Il semble qu’Hegel ait vu juste : le changement tend à procéder par opposés.
La « supply chain » était l’alpha et l’omega de l’économie mondiale. Soudainement, elle est son talon d’Achille.
On découvre que la libre circulation du virus lui est consubstantielle ; que les Russes et les Chinois sont des puissances impérialistes, qui s’en servent comme arme ; et il y a le pétrole, qui n’en finit pas de changer de prix… Ce qui semblait stable, « aller de soi », fait du yoyo. On ne peut plus compter sur rien.
Mais, faire et défaire, c’est toujours travailler. Qu’à cela ne tienne : l’entreprise doit modifier sans cesse ses canaux d’approvisionnement. Par la simulation. Un nouveau marché pour l’édition de logiciel. En particulier.
A-t-on gravement sous-estimé la résilience du capitalisme ? Schumpeter avait-il raison : la destruction créative est son principe de vie ? Grâce à elle, il peut croître sans jamais toucher le ciel ?
Là où il avait peut-être tort était la façon de résister à ses crises : le monopole. Ce que l’on appelle maintenant « open innovation », ou « web 3.0 » (l’innovation par constitution d’alliances opportunistes) paraît plus résilient. Adieu les dinosaures, Etats totalitaires et multinationales ?
Dommage que nos grands esprits pensent tout savoir sur le changement ? Il y aurait une question à étudier ? Et ce serait peut-être bon pour leur santé ?