Le retour en grâce de l’ingénieur ?

Les LED semblent avoir un grand avenir lisais-je. La science anglaise progresse. Seulement, l’article m’a mis en face de noms chinois…

Lorsque j’étudiais l’ingénierie en Angleterre, j’ai eu la surprise de découvrir que, dans mon cours, les Anglais étaient non seulement une infime minorité, mais surtout totalement « en dehors du coup ». A tel point que je m’étais demandé s’il n’y avait pas un quota d’autochtones, façon « affirmative action ».

Il m’est venu l’idée suivante. La fameuse « élite » qui a façonné le monde à son image est une élite littéraire (plus exactement, « politique »). Et si c’était pour cela qu’elle a jugé que le métier d’ingénieur était bon pour les pays de second rang ?

Et si le retour d’une économie productive exigeait de former à nouveau des ingénieurs dignes de ce nom. De ceux qui ont fait la révolution industrielle. Qui soient heureux de créer, dans tous les domaines productifs, pas uniquement dans le logiciel ou la finance, et qui ne se prennent plus pour de grands chefs ou de profonds esprits ?

Alzheimer

Depuis quelques temps ont entend dire que la maladie d’Alzheimer aurait un traitement.

Mardi dernier les informations de la BBC en parlaient et rappelaient, incidemment, qu’il y avait eu deux morts pendant les tests du produit.

Ce qui montre probablement qu’une science sans risque n’existe pas. Et que le principe de précaution est d’un maniement délicat.

Qu’est-ce que la vie ?

Dans un précédent billet, j’examinais la relation des scientifiques à la vie.

Implicitement ils la définissent comme étant ce que nous sommes. Et, pour qu’elle apparaisse, il faut un environnement similaire à la Terre. Or, ce type de définition ne définit rien, et, la Terre et notre émergence paraissent le résultat d’une quantité invraisemblable de hasards. Il semblerait qu’il y ait mille milliards de planètes. Est-ce suffisant pour estimer que le même type de hasard ait pu s’y reproduire ? (En particulier, il existe des phénomènes de catalyse qui réalise en une seconde ce qu’il aurait fallu la vie de l’univers pour faire sans elle. Leur survenue est mystérieuse.)

Voici quelques autres idées sur le sujet :

  • Ne serait-il pas plus fructueux de définir la vie comme un niveau élevé de complexité, ayant certaines propriétés ?
  • Et si le scientifique ne croyait pas à sa définition, qu’elle ait pour intérêt de lui obtenir des subventions : l’extra-terrestre fait vendre ?
  • Et une pensée farfelue qui plairait à Elon Musk : imaginons que quel que soit la définition de vie, elle ne soit apparue que sur la Terre, l’homme n’aurait-il pas la mission d’en faire profiter l’univers, plutôt que de la garder égoïstement sur sa planète ?

Science et vie

Le scientifique cherche la vie. Il est sûr qu’il la trouvera. Elle est sur une planète qui ressemble à la Terre.

Mais qu’est-ce que la vie ? Il ne semble pas s’être posé la question. Implicitement, il estime que c’est « quelque-chose » qui ressemble à nous. Il y a des gens comme nous quelque-part.

Or, le monde est d’une complexité invraisemblable. Nous sommes issus de milliards d’années d’accidents. Pourquoi cette suite de hasards se serait-elle reproduite ailleurs ? Pourquoi, plutôt, ne pas définir la « vie », comme une sorte de niveau de complexité supérieure. (Que Jay Gould, d’ailleurs, ne croyait pas fatalement encouragée par la sélection naturelle.)

Et, ne faudrait-il pas avoir peur de cette vie extraterrestre ? Car, comme dans la Guerre des mondes, et comme on l’a vu lors de toutes les conquêtes humaines, ce qui caractérise la rencontre entre deux communautés jusque-là isolées, c’est l’épidémie !

Décidément, la science ne favorise pas la pensée complexe ?

Jupiter

De mon temps, le système solaire était barbant. Des sphères qui tournent autour d’un astre, selon les lois de Newton. Circulez, il n’y a rien à voir. Le génie humain a désenchanté le monde.

Tout faux. Le système solaire, c’est une complexité inimaginable. Alors que toutes les planètes semblent parties de mêmes constituants, elles sont d’une diversité invraisemblable.

Jupiter, par exemple, est une sorte de boule de gaz, au moins en surface, qui a changé de position radicalement au sein du système solaire, et pourrait avoir joué un rôle essentiel dans sa constitution : son influence aurait pu contribuer, par exemple, à envoyer l’eau, de la périphérie, vers la Terre, qui, initialement, n’en avait pas !

