Paix au Soudan

On n’entend plus parler du Soudan. Peut-être parce que l’on en a retiré tous les ressortissants occidentaux ?

Curieusement, on est parvenu à imposer une trêve aux combattants, le temps de les extraire. Ce qui montre que l’on n’était pas sans moyens de pression.

Une leçon ? Quand un conflit nuit à beaucoup d’intérêts, on peut l’arrêter ? La paix est dans l’interdépendance ?

(Pourquoi cela n’a-t-il pas marché en Russie ? Peut-être, contrairement à ce que pense M.Poutine, parce que sa guerre est dans l’intérêt général. Elle permet à l’Occident de se ressaisir. Destruction créatrice. Et on me disait que les Turcs et autres Indiens achètent son pétrole à très bas prix. Il se ruinerait goutte à goutte.)

Vladimir Kara-Murza

Vladimir Kara-Murza a fait de brillantes études en Angleterre, et possède un passeport de ce pays, mais il est aussi russe, et s’oppose à Vladimir Poutine. Il a survécu par miracle à deux empoisonnements, mais n’a pas voulu quitter son pays. Il vient d’écoper de 25 ans de prison. Il a une quarantaine d’années, mais, sa santé ne laisse pas espérer qu’il survive longtemps.

Il y a de martyrs de la foi. Il y a eu les dissidents russes. Comment peut-on être martyr ? Il est possible qu’être convaincu d’avoir raison permette d’endurer tous les tourments.

Démocratie durable

Xi Jinping n’est plus entouré que d’amis. Va-t-il, comme M.Poutine, maintenant qu’il arrive en fin de vie, s’inquiéter de son héritage, et envahir Taiwan, afin de s’assurer qu’il laisse à ses successeurs une grande nation ?

Je me suis posé cette question.

La paradoxe des régimes totalitaires est qu’ils n’ont pas confiance en l’avenir. Ce qui leur est généralement fatal. Les dirigeants des démocraties étant sans importance et remplaçables à volonté n’ont pas les mêmes soucis de l’histoire. Ce qui rend leur régime durable.

Comment rendre notre pays démocratique ?

La division chez l’ennemi

Apparemment, comme l’avait prévu un article cité par ce blog, M.Poutine laisserait se faire massacrer le groupe Wagner. Comme au temps des SA, son chef est devenu une menace pour le pouvoir.

Les Ukrainiens ayant vu la faille sont prêts à de grosses pertes, pour une chance de victoire définitive. On est apparemment parti pour un grand massacre. (La BBC, hier.)

Qu’en déduire ? Que décidément M.Poutine a beaucoup de difficultés ? Mais qu’il n’est pas prêt à prendre tous les risques, pour gagner ? Au moins que certaines prévisions se réalisent…

A l’est du monde

Turquie, Hongrie, Moldavie, Pays baltes, Pologne… pays en situation incertaine, souvent en crise, à la frontière de la Russie. Certains lui en veulent à mort, d’autres sont sensibles à l’énergie à bas prix qu’elle leur livre. Tous semblent haïr l’Europe de l’ouest, et, même, pour la Pologne, ressortir de vieilles querelles (la France l’a abandonnée aux Allemands en 40).

L’Europe de l’ouest subventionne vigoureusement la plupart de ces gens, mais personne ne lui en sait gré. C’est certainement un dû. Après tout n’a-t-elle pas beaucoup à se faire pardonner ? Ses intellectuels ne le répètent-ils pas sur tous les tons ?

Comment s’en tirer ? M.Poutine achète ses alliés avec les ressources naturelles de la Russie. Si l’Europe veut à nouveau qu’on l’aime, elle doit utiliser l’arme qui lui est propre : la puissance de son économie. Fini la décroissance et le repli égoïste sur soi du retraité permanent, qui attend la fin du monde. Et, elle a une chance : entre-temps elle a inventé un concept qui va faire fureur, et qui entre en résonance avec son universalisme génétique : la transition écologique.

Pigeon européen

« On a parfois l’impression que tout ce que fait l’UE est un dû », dit M.Borrell le ministre des affaires étrangères de l’Europe. 90% de l’aide humanitaire à la Syrie est occidentale. (Politico.eu)

Apparemment, l’UE découvre enfin qu’on la prend pour un pigeon.

Le distingué M.Poutine devrait lui donner quelques cours de communication. Mais, surtout, et cela on n’en parle pas encore, il faudrait qu’elle cesse de faire son « anti propagande ». Certes son histoire n’a pas été très propre. Mais les autres n’ont pas de leçons à lui donner. Et, persévérer est diabolique, ce qu’elle n’est pas. Surtout, elle a quelques idées et valeurs qu’il serait dans leur intérêt d’admirer.

