Naissance de la Russie

Histoire d’amour pour le capitalisme américain. Le sort de la Russie s’est joué en quelques années. Glasnost. Des « Chicago boys » russes veulent que le communisme ne soit plus possible. Pour cela, il faut vendre, très vite, les biens de l’Etat. Chaque Russe reçoit des actions de la vente. Actions dont quelques-uns s’emparent. Les autres n’ont plus rien. Comme si ce n’était pas suffisant, la crise asiatique survient, le rouble s’effondre. Le gouvernement livre les grandes entreprises d’Etat en échange de l’aide financière des oligarques. Années de calvaires durant lesquelles les Russes sont des misérables, selon Hugo. Les enfants de 6 ans font la manche. C’est alors qu’arrive M.Poutine, qui, qu’on l’aime ou non, rétablit l’ordre et un semblant de prospérité générale. 

Voilà ce que disait un journaliste de la BBC ayant vécu ces événements (Archive on 4). 

Le plus curieux dans cette histoire est que le capitalisme de ces années, du « consensus de Washington », ne correspondait à rien de ce qui avait existé. C’était une utopie. Une crise de folie de quelques esprits abstraits surexcités. Il ne correspondait en aucune manière au capitalisme de la guerre froide, auquel rêvaient les Russes. C’est parce qu’ils ont voulu le capitalisme que les Russes l’ont rendu impossible !

Pas de capitalisme à visage humain sans URSS ?

(Consensus de Washington.)

Finlande

Quand les Russes ont voulu envahir la Finlande, au début de la guerre de 40, ce fut la Bérézina. Pourtant, la Finlande est un tout petit pays. Curieusement, l’armée russe a été défaite par le froid. 

Concordance des temps, de France Culture, se demandait si la Finlande ne pourrait pas servir de modèle à l’Ukraine. 

Au fond, le passé de l’armée russe n’a rien de glorieux. Ses grandes victoires ont été remportées contre Napoléon et Hitler. Mais, à chaque fois, elle était attaquée, et c’est son climat qui a fait merveille. 

Péril jaune ?

Le covid aurait-il bon dos ? Et si la fermeture de la Chine avait pour but de créer l’inflation en Occident, en cassant la « supply chain » mondiale ? Voilà ce que je lisais ce matin dans la lettre de Politico.eu. (Après un autre article qui soupçonne M.Poutine de vouloir déclencher une famine qui amènerait l’Europe a être submergée par l’immigration.)

Les régimes autoritaires se seraient-ils engagés dans un bras de fer avec les démocraties ? Entre infiltration de partis « populistes », et manipulation des élites (cf. billet sur HSBC), le coup était préparé depuis longtemps, probablement. 

Stratégie du « voleur chinois » ? Pas de confrontation directe, ce qui provoquerait une mobilisation générale, mais jouer sur la faiblesse de la démocratie : l’intérêt individuel ? 

(Ou théorie du complot, qui contaminerait les hautes sphères ? se demandait un ami.)

Famine

On entend que la guerre ukrainienne devrait provoquer une grande famine. Elle prive des pays pauvres d’importations de première nécessité.

Apparemment, on pourrait faire des entorses aux sanctions s’appliquant à la Russie, et même l’encourager à exporter, et à libérer le blé ukrainien. (Ailleurs, j’ai lu que la Russie voudrait, justement, créer cette famine pour noyer l’Europe sous des vagues d’immigrés…)

On dit qu’il y a un gaspillage considérable de nourriture. Ne serait-ce pas le début d’une solution ? L’occasion, pour une fois, de se demander ce que signifie réellement la solidarité ? Et d’en profiter pour remédier aux dysfonctionnements de notre société ? 

(Et pourquoi l’aide aux pays pauvres conduit-elle à ce que « les pauvres de pays riches donnent de l’argent aux riches des pays pauvres » ?) 

Vilain petit Hongrois ?

La Hongrie bloque les sanctions européennes. Elle veut acheter le pétrole des Russes.  

L’UE est conciliante. Elle comprend que le pouvoir d’achat Hongrois dépend du bon marché des approvisionnements russes. Et elle cherche à les remplacer. 

