Principe de Peter

On me parle beaucoup du Principe de Peter.

Il me semble tenir à la croyance en un mécanisme de sélection. La sélection efficace est celle du maçon au pied du mur. Ce que l’on démontre en réussissant des concours ou des examens, c’est que l’on sait réussir des concours et des examens.

L’exemple type est celui des ingénieurs, en France. On a cru qu’ils avaient une intelligence hors norme. Or, leur force, au dix-neuvième siècle, venait de ce qu’ils étaient les dépositaires des connaissances de la nation, et que leurs contemporains étaient analphabètes.

Aujourd’hui, la science s’est ramifiée à l’infini. On ne peut plus être « polytechnicien ». Et ses fondations, ce que la science a d’utile, sont très largement partagées.

Quantique

Je n’ai pas eu l’occasion d’étudier la physique quantique durant mes études, je vais donc parler de ce que je ne connais pas.

Je l’ai découverte grâce à Richard Feynman.

En le lisant, j’ai eu une curieuse idée : et si elle n’était pas aussi mystérieuse qu’on le dit ? Et si elle était simplement ce qui manque à « notre » physique, pour représenter les phénomènes que nous rencontrons ?

En effet, si nous étions composés d’atomes, nos pieds traverseraient probablement le sol.

En outre, lorsque l’on observe les débuts de la physique quantique, on découvre qu’ils sont exclusivement empiriques. Planck constate avec d’autres qu’il ne parvient pas à expliquer le « rayonnement du corps noir ». Alors, il ajoute « ce qu’il faut » pour que ça marche, et il débouche sur le quantique, sans autre forme d’explication.

Idem pour l’atome de Bohr. Bohr, avec d’autres, constate que le modèle planétaire de l’atome n’est pas durable. Alors, il ajoute un « coup » de quantique, histoire de voir si ça ne pourrait pas arranger les choses. Et il trouve, effectivement, des résultats qui correspondent aux observations.

Qu’est-ce qui pourrait ne pas aller dans « notre physique ». Je hasarde une hypothèse…

Elle est basée sur la notion « d’individu ». De « choses » bien distinctes les unes des autres. Dans ce modèle, même les forces sont représentées par des particules. Or, la notion de « frontière » n’existe pas. Où commence et où finit un homme, par exemple ? Et qu’est-ce qu’un homme, d’ailleurs, puisqu’il n’arrête pas de se remplir et de se vider ?

La relativité d’Einstein, que je ne connais pas mieux, semble ne recourir qu’à une modélisation spatiale. Une solution ?

Après une physique du discontinu, une physique du continu ?

Essai et erreur

In collaboration with researchers at the Universities of Kent, Oxford and Liverpool, the MRC Toxicology Unit team tested for evidence of the production of ‘off-target’ proteins in people who received the mRNA Pfizer vaccine against COVID-19. They found an unintended immune response occurred in one third of the 21 patients in the study who were vaccinated – but with no ill-effects, in keeping with the extensive safety data available on these COVID-19 vaccines.

Université de Cambridge

Autrement dit, les vaccins à ARN messager n’étaient pas tout à fait au point. Comme en informatique, il y avait un « bug ». Il serait réparé.

When the ribosome is confronted with a string of these modified bases called N1-methylpseudouridine in the mRNA, it slips around 10% of the time causing the mRNA to be misread and unintended proteins to be produced – enough to trigger an immune response. Removing these runs of N1-methylpseudouridine from the mRNAs prevents ‘off-target’ protein production.

La devise de la médecine : ce qui ne tue pas renforce ?

Changement et cerveau

On dit, et j’ai lu, que le cerveau serait capable de se reprogrammer. Apparemment ce serait faux. Ce que l’on avait attribué à de la reprogrammation serait en fait la stimulation (par apprentissage) de zones du cerveau « prévues à cet effet ». (Article.)

what is occurring is merely the brain being trained to utilise already existing, but latent, abilities.

University of Cambridge / Research

En science, comme à l’armée, ne pas obéir à l’ordre, avant le contrordre ?

Fraude scientifique

There is a scientific fraud epidemic — and we are ignoring the cure
Rooting out manipulation should not depend on dedicated amateurs who take personal legal risks for the greater good

Financial Times, mercredi dernier

Nous avons vécu un grand moment libéral. Le marché était le bien, et il fallait qu’il gouverne toutes nos activités. Et ce à commencer par la science. M.Sarkozy, chez nous, a affirmé haut et fort que son mal était qu’elle n’était pas assez évaluée, par exemple. Publish or perish.

Un jeune docteur du MIT m’a dit que devant la charge de travail qu’était une carrière universitaire, il avait préféré se faire employer par Amazon. Pour survivre dans cet univers impitoyable, certains, qui en outre n’avaient peut-être pas ses capacités scientifiques !, ont peut-être choisi la solution du sociologue Merton, l’innovation, c’est à dire tricher.

