Blues chinois

Que veut la Chine ? Apparemment retrouver son rayonnement d’antan. Or, elle ne parvient guère mieux qu’à occuper un rang honorable dans l’ordre anonyme du monde occidental. Et ce au prix de tensions internes et externes qui ne semblent pouvoir se résoudre que par le renoncement définitif au rêve Chinois. Pour le moment elle soumet les entreprises étrangères à des humiliations. A moins qu’il ne s’agisse d’une imitation maladroite de l’exemple américain.
La Russie semble dans une situation identique. Pas de stratégie, notamment en Ukraine. Que la volonté de compter aux yeux du monde. Désir ruineux. Car, elle ne se fait pas tant des alliés qu’elle les achète. (CF. son union eurasienne.) La Serbie essaie de jouer sur deux tableaux : Russie et UE. Le Kosovo semble déterminant dans sa politique.
Mystérieuse Afrique. Croissance démographique explosive. Comment cela va-t-il se terminer ? En tout cas, pour faire des affaires sur le continent, il faut partir du Nigeria. Rien n’y fonctionne, mais on y achète. Pour y pénétrer, il faut adapter l’offre à ce que le pays peut acheter, et construire un système de distribution sur la confiance, quasiment homme à homme.
Inde et Modi. Le début de mandature de M.Modi le montre plus nationaliste que prosélyte éclairé des vertus du marché. Et l’Inde, nouveau riche, humilie l’Angleterre, nouveau pauvre.
USA. Evénements de Ferguson. Ville qui est passée de blanc à noir, sans que ses institutions s’adaptent. Surtout, dans un pays où tout le monde est armé, la police est nerveuse. La bavure est un fait social. Autres usages locaux : on élit les juges. Les avocats paient leur campagne. Et les juges ont de la sympathie pour les intérêts de ceux qui les ont élus. Amende de 17md$ pour Bank of America. Coup de pub plutôt que réalité. Etat Islamique. Si on le leur demande gentiment, les USA vont bombarder les bases de l’Etat Islamique, qui sont sur le territoire syrien. En Libye, on ne sait plus d’où viennent les bombardements.
Au Canada, on transporte de plus en plus de pétrole par train. La sécurité est à la traîne. 47 personnes ont été incinérées dans un accident. Les banques polonaises se portent bien. Elles doivent en partie leur succès à des innovations qui tiennent à ce qu’elles se sont construites de zéro, sur un marché vierge.
Les USA ont été les pionniers de la massification de l’enseignement. Le système universitaire étant en faillite, on redécouvre l’utilité de la formation professionnelle. Il s’agit d’acquérir des compétences, tout au long de sa vie, par un enseignement modulaire, fondé sur la pratique. Internet pourrait être utile. Mais pas décisif.
La globalisation pourrait accroître les inégalités des pays émergents parce qu’elle romprait la relation employés qualifiés / peu qualifiés. Elle emploierait les premiers et laisserait pour compte les seconds.
On a retrouvé le réchauffement climatique manquant. La chaleur serait piégée entre 300 et 1500m dans l’Atlantique. Conséquences ? Le monde se reboise un peu. Ce serait plus un effet de la réglementation que du marché. Les phoques pourraient avoir transmis la tuberculose aux premières populations américaines. 

La prostitution disruptée par Internet

The Economist semble aux mains des stagiaires.
Ils étudient la « disruption » de la prostitution par Internet. Les lois du marché à l’œuvre comme dans n’importe quelle autre profession de service. Ce pourrait même être une réussite du modèle de l’autoentrepreneur. Désormais, on peut faire commerce de son corps de chez soi et sans intermédiaire. Et en toute sécurité. Internet est grand.
La Russie semble avoir fait une croix sur l’économie, puisqu’elle est l’outil de sanctions. Elle se préparerait à l’autarcie et au sacrifice. Plus rien ne l’empêche d’attaquer l’Ukraine. (Les sanctions occidentales auraient-elles eu l’effet inverse de celui qui était escompté ?) Cuba, aussi, chercherait des partenaires qui ne soient pas susceptibles d’utiliser l’économie pour faire un coup d’Etat. En Turquie le premier ministre actuel serait certain de conserver le pouvoir tant qu’il assure la prospérité à son peuple. Ce qui n’est pas le cas de M.Renzi. La faiblesse de l’économie italienne pourrait mettre en péril ses réformes. Les Palestiniens et les Israéliens sont fatigués. Le Hamas n’est plus soutenu que par l’Occident. Les pays arabes n’apprécient pas sa nuance d’Islamisme et jugent qu’il y a des drames bien plus sérieux qui se jouent ailleurs. En Iraq, M. al Maliki pourrait envisager de partir, avec l’accord des Iraniens et des Américains. Aux USA, M.Obama ne sait toujours pas parler aux patrons. En réaction aux pressions de la Chine, les Uigurs veulent affirmer leur identité grâce à l’Islam. Ce qui augure de la persistance de troubles. Ebola cause une panique chez les pays riches. Menace pour le commerce des pays infectés. Ce dont ils n’ont pas besoin.

