Raison ou pas

Mes réflexions sur Claude Lévi-Strauss me ramènent à une idée qui m’est venue en lisant Gregory Bateson, et qui m’est revenue avec Heidegger : n’est-il pas idiot d’utiliser la raison pour montrer qu’elle est malfaisante ? C’est idiot, mais ça ne ridiculise pas leur travail :

  • Penser que la raison est nuisible n’est pas plus défendable que croire que l’homme n’est que raison. Il y a des choses qui le dirigent et qu’il ne comprend pas (les lois de la société). Mais s’il se laisse diriger en renonçant à comprendre, il se fera manipuler.
  • De même utiliser la raison pour l’amener à ses limites me semble n’avoir rien de contradictoire, cela montre, justement, qu’un monde de raison est utopique.

Compléments :

Lait

Il y a quelques mois ce blog dénonçait les malversations des grandes surfaces de mon voisinage, et de leurs fournisseurs : un packaging modifié produisait une brutale augmentation du prix du lait.

J’ai remarqué peu après que la grande surface avait placé à proximité le lait de sa marque, bien moins cher. Plutôt que de céder à la manœuvre, j’ai acheté du lait frais, maintenant au prix du lait repackagé. Et voilà que je constate le retour de l’ancien packaging. N’aurais-je pas été le seul à procéder à des mesures de rétorsion ? Mais, entre-temps, je me suis habitué au lait frais…

Cette histoire me montre que je suis un de ces êtres qui causent les crises économiques parce que leur comportement n’est pas prévu par les logiciels financiers : je suis mu par le désir de vengeance plutôt que par l’optimisation d’une « fonction d’utilité ».

Vaccins inutilisés

D’après la radio, le gouvernement aurait calculé que 2/3 de la population devait être vaccinée, à double dose (soit 94m en tout), contre la grippe A. Il y aurait eu environ 5m de vaccinations à simple dose. Le coût de l’affaire serait très élevé (2md€ ?). Particulièrement en comparaison des déficits de la France et de la Sécurité sociale. Mais l’opposition a-telle raison de critiquer le gouvernement ?

Car, à l’époque où il a commandé le vaccin, avec ce que l’on savait, n’était-il pas justifié ? Il semblerait surtout qu’on reproche une réaction excessive : depuis plusieurs mois on s’étonne que la France ait commandé nettement plus de vaccins par personne que des pays comparables.

Voilà un problème pour contrôleur de gestion : comment utiliser au mieux les ressources de la nation ? Le contrôle de gestion choisirait la décision qui a le retour sur investissement le plus élevé.

Mais comment calculer un tel chiffre ? Comment prévoir, et surtout évaluer, toutes les conséquences d’une décision ? Notre « rationalité » ne peut être que « limitée », selon l’expression d’Herbert Simon. Du coup, nous décidons selon des heuristiques. Quelles furent celles du gouvernement ? Un journaliste de France Culture faisait tout à l’heure une curieuse hypothèse à ce sujet : le pays était inquiet, le gouvernement a voulu exploiter cette inquiétude, par un coup d’éclat qui aurait dû servir sa popularité.

Ce diagnostic (juste ?) a l’intérêt d’illustrer une modélisation de la décision humain. Selon lui, le gouvernement est obsédé par sa popularité, c’est elle qu’il cherche à optimiser. Il y a plusieurs moyens pour l’acquérir, il en aurait choisi un, très particulier : profiter de tous les événements susceptibles d’émouvoir la population, quitte à les amplifier. L’homme est comme cela : à chaque type d’événement, il associe une façon, toujours la même, d’agir.

Compléments :

Prise de décision collective

Un thème récurrent de ce blog est que notre processus de décision n’utilise pas l’intelligence du groupe, mais au contraire ses faiblesses. Ce billet tente une synthèse des défauts de notre raisonnement collectif, aperçus dans les billets précédents :

Le jugement moral domine la raison

Le débat d’opinion est devenu presque impossible dans notre pays car les déclarations des leaders d’opinion sous-entendent ce qui est bien et mal. Celui qui ne pense pas comme eux ne peut qu’être excommunié.

Or, il me semble que s’il y a un bien et un mal, ils sont à trouver en permanence, à partir de ce que notre culture et notre science nous disent pouvoir être bien ou mal, et compte-tenu du contexte de la décision, toujours unique.

Malheureusement, il est très facile de nous influencer : nous ne nous souvenons plus pourquoi nous faisons ce que nous faisons. Par exemple, je répète souvent que nous avons oublié que ce qui avait été essentiel pour nos ancêtres était la liberté et qu’elle demandait une division des pouvoirs pour qu’ils ne soient pas oppressifs. Aujourd’hui, la liberté a été remplacée par l’économie, principe qui signifie, au contraire, que l’on abatte ce qui protégeait l’homme, au nom de l’efficacité. Le passage de la liberté à l’économie n’a pas fait l’objet d’un choix conscient.

Amnésie

Le vice majeur de l’action gouvernementale en France semble suivre le mécanisme suivant :

  1. on prend une décision ambitieuse (construire un « champion national »),
  2. mais on ne se donne pas les moyens pour la mener à bien,
  3. désastre final, mais on en a oublié la cause et le gouvernement condamne l’incompétence de l’organisation résultante, qui pourtant a fait ce qu’elle a pu, et la liquide.

Plus généralement, nous oublions les raisons de notre situation actuelle, ce qui fait que nous persévérons dans l’erreur. En fait, cette amnésie prend la forme d’une prophétie auto-réalisatrice. Autre exemple :

L’état désastreux de l’économie occidentale est en grande partie due à des erreurs idéologiques, pas à la crise (qui est une conséquence des erreurs) ; or, la crise est utilisée pour justifier la poursuite de la voie ancienne. Particulièrement en France, où nous avons toujours une guerre de retard sur le reste du monde (du fait d’un défaut culturel d’honnêteté intellectuelle ?).

Le biais du jugement humain ou de classe

Ceux qui décident, décident seuls. Or, la capacité à décider correctement, et les connaissances nécessaires pour cela, ne sont pas ce que cherche le processus de sélection de ces leaders (par exemple politiques). Surtout, la connaissance est bien trop disséminée pour qu’un homme seul puisse prendre autre chose que des décisions stupides.

Pire, la classe dirigeante étant devenue extrêmement homogène partage les mêmes visions erronées : il n’y a pas un dirigeant pour sauver l’autre.

Compléments :

  • Les Lumières disaient déjà que l’homme avait été mené en bateau par des coutumes et des croyances. L’usage de la raison, c’était la sortie de l’enfance. J’ai l’impression que l’on est retombé en enfance.
  • La décision morale et ses contradictions : PNUD, Le bon plaisir de la Royale Ségolène.
  • Sous entendre ce qui est bien et mal lorsque l’on fait une déclaration (par exemple « quel est le taux de croissance qui crée de l’emploi », sous entend que la croissance crée l’emploi) est une technique de manipulation appelée « framing » en anglais. MYERS, David G., Intuition: Its Powers and Perils, Yale University Press, 2004.
  • Exemple de manipulation de l’opinion par l’amnésie : Hadopi bis, France : coupures d’électricité ? Autre exemple : le tissu industriel italien, qui pourtant semblait si flexible et efficace, est victime de la crise, à qui la faute : à la crise, ou à certaines entreprises parties chercher à l’étranger leur sous-traitance ? Business cluster.
  • Sur notre guerre de retard, et la rémanence en France d’idées enterrées ailleurs : Crédit Agricole et Société Générale.
  • Notre crise (et les précédentes) illustre les dangers de l’imperfection de l’esprit humain incontrôlé, ou plutôt les dangers que les leviers du monde soient entre les mains d’une classe qui partage les mêmes idées, puisqu’alors ses erreurs deviennent incontrôlables : Crash de 29 : contrôle impossible, Il n’y a pas que les subprimes, Crise : la culpabilité des geeks.

Suicides, France Télécom, Le Monde, Werther

Un article du Monde interloque ses commentateurs. Le journal a demandé aux employés de France Télécom de parler de leurs conditions de travail. Deux types de témoignages : 1) conditions de travail abjectes, 2) l’entreprise est un paradis.

L’abjection des conditions de travail est relative

Ce ne sont pas les mêmes personnes qui parlent. D’un côté on a des employés, de l’autre, notamment, un cadre supérieur et des prestataires de service, qui aimeraient bien être fonctionnaires et salariés de FT.

J’enseigne (à temps partiel) à Dauphine. Mes collègues trouvent les conditions de travail effroyables, les élèves insupportables, l’administration soviétique, leurs collègues hostiles. Moi ? Je suis heureux dans ce monde, qui m’aime bien. Il m’est presque inconcevable que l’on puisse gagner sa vie aussi agréablement et en travaillant si peu. Exemple identique. Une parente qui est enseignante dans le secondaire (à mi-temps) et, depuis toujours, se lamente sur son sort, est surprise du bonheur d’un collègue, ancien ingénieur chimiste.

Ce qui explique l’opposition des témoignages, c’est qu’il y a d’une part des gens adaptés à la société libérale, qui ont compris qu’ils ne pouvaient compter que sur eux, et que la fin justifiait les moyens, et de l’autre des gens qui ne le sont pas.

M. Chérèque a vu juste : ce qui est en cause, c’est l’identité des employés de FT.

Le changement ne doit jamais porter sur l’homme

Le changement, s’il touche l’homme, peut le détruire. L’homme a énormément de mal à se transformer. Si le grand changement qu’est la crise de l’adolescence est terrible, plus nous vieillissons plus le changement est douloureux, car l’homme « s’automatise » : ses réflexes deviennent rapides et efficaces, mais peu malléables.

C’est pour cette raison que le changement ne doit jamais porter sur l’homme, mais sur les règles qui guident la société (les évolutions du code de la route ne nous demandent pas d’apprendre un nouveau type de conduite).

Le suicide est contagieux : l’effet Werther

Plus on parle des suicides chez France Télécom, plus ils se précipitent, deviennent spectaculaires (on se suicide à la sortie d’une réunion), et plus on en parle. Ce phénomène est l’effet Werther, du Werther de Goethe, qui a déclenché une épidémie de suicides. On a observé qu’un suicide frappant avait pour résultat :

  1. une augmentation significative des suicides, par imitation ;
  2. une augmentation significative « d’accidents », qui sont des suicides déguisés (par exemple parce que le suicide n’est pas culturellement acceptable par la personne).

Plus le suicide fait l’objet de publicité plus il est contagieux.

Le suicide est socialement rationnel

Je n’aimerais pas être le patron de FT, ou même son DRH. De plus en plus, leur nom est associé dans nos esprits à suicide, conditions de travail dégradantes… Commencent-ils à sentir le regard réprobateur de la société, de leurs camarades d’études ou de corps, qui les évitent… ? Vont-ils devenir des pestiférés ? Le suicide est un terrible moyen de pression sur la société, d’autant plus que les suicides de FT utilisent les médias comme « caisse de résonnance ».

Ce qu’il y a d’étrange c’est que des hommes puissent se donner la mort, en se coordonnant, par esprit de vengeance, pour faire respecter ce qu’ils croient la justice ; et que cette tactique est efficace ; et que ces sacrifices profitent à l’humanité. L’irrationalité de l’homme va jusqu’à se tuer pour faire le bien collectif.

Le nom du changement chez FT : individualisme

Bizarrement, c’est cette étrangeté qui permet de comprendre la nature du changement de FT, et de ses conséquences : en quelque sorte, il part du principe que tout ce qui précède est impossible.

FT est un exemple de la transformation libérale qu’a subie la société ces dernières décennies. Cette transformation fait l’hypothèse que l’homme ressemble à ce que la théorie économique néoclassique modélise : il est « rationnel », il optimise en permanence et de manière optimale son intérêt (surtout financier), ou « utilité ». Cet homme est un asocial.

Cet homme n’est pas loin d’exister dans les entreprises américaines, de plus en plus dans les multinationales occidentales, dans l’intérim, le service… C’est lui qui est sujet à l’aléa moral lors des crises, et qui prend alors ses jambes à son cou, créant ainsi la crise.

Ce qui se joue chez France Télécom, c’est une application sans ménagement de ce modèle. Ces suicides sont le baroud d’honneur de la solidarité sociale.

Compléments :

  • L’effet Werther est une découverte du psychologue David Phillips (voir le livre de Robert Cialdini : Influence : science and practice). Par ailleurs l’idée du suicide serait suscitée par l’exemple de quelqu’un à qui l’on peut s’identifier ; si bien que les vagues de suicides tendent à n’affecter que des gens qui, par certaines caractéristiques, se ressemblent.
  • De ce fait, Robert Cialdini dénonce les journaux et leur amour du sensationnel. Dans le cas FT, je m’interroge. Et si ces suicides étaient la manifestation d’un manque de communication dirigeants / employés ? (La déliquescence des syndicats est-elle en cause ?) Et si la violence du moyen était fonction de la difficulté de communication ?…
  • Ce que disent les psychologues de la capacité de l’homme au changement en fonction de son âge : L’homme est naturellement résistant au changement.

Loi forte des petits nombres

Les Républicains américains ont eu tort d’insulter le NHS anglais, dans le combat pour la réforme de la santé américaine, l’Angleterre prend fait et cause pour B.Obama. La BBC attaque (A case for healthcare reform?).

La perfide Albion a choisi une technique redoutable et éprouvée, celle qu’utilisent les Républicains pour démolir la réforme. Plutôt que de parler à la raison de la nation, comme le fait B.Obama, on met en scène des exemples frappants, qui émeuvent les populations. La BBC prend le cas d’une jolie jeune fille dont la vie est un calvaire faute d’une sécurité sociale digne d’un pays civilisé.

C’est la technique de la « législation au fait divers », que l’on reproche à N.Sarkozy d’employer. Aucune loi n’est parfaite, toutes ont des cas particuliers, des exceptions qui les confirment. La législation au fait divers utilise le cas particulier pour montrer à une opinion indignée l’inefficacité de la loi. Du coup, on la remplace par une loi déduite du cas particulier. La loi initiale étant une sorte d’optimum, il y a dégradation de la situation générale, d’où cascade de nouvelles lois. En légiférant à tour de bras, le gouvernement montre son efficacité. Surtout, il peut liquider au passage ce qui lui est désagréable (les juges d’instruction, les universitaires, etc.).

Compléments :

  • Si cette tactique marche à tous les coups c’est probablement du fait d’une « irrationalité » de l’homme : il déduit la règle générale de l’exemple. Sur le sujet : James G. MARCH, A Primer on Decision Making: How Decisions Happen, Free Press 1994.
  • Exemple récent du cercle vicieux : délit sexuel odieux aux USA, la police n’a rien vu, une réforme est vraisemblable. En regardant de plus près on découvre que l’état concerné considère un nombre énorme de personnes comme criminels sexuels potentiels et demande à sa police de les surveiller. Un sheriff responsable d’environ 350 criminels sexuels : « 349 de plus que j’ai d’agents pour contrôler ces gens » (A tragedy of errors). Autre exemple : USA : tous en tôle.
  • Législation au fait divers : Réforme pénale.

Science économique : bilan

Paul Krugman fait le point sur l’évolution de la pensée économique des dernières décennies, qui va de pair, et a encouragé, la bulle financière.

Les économistes auraient vécu une période d’euphorie mathématique. La beauté de l’équation a fait oublier le bon sens, et les enseignements de l’observation. On a distribué des prix Nobel à des personnes qui ignorent ce qui nous paraît évident. La crise vient de ces erreurs d’apprentis sorciers. (Le prix Nobel comme bonnet d’âne ?)

Un exemple : certains nobélisés expliquaient les crises comme une faillite de l’offre de travail, autrement dit le chômage et les récessions sont causées par la paresse du peuple ! (La crise comme vengeance divine ?) Cette idée était masquée sous des équations complexes.

Que conseille M.Krugman ? Dépoussiérer le keynésianisme. Quand les outils monétaires ne marchent plus (quand les taux d’intérêt atteignent 0), l’état doit relancer l’économie, il n’y a pas d’autre solution. Ce monde keynésien doit être dirigé par des modèles mathématiques débarrassés des erreurs passées, c’est-à-dire qui tiennent compte du comportement réel (« irrationnel » au sens économique du terme) de la population.

Toujours des modélisations et des mathématiques… l’économiste ne changera jamais !

Compléments :

Welcome

J’ai vu ce film parce que je n’avais rien d’autre à voir. Je craignais un discours bien pensant. Et j’avais tort. Non seulement le film est simple et bien fait. Pas prétentieux pour deux sous. Mais il n’y a pas de bons et de méchants. Chacun à une logique compréhensible et respectable.

Le plus intéressant, je crois, est le contraste entre le héros et son ex femme. Elle, c’est l’intellectuelle qui sympathise immédiatement avec la cause des immigrants. Lui est une sorte de Français moyen qui n’a pas d’idée sur la question, probablement du côté hostile. Peut-être est-ce là la raison de leur divorce : sa médiocrité ? Pour l’impressionner, elle, il héberge deux clandestins, une nuit. Il se prend de sympathie pour l’un d’eux, à tel point qu’il se met à vouloir l’aider. Cela devient une obsession, qui ne peut le lâcher, et qui fait peur à sa femme et à l’ami de celle-ci, qui le jugent déraisonnable.

