J’ai acheté les oeuvres complètes de Victor Segalen, il y a bien longtemps, mais ne les avais pas regardées. Contre-coup du confinement, je me suis mis à relire les ouvrages de ma bibliothèque. J’en arrive à Victor Segalen.
Victor Segalen était un médecin naval, qui a eu une relativement courte vie, en partie gâchée par la guerre de 14. Il semble avoir été un pionnier de l’étude de l’antiquité chinoise.
C’était par nature, je crois, un anthropologue, qui rêvait de donner aux cultures leur lustre originel. En cela il va bien au delà de Rousseau. Pour lui, le naturel n’est pas naturellement bon. Le propre d’une culture saine c’est une forme d’épanouissement, de joie de vivre. On y vit, et on y meurt, glorieusement. Notre morale, médiocre, est hors sujet. Voilà pourquoi il aimait Gauguin : s’il avait vécu, il aurait rendu son âme à Tahiti.
Victor Segalen a un procédé littéraire qui ressemble à « l’innutrition » des poètes de la Renaissance. Il regarde le monde avec les yeux de la société qui l’intéresse. Il écrit comme elle. Mais sans la singer. En renouvelant sa pensée. Ainsi, dans Le fils du ciel, il se met à la place de l’historiographe (pas très futé) du dernier empereur chinois. De même, ses poèmes reprennent la forme de poèmes chinois, pour traiter des questions universelles.
A recommander aux puritains qui nous gouvernent ?