Pourquoi le gestionnaire de fonds existe-t-il encore, alors qu’il est inefficace ? Parce qu’il permet aux fonds de pension de croire au miracle… 10 à 20% des fusions ne se font pas. Unilever se veut vertueuse. Ce qui signifie former les paysans, laver les mains des enfants, et exiger de ses clients d’économiser l’eau de leur douche. Il n’est pas certain que la bourse apprécie. Warren Bennis a été le premier à s’intéresser au leader. Beaucoup de ce que les MBA disent du leader vient de lui. Apparemment les leaders modernes l’auraient désespéré. Mais une nouvelle génération, pleine de promesses, arriverait. Il y a trop de banques en Europe. Les subventions de la Chine à ses chantiers navals leur a permis de faire boire la tasse à leurs concurrents. L’organisation mondiale du commerce a connu un nouvel échec. L’Inde, pourtant devenue libérale, a refusé de lui soumettre sa politique de subventions à l’agriculture. Avenir compromis. 

Monde de demain : non démocratique ?

Et s’il fallait se préparer à un monde non démocratique ? Et si, honteuse du spectacle qu’elle a donné à l’époque de son « irrationnelle exubérance »,  la démocratie se repliait sur quelques îlots ? Le reste du monde étant abandonné ? Question que je me suis posée, en lisant The Economist.
Curieusement, c’est Israëlqui me fait penser à cela. De plus en plus isolé, ayant perdu son ascendant moral, sous l’influence d’un million d’émigrés russes rêvant d’un Poutine juif et d’une proportion grandissante d’ultra orthodoxes, Israël penche vers l’autoritarisme.
Ailleurs, aussi, surdité, chaos et repli sur soi : 
En Syrie, Assad se partage le pays avec « l’Etat islamique », pour écraser les rebelles modérés. La Libye est un chaos. Si le virus Ebola gagne l’Afrique, c’est parce que le peuple n’a, avec raison, aucune confiance en son gouvernement et en ses conseils.
L’Angleterre est sortie de la crise. Résultat ? L’entreprise a gagné, l’individu perdu. Certes il y a du travail, mais mal payé et peu productif. L’Espagne va, aussi, apparemment mieux. Mais il y a un nombre colossal de chômeurs et « un quart des employés ont encore un contrat temporaire ».
  
