Comment peut-on être croyant ?

J’écoute parler de religions et de philosophie. Tout cela paraît souvent bien fantaisiste.

Mais y croit-on vraiment ?

L’homme, dans sa vie quotidienne, est mu par son instinct, me semble-t-il. Quel qu’il soit, pris en chasse par un taureau, il fait à peu près la même chose. Mais il y a aussi d’autres moments lors desquels son esprit est disponible. Par exemple lorsqu’il regarde un film ou lorsqu’il est en cours. Et alors, il s’évade de la réalité. Après avoir été ému par un beau sermon sur la fraternité, il ira massacrer son prochain sans aucune arrière-pensée.

Serait-ce le véritable sens du conte de la caverne de Platon ?

Formation de la lune

La lune serait issue d’une collision entre deux proto planètes, chacun des astres résultant étant composé d’une proportion des deux.

En fait, les théories évoluent. On n’aurait pas donné la même explication il y a quelques années.

D’ailleurs, comment vérifier que l’hypothèse est juste ? On peut faire des prévisions et des mesures. Par exemple des similarités entre la lune et la terre. Mais ces mesures ne sont-elles pas susceptibles d’évoluer ? Après de tout, on sait très peu de choses sur elles. Et aussi, on peut modifier les modélisations jusqu’à ce qu’elles donnent le bon résultat…

En fait, ce qui a changé est l’attitude à la science. Jadis on affirmait. Maintenant, on doute beaucoup plus.

Les exceptions, qui confirment peut-être cette règle, concernent le réchauffement climatique, et les vaccins contre les virus…

Robert Boyle

Robert Boyle était un fils de noble fort riche ayant vécu au 17ème siècle, et qui aurait inventé la méthode scientifique. Essentiellement chimiste, mais aussi, comme Newton, alchimiste. Il fut, en outre, le financier de la science.

Célébrité en Angleterre, inconnu chez nous. Ce n’est peut-être pas tant le progrès que fait-faire quelqu’un que les résultats qu’il laisse qui fait qu’on se souvient de lui ? L’histoire semble avoir une mémoire sélective.

(Découvert grâce à In our Time, de la BBC.)

Nature de la nature

Ce blog se moque souvent des scientifiques qui croient que la nature est mathématique. Nous brassons des concepts qui n’ont aucune réalité, dit-il. Ce qui est facile à démontrer.

Et pourtant pensais-je, en lisant Feynman, c’est étonnant à quel point ce qui paraît erroné nous a amené loin. Il est vrai que, même dans son domaine, la science sait qu’elle ne sait rien, et qu’elle n’arrête pas de donner de la tête contre les murs, mais, tout de même.

En lisant Victor Segalen, je voyais à quel point la tradition était importante pour la Chine. Je me suis demandé si la science n’était pas le triomphe culturel de l’Occident. Depuis les Grecs, l’Occident incite l’individu à douter des traditions, et à utiliser sa tête. Cela peut être une mauvaise idée, les traditions sont généralement l’accumulation de l’expérience passée. Mais, comme toutes les erreurs, cela finit souvent par être juste…

Prêt d’organe

Mercredi dernier, les informations matinales de la BBC annonçaient qu’un utérus avait été transplanté d’une soeur qui avait eu deux enfants, à une soeur qui ne pouvait en avoir. Et que, lorsque celle-ci aurait eu deux enfants, le dit utérus lui serait retiré – la greffe de tout corps étranger demandant, pour éviter un rejet, un traitement qu’il n’est pas bon de faire durer longtemps. Il n’était pas dit ce qu’on allait ensuite faire du dit utérus. (Article.)

Avoir un enfant devrait-il être considéré comme un droit absolu ? Pourquoi se conformer au diktat social, et ne pas chercher à tirer parti de ses originalités ?…

Peut-être parce que cela fait « avancer la science » ?

Professeur Raoult

Surprise. J’écoute The origin of infectious deceases de In our time, de la BBC, une émission de 2011. Ai-je bien entendu ? Il est question du professeur Raoult. Et avec beaucoup d’admiration. Or, que cette émission cite un Français contemporain est quasiment sans précédent.

Comme il le disait, le professeur Raoult était effectivement un « hot shot » ?

En tous cas, on n’en entend plus parler. Il a été proprement liquidé ? Cancel culture ?

Grande oxydation

Révélation. La Grande oxydation. L’invention de la photosynthèse a relâché dans l’atmosphère l’oxygène (jusque-là il n’était qu’un constituant de molécules). Or, celui-ci est un poison. Immense catastrophe, mais aussi principe de la vie actuelle. Peut-être formidable coup d’accélérateur : mise à disposition de la nature d’une forme d’énergie bien plus puissante que ce dont elle disposait jusque-là.

Le « catastrophisme » serait une théorie (réinventée récemment, sous le nom du « black swan ») qui dit que la vie progresse par « catastrophes ».

Elle semble vraisemblable. D’ailleurs, ne donne-t-on pas comme origine de notre espace le « big bang » ? Il y a aussi la disparition des dinosaures, l’émission de dioxyde de carbone, dont, en quelque-sorte, nous sommes sortis, mais encore les épidémies, voire la grande histoire des nobles idéaux qui ont amené l’humanité à s’entre-tuer, ou même la révolution industrielle.