Il reste maintenant à retrouver un esprit scientifique. Une chose semble avoir été démontrée, c’est que ce n’est pas celui du marché.

Intelligence accusée

Grande conférence sur l’intelligence artificielle. Comment empêcher ses méfaits ?

Si je comprends bien, il y en aurait trois : la sécurité, le risque de perte de compétences critiques, la confiance (on ne comprend pas ce que fait l’IA).

Voilà qui semble de bonnes questions, que l’on devrait se poser systématiquement. On devrait se demander, je crois, si l’on ne peut pas prévoir si l’innovation dernière en date ne peut pas avoir quelques effets pervers évidents. Mais aussi si ce n’est pas de la poudre aux yeux, qui nous fera lâcher la proie pour l’ombre.

Et, effectivement, il se trouve que l’IA a marqué l’avénement d’un changement curieux : jusque-là, l’homme voulait comprendre, c’était le règne des mathématiques. Brutalement, il y a renoncé. Celui qui avait les capacités de faire un travail scientifique s’est dit « élite » et « chef », et donneur d’ordres. Si bien qu’il a bien fallu que « quelque-chose » fasse le travail. Et cette chose a été l’IA. Une IA qui n’a rien de neuf sinon que la capacité de calcul désormais disponible a laissé croire à certains, et il n’en fallait pas beaucoup pour cela vus les intérêts en jeu, qu’elle pouvait faire des miracles.

Le siège de Malte

1565. La flotte de Soliman le Magnifique assiège Malte et ses chevaliers hospitaliers. En cas de prise, les Ottomans contrôlent la Méditerranée. Mais il y a des divergences de vues entre leurs chefs. Et ils s’y prennent mal. Et finissent par lever le siège.

Ce qu’il y a d’intéressant dans cette histoire, me semble-t-il, c’est l’évolution de la façon de la raconter. Jadis cela aurait été une victoire nette et définitive de l’Occident. Aujourd’hui on explique que pour Soliman, Malte n’était qu’une préoccupation mineure. Et que, pour diverses raisons, les chevaliers ont probablement quelque peu « dramatisé » l’événement.

Du nationalisme, les historiens sont passés au doute scientifique.

Peut-on espérer qu’il gagne nos élites gouvernementales et nos médias ?

(Venu, comme d’habitude, de In our time, de la BBC.)

Zenon et le mathématicien

Zenon est célèbre pour ses paradoxes.

Les mathématiciens disent : il n’avait pas compris la notion d’infini.

Comme souvent, il est dangereux de prendre quelqu’un pour un imbécile. Il avait peut-être un point de vue différent du nôtre.

Zenon était un disciple de Parménide. Et Parménide s’opposait à Heraclite, qui disait que tout était changement. Pour Parménide, donc, rien ne changeait. Pour lui, il y avait la vérité et l’opinion. L’opinion signifie que nous sommes victimes d’illusions. Et ces illusions nous font croire que tout change.

En conséquence de quoi, Zenon démontre qu’effectivement ce que nous croyons juste est faux.

Ses exemples ressemblent beaucoup à ceux de ce blog : à quel nombre de cheveux peut-on dire que quelqu’un est chauve ? A un cheveu près peut-on être chauve ?

Effectivement, observe le scientifique, on ne peut pas découper le temps ou la matière en morceaux aussi petits que l’on veut. Au bout d’un moment, il se passe quelque-chose de bizarre. Ce que démontre Zenon, c’est que le mathématicien est prisonnier d’une illusion. L’infini est une fiction.

Pour autant, Zenon a probablement aussi tort : « l’opinion » est une partie de notre vie. D’ailleurs parler « d’opinion » et de « vérité » est une « opinion ». C’est prendre pour argent comptant les illusions de son esprit.

(Réflexion librement inspirée de In our time de la BBC.)

Vive la science !

Ras le bol. Je reçois les nouvelles de l’université de Cambridge. Depuis quelques années, il n’y est question que de genre, de net zero, de vaccin anti covid. Mais, la science, ce n’est pas la mode ! Et ce n’est pas la parole d’autorité !

Aussi, suis-je heureux d’écouter In our time, émission de la BBC. On y entend des universitaires, les meilleurs anglophones de leur spécialité, souvent de Cambridge, souvent étrangers, parfois français. Et ils parlent d’Ovide, de Thucydide, d’existentialisme, de rayons cosmiques, de neutrinos, de poésie, de parasitisme, d’hindouisme, de fusion nucléaire… Et, l’on doute, et l’on cherche, et c’est clair, brillant et passionnant !