Ukraine. Les sanctions occidentales contre la Russie viseraient la prospection pétrolière en Arctique, mais pas le gaz, utile à l’Europe. Ce qui ne fait que renforcer la dépendance de la population et de l’économie vis-à-vis de l’Etat. La Russie se referme sur elle-même ? Comme les USA ? Car, aux USA, les grands projets collectifs, c’est fini. L’Américain se méfie du gouvernement, et de la science (la conquête de la Lune fut « l’acte final de l’histoire d’amour de l’Amérique avec la science »). L’égoïsme peureux a gagné. Reagan mauvais génie des USA ? Sa foi du charbonnier en leur grandeur (« un homme ayant le grand avantage de croire en ses propres interprétations, réécrites, réordonnées, optimistes, du monde »)  aurait-elle empêché une remise en cause nécessaire ?
Les créditeurs de la Russie et de l’Argentine, condamnés par la justice occidentale, tentent de faire saisir leurs possessions étrangères.
Pour éviter à l’Europe la déflation, la BCE devrait créer de la monnaie. Mais cela la forcerait à acheter des dettes d’Etat de pays que l’Allemagne juge peu vertueux.
Chine. La dernière révolution culturelle, anti corruption, fait un grand nettoyage. Ce qui semble visé : un « réseau » « cherchant à amasser tant de pouvoir qu’il menaçait un système de direction collective qui dépend d’un équilibre précaire entre factions et intérêts ».
Les pays d’Amérique latine sont soumis aux hasards de la « loterie des matières premières », qui fait fluctuer leurs prix, et fournit des instants de croissance accélérée à une économie après l’autre.
Alors que depuis 30 ans on nous vente son efficacité, l’entreprise est devenue hyper bureaucratique. Complexité (de 4 à 7 indicateurs de performance à 25 à 40) ; réunions (les managers y passeraient 15% de leur temps – beaucoup n’ayant aucun objectif) ; e-mails (« communications externes » passant de 1.000 en 1970 à 30.000 aujourd’hui). Achetez des entrepôts. Partout dans le monde, le commerce électronique fait leur fortune.
Science. « L’étude a montré que plus un pays est développé, plus est élevé le taux d’augmentation des capacités cognitives des femmes. » Des bactéries utilisent l’urine pour produire de l’électricité. 

Argentine et Russie : le marché en guerre contre la démocratie ?

La Russie vient d’être condamnée à verser 50md$ à un oligarque. Hier une décision de la justice américaine en faveur d’un « fonds vautour » américain pourrait avoir pour conséquence une faillite de l’Argentine… (Et l’affaire de la BNP est du même type.)
Désormais les Etats ne sont plus souverains. Et la justice est l’arme des marchés financiers ! Ceux-ci étant aux mains non des USA, comme on le dit souvent, mais plus vraisemblablement d’une petite clique d’individus qui tire les ficelles de son économie. Et elle a déclaré la guerre aux ennemis du marché. (Cela coûterait déjà 1000 milliards $ à la Russie.)
La démocratie serait-elle morte ?
Et si les BRICS n’étaient pas en passe de créer un nouveau FMI (billet précédent), mais un système financier séparé. Le nôtre ayant été parasité ? 

Ukraine : la série de l'été en Russie

Ukraine. Les séparatistes abattent par erreur un avion civil. En Russie, la popularité de M.Poutine est exceptionnelle (83%). « Les Russes voient la guerre en Ukraine comme un drame télévisuel captivant ». Toutefois, « M.Poutine se soucie de son image internationale ». La Pologne s’arme pour pouvoir faire la guerre à la Russie. Mais l’industrie de la France n’aura pas de contrats, puisqu’elle fournit la Russie.
En Italie, M.Berlusconi est lavé d’une partie des charges qui pesaient sur lui. La justice, de gauche, a obéi à M.Renzi, qui a besoin de l’appui de M.Berlusconi pour réformer le sénat. La Croatie est dans de sales draps. Et son élite, corrompue, ne fait rien pour l’en tirer. La Grèce est sous tutelle de ses créditeurs internationaux. Elle aimerait s’en dégager. Ce ne sera probablement pas possible. L’Allemagne est la seule puissance européenne qui compte. Mais elle n’agit pas en leader. (Ou en Führer ?) Israël / Palestine. Les deux camps semblent commencer à penser qu’il faudrait peut-être trouver une solution pacifique à leur éternel conflit. Les islamistes chassent les chrétiens d’Irak. L’anarchie règne dans les pays qui bordent le lac Tchad. Les sectes islamistes y prospèrent. La Malaisie élit un nouveau président. L’opposition, mauvaise perdante, ne devrait pas pouvoir paralyser le pays.
Aux USA, le choix des parents influe considérablement sur le succès des enfants. Les parents riches s’occupent de plus en plus de leurs enfants. Ils les couvent, et leur parlent beaucoup (ça développe l’intellect). Les pauvres pas du tout (l’année dernière, 61% des femmes n’ayant pas le bac qui ont accouché étaient célibataires). Tout se joue dans les premières années de la vie.
Le marché (l’Occident ?) n’aime pas certains pays. Ce qui leur coûte gros. En réduisant massivement la valeur de leurs sociétés (le « price earning ratio » des entreprises russes est de 5,2, contre plus de 25 pour les entreprises américaines), et en leur faisant payer cher leurs emprunts (9,8% à l’Argentine, contre quasiment zéro en Occident). Siemens change de dirigeant. Entreprise pas assez rentable. Il faut faire un élégant redécoupage d’activités pour plaire aux marchés financiers. De manière plus préoccupante, l’entreprise semble avoir développé une culture de la défiance fort peu allemande, et sa conséquence : « une mauvaise capacité à la réalisation de projets ». Microsoft rationalise son portefeuille d’activités. Le pragmatisme est au pouvoir.
Le coût des énergies propres est bien supérieur à ce que l’on pensait jusque-là. « Les gouvernements devraient attaquer les réductions d’émissions plutôt que s’entêter à promouvoir certaines formes d’énergies renouvelables. »
On essaie d’expliquer la schizophrénie par la génétique. Ce qui pourrait avoir un peu plus de succès que les travaux de ce type menés pour d’autres maladies.
Justice. « Pour toutes les culture, présentes ou passées, l’intention du criminel compte plus que le mal qu’il a fait. » « On peut donc faire l’hypothèse que l’impartialité résulte de l’évolution, qui a voulu que (la raison l’emporte sur la passion). »