Les lunes de Jupiter, elles-mêmes, sont toutes de natures extraordinairement différentes.

Réenchantons l’école ? Racontons-lui la complexité du monde ?

(Inspiré par une émission de In our time, de la BBC, en particulier, et toutes les autres, en général.)

Les bénéfices de l’obésité

L’industrie pharmaceutique contre l’obésité. Gros enjeux économiques. L’obésité est un fléau mondial.

Et curieuse évolution du monde : au lieu d’attaquer la cause du mal, l’alimentation industrielle, on en attaque les conséquences. C’est bon pour le « business » ?

La lettre de l’Université de Cambridge, la semaine dernière :

Researchers have made an important discovery in the race to find treatments for obesity and diseases such as diabetes. Their study revealed the structure of a protein that allows ‘good fat’ tissue to burn off calories as heat – in contrast to conventional fat that stores calories. Future treatments could activate such proteins artificially, to burn off excess calories from fat and sugar.

La poursuite du vaccin

Les vaccins n’auraient-ils pas été aussi sûrs qu’on l’a dit ? En tous cas, il est fait état de plus en plus de procès les concernant. (Et, parmi mes proches, il y a eu un nombre significatif d’effets secondaires violents.)

Il me semblait que leurs fabricants s’étaient assurés qu’ils ne pouvaient pas être poursuivis. Eh bien, il semble que cela n’empêche pas les poursuites : si quelqu’un est condamné, ce sera l’Etat. (Au moins en partie.)

Gouverner, c’est prévoir : devant ce qui semblait un danger terrifiant, il était naturel de prendre quelques risques. Principe de précaution. S’il y a autant de plaintes, c’est peut-être que le dit danger n’a pas été à la hauteur des attentes. Peut-être aussi que la communication gouvernementale a été maladroite : en niant tout risque, en ventant l’incapacité de la science à commettre la moindre erreur, et à ses laboratoires d’avoir des fuites, elle a montré qu’elle nous considérait implicitement comme des retardés mentaux.

Financial Times, il y a quelques jours :

BioNTech faces hundreds of German compensation claims for Covid-19 jab
Pharmaceuticals producer in first court hearing on Monday

Dark energy et dark matter

La science ne sait rien. Elle n’a d’explication un peu solide que pour 5% de ce qui existerait. Ce que nous appelons la matière « ordinaire », celle que l’on voit.

Le reste, connu indirectement, est « l’énergie noire », facteur d’expansion de l’univers, et la « matière noire », qui crée une force centripète expliquant la vitesse de rotation des galaxies.

La « matière noire » est peut-être le plus simple des deux. Elle pourrait être constituée de particules fondamentales non encore découvertes.

Quant à l’énergie noire, est-elle de l’énergie ? Car l’énergie étant de la masse, elle tendrait à produire une contraction de l’univers, à l’envers de son effet. Plus étrangement, il semblerait qu’il y ait une création continue d’espace. Rien ne se crée, tout se transforme, serait donc faux ?

En tous cas, voilà qui donne de l’intérêt à la science. Au fond, c’est l’incertitude qui stimule l’esprit. Rien de mieux qu’un mystère complet. Que d’être dans le noir.

(Origine : In our Time de BBC 4 ; à noter des fiches de la NASA très faciles à lire.)

Ethique et IA

On fait avec l’IA comme on a fait avec l’énergie atomique. Les savants qui l’ont mise au point comprennent qu’elle est dangereuse quand elle est devenue une bombe. Voilà ce que j’ai entendu des informations de la BBC. Un des pères de l’IA se disait « perdu ».

On entendait aussi qu’il serait utile de donner des cours d’éthique aux chercheurs.

Je me suis demandé si cela ne serait pas utile à tout le monde…

PS. Ce que l’on trouve sur le site de la BBC :

Etudier les hommes

Il est plus nécessaire d’étudier les hommes que les livres. (La Rochefoucauld)

Une citation pour notre temps ?

Le succès de la physique au début du vingtième siècle, incompréhensible par l’homme de la rue, a eu le curieux effet de donner le pouvoir à l’universitaire. L’économiste, le sociologue, le philosophe, le professeur de management, l’intellectuel, l’énarque… qui n’avaient vu de la vie que quelques livres et les murs de leur bureau se croyaient pouvoir nous l’enseigner. Comme Platon, ils étaient sortis de la caverne pour s’élever dans le monde des « idées » éternelles.

Mais la science, en partie minée par l’intellectuel, en partie par ses prétentions excessives, a perdu de son lustre. L’humilité et le pragmatisme sont à nouveau à l’ordre du jour. Travaillons, prenons de la peine… ?