Y aurait-il d’autres moyens d’agir ? La Hongrie est aussi, apparemment, très dépendante de l’industrie allemande, qui y a trouvé un paradis fiscal. N’y aurait-il pas un moyen d’agir sur ses entreprises pour que, à leur tour, elles influencent le gouvernement hongrois ? 

En fait, dans cette histoire, tout le monde joue un double jeu. Méfions nous de nos amis. Je soupçonne, en particulier, que l’Angleterre fait un bruit qui ne correspond pas à l’ampleur des sacrifices qu’elle consent pour la cause ukrainienne. (Mais j’ai mauvais esprit.) 

C’est peut-être aussi le cas de la Russie, qui ne semble pas trop en vouloir à la Turquie de livrer des drones aux Ukrainiens… 

En fait, l’Amérique cherche à affaiblir le Russie pour lui ôter son pouvoir de nuisance, lit-on. Au moins nous avons l’espoir d’éviter les coups de folie des dernières guerres mondiales, qui voulaient éliminer « l’ennemi » ?

Guerre moderne ? Les lois du marché par d’autres moyens ? 

Dans la tête de Vladimir Poutine

La BBC poursuit son étude de Vladimir Poutine. 

Comme le dit ce blog, « j’ai toujours tort ». J’avais entendu parler de ses tentatives de désinformation, d’anciens espions assassinés… Mais je ne savais pas toute l’histoire. Mme Clinton, à l’époque Obama, a probablement fait intervenir la CIA pour monter la société russe contre M.Poutine, qu’elle a qualifié de « nazi »… Il se vengerait, à la russe. Quant aux espions, ils avaient recommencé à espionner après s’être engagé à ne pas le faire. Dans ces milieux, la sanction de ce type d’agissement est la mort. 

M.Poutine répéterait qu’il ne faut jamais se montrer faible. Il se reproche peut-être de l’avoir été avec l’Occident. Il a essayé de s’en approcher. Mais il a été abusé. 

Il a peut-être aussi compris que l’Occident était le pire ennemi de l’Occident. Que ce que l’on appelle le « libéralisme » était son chant du cygne. Il dit que c’est un crime contre l’humanité (selon une autre émission de la BBC).

En tous cas, il semble se préparer une fin pitoyable. Il est possible qu’il soit malade. Son pays est faible. Il est conscient de ne pas avoir de successeur, et il est terriblement inquiet pour l’avenir de la Russie. 

Ce serait une triste histoire, s’il ne massacrait pas des êtres humains. 

Qui est Monsieur Poutine ?

BBC4 consacre une série d’émissions à la vie de Vladimir Poutine. Ce que j’en retiens :

Une jeunesse pauvre, dans les rues d’une URSS, qui souffre encore d’une guerre terrible. Tout enfant, il veut entrer au KGB, et lui rend visite pour savoir ce qu’il faut faire pour cela. On lui répond : des études de droit. Il étudie le droit. Entre au KGB. Y fait une carrière terne. Il est agent de liaison. C’est un besogneux. Puis la Russie s’effondre. Après un moment où il envisage d’être taxi, il est collaborateur d’un de ses anciens professeurs de droit, un libéral brillant, qui devient maire de Moscou. Mais celui-ci disparait. Survient la grande crise. Poutine, toujours homme de liaison, organise l’approvisionnement de Moscou. Il fréquente tout le monde, y compris la Mafia, et s’enrichit. Il aurait pu être oligarque. C’est sa capacité d’organisation et sa fiabilité qui le font repérer par les faiseurs de roi, qui doivent remplacer Heltsine, en fin de vie éthylique. Il devient président. 

Il semble avoir pensé, initialement, que la Russie était du côté de l’Occident. La civilisation contre la barbarie : la menace islamique. La sienne était Tchétchène. Mais l’Occident lui a répondu « droits de l’homme ». Lorsque les dits Tchétchènes ont pris des otages, il a tué les otages et les Tchétchènes. Ce qui est, en substance, ce que recommande les traités de négociation, mais pas les droits de l’homme. L’Occident l’a critiqué. Il s’est senti abusé. 

