Démocratie réticulaire ?

De Gaulle a gagné. Les démocraties ont imité la France. L’exécutif est dominant partout. Seulement, ses décisions ne furent pas judicieuses. Plus la situation s’aggrave, plus il prend de risques, moins il devient contrôlable ? (Les idées de Pierre Rosanvallon, sur le sujet.)

Le modèle pyramidal classique ne peut résister à une surcharge en informations. S’il veut être durable, il doit évoluer vers un dispositif en réseau, disent les savants.

Possibilité de mise en oeuvre ? Que les intercommunalités, il y en a environ un millier, prennent réellement en main la politique territoriale (au lieu d’attendre les directives de l’Etat). Non seulement cela remettrait en marche l’économie du pays, mais cela formerait des dirigeants ayant une autre trempe et une autre connaissance des réalités de la nation que ceux qui sortent de l’ENA. Ils pourraient s’emparer de l’appareil d’Etat.

Syndrome post Trump

Finalement, j’avais bien vu : Trump est un « stress test ». C’est une attaque virale contre le monde et la ville. Un anti Pape.

C’est peut-être surtout une exercice de changement que devrait étudier le scientifique. C’est le fameux « black swan » de Nassim Taleb. Le propre de la vie est des chocs hyper violents, mais rares.

Sans être scientifique, on peut noter que le choc est :

  • un révélateur, paradoxalement. D’un seul coup, on comprend ce qui compte pour soi. La nature des êtres humains et des nations apparaît. Il y a ceux qui se battent, les collaborateurs de la première heure, ceux qui se couchent… Curieusement, le succès change de camp.
  • un destructeur de fragilités. Tout ce qui n’était pas solidement implanté dans l’inconscient collectif est balayé.

Le danger du choc est un reste d’individualisme. On se regroupe pour défendre des intérêts communs, mais on abandonne une partie méritante de l’humanité, qui n’a pas les moyens de se raccrocher au gros de la troupe. Au fond, M.Trump teste notre attachement aux droits de l’homme ?

Un train peut en cacher un autre

Et si la Chine entrait en guerre ?

China’s war games near Taiwan could be used to conceal attack, US says
Pentagon’s Indo-Pacific chief says American military must step up preparations for conflict in region
Financial Times 13 février 2025

(M.Trump ayant décidé d’abandonner l’Ukraine, cela va-t-il être une encouragement à la Chine ?)

En tous cas, il se pourrait que les prochaines années soient une rien chaotiques… Un homme averti…

Stress test

Méritoire honnêteté ? Tout ce que je lis sur les élections américaines dit qu’elles sont imprévisibles. Les sondages sont incapables de départager les deux candidats.

Il n’y a d’ailleurs même plus de débat. Le dernier de la campagne s’est fait entre les vice-présidents. Et l’impression qu’il a laissée est qu’il surprenait par sa civilité ! Trump a donné sa marque à la politique américaine !

Ce qui est dommage, car personne ne se pose la seule question importante : comment l’un et l’autre vont-ils réagir à l’avenir ? Il s’annonce extraordinairement incertain et dangereux.

Et si l’on faisait subir à nos nations et à leur personnel politique des « stress tests » ?

Avis de tempête

Global chipmaking hit as Hurricane Helene disrupts quartz mining
Flooding of US town of Spruce Pine affects production of key ingredient in semiconductor supply chains

Financial Times, le 5 octobre

Surprenant, je pensais que la Chine possédait les composants critiques concernant les techniques d’avenir.

Le bon côté des tempêtes, c’est qu’elles révèlent à la fois des faiblesses et des forces ?

Si l’on veut éviter un « souverainisme » stérile et maintenir de bonnes relations internationales peut-être faudrait-il redécouvrir nos forces et en faire ressentir l’utilité ? Vive les tempêtes ?

La force des démocraties

Max Weber prévoyait un avenir « désenchanté » car rationnel. L’humanité, grâce à la science, a trouvé la seule voie possible.

Je me demande, au contraire, si le seul Etat durable n’est pas une sorte de chaos créatif. Cela tient à une considération quelque-peu rationnelle, tout de même : si, contrairement à l’hypothèse implicite de Max Weber, l’on part du principe que l’avenir est incertain, la « bonne stratégie » est la résilience apportée par la capacité d’adaptation.