L'Europe de l'Est est-elle une poudrière ?

La fin de l’homme rouge explique ce qui se passe à l’est de l’Europe. On ne nous l’avait pas dit, mais l’URSS avait construit un empire colonial à l’image de ceux de la France et de l’Angleterre. Un empire peuplé de colons. La dislocation de l’URSS a fait disparaître cet empire, sans pour autant que les colons ne quittent totalement les pays en question… 
Et maintenant, voilà ce que cela donne. La Russie tend à penser qu’elle s’est fait pigeonner par l’Ouest. Rendez-moi mon empire. Mais ses ex colonies ne l’entendent pas de cette oreille. Quant aux ex colons, ils demeurent une minorité puissante. Ils sont une bombe à retardement. En effet, leurs pays d’accueil ne les aiment pas. Donc, ils ne sont pas heureux. Donc, ils regardent vers la Russie…
Ce n’est pas tout. L’introduction de l’économie libérale dans ces pays dans les années 90 a été un désastre effroyable. Tout ce qui rappelle ses signes avant-coureurs provoque une réaction épidermique. C’est probablement la raison pour laquelle des pays comme la Biélorussie matent brutalement toute revendication démocratique. Ils ont tiré de l’histoire l’enseignement que le modèle soviétique avait du bon. 
D’où quelques réflexions :
  • Les Anglo-saxons, qui rejouent la guerre froide, et diabolisent Poutine, ont tort. 
  • M.Poutine veut probablement s’entourer de pays qui partagent avec la Russie un modèle néo soviétique commun. Et, pour beaucoup d’entre-eux, ceux-ci ne sont pas contre. A condition, peut-être, de ne pas être absorbés. 
Cependant, un soviétisme réinventé a-t-il le dynamisme nécessaire pour survivre en économie de marché, entouré par la tentation démocratique ? En outre, la peur que suscite, à tort ou à raison, un tel modèle, ne pourrait-il pas être un facteur de crise ? L’UE continentale, et sa démocratie sociale, ne devraient-ils pas prendre les choses en main, et aider l’URSS et ses voisins à adopter des régimes politiques moins explosifs ? 

