Découvrez vos talents

M.Sarkozy. Parti de rien, devenu président de la République et époux d’un mannequin, fille de milliardaires. As du changement ? Mais, lui président, ce ne fut pas brillant. 

Ce phénomène explique-t-il pourquoi la sélection ne donne pas ce que l’on en attend ? Celui qui est « sélectionné » ne pense pas qu’on l’a choisi pour le talent qu’il a démontré ? Il croit qu’il doit exercer un rôle selon un rite qu’il a inventé ? Par exemple : « je suis le chef, donc un surhomme. Tout ce qui me passe par la tête porte la marque du génie. » Et même : « mes échecs ? Tous les génies ont dû lutter contre la médiocrité. Confer les films. »

Et si ce type d’idées reçues expliquait nos malheurs ? Et si nous avions un talent que nous ignorons ? Et s’il se révélait en regardant notre passé ?

Gramsci trahi ?

Gramsci a eu un gros succès posthume, on s’est revendiqué de lui d’abord à gauche, puis à l’extrême droite. Ce qui nous permet de comprendre ce que l’on nous a raconté ces dernières années. Notamment ce fameux « bon sens » qui m’était si désagréable durant l’ère Sarkozy.

On a interprété la pensée de Gramsci ainsi, si j’ai bien compris. Le peuple ne peut pas comprendre son intérêt. Si l’on veut le faire changer (pour son bien, cela va sans dire), il faut donc instrumentaliser son « bon sens » pour le faire aller, sans qu’il s’en rende compte, là où il ne veut pas aller. Autrement dit, masquons nos intentions. C’est la post vérité.

Il est difficile de savoir ce que pensait Gramsci. Cette pensée était subtile, c’était un dirigeant du parti communiste italien opposé aux Bolchéviques, et en évolution permanente. Il a même refusé de laisser une synthèse de son oeuvre. Mais, je crois que c’était le contraire de ce qu’on lui a fait dire :

J’ai l’impression qu’il était proche de Proudhon. Tout d’abord, il estimait peu les intellectuels, qui n’avaient jamais rien apporté au peuple. Il espérait faire sortir du peuple, par l’éducation, d’autres intellectuels, qui défendraient les intérêts des leurs.

Les Gilets Jaunes seraient une application de ses idées  : une prise de conscience par le peuple qu’il s’est fait flouer. Ainsi que la réaction de l’intellectuel : il a dénoncé le Gilet Jaune comme un fasciste.

(France Culture : avoir raison avec Antonio Gramsci.)

Le Fouquet's et la malédiction Sarkozy

Pourquoi diable s’en prennent-ils encore une fois au Fouquet’s, me suis-je demandé. Il y a une semaine : il était à nouveau dévasté par les Gilets jaunes.

Et si la cause en était Nicolas Sarkozy ? En y fêtant sa victoire, il l’a sacré temple des parvenus ?

Si c’est le cas, il y a quelque-chose de curieux, ici. En effet, Nicolas Sarkozy voulait nous « décomplexer ». Il est bien d’être riche. Nous voulons tous être riches. Avouons-le. Débarrassons-nous de notre hypocrisie française. Voilà ce qu’il semblait penser.

Ce que lui répondent les Gilets jaunes, c’est qu’ils haïssent la richesse ostentatoire. La France de la 5ème République est-elle restée celle de De Gaulle ? Contrairement à ce qu’il croyait, M.Sarkozy était une anomalie ? Comme le Fouquet’s ?

(Et comme les Champs Elysées, qui sont devenus un shopping mall à l’américaine ?)
(PS. M.Sarkhozy serait maintenant administrateur de la société qui détient le Fouquet’s…)

M.Sarkozy et la Libye

M.Sarkozy est de nouveau inquiété. Il aurait profité de financements illégaux venant de Libye.

A écouter la radio, il semble qu’il y ait beaucoup de présomptions de culpabilité. Pourquoi autant de gens l’accuseraient-ils ? Ce qui pose aussi la question de la guerre en Libye, et de ses motivations.

Que l’on aime ou n’aime pas nos hommes politiques, je ne crois pas que nous les pensions capables de tels agissements. Très inquiétant. Il faut peut-être s’interroger sérieusement sur l’évolution de notre morale publique, et privée.

Le bateau coule avec le capitaine

Je le croyais président d’une multinationale. Mais il paraît que M.Sarkozy tire les ficelles du parti républicain. Cela m’a rappelé un acte manqué que tout consultant rencontre souvent. Celui de l’entrepreneur qui ne peut supporter que son entreprise passe entre d’autres mains. Et qui l’emporte dans la tombe. (On dit qu’il en a été de même de Louis XIV.)
En écoutant M.Fillon, dimanche, je me suis demandé s’il n’implorait pas son parti de l’achever. Il est croyant, il ne peut pas se suicider ? Maintenant, que va-t-être son avenir ? Un calvaire ? Il se disait homme d’honneur, il ne tient pas parole. Triste retraite que la sienne, s’il perd et qu’il doive vivre longtemps avec le souvenir du spectacle qu’il nous a donné. Ses partisans le lâchent. D’ailleurs qui sont-ils ? J’ai découvert (mais est-ce significatif ?) que des déçus du FN étaient de chauds supporters. Surtout, il a assassiné M.Sarkozy. Or, il en est maintenant la marionnette. D’où mon introduction. Car, si ce que l’on dit est juste, les Républicains risquent de connaître une Bérézina. Le parti peut-il y survivre ? 

