mutualisation » de moyens. (Article.)

Et si la coopération était un des grands principes de la vie ? Oublions les théories sur les merveilles de l’économie de marché et de la concurrence ?

(A moins qu’elles ne servent à abuser les faibles esprits, car ceux qui la prônent, comme Elon Musk, ne seraient rien sans la société ?)

Complexité et baffe ?

L’article précédent pose la question de la dérive vers la complexité. Un phénomène qui échappe à la sélection naturelle. Mais n’observe-t-on pas quelque-chose de ce type dans notre vie ?

Par exemple, les gouvernements qui avaient vécu la guerre étaient convaincus que ses horreurs, dont le totalitarisme, résultaient de la crise suscitée par la déréglementation des marchés, et par l’abandon de l’Europe par les USA, qui étaient revenus sur les engagements du président Wilson. Ils avaient mis en place des contre-poisons : Bretton Woods, plan Marshall et sécurité sociale, entre autres. Mais, au premier problème, au lieu de faire évoluer le système, en conservant son esprit, on l’a démantelé.

Il semble qu’il y ait en permanence des vents mauvais qui soufflent sur nos sociétés, et qui encouragent nos bas instincts, en particulier ceux de nos hommes politiques : keynésianisme (dépensez n’importe comment, c’est bon pour l’économie !), « laisser faire » libéral (le politique comme agent de la « destruction créatrice »), « fin du travail » (la doctrine qui nous a valu les 35h), etc.

Surtout, on n’apprend rien à l’école. Les nouvelles générations semblent arriver au pouvoir avec un esprit vierge. (Mais peut-on apprendre autrement que par l’expérience ?)

Complexité ? En tous cas, on voit peut-être ce que signifie « la sélection naturelle » : dans notre cas, c’est la crise. C’est un rappel à l’ordre. Elle n’est pas active, comme chez Darwin, mais passive. La nature ressemble à l’enfant désobéissant qui joue à défier son père ? La sélection par la baffe ?

Sélection naturelle

Apparemment, la nature tendrait à la complexité, complexité qui échapperait plus ou moins à la sélection naturelle. (Article.)

Mais qu’est-ce que la sélection naturelle ? Peut-on dire que l’individu soit soumis à la sélection naturelle ? La société ne l’isole-t-elle pas en grande partie de la pression de son environnement ? N’est-ce pas de même, d’ailleurs, des espèces, qui « chassent en meute » ? Plus généralement ne faut-il pas prendre en compte les écosystèmes ?

Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ?

Sélection et âge

If you think about humans, our lifespan, over the course of our evolution, aging never happened. There was no Parkinson’s disease, no Alzheimer’s disease, there was no cancer. Everybody was dead by the age of 40 or 45. So evolution put into place ways of keeping young, reproductively fit organisms healthy for only a few decades, certainly not for the larger number of decades that we’re living through.

Article.

La hantise de la mort du milliardaire de la Silicon Valley me fait m’intéresser à l’âge.

Comme souvent, la question est plus complexe qu’on ne le pense. Ce que dit l’article est que les mécanismes conçus pour maintenir en forme un homme jeune ont l’effet inverse lorsqu’il vieillit. D’une certaine façon, il est optimisé pour donner son plein rendement à un certain âge. La médecine cherche à les désactiver, lorsqu’ils deviennent néfastes.

Sélection naturelle

Tous ceux qui ont gagné ont joué, dit la loterie nationale.

L’homme rationnel ne joue pas à la loterie, car il sait qu’il a de grandes chances de perdre son argent. Celui qui ne l’est pas va jouer. En règle générale, il va perdre. Mais il peut aussi gagner. Alors, il sera le maître du monde.

N’est-ce pas une loi de la nature ? Et si la nature sélectionnait des intellects limités et surtout l’optimisme ?

En fait, c’est vérifié : l’homme tend à être optimiste, c’est à dire à avoir une idée excessive de ses chances de succès. Et le milliardaire de la silicon valley a le profil voulu.

Mais, comme souvent, le monde est complexe. Hegel pourrait avoir vu juste. En nous asservissant, le maître du monde nous force à travailler, et, en travaillant, on fait des découvertes. Elles rendent obsolètes les maîtres du monde, et surtout leur progéniture devenue « aristocratie » ou « élite ». Arbeit macht frei, comme on disait, un temps.

La concurrence dans le sang ?

La concurrence au sein d’une espèce vivante créerait des sous-espèces spécialisées pour exploiter des niches écologiques. Jusqu’à ce qu’elles soient toutes occupées.

L’homme aurait subi le même phénomène. Avec une curiosité : au fur et à mesure qu’il sature ses niches, de nouvelles espèces d’hommes apparaissent. Il semblerait que cela soit dû au fait que chaque espèce invente un type d’outil lui permettant de faire surgir une nouvelle « niche ». Jusqu’à ce qu’homo sapiens mette tout le monde d’accord. Article.

L’homme serait-il avant tout une « espèce sociale » ?

(En tous cas, cette théorie rappelle celle de Michael Porter, concernant la stratégie d’entreprise. Avec la différence qu’il ne semble pas y avoir d’entreprise qui soit capable d’éliminer toutes les autres. La création de nouvelles « niches » est permanente.)

L’homme qui valait des milliards

Dans mon enfance, il y avait un feuilleton qui s’appelait « l’homme qui valait trois milliards ». Apparemment, c’était des anciens milliards, car le titre original serait « six millions de dollars ». Histoire d’un astronaute réduit en pièces, après un atterrissage raté, et qui est reconstruit avec l’état de l’art du progrès. (Il ne valait pas cher, à l’époque.)

En fait, c’est une escroquerie. Nous sommes à des années-lumières de savoir produire des matériaux aussi performants que ceux qui constituent notre corps. C’est d’ailleurs une des raisons de l’intérêt que l’on porte au biomimétisme.

Mais, le plus étonnant est que, comme les animaux, nous sommes faits de beaucoup de choses qui ne semblent pas avoir une utilité évidente, comme, par exemple, le menton. Ou même les cils et les sourcils.

Je me demande si tout cela ne s’explique pas par « l’esthétique », un mot que l’on utilise lorsque la raison est à genoux. Une sorte de génération d’idées aléatoires, dont certaines plaisent au peuple, on ne sait pas pourquoi, et qui ont pour caractéristique d’avoir des effets sociaux. Le paon a de belles plumes, ou l’homme un menton, non parce que cela trahit des gènes efficaces, mais parce que cela produit des rites qui soudent le groupe ? Ou encore que la vie est création, et que la création est un effet heureux du hasard ?

(Réflexions venues de The body : a guide for occupants, de la BBC.)