Cela semble être la force des démocraties, lorsqu’elles sont en bonne forme. Elles font énormément d’erreurs, mais elles créent tellement de richesses que tout leur est pardonné, parce qu’elles ont ce que l’on appelle en franco-américain la capacité à « pivoter » ?

Mais pour cela, elles doivent être, contrairement à M.Poutine et à notre « élite » de bonnets de nuit moralisateurs, « anti chiantes » ?

Se diriger dans l’incertain

Résilient Arnault ?

Jeudi dernier, j’entendais les informations de BBC4 parler de la fortune de Bernard Arnault. Après avoir été faite par les très riches, elle l’est en ce moment par le peuple. C’est l’avantage de posséder un grand nombre de marques.

Contrairement à d’autres milliardaires, serait-il parvenu à « diversifier ses risques » ? Peut-être aussi a-t-il trouvé le secteur dont le baromètre est toujours au beau fixe : celui du luxe, celui qui capte l’excès de revenus de la classe qui réussit ?

Dangereux papillon ?

Une constatation surprenante : notre pays ressemble à nos PME.

Le propre de beaucoup de PME est d’être dans une situation précaire. La PME est souvent endettée et sans trésorerie. Elle se caractérise, aussi, par une forme de résilience curieuse, compte-tenu de sa fragilité, et, encore, par l’inexistence de la moindre volonté de sortir de cette situation.

Le consensus parmi les « professionnels de la faillite » (spécialistes du redressement d’entreprise, avocats, syndicats d’entreprises, juges…) est que la faillite de la PME est causée par un événement trivial. Une sorte de “battement d’aile du papillon”. On aurait pu et dû régler le problème immédiatement. Cela semblait facile. Mais, pour des raisons diverses, bizarres, on n’a pas agi à temps. 

La résilience doit tenir à ce qu’il y a finalement beaucoup d’aides pour les entreprises en difficulté, car l’entreprise, est, en elle-même, utile à la communauté, qui a conçu des dispositifs pour la conserver.

La France a tout de ce portrait. Elle est, même, moins bien gérée que nos PME. Elle est en déficit depuis des années, ce que l’on ne leur permettrait pas. Dans son cas, la résilience dont elle abuse tient peut-être à son histoire et à son possible pouvoir de nuisance. Mais l’Angleterre, qui n’a rien à lui envier, a bien failli partir en « tailspin » ces derniers temps. Par certains côtés, M.Poutine est moins dangereux que les marchés financiers, ils ne sont pas humains.

Devrait-on se méfier des papillons ?

Institution durable

Pensée pour jour des morts ?

Lorsque j’observe les institutions d’enseignement par lesquelles je suis passé, deux semblent promises à une fin peu glorieuse : Centrale et l’Insead. Une autre, Cambridge, est indestructible. Et, pourtant, elle est aux prises avec un wokisme qui s’est saisi de tous ses organes de communication.

Qu’est-ce qui rend une organisation durable, ou non ?

Je pense que la France donne l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Centrale et l’Insead sont, comme notre pays, des constructions théoriques avec un pouvoir jacobin. La théorie est rapidement pervertie et tend à donner son contraire, un pouvoir fort offre à l’incompétent la capacité de démolir l’édifice.

Cambridge, par contraste, est résilient. Il n’y a pas de chef, sinon sous une forme de potiche, mais tout un écosystème compliqué de collèges et d’institutions d’enseignement et de recherche, qui cultivent leurs rites exotiques et poursuivent leur petit bonhomme de chemin depuis 800 ans.

Travaillez, prenez de la peine… ?

Roi philosophe

Jamais on n’a été aussi loin de l’idéal du roi philosophe (qu’il faut entendre au sens de « sage », non de « Sartre ») de Platon.

Tout à fait explicable : il ne faut surtout pas être philosophe pour lancer une start-up, devenir PDG d’une multinationale, président d’une démocratie ou dictateur, journaliste… Le processus de sélection naturelle s’y oppose catégoriquement.

En conséquence de quoi, on est bombardé de bêtises. (Ce qui fait, d’ailleurs, les affaires de ce blog.)

Et si c’était une nouvelle ruse de l’histoire ? Ce qui ne tue pas renforce. En donnant le pouvoir à des fous-furieux, la société se met en danger permanent ? Ce qui la force à rester sur ses gardes, à se consolider sans cesse, et pousse ses membres à développer leur entendement ?