La justice ordinaire doit-elle s’appliquer au crime extraordinaire, par exemple contre l’humanité ?
Si je le comprends bien, Paul Ricoeur pense que oui. Croire le contraire repose sur une idée erronée : la peine doit être proportionnelle au crime.
Or, la justice a d’autres vertus. Tout simplement, c’est un rite de notre société. Le faire subir au coupable est peut-être la pire des peines, puisqu’il voulait l’abattre. Ensuite, le jugement est une façon pour la société de prendre le temps de réfléchir à ce qu’elle est, et à ce qui compte pour elle.
Il me semble, comme le pensent les Anglo-saxons, que le droit doit évoluer en fonction de l’évolution de la société. Le jugement dit le droit.
Le jugement n’est pas une punition mais une leçon que se donne la société. Une résolution collective de problème. Pourquoi en est-on arrivé là ? Comment ne pas répéter l’erreur ? Ce qui compte, c’est de trouver une solution staisfaisante pour l’avenir. En conséquence aucun principe n’est sacré. Faut-il pardonner ou non ? par exemple : à décider au cas par cas. Quant à l’accusé, je me demande s’il ne devrait pas participer à la réflexion générale.
Bref, il me semble que la vision française du droit est incorrecte. Nous croyons qu’il obéit à des lois intangibles et que le citoyen peut se laver les mains de la justice, qu’elle est une mécanique aveugle. Eh bien non, c’est à nous de faire justice !

