Comment relancer la France ?

Le précédent billet (même heure) a laissé la France dans un état préoccupant. Comment l’en sortir ?

La question qu’essaie de résoudre interpreneurs, c’est : comment, à partir de ce qu’elle est, rebâtir la France. La réponse que l’on a trouvée, ressemble, pour le moment, à ce qui suit : 

1) La France a acquis un patrimoine de savoir-faire considérable, au cours des ans. Il est local. En le combinant aux aspirations et aux technologies modernes, on obtient une nouvelle source d’innovation (cf. Amazon = gestion d’entrepôt). Pour cela, il faut que les entreprises locales, les élus, etc. s’emparent du dit patrimoine et le valorisent par des projets entrepreneuriaux collectifs. 

2) On peut rétablir le lien grande entreprise (française ou étrangère) / PME, si elles entrent en contact l’une avec l’autre dans des « clusters ». 

3) Accessoirement, le haut fonctionnaire PDG de champion a peut-être trahi sa mission, mais il obéit encore, et l’Etat continue à avoir du pouvoir sur lui, et sur son actionnaire, s’il y a de l’argent à gagner. Il peut être, en partie, rapatrié vers la France. Et ce, par exemple, à la manière chinoise : en forçant celui qui veut faire affaire avec la France à fabriquer en France et à lui transférer son savoir-faire.

A suivre.

Combattre Zemmour

Comment combattre Eric Zemmour ? se demandent les partis politiques. 

Peut-être imiter MM.Biden et Johnson ? Ils ont cherché à comprendre pourquoi on avait voté Trump et Brexit. Et ils ont trouvé l’équivalent de nos gilets jaunes (probablement en plus mauvais état). Des gens qui avaient beaucoup de difficultés. 

Et le discours ? Pas besoin de surenchère. Simplement leur annoncer que l’on va les sortir de l’ornière. Solidarité. Comme le gouvernement l’a fait avec l’économie pendant l’épidémie. 

Et si tout le monde retrouve de « bons emplois », comme on le dit en Angleterre, cela signifie que l’économie marche, et que les dettes n’en sont plus, elles ont été des investissements. 

Transition climatique : retour sur terre

Augmentation du prix de l’énergie. L’économie repart. Et, il n’y a pas de vent. Ce qui fait que l’Allemagne doit brûler du charbon. Et M.Poutine en profite pour jouer de son pouvoir de nuisance. Et l’Europe condamne les mines de charbon polonaises. Mais où les Polonais vont-ils trouver de l’énergie et des emplois ? Et comment les pauvres, partout en Europe, vont-ils parvenir à absorber les hausses de prix ? (France Culture, hier matin.)

Et voilà. Le changement ce n’est pas que des petites filles qui affrontent les grands de ce monde, ce n’est pas que des décrets, c’est aussi des réalités déplaisantes, sur lesquelles les grands n’ont aucun pouvoir. Si on veut les éviter, il faut un minimum de planification dans le changement… Avec la solidarité comme principe.

Le cluster ou la relance ?

Les observations de Michael Porter lui font dire que, seule, l’entreprise tend au statu quo ! Elle n’innove ni ne se développe. 

Pour croitre, elle a besoin d’un stimulant extérieur, qui lui est fourni par sa « home base », son territoire d’origine. Pour Michael Porter, ce stimulant, cet « avantage concurrentiel des nations », c’est le business cluster. Ce sont des conditions très spécifiques, qui vont donner au tissu « socio économique » local la faculté, en quelque sorte, de tirer parti avec une très grande rapidité et efficacité, des courants porteurs.  

Or, il y a un quasi consensus concernant le fait que la culture française stoppe très tôt la croissance de l’entreprise. Une étude est allée jusqu’à parler du « syndrome de Peter Pan » : l’entrepreneur français veut rester petit. 

Et si l’on avait là une idée pour le développement économique du pays ? (à suivre)

Rapport Barrot

« pour le rebond des territoires en sortie de crise, les solutions viendront des territoires. Ils ont été touchés de manière différenciée par la crise ce qui les pousse à reprendre leur destin en main. Il appartient à l’Etat de les accompagner dans cet élan. La stratégie c’est coopérer, territorialiser et régénérer. » Le député Jean-Noël Barrot publie un rapport concernant le « rebond économique des territoires ». (Interview.)

Autrement dit, on s’attend à ce que la relance parte d’en bas, du « territoire », d’un morceau de France qui a une cohérence interne. Pour réussir, l’union, locale, fait la force (coopérer), il faut faire effet de levier sur ses atouts (territorialiser) et adapter ses ressources à la demande locale (régénérer), notamment en modifiant, localement, l’offre de l’Education nationale.

Non seulement le changement n’est plus imposé d’en haut, non seulement l’Education nationale ne fait plus la loi, mais, on ne nous dit plus que le Français est un inadapté. 

Qu’est-ce qui a changé ? C’est la fin de la parenthèse asiatique. Il n’y a plus de main-d’oeuvre « à bas coût ». Les chaînes de fabrication et d’approvisionnement qui n’ont besoin que d’hommes-robots, c’est fini. Hier, c’était à l’homme de s’adapter à l’entreprise, maintenant, c’est à l’entreprise, et à la nation, de tirer parti du talent humain ?

Le retour de Michel Crozier ?

Il y a un changement à la française, je crois. C’est celui qu’a mené Michel Crozier, il y a quelques décennies. Il correspond à un renouveau du pays, oublié aujourd’hui, mais qui a eu lieu au moment où l’offensive japonaise a commencé à battre de l’aile. Ce type de changement part d’en bas. Pour résoudre les problèmes systémiques d’un Air France ou d’une SNCF, il demande son avis aux gens du terrain. Et il en tire une vision globale, que le haut peut mettre en oeuvre. 