Une leçon ? On ne peut pas être aimé si on ne s’aime pas soi-même… dans toute sa complexité ?

Démocratie en guerre

« QUEL EST LE VRAI PROBLÈME DE POUTINE AVEC L’UKRAINE ? Ce ne sont pas ses accords commerciaux avec l’UE, ni même l’OTAN, écrit le rédacteur en chef de POLITICO, Matt Kaminski. Le vrai problème de Poutine est que l’Ukraine choisisse ses propres alliances plutôt que d’être un vassal d’une Russie autoritaire : « Le problème, e dernière analyse, est la démocratie ukrainienne – et l’indépendance », affirme Matt. » (Politico.eu)

Ce dont ne veut pas M.Poutine, c’est de la démocratie. Il se livre en Ukraine une lutte existentielle ? Comme le dit aussi l’article, cela pose à l’Occident des questions qu’il ferait bien de regarder en face.

L’article dit encore qu’en dehors de l’Ouest, le reste du monde, à commencer par la Turquie, voit la Russie d’un bon oeil. L’article en déduit que les rapports de forces mondiaux ont changé, les USA ont perdu leur influence, et qu’il va falloir en tenir compte. Ce avec quoi je ne suis pas d’accord. L’élite intellectuelle de l’Occident, qui avait le pouvoir ces derniers temps, n’a pas cessé d’affirmer que l’Occident était un grand Satan. Pas surprenant que tout le monde en pense du mal.

Pour changer l’opinion que les peuples ont de l’Occident, il suffit d’imiter M.Poutine : on admire inconditionnellement le pouvoir de nuisance.

Guerre

Hier, la BBC était aux avant-postes de la guerre ukrainienne. Nos médias ont-ils les moyens d’un tel journalisme ?

L’armée russe, comme prévu, semble passer à l’offensive. Les officiers ukrainiens interviewés disaient que les deux camps perdent beaucoup de monde. Mais, pour les Russes, la vie humaine ne compte pas. Contrairement à ce que j’avais lu, les repris de justice ne sont pas des troupes d’élite, mais de la « chair à canon », que l’on pousse en première ligne, et qui fait ce qu’elle peut pour éviter l’affrontement. Tenir est une question de munitions, entendait-on.

Banalité du mal ?

Sanctions et Russie

Les sanctions contre la Russie se sont-elles retournées contre l’UE ? Question que se posait, il y a quelques temps, Affaires étrangères, de Christine Ockrent.

Ce que je retiens de l’émission : la guerre a effectivement enrichi la Russie en augmentant le prix de ce qu’elle produit ; le pays est relativement autarcique et s’était préparé avec soin au conflit ; il protège son petit peuple, qui n’est pas mécontent de voir que les sanctions occidentales frappent les oligarques, qui, eux, font profil bas ; mais les choses pourraient changer à long terme : la Russie a besoin de la technologie occidentale pour ouvrir de nouveaux champs pétroliers et gaziers.

Ce qui pose la question : M.Pountine n’est pas à quelques années près ; dès que la guerre s’arrêtera, l’Occident se battra pour lui vendre le matériel qui lui manque ; aurait-il bien calculé ?

A moins que l’on n’ait pas compris ce qu’est une négociation de crise. Lorsqu’il y a pris d’otages, en Russie, on commence par sacrifier les otages. Cela montre que l’on est sérieux. N’est-ce pas ce qu’est en train de faire, à sa façon, l’Occident ?

Politique et dissimulation

Si l’Allemagne ne veut pas livrer de tanks à l’Ukraine, c’est parce qu’elle espère rétablir des liens commerciaux amicaux avec la Russie. J’entendais cela, samedi matin (BBC). La semaine d’avant, Christine Ockrent parlait de la Chine. Une fois encore, il semblait que les gouvernements européens étaient prêts à ménager la chèvre et le chou.

Banalité du mal ? Ou propre de nos démocraties ?

Le politique a peur du mouvement de foule, qui pourrait le faire tomber de son perchoir. Il veut éviter les crises. Mais il a infiniment peu de pouvoir pour maintenir l’ordre publique. Sa stratégie est, alors, « du pain et des jeux ». Pour cela, il n’y a qu’un moyen : le pacte avec le diable. D’autant qu’il n’en subit pas les conséquences.

La démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres, dit-on. Seulement, rien n’empêche de chercher à l’améliorer…

(PS. On aurait pu faire le même raisonnement concernant l’environnement.)