De la perversion en politique

M.Sarkozy devrait être notre prochain président. D’après un sondeur, M.Juppé ne pourrait faire, au mieux, que jeu égal avec lui, lors de la primaire des républicains. Et encore, si d’hypothétiques non inscrits, en partie de gauche, y participent. 
Étrange. M.Sarkozy va gouverner le pays alors qu’il est honni par une très grosse majorité de l’électorat. (A moins que le dit électorat ne le contraigne immédiatement à la cohabitation.) En Angleterre, c’est pareil. M.Corbyn semble fermement installé à la tête du parti travailliste, ce qui condamne ce parti au purgatoire, voire à la dislocation. Tous les deux ont utilisé les règles de la démocratie pour leur faire dire le contraire de leur esprit.
Cela m’a rappelé la question du « pervers narcissique ». Dans une société individualiste, l’homme, égoïste, utilise les règles sociales pour son intérêt propre : il les pervertit ?

Comptes de campagne Sarkozy : procès de notre temps ?

En écoutant parler des comptes de campagne du président Sarkozy, je me suis demandé si l’on ne faisait pas le procès d’un état d’esprit qui prévalait hier encore. 
Beaucoup, les politiques en premier, se disaient des grands patrons, des entrepreneurs. L’entrepreneur ne compte pas. Il fait des paris fous. D’ailleurs, répétaient les journaux anglo-saxons, c’est dans l’adversité, la concurrence du marché, que se révèlent les talents. C’est ainsi qu’émerge l’innovation, que surviennent les grandes découvertes. Voilà pourquoi il ne fallait pas se préoccuper de l’intendance, mais lui donner des « challenges », qui la forceraient à se transcender. Voilà qui explique l’histoire de VW ? Et celle de la Société Générale ?…
Aujourd’hui nos grands fauves ont la gueule de bois. Leurs rêves de démiurges ne se sont pas réalisés. Et la communauté paie leurs dettes.

M.Sarkozy et le renseignement

M.Sarkozy aurait démantelé le renseignement français, de terrain. Ce qui est particulièrement grave à l’heure du terrorisme. Résultat plus ou moins imprévu d’une réforme. Et nouvel exemple d’une longue série de changements, invraisemblablement, ratés. Curieusement, c’est le Financial Times qui en parle
Ne serait-il pas temps d’essayer d’apprendre de nos erreurs, au lieu de les répéter ?

(Il y a aussi la question de la Lybie. M. Sarkozy peut-il diriger un pays ? C’est étrange, on peut être interdit de conduire une voiture, mais il n’y a rien de semblable pour une nation.)

MM.Macron et Sarkozy : même combat ?

Ryan Heath de Politico, s’étonne que M.Sarkozy s’oppose à M.Macron :
SARPOCRISY 1: As members of Les Républicains stormed out of the French Parliament in reaction to the government’s decision to use the a constitutional decree to push ahead with the “Macron Law” on liberalization of French economy, some in the party, including Nicolas Sarkozy himself, seem to have been hit by a peculiar case of amnesia. Or is it “Sarpocrisy”? The former French president was in 2007 quoted saying: “We must take down the barriers that exist in some regulated professions and furthermore, we need to put an end to benefits resulting from unfair market positions.” Which is what the Macron law was about… See more at http://bit.ly/1LdsOOB h/t Antoine Sander.
SARPOCRISY 2: It was the same Sarkozy who in 2007 commissioned a report on the “liberation of French growth,” led by Jacques Attali. The rapporteur for the work was no other than… Emmanuel Macron himself! The new law project borrows heavily from the 2007 report — of which Sarkozy said he supported 313 of the 316 propositions, such as more Sunday trading. Now that the law has Macron’s rather than Sarkozy’s name on it, the tune has changed. http://bit.ly/1IiStzj
Je ne savais pas que M.Macron avait été rapporteur de la Commission Attali. Ce qui confirme ce que j’ai vu en étudiant les changements de ces dernières décennies : de gauche ou de droite, ils partent des mêmes idées. Pensée unique. Pour le reste, tout est une question d’habileté politicienne ? Y compris le choix d’un camp ? 

Pourquoi en veut-on autant à Sarko ?

On casse du préfet. Sa victoire aux élections semble s’être accompagnée d’un déluge judiciaire, si j’en crois la radio. Qui en veut à Sarko, me suis-je demandé ? Je me suis souvenu de ce que m’a dit un grand connaisseur du monde politique : vos ennemis sont dans votre camp. Ce sont ceux qui se battent contre vous pour obtenir l’investiture du parti. Mais je crois que la particularité de Sarko est de s’être mis tout le monde à dos. Clairement, il tétanise la gauche de gouvernement et la justice. Et c’était déjà comme cela en 2007. Et déjà on parlait d’affaires (Clearstream). 
Et si c’était un homme politique à part ? La classe politique habituelle a le génie de la manœuvre dissimulée, du coup dans le dos, de la dénonciation anonyme, mais aussi le talent de ne pas aller trop loin, de conserver un intérêt commun avec l’adversaire qui n’en est jamais totalement un. Cela ressemble à la concurrence entre grandes entreprises, qui n’est jamais que superficielle. C’est un jeu. Ce qui compte réellement, c’est le maintien du système. Après, que le plus retors gagne. Le danger que présente Sarko, c’est qu’il menace de casser le système ?
(Ce qui me fait penser que, si la justice n’est pas parvenue à l’expédier à Cayenne avant 2017, elle lui aura fait une sacrée pub.)