Je me demande si notre gouvernement n’essaie pas de faire du Michel Crozier sans le savoir. L’autre jour j’entendais le directeur de la stratégie de l’ANCT (remplaçant de la DATAR) dire que son agence cherchait à trouver ce que les territoires faisaient de bien, pour le faire connaître. De même, l’Etat négocie des contrats de relance avec les collectivités locales. Contrats qui devraient déboucher, me semble-t-il, sur 834 expérimentations. Le changement n’est plus imposé par le haut. Il part d’en bas.

Pourquoi cela ne marche-t-il pas encore ? Parce que le gouvernement n’a pas encore réinventé la technique Crozier. Il est toujours dans une forme de laisser-faire maladroit. Comme cela a été le cas avec son « comité citoyen », une technique bien connue des études de marché, et qui n’est pas adaptée, c’est de notoriété publique dans ce milieu, à la question que l’on voulait lui faire résoudre. La méthode Crozier demande une enquête. Celui qui la mène doit vouloir changer les choses. Il n’est pas passif. Il cherche à identifier les questions à résoudre, les solutions de ces problèmes, et les personnes clés qui sont sur le chemin critique du changement. 

Michel Crozier nous dit : encore un petit effort ?

Inflation ?

La Deutsche Bank s’inquiète d’un risque d’inflation. L’inflation partirait des USA et gagnerait le monde. En revanche, la plupart des économistes pensent qu’il ne s’agit que d’une inflation conjoncturelle. 

Qui croire ? Le plus important est peut être de commencer par considérer ce que seraient les conséquences d’une vague inflationniste. Comme le dit la Deutsche Bank, il faut en revenir aux années 70. L’inflation a été le fléau de mes années d’adolescence. Le pays a beaucoup souffert alors. Ne souffrirait-il pas encore plus aujourd’hui, à l’heure où l’on parle tant d’inégalités ? Et surtout que deviendrait le fardeau de dettes de l’Etat, s’il devait les payer de plus en plus cher ? 

Un départ d’inflation paraît une question hautement irrationnelle. Les paniques, bien souvent, ne semblent pas avoir de cause bien sérieuse. Keynes parlait « d’instincts animaux », et cela s’applique probablement à tout ce qui touche à la finance. 

(« US consumer prices climb at the fastest pace since 2008 US consumer prices accelerated by the most in nearly 13 years in May as pent-up demand combined with higher prices for goods to stoke concerns about inflationary pressures » Financial Times, jeudi dernier.)

La relance des sous-préfets

Les sous-préfets à la relance : qui sont-ils ? (Référence.)

  • Ingénieurs : 10. Ponts : 6 ; Armement : 2 ; Mines : 1 ; Territorial : 1.
  • Santé : 6. Santé vétérinaire : 4 ; Directeur hôpital : 1 ; Directeur établissement sanitaire : 1.
  • Administrateurs : 6. Territorial : 3 ; Civils : 2 ; Inspecteur de l’administration : 1.
  • Sous préfets : 4.
  • Autres corps administration : 4. Conseil d’Etat : 2 ; Cour des comptes : 1 ; Conseil régional des comptes : 1.
  • NSP : 1
D’après leurs grades ils sont souvent jeunes, voire très jeunes. 

Mission ? « Dans le contexte économique lié à la pandémie de covid-19, le sous-préfet à la relance est chargé d’animer et d’accompagner le déploiement des mesures du plan de relance dans le département et de renforcer l’État déconcentré au plus près des élus, des entreprises et des citoyens. » (Préfet de la Nièvre)

Pour un entrepreneur : « ce sont les premiers à se confronter à la réalité des relations de l’entreprise et de l’économie avec l’administration. Personne ne s’est confronté à cela, jusqu’ici. Il faut que ça bouge, il faut des résultats, il faut nettoyer, c’est le peuple (par l’entreprise) qui va leur dire ce qu’ils doivent faire, pas le contraire. Ce qu’il faut faire, c’est l’un avec l’autre et pas l’un contre l’autre. » 

Autrement dit, ce pourraient être ce que la théorie du changement appelle des « hybrides » : l’amorce de la génération de fonctionnaires dont nous avons besoin ?

France – Argentine match nul

Le gouvernement, en pleine crise, est parvenu à diviser le taux de défaillance des entreprises quasiment par deux. Je suis persuadé qu’il va réitérer son exploit. 

La difficulté que cela pose est que nos entreprises étaient déjà particulièrement fragiles, or, peu cherchent à s’améliorer, car elles attendent un retour d’avant, qui ne reviendra pas. 

Ce qui signifie une économie encore plus faible, alors que le pays aura pris encore plus de dettes. 

S’il ne parvient pas à faire que ses entreprises se transforment, si l’inflation repart, n’y a-t-il pas risque de faillite ? Argentine, étude de cas ? 

Du néo libéralisme au néo rooseveltisme ?

Depuis la première présidence Clinton, un consensus s’était formé sur l’intérêt à long terme de mener une politique budgétaire prudente, de conserver l’essentiel de la dérèglementation économique des mandats Reagan et de préserver le multilatéralisme commercial (…) la crise du Covid et l’exacerbation des inégalités qu’elle a mises au grand jour auront finalement eu raison des restes du consensus clintonien et préparé l’entrée en scène du néo-rooseveltisme. (Article.) 

Changement aux USA. Le président Biden revient à une politique démocrate. On parle à nouveau de « bons emplois ». Certes il est question de l’environnement, mais la situation du peuple redevient une préoccupation de la gauche américaine. 

Cela va-t-il réussir ? Le diable est dans les détails. Mais peut-être pense-t-on, aux USA, que faire le contraire de ce qui n’a pas marché est une idée qui a, au moins, le mérite de la simplicité ?