Quant les oligarques, qui s’étaient emparés des biens de l’Etat, ont cru pouvoir faire jouer la démocratie, comme le font les milliardaires occidentaux, il leur a fait entendre qu’il ne les ennuierait pas, s’ils ne s’occupaient pas de politique. Et même qu’ils pouvaient s’enrichir honteusement, en servant sa politique. Pour leur malheur, quelques-uns ne l’ont pas compris. Peut-être aussi pour le malheur de l’économie russe.

Le peuple russe le vénère, parce qu’il lui a rendu sa fierté. Au moment de la chute de l’URSS, le pays était tombé plus bas que terre. Les experts occidentaux venaient sans cesse lui faire la leçon. Sous la présidence Poutine, le pays s’est relevé. Avec la hausse des prix du pétrole, il a même connu un moment de prospérité. 

Apparemment, M.Poutine a envisagé de quitter le pouvoir, pour jouir de la vie, mais a jugé que sa mission n’était pas finie. 

Conclusion ? Il se voit en de Gaulle, et c’est probablement ce qui le définit le mieux. Il a une « certaine idée de la Russie ». Comme celle de De Gaulle ou de Churchill, elle semble manquer de subtilité. Pouvait-il en être autrement ? Les hommes politiques qui ont pris la succession de De Gaulle et Churchill étaient peut-être mieux adaptés à leur époque que ces derniers, mais ils ne furent guère brillants. Or, la situation russe est bien plus compliquée que celle de la France et de l’Angleterre… Le changement, ça ne se fait pas en un claquement de doigts.

Le déclin de l'empire russe

Pourquoi l’armée russe est-elle aussi inefficace ? Si j’ai bien compris, rien ne va plus. On nous parle de logistique défaillante, d’erreur de planification stratégique, ce qui sous-entend un état major peu compétent, des troupes mal entraînées et peu motivées, et d’un équipement qui souffre des attaques de drones turcs, drones qui seraient relativement « bon marché ». 

Inquiétantes perspectives pour l’avenir de la Russie ? Déclin démographique et minorités remuantes, annexées pour raison de sécurité, économie souffreteuse et armée déficiente… Contraste frappant avec le dynamisme asiatique et, même, ottoman ? Alors ? La nature a horreur du vide ? 

Habile Turquie ?

Turquie et guerre en Ukraine. Conférence du Comité France Turquie. 

D’où il ressort que la Turquie ménage la chèvre et le chou. Mais, aussi, ce qui confirme ce que je soupçonnais lorsque j’ai vu que l’ambassadeur de Turquie en France était un énarque : la Turquie a mené une habile politique de réconciliation avec tout le monde. 

On découvre aussi qu’elle a su créer une puissante armée, qui pourrait être utile à l’OTAN, et qu’elle a préparé la guerre en réduisant sa dépendance énergétique à la Russie. 

Essaie-t-elle de tirer les marrons du feu ? Après tout, ses drones expliquent en grande partie les contre performances russes. Plus compliqué. Les Turcs sont inquiets de retombées de la guerre, directe, ou indirecte : ils sont à la fois dépendants du tourisme russe et de la croissance européenne. Quoi qu’ils fassent ils pourraient être perdants. Une forme de neutralité est probablement judicieuse. 

Bref, le Turc est prudent. Ce qui, pour les Grecs anciens, était une vertu ultime. 

Economie et politique

Jusqu’ici il n’y avait pas de lien entre économie et politique disait, en substance, un invité de Christine Okrent (France Culture). Mais cela vient de changer avec l’invasion de l’Ukraine. 

Une remarque bien innocente. Cela arrangeait beaucoup de monde de faire des affaires avec les Russes et surtout les Chinois. Mais ces derniers ne cherchaient qu’à acheter à l’Ouest la corde pour le pendre. Les Chinois ont exposé ouvertement leurs plans. Si l’on entendait moins parler du projet des Russes, cela tenait à l’insignifiance de leur pays. L’intérêt rend sourd et bête. 

D’ailleurs, c’est peut-être aussi leur intérêt qui a abusé les Russes et les Chinois. Ils avaient intérêt à croire au déclin dont l’Occident donnait tant de signes.