L’homme impose ses conditions

La supraconductivité n’existe peut-être pas dans la nature. L’homme a un talent particulier : il crée des conditions qui révèlent des propriétés qui étaient « en puissance », selon l’expression d’Aristote.

Paul Watzlawick dit la même chose en ce qui concerne les expériences que nous menons sur les animaux. Sans elles jamais ils n’auraient eu de tels comportements !

Et l’homme fait pareil avec lui-même : la société lui impose des conditions qui le transforment. Les femmes se font refaire la poitrine ou la face, et l’homme, en général, se drogue pour paraître normal. Comme le dit Oscar Wilde, la nature imite l’art, et pas l’inverse.

J’ai toujours pensé que la recherche de la particule ultime du physicien était une impasse, et que l’homme devait apprendre à s’insérer dans la nature. Mais, une fois de plus, j’ai peut-être tort. Bien utilisée, cette capacité à révéler l’impossible, quand elle n’est pas mal utilisée, est peut-être à cultiver.

Fusion

Il y a quelques temps, on parlait beaucoup de fusion. Il était même question de « start up ». Je me suis demandé si les scientifiques se faisaient « un coup de pub », histoire que l’on n’oublie pas de financer leurs recherches. Je me suis renseigné, mais ai oublié de noter mes observations. Les voici :

Le but de la fusion est, en principe, de reproduire ce qui se passe au sein d’une étoile. Comme toujours, l’homme s’inspire de la nature, mais finit par faire totalement différemment. Dans ce cas, comme on est à une échelle beaucoup plus petite que celle de l’étoile, on doit imposer à la matière des conditions « beaucoup plus terribles » que ce que l’on trouve au sein du soleil.

Il y a deux techniques pour comprimer la matière. Il y a le confinement magnétique, et le laser. Le résultat obtenu récemment, et qui a fait dire « ouf » aux chercheurs, a montré que l’on pouvait produire plus d’énergie que l’on en consommait. Seulement cela a été obtenu par des lasers qui ne fonctionnent qu’une fois par jour, alors qu’il faudrait 15 impulsions par seconde, pour que cela nous soit utile !

Bref, on n’est pas au bout du chemin. Et les scientifiques ont tout intérêt à faire ce qu’ils peuvent pour nous rappeler leur existence.

Supraconductivité

J’ai toujours tort. Je ne savais pas ce qu’est la supraconductivité.

En général, on dit que lorsque l’on abaisse la température de certains éléments, ils se mettent à conduire l’électricité, sans perte d’énergie. En fait, il s’agit d’un « état émergent », qui ne se produit pas forcément à basse température, et qui défie toutes les théories. Dans sa découverte, on navigue à vue. Initialement, par exemple, on cru qu’il fallait des éléments purs. Puis on a découvert que, justement pour produire l’effet à haute température, il fallait utiliser, au contraire, des composés.

En fait, il semblerait que l’on soit dans la situation de l’atome. Les électrons tournent autour du noyau sans perte d’énergie. Ici, on aurait reproduit la même situation.

L’atome obéit à la mécanique quantique. « Mécanique quantique » étant un terme que l’on a inventé pour sauver la face de notre raison désorientée ?

La science en arriverait elle à douter de son déterminisme ? Découvrirait-elle que la voie qu’elle suivait n’est pas la seule possible, et même qu’elle l’aveugle, que le hasard est fructueux ?

J’entendais aussi dire que l’on avait découvert un nouvel état de la matière : de la glace ayant une structure et une densité d’eau.

Cette glace pourrait se trouver sur certains satellites de planètes solaires, qui présentent des conditions favorables. Cependant, je constate que l’homme semble faire émerger des états de la matière que l’on ne trouve pas dans la nature…

Neigera-t-il à Noël ?

Exercice favori : regarder l’évolution des prévisions météo.

Il serait amusant de montrer l’évolution des prévisions pour un jour donné au fur et à mesure que l’on s’en rapproche. Et surtout de le faire, sur un même graphe, pour plusieurs sites météo.

En effet, les prévisions n’arrêtent pas de changer. J’ai vu, par exemple, lors du coup de froid précédent, l’annonce de chute de 15cm de neige en plaine, ou de températures de -13.

Question de méthode ? Je soupçonne que l’on met des modèles très compliqués dans l’ordinateur et que l’on prend ce qui en sort pour un oracle. Essaie-t-on d’améliorer les prévisions en les comparant à ce qui se passe ?

En fait, je me demande si cela est possible. Et si le temps dépendait d’une conjonction d’événements imprévisibles ? Ne dit-on pas que l’homme influence le climat ? Pourquoi ne le ferait-il pas à court terme ?

En tous cas, il y a une autre façon de prendre la question. La même que celle qui a été utilisée par la mécanique quantique. On commence par observer un phénomène, et on cherche une modélisation mathématique qui donne à peu près le même résultat. Ensuite, on invente une explication qui justifie la dite modélisation.

Expérience chinoise

Après le Brexit, le covid. Les Anglais ont fait l’expérience de la rupture avec l’UE, et les Chinois du confinement.

Politico.eu, hier, disait que la Chine n’avait pas vacciné sa population et, qu’en conséquence, il y avait énormément de malades et de morts. Quoiqu’il n’y ait aucune information officielle sur le sujet.

J’ai pensé que c’était effectivement un moyen de tester l’efficacité des vaccins. Seulement, à la réflexion, il m’est venu l’idée qu’il devait y avoir beaucoup de pays qui n’avaient pas eu de campagnes de vaccinations aussi efficaces que chez nous (à commencer par les USA ? L’Inde ? L’Afrique ? L’Iran ? La Turquie ? La Russie ?…) et que, pourtant, la situation semblait actuellement la même un peu partout. Question : les virus et la population se seraient-ils acclimatés les uns aux autres ? Système immunitaire collectif ? Le vaccin a-t-il joué un rôle significatif dans cette adaptation ? Si oui, comment ?