Qu’est-ce qu’elle signifie ? Peut-être que ces chocs sont fatals à beaucoup, mais qu’ils donnent un coup de fouet à l’innovation collective ? Autre nom de la « destruction créatrice » ?

(Idées venues de deux émissions de In our time, de la BBC : l’une sur la photosynthèse et l’autre sur le catastrophisme.)

Déluge

Décidément, j’ai toujours tort. Il y a un mois j’écrivais que je ne sortirais plus ma tondeuse. Depuis, il n’arrête pas de pleuvoir. Avec du vent, de surcroit. (La météo annonce maintenant le soleil…)

Si j’étais malhonnête, je dirais que je n’ai pas suivi une autre de mes constatations : le temps du nord de la France ressemble à celui de l’Angleterre, et depuis pas mal de temps les Anglais se demandent quand arrivera l’été… Dans toutes mes croyances, il y en a toujours une de bonne ?

En fait, la seule chose que je puisse dire est qu’il y a des années pluvieuses et d’autres qui ne le sont pas. Le climat est un phénomène « complexe », imprévisible. Qu’on croit au changement climatique ou pas, cela ne change pas ?

Puis-je faire mieux ? J’ai observé qu’au début de l’été, il y avait beaucoup de nuages, mais il ne pleuvait pas (d’où ma théorie de la tondeuse). Le « fond de l’air » était chaud. Puis, progressivement, ce fond de l’air s’est refroidi, et il s’est mis à pleuvoir. Je me suis demandé si la pluie ne demandait pas des conditions favorables, une atmosphère relativement froide, qui mettent du temps à s’installer. Dommage que l’on n’ait plus de scientifique pour étudier le climat ?

(Au passage, j’observe que l’on a eu un hiver assez clément, mais que le printemps et l’été ont été frais.)

Consensus n’est pas scientifique

J’ai entendu dire que les eaux de surface, en moyenne, avaient battu un record. Record d’autant plus curieux qu’il était en juillet, et pas en mars, comme d’habitude. Mars s’expliquant par le fait que le gros des mers est dans l’hémisphère sud. Cause évidente : réchauffement climatique. Résultante nécessaire : drame car les mers régulent le climat. (informations de la BBC.)

Quand on aborde le moindre autre sujet scientifique (j’écoutais récemment un débat portant sur l’origine de la lune, et lisais un article sur l’éruption du Krakatoa au 5ème ou 6ème siècle), les théories s’affrontent, et on ne parvient jamais très bien à être sûr que celle qui est la plus vraisemblable soit réellement juste. D’ailleurs cette théorie change au cours des ans. Dans ce cas, pourquoi ne pas nous dire le raisonnement qui a conduit à cette conclusion ? Les théories qui se sont affrontées, les hypothèses qui ont été étudiées ? D’ailleurs, que cache la moyenne ? Comment s’explique-t-elle ? Il y a eu récemment un pic de chaleur sur l’Europe du sud et peut-être ailleurs : et si c’était suffisant pour changer significativement la moyenne des eaux de surface ? Et pourquoi transformer un événement peut-être exceptionnel en une tendance permanente ? etc.

Il semble qu’il y ait une machine à informer qui transforme toute nouvelle climatique en justification du réchauffement climatique, et qui, à chaque fois, invente des conséquences toujours plus terribles. « Cancel culture » ? Les intellectuels qui nous gouvernent estiment que s’ils veulent nous amener quelque-part, ils doivent nous servir un message aussi facile à comprendre que possible ?

J’ai vu récemment passer un article de Newsweek disant, ainsi, qu’un prix Nobel de physique 2022, s’est vu refuser l’accès à une conférence, parce qu’on le soupçonnait de critiquer la « doxa » climatique. On nous parle de « consensus scientifique ». Mais « consensus » n’est pas scientifique ! Car consensus signifie critique interdite ! Plus de « découverte », l’histoire est finie ! Sans scepticisme on en serait resté à la génération spontanée ou à la religion façon foi du charbonnier. La science est remise en cause permanente. Apprentissage. La religion aussi, d’ailleurs.

D’où paradoxe : comment peut-on croire une doxa, s’il est interdit de la critiquer ? Comment se fait-il que l’intellectuel ne comprenne pas qu’il perd toute crédibilité et qu’il fait le jeu de M.Trump et de ses comparses ? Parce que, justement, il n’a plus d’esprit critique ? Il n’est plus scientifique ?

Photon

Le photon n’a pas de masse. Comment cela est-il possible ? demandait un animateur de radio (In our time de la BBC).

La masse est une propriété, voilà tout, comme d’autres propriétés. On la possède ou non.

Le problème vient de notre « intuition ». A partir de notre expérience limitée, nous nous racontons des histoires, nous inventons ce qui doit être. Et, nous prenons cela pour la vérité.

Un ami, qui a inventé une branche des mathématiques, ce qui n’est pas si fréquent, m’expliquait qu’à chaque fois qu’il rencontre quelqu’un qui a étudié sa discipline, celui-ci s’affirme comme une autorité, sans même s’interroger sur qui est en face de lui. (Ce qui résulte en un jeu de massacre.)

Au fond nous sommes des autistes. Il n’y a peut-être que le doute qui puisse nous sauver.