La fin de l’homme rouge

La transformation de la Russie. Un livre de témoignages. Des petites gens racontent leur vie. Et c’est terrible. D’ailleurs bien plus en ce que ça révèle de l’Homme en général, que de l’homme rouge, en particulier. Je repère trois types de témoignages :
Il y a le stalinisme d’abord. C’est effroyable. Cela va au-delà de tout ce qu’on nous a dit. Soljenitsyne et tous les dissidents ont subi des traitements de faveur par rapport à ce qui était infligé au commun des mortels. Les dénonciateurs sont partout, chez soi d’abord. Puis c’est la torture, d’une cruauté inconcevable, industrielle, pratiquée par tous. Puis la liquidation en masse. Pour économiser les balles, et les doigts du NKVD qui ont des crampes d’avoir trop pressé de gâchettes, on jette les condamnés à la mer. Et on les regarde couler. Ceux qui réchappent des camps n’en sont que plus aveuglément attachés au pays. La terreur comme rite de cohésion sociale ? Il n’y a pas de monstres, comme dans la mythologie des intellectuels occidentaux. Que des hommes. Et on découvre que le pire des bourreaux peut avoir une conscience, qui le fait souffrir et qu’il lui fait dire que s’il a fait cela, ça devait avoir un sens.
Ensuite il y a la Glasnost. Innocent rêve de paradis qui tourne au cauchemar. Le Russe interprète le capitalisme comme l’exploitation de l’homme par l’homme. Les mafieux s’emparent du pays. Les autres n’ont absolument plus rien. Et l’empire colonial soviétique se révolte. C’est un bain de sang.
Réaction. La Russie de Poutine.  Une masse de gens ordinaires a été dépossédée du travail d’une vie, et de tout ce auquel elle croyait  (notamment son empire). Elle a voulu un nouveau Staline.
Voilà qui explique la Russie et sa politique actuelle, ainsi que les craintes de ses anciennes colonies (Ukraine, Pays baltes…). Voilà surtout une grande leçon sur l’homme. Elle me semble valider les théories d’Hannah Arendt. Mais aussi nous dire à quel point les tourments de notre vie sont des vétilles. C’est aussi un acte d’accusation terrible contre nos intellectuels. Ils ont fait l’apologie de l’URSS, un régime dont les horreurs dépassaient ce qu’ils dénonçaient chez nous dans des proportions infinies. 
(Svetlana Alexievitch, La fin de l’homme rouge, Actes sud, 2013.)

L’Inde a besoin d’un as du changement ?

L’Inde élit M.Modi. Un autocrate. Elle a voté pour le développement économique et a éjecté le clientélisme féodal du Parti du Congrès. M.Modi doit transformer l’Inde en usine du monde, alors que le « pays a oublié, purement et simplement, comment travailler ». Et qu’il semble un enchevêtrement invraisemblable. (Changement compliqué ?) En mer de Chine, les pays de la Région semblent impuissants face au bon plaisir du monstre chinois. Coup militaire en Thaïlande. Raison : mettre un terme au blocage actuel ? Ou intervenir avant qu’un prince héritier faible ne prenne le pouvoir ? L’Arabie saoudite investit à la maison.
L’UE parle un anglais corrompu par le français (une façon de faire fuir l’Angleterre ?). Elections européennes. En Italie, lutte entre M.Grillo et M.Renzi et ses réformes. La République Tchèque est anti-européenne. Le PS français semble être le parti de gouvernement dont la situation, eu égard à ces élections, est la plus difficile. L’armée est un élément central de la politique russe. Elle doit lui permettre d’intervenir dans son voisinage, de tenir en respect ses minorités, et de la défendre de la Chine – mission de ses missiles nucléaires. Chine avec laquelle elle tente de s’entendre pour faire pièce aux sanctions de l’Ouest. La Lybie est divisée entre islamistes et anti-islamistes. Devant la chienlit actuelle, le second camp est tenté par un coup. Avec l’assentiment de l’Algérie et de l’Egypte. D’où guerre civile ?
Les entreprises chinoises déposent beaucoup de brevets. Lenovo est le champion du PC. Il pense assurer son développement grâce à l’innovation. Il semble surtout un champion de l’exécution efficace de stratégies industrielles. Aux USA (seulement ?), Télécom et TV fusionnent, pour disposer d’offres globales. Les journaux sont toujours au milieu du gué numérique. Le journaliste doit s’imprégner des nouveaux usages du marché. Big data dans l’agroalimentaire. Les données que possèdent l’industrie lui permettent de dire à l’agriculteur quoi, quand et où planter (« prescription planting »). Mais l’agriculteur se méfie. Il a peur d’être le dindon de la farce. Les banques européennes (Crédit Suisse, bientôt BNP) ont maille à partir avec la justice américaine. Ses jugements semblent marqués par l’incohérence. (Pragmatisme, c’est-à dire, coup par coup ?) Pour faire plaisir à leurs actionnaires, les laboratoires pharmaceutiques ont liquidé leur recherche. Ils doivent maintenant trouver des fournisseurs de nouvelles molécules.  
Pour défendre les ordinateurs des pirates, deux versions d’un même programme ne doivent pas se ressembler. Il suffit pour cela de le demander aux compilateurs. On cherche à produire à simuler le système nerveux d’un ver. 