Un moyen d’y voir un peu plus clair serait de comparer les chiffres des décès par tranches d’âge. En fait, il faudrait une étude scientifique de la question, qui cherche à comprendre comment se propage une épidémie, et ce qui peut en éviter les conséquences graves.

Malheureusement, le dogmatisme n’est pas qu’une maladie chinoise…

Science et manipulation

Stéphane Audouin-Rouzeau parlait de son grand père. (France Culture, A voix nue.) Il avait fait la guerre de 14. Mais personne n’avait su comprendre ce qu’il avait vécu.

En l’écoutant, j’ai pensé à mon propre grand-père, et me suis dit que les conclusions de cet historien rejoignaient les miennes.

Sa thèse, sur la guerre de 14, est que les cultures européennes l’avaient préparée. Ce qui semble évident, non seulement mon grand père en est un exemple, mais toute la littérature de l’époque, l’enseignement de l’école de ce temps, ou les listes interminables des monuments aux morts des grandes écoles, paraissent le confirmer. Or, il se serait mis à dos toute l’intelligentsia. La thèse de l’historien officiel serait que la guerre aurait été question de domination, lutte des classes, etc. Autrement dit, théorie du complot.

Curieux que la science soit aussi peu scientifique. Il est vrai que c’est aussi le cas pour l’économie. On y a cru, et on y croit peut-être encore, dur comme fer, que l’homme est parfaitement rationnel ! Sont-elles les seules à avoir été dénaturées ?

Serait-il sain de mettre la science en question ?

Science sans conscience

Notre discours est devenu scientifique. 

L’épidémie nous a fait toucher du doigt que nous étions devenus la République des experts. Mais le phénomène est beaucoup plus ancien. 

J’ai lu pas mal de textes de sciences humaines. Initialement, au temps de Malinowski, ils relataient des observations. Progressivement, ils en sont arrivés à singer les publications des sciences physiques, ou de mathématiques. On y multiplie les références, on fait appel à des sortes de théorèmes, de propriétés démontrées par tel ou tel. L’exemple type est Bourdieu.  

Malheureusement, cette « science de littéraires » oublie ce qu’est la nature même de la science : faire des prévisions « falsifiables ». Quand Einstein dit que la masse agit sur la lumière, il donne une équation, et elle est vérifiable. 

Résultat ? Au lieu de regarder la réalité, nos dirigeants se sont laissés aller à cette abstraction. Et nous avons perdu le nord. Ce que nous découvrons aujourd’hui. 

(Alternative : le rôle de la science est de nous aider à garder la tête froide ; or elle a été instrumentalisée par les « têtes chaudes » pour justifier leurs idées reçues ? Comment éviter qu’un tel phénomène se reproduise ?)

Température

Avoir chaud ou froid équivaut à température haute ou basse, dit-on. Mais est-ce vrai ? 

La même température, un matin de fin d’été ou une après midi de début de printemps, ne correspond pas du tout à la même impression. Dans un cas, on peut trouver l’effort difficile, être vite en sueur, dans l’autre, avoir besoin d’un gilet. 

Peut-être est-ce ce que l’on appelle « le fond de l’air ». Mais à quoi correspond-il ? 

La science tend à définir la réalité comme étant ce que mesurent ses instruments. Et si elle cherchait à comprendre la correspondance qui existe entre ces mesures et nos impressions ? Peut-être cela la ferait-elle progresser ? 

Dessine-moi une frontière

Qu’est-ce qu’une frontière ? 

Régis Debray dit qu’elle est essentielle à l’homme, et à la société

Où commence et finit la France ? Ou commence et finit mon corps ? Qui suis-je ? Suis-je toujours le même, alors que je n’arrête pas de changer ? Qu’est-ce que c’est qu’une hauteur d’eau, un arc en ciel ?… Plus on cherche à raffiner la mesure, plus on s’égare. 

Qui peut définir, précisément, une frontière ? 

D’où l’importance du « principe d’incertitude ». Notre esprit ne fonctionne que jusqu’à un certain niveau de précision. 

Mais l’incertitude n’est peut-être pas un constat d’échec. Elle signifie que rien n’est mécanique, n’est fixé une fois pour toute. La frontière de Régis Debray n’est pas un être, mais un devenir permanent. 

L’incertitude est l’endroit où se fait le changement ? Le monde des miracles ?

Captain Cook

Les trois voyages du Capitaine Cook. Une émission de BBC 4. 

Le capitaine Cook fut un immense héros. A l’heure du progrès triomphant, il a exploré les confins du monde. Qu’on lui ait confié cette exploration est, d’ailleurs, surprenant : il venait du peuple.  Il devait probablement son succès à des capacités hors du commun. 

Curieusement, il semble avoir été victime d’un changement. Ses deux premiers voyages furent des modèles du genre. Non seulement ils furent des succès scientifiques sans précédent, mais il s’est révélé un capitaine hors pair, particulièrement apte à éviter à son équipage les maladies qui ravageaient la marine. Mais, était-il en mauvaise santé, ou était-il devenu suffisant ? Il semble être insupportable lors de son troisième voyage, et multiplier les erreurs. A tel point que l’on ne sait pas bien s’il ne doit pas la perte de la vie à une maladresse qui a provoqué l’ire de « sauvages », où à la rancune de son équipage, qui n’a pas fait grand chose pour que ces derniers ne le massacrent pas. 

Méfions-nous de notre interprétation du succès ? Nous sommes des pendules arrêtées ? Il se trouve que nous marquons parfois la bonne heure, mais c’est un hasard ?