Étiquette : Sarkozy
Pitoyable politique française ?
Le gaz de schiste produit de la culture américaine
Le pays arabe : régime fort, Etat faible…
La justice est-elle intègre ?
M.Sarkozy et la justice
D’après Le Monde, ce qui vaut des ennuis à M.Sarkozy n’est pas la preuve d’une quelconque malversation durant son mandat, mais son attitude pendant l’enquête. En cherchant à se renseigner sur ce qui se passait, il aurait enfreint la loi.
Cela ressemble à ce que dit un de mes livres. L’erreur de M.Sarkozy (erreur commune, d’ailleurs) est de prêter aux autres ses propres intentions. (Par exemple penser que la justice est arbitraire.) Et d’agir en fonction.
(C’est l’argument du film « Coup de tête », par ailleurs.)
Grand Paris
Quand vouloir s'oppose à pouvoir
« Qui veut peut » dit M.Sarkozy. Il a bien tort. Un des enseignements que j’ai retirés de ma cohabitation avec le changement est que l’on obtient rarement ce que l’on veut d’un groupe d’hommes. Surtout lorsque cela paraît dans l’ordre des choses.
Exemple : la relation parent enfant. Il paraît logique que l’enfant garde des liens de confiance avec ses parents. Or, il suffit que ceux-ci le veuillent un peu trop pour que le contraire se produise. Pourquoi ? Parce qu’en voulant s’attacher leur enfant, les parents écrabouillent son libre arbitre. Et cela, ce n’est pas permis. De deux chose l’une. Soit il va réagir brutalement. Soit il va sortir handicapé de l’exercice, et ne va pas en être reconnaissant à ses parents. Qu’aurait-il fallu faire ? Prendre le risque de ne pas être aimé. Autrement dit laisser à l’enfant la possibilité d’exprimer sa volonté, de découvrir que ses parents ne lui ont pas été uniquement imposés par la nature, mais qu’ils ont aussi des qualités qui les rendent aimables. Ou encore, ne pas le considérer comme une chose.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets dans la société. Il suffit qu’un dirigeant veuille faire preuve d’une autorité qui semble aller de soi pour qu’il soit l’objet d’une fronde. Nos gouvernants, pas seulement M.Sarkozy, en font l’expérience tous les jours. Diriger, c’est respecter l’autre.
la dysfonction apparaît comme la résistance du facteur humain à un comportement qu’on essaie d’obtenir mécaniquement. (Michel Crozier)
Réformes en France : le succès sarkozyste
Mais attention. Et c’est le point le plus intéressant théoriquement. Les réformes sarkozystes ne sont qu’un prolongement des réformes des traditionalistes. Elles en sont une conclusion logique. L’Etat d’après guerre ne fonctionne plus. Il faut amener les réformes libérales à leur terme logique. Surtout, M.Sarkozy et ses prédécesseur n’ont rien d’original. Ils ressemblent à leurs équivalents ailleurs dans le monde. Et les mesures qu’ils ont prises s’inscrivent dans un mouvement global.
Défiscalisation et chômage
Nicolas Sarkozy aurait-il été victime d’un effet systémique (et, malheureusement, nous avec) ? D’après La Tribune, la défiscalisation des heures supplémentaires aurait encouragé le dirigeant français à réduire ses effectifs, et à faire travailler plus ses employés. (« Du coup, les chefs d’entreprise français augmentaient le temps de travail par employé et répondait à la baisse des commandes par des réductions d’effectifs.« ) Ce qui est un choix rationnel, si l’on y réfléchit bien. L’Allemagne, au contraire, a privilégié l’emploi.
Question : si c’est le cas, cette défiscalisation aurait dû améliorer la compétitivité de l’entreprise française. Pourquoi cela n’a-t-il pas provoqué un effet vertueux ? L’avantage n’était pas suffisant ? Les dirigeants n’ont pas réinvesti la plus-value ou l’ont cédée par une baisse de prix ? La croissance du chômage a déprimé le marché intérieur, et a fait s’effondrer les résultats des entreprises ?…
Ce n’est probablement pas la seule raison pour laquelle le taux de chômage en France est plus du double de l’allemand. Mais c’est un avertissement à se méfier des idéologies. M.Sarkozy pensait que le travail génère la prospérité économique, donc le travail. Le monde est complexe, et il punit les idées simplistes.