Changements en Chine

Changement en Chine. Elle adopte le modèle occidental en accéléré. Transformation à haut risque. Le problème du moment vient des villes. Bientôt 1md d’habitants. Un tiers des villes est constitué de migrants paysans. Ils sont considérés comme des étrangers. Ils vivent dans des conditions difficiles. The Economist aimerait qu’ils deviennent citoyens afin qu’ils aient accès à la sécurité sociale. Ainsi ils cesseraient d’économiser. Et ils dépenseraient. Ce qui serait bon pour l’économie. Mais cela rencontre beaucoup de résistances. Y compris venant d’eux. Puisqu’ainsi ils perdraient le droit à une terre sur leur lieu natal. A la campagne les élus locaux exproprient les paysans pour les entasser dans des immeubles. Créer des villes serait bon pour la croissance. A cela s’ajoute une classe moyenne puissante, qui craint le déclassement, la concurrence, et des riches qui cherchent surtout à quitter le pays… Mais, il y a des heureux : « fonctionnaires, qui travaillent pour le gouvernement ou le parti communiste« . 
Les Chinois visitent le monde. On se bat pour les attirer. Pour ce faire, il faut qu’ils obtiennent facilement des visas. Leur réserver un traitement spécial. Flatter leur fibre romantique. Et faire savoir que l’on existe en touchant leurs réseaux sociaux.
Ukraine (suite). La Russie voudrait en faire un chaos, mais pas un Afghanistan. L’Ouest cherche à causer des dommages économiques à la Russie. L’incertitude pourrait être suffisante pour inquiéter banques et entreprises occidentales, dont le pays dépend fortement. Pourquoi les partis d’extrême droite européens aiment-ils Poutine ? « affirmation musclée de l’intérêt national, insistance sur la tradition chrétienne, son opposition à l’homosexualité et sa façon d’avoir mis les secteurs économiques vitaux sous le contrôle de l’Etat. » Leur pression pourrait amener les gouvernements européens à être accommodants avec la Russie.
L’Algérie élit un président invisible. Le groupe qui contrôle le pays n’a pas pu se mettre d’accord sur un autre nom. Et le peuple préfère encore cette solution aux troubles qu’il a connus.
Aux USA, il y a de plus en plus de femmes au foyer. Et, à conditions équivalentes, elles gagnent quasiment autant que les hommes. Ce qui ne fait pas les affaires de M.Obama, qui veut acquérir cet électorat à sa cause, en disant qu’il subi une discrimination. L’Américain verrait très mal l’adultère (mais pourrait le commettre, pour peu qu’il soit sans risques). Le Japonrenoncerait à ses penchants nationalistes. En Afghanistan l’ennemi des Américains ne serait pas les Talibans, mais les Pakistanais, qui tirent les ficelles des précédents. Mais on ne peut pas se fâcher avec le Pakistan.
Le monde consomme de plus en plus de charbon. C’est polluant, ça crée de l’effet de serre, ça tue, et c’est même radioactif, mais ce n’est pas cher. Les agences de crédit ne se sont jamais mieux portées (marges de l’ordre de 50%). Les dernières bulles spéculatives (biotech, médias sociaux, Tesla…) se dégonfleraient un peu. Mais les fonds d’investissement ont levé énormément d’argent. Ils ne peuvent qu’en créer une nouvelle. Les grands du capital risque font de moins en moins de LBO. Ils prêtent aux entreprises et aux grands projets d’infrastructure. L’Espagne n’a pas réussi à créer de marque. Si bien que ses olives font de l’huile italienne, et que son vin devient français. Entre autres.
Le riche travaille plus que le pauvre. Parce qu’un travail du riche est amusant. Et que plus on gagne, plus on a à perdre à prendre des vacances. Mais aussi que les loisirs sont assimilés à la paresse. The Economist croit en Carlos Tavares.

On met au point la fusée qui retombe sur ses pieds. Objectif : Mars. Les fougères doivent leur survie à un gène qui leur permet d’utiliser les longueurs d’onde qui arrivent à l’ombre. 

