Brics et Crics

Un temps, il n’y en avait que pour les Brics, un concept inventé par quelque consultant (en fait un économiste de Goldman Sachs, selon wikipedia). Si vous en doutiez, vous étiez, comme aujourd’hui pour les sujets à la mode, un déplorable obsolète. L’avenir avait fuit, emmené par son élite éclairée, l’Occident.

On imagine que le dit consultant doit maintenant avoir une autre théorie, à laquelle il tient toujours aussi fort. Ce n’est pas la girouette qui change…

Quant aux Brics, ils ont pris une mine méchamment patibulaire. Il y aurait de quoi refaire l’affiche de « usual suspects » avec leurs leaders. Les Brics sont devenus Crics : Chine, Russie, Iran, Corée du nord. Le plus curieux est que les deux premiers semblent aux mains des deux seconds, alors que ceux-ci paraissent faméliques…

Un bénéfice du changement ? Il a révélé les vertus de la démocratie. C’est peut-être le chaos, mais le chaos, c’est la vie !

Le tzar Staline

Napoléon a été fatal à la Russie. Lorsque les officiers russes ont envahi la France, après sa défaite, ils ont découvert la liberté. Cela en a fait des « décembristes ».

Voilà ce que j’ai retenu d’une émission consacrée à Eugène Onéguine de Pouchkine (In our time, de BBC4). J’ai aussi pensé que Staline a dû apprendre de l’histoire : il a expédié au Goulag celles de ses armées qui avaient connu l’Occident.

La comparaison ne s’arrête pas là : comme les tzars, il s’occupait personnellement de la carrière de quelques artistes. Ce qui leur a évité, eux, de finir au Goulag.

La raison est incompatible avec l’âme russe ? Le Russe est un « slave », un esclave par nature ? Une inspiration pour M.Poutine ?

Trump et Poutine

M.Trump est l’espoir de M.Poutine ? Mais, si M.Trump n’est pas élu, M.Poutine jettera l’éponge ?

Je lisais que l’on se demandait pourquoi les Occidentaux n’avaient pas donné aux Ukrainiens les armes qu’ils ont fini par leur donner. Peur des représailles et stratégie du voleur chinois ? Volonté de faire traîner la guerre en longueur pour user les ressources de M.Poutine ?…

Pas de complot, simplement « de bruit et de fureur » comme dit Shakespeare ?

Concordance des temps

Hier soir, il n’y en avait que pour M.Prigogine.

Pour une fois, ce blog ne s’était pas trompé. En fait, contrairement à ce que l’on entend, cela fait probablement depuis longtemps que les jours de M.Prigogine étaient comptés. Ce blog avait repéré un article qui comparait la milice Wagner aux SA nazis. Il prévoyait une Nuit des longs couteaux.

Dans ce monde qui semble perdre la tête, voilà qui est rassurant, il y a au moins une chose qui ne change pas : le totalitarisme ?

Prigogine

Que va devenir M.Prigogine ?

Lors de sa journée de manifestation, les commentateurs que j’ai entendus, ne donnaient pas lourd de ses chances de survie. Les émissions parlant d’espions russes, que j’écoutais alors, leur donnaient raison : lorsque l’on trahit, en Union Soviétique, on est liquidé.

Depuis, il n’est plus question de lui. Il reviendrait en Afrique, lit-on parfois. Mais est-il possible de pardonner ?

Je soupçonne que M.Prigogine a tenté un coup de bluff. D’après ce que j’ai entendu, M.Poutine a divisé les forces armées russes, pour régner. Il a sa propre milice. Ce qui est aussi vrai de chaque homme fort local. L’armée, en elle-même, ne semble pas très vigoureuse. L’élite guerrière n’est pas dans ses rangs. Quant au peuple, il paraît amorphe. Pour vivre heureux, vivons cachés. L’assaut de Moscou était un appel à ces forces. Si elles s’étaient coalisées, M.Poutine aurait dû obtempérer. Ce n’a pas été le cas, M.Prigogine a reculé.

Eu égard à la fragilité du dispositif sur lequel repose le pouvoir de de M.Poutine, il semble difficile qu’il ne puisse faire autrement que de se montrer ferme. Je crois que M.Prigogine a accepté son sort.