Les robots arrivent…

Les robots vont-ils envahir le monde ? L’invasion serait plus une question de robotisation que de robots. L’avenir serait à des robots bêtes et pas chers ; des robots partiellement dépendants de l’homme ; une « robotisation » accrue de parties mais pas du tout. Selon The Economist, ce serait suffisant pour liquider un grand nombre d’emplois.

Ukraine. M.Poutine désirerait étendre l’empire russe. En commençant par l’Ukraine de l’Est. Les russophones du monde entier s’en réjouissent. Les pays baltes craignent d’être les prochains sur sa liste. Et, grâce à lui, les USA et l’Europe se rapprochent et l’OTAN a retrouvé une raison d’être.

Explosive Irlande du Nord : « Les principales raisons qui expliquent l’échec de l’Ouest à remodeler les sociétés en Irak, en Afghanistan et ailleurs étaient visibles depuis toujours dans ce coin de Grande Bretagne : l’histoire et la culture, les orphelins d’une politique néoconservatrice, ont presque toujours le dessus sur ses favoris, la démocratie et la prospérité. »

Raidissement du pouvoir en Turquie, prise de pouvoir de l’armée en Egypte et Obamacare dysfonctionnel, course en avant.

Amérique latine. Ralentissement en Chine. Fin de la croissance tirée par les matières premières. Heureusement, les pays de la région ont été un peu moins cigales que d’ordinaire. Mais, ils innovent peu, et leur infrastructure de transport est mauvaise. « Le risque que coure la région n’est pas, comme avant, une crise, mais un choc entre une croissance faible et le réveil des attentes d’une classe moyenne en pleine expansion. » Les entreprises africaines emploient peu. Taux de change surévalués, main d’œuvre exceptionnellement peu productive, gouvernements qui rançonnent les grandes entreprises et poids de l’agriculture, privée d’investissements.

Elections en Afghanistan. « Beaucoup d’Afghans ont peur de perdre dans le changement de gouvernement – une menace qui apparaît à certains plus grande que celle d’un retour des Talibans. » La Chine, curieux pays. Riche (collectivement) et pauvre (individuellement) à la fois, et qui s’endette pour pouvoir économiser…

Bataille contre les cartels. Ils s’établiraient dans des métiers dominés par 3 ou 4 entreprises. Le cartel serait une « réaction à une menace existentielle », des donneurs d’ordres exerçant une trop forte pression sur leurs fournisseurs. On les attaque en divisant pour régner. C’est-à-dire en promettant l’impunité à ceux qui balancent leurs comparses. Stress tests. Apparemment, les banques centrales cherchent à créer, par leurs tests, des crises fictives. Et ce afin que les banques ne puissent s’endormir. Immobilier d’entreprise : bulle ? Les bas taux d’intérêt font que l’on construit des immeubles, sans demande (notamment à la Défense). Les investisseurs forcent les entreprises à s’intéresser aux risques environnementaux (la législation en étant un). Toujours pas assez d’inflation. Les banques centrales doivent viser plus haut.
J’imagine que Mark Zuckerberg doit laisser des pourboires d’un m€. Il vient d’acheter 2md$ une nouvelle start up. Il obéirait, comme ses pairs, à deux modes. Celle de la plate-forme, et celle de la réalité virtuelle, la prochaine plate-forme. Uber, service de taxis en ligne, fixe ses prix selon l’offre et la demande. Si bien, qu’ils atteignent des sommets quand tout le monde a besoin de se déplacer. (Invention du taxi pour les riches ?) De grands journaux numériques apparaissent aux USA, capables de faire du vrai journalisme. Mais ça n’a pas profité à la presse locale. Et il y a de moins en moins de journalistes.

Bricolage génétique. On reconstruit les chromosomes de la levure, en éliminant ce qui ne semble pas utile, et en ajoutant ce qui pourrait l’être. Demain, c’est au tour de l’homme. On découvre que les confins du système solaire ne sont pas ce que l’on croyait. Par des exercices, ont parvient à éduquer le cerveau et à guérir des maladies (certaines dystonies).

Guerre de 14. Histoire d’un changement ? La guerre a été d’un degré de complexité sans précédent. Les armées ont dû s’adapter. La responsabilité de son déclenchement irait à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Russie.