Quant aux Ukrainiens, il semble que la situation leur sourit. M.Poutine aurait perdu ses meilleurs combattants. Il semble difficile maintenant de faire autrement que de lancer un assaut aussi méchant que possible, afin de négocier une trêve aussi avantageuse que possible ?

Espionnage

En me enseignant chez wikipedia sur l’espion du billet précédent, j’ai découvert que les USA ont été bien mieux espionnés que les Russes.

Heureusement que les Russes n’étaient pas au mieux de leur forme, car l’espion américain, Aldrich Ames, n’était pas loin d’être parvenu à démanteler tout le réseau de renseignement américain en Russie. On lui doit notamment l’exécution de dix agents ! Et les services américains ne donnent pas l’impression d’une extraordinaire efficacité. Un rien pieds nickelés. (Comme quoi l’efficacité vient probablement plus des organisations que des individus ?)

L’intéressant est la motivation. Le Russe était un agent d’élite qui a trahi par idéalisme, l’Américain, un raté qui a trahi pour l’argent !

Chaque culture a ses caractéristiques ?

(Le plus amusant ? Il est possible que le traitre américain ait révélé aux Russes le nom de leur traitre. Car les Américains avaient fait espionner leurs alliés anglais, pour savoir qui les renseignait si bien. Et avaient effectivement trouvé son nom. Et le véritable danger pour une taupe n’est pas d’être découverte par son camp, mais d’être dénoncée par une taupe adverse !)

Trahison

Un feuilleton comme seuls les Anglais savent les inventer ? L’histoire, vraie, d’un haut gradé du KGB, un temps le chef des espions russes en Angleterre, qui, pendant 12 ans, a déversé sur l’Angleterre tous les secrets des services secrets de son pays. Sobre et palpitant. En particulier l’épisode final. (The Spy and the Traitor by Ben Macintyre.)

Sa motivation ? Il avait connu le premier dégel kroutchévien, et n’avait pas aimé le durcissement qui l’avait suivi. Il désirait que son pays échappe à l’intimidation.

Il a été exfiltré de Russie, dans des conditions rocambolesques, et vit, maintenant, dans l’anonymat, sous protection permanente.

Leçon ? Les Russes ont eu foi en l’Occident, et ils ont été trahis ?

Fin de campagne

Hier matin, l’armée russe se dirigeait sur Moscou. Dans la soirée elle avait fait demi-tour.

Qu’en déduire ? Probablement rien. De même que M.Poutine se trompe lorsqu’il pense que les démocraties sont un chaos, de même aucune règle ne s’applique à la Russie. Dans son genre, elle a peut être fait un exercice de démocratie.

D’ailleurs, la démocratie n’est peut-être jamais aussi forte que quand elle est faible. Dernièrement elle a dominé le monde. Moment thucydidien et oligarchique. Elle l’a exploité et elle s’est déchirée. Le mal de la démocratie c’est la myopie des appétits individualistes. Pour être intelligente, elle doit avoir peur ?

Campagne de Russie

Nouvelle du matin : les troupes russes marchent sur Moscou !

On savait depuis longtemps qu’il y avait un différend entre l’armée irrégulière et l’armée régulière. Certains pensaient que Poutine ferait comme Hitler, et liquiderait ses SA. Mais l’affaire ne semble pas avoir tourné ainsi.

Qu’est-ce que cela signifie ? Les Ukrainiens pourraient-ils balayer une armée russe désorganisée ? Un fou-furieux pourrait-il renverser M.Poutine et se comporter de manière irresponsable ?…

De la nécessité, pour la communauté internationale, de mettre le pays sous tutelle ?

Barrage

Les Russes font sauter un barrage en Ukraine. (Ils disent que ce sont les Ukrainiens.)

Curieusement, on entend surtout parler d’un « désastre écologique », alors que cela a des conséquences humaines considérables, et que l’on ne sait pas, d’ailleurs, si cela ne pourrait pas se retourner contre les intérêts des coupables.

Le plus curieux est que l’on en parle. Après tout, dans une guerre, tous les coups ne sont-ils pas permis ?

Il me semble que la morale de cette histoire est que, si nous étions tous fortement interdépendants, les guerres ne seraient pas possibles. Elles causeraient de tels désagréments, qu’elles seraient immédiatement stoppées.

(On me disait que M.Poutine est effectivement saigné aux quatre veines. Mais pas par les Occidentaux. Par les Chinois, les Indiens et autres Turcs, qui achètent ses matières premières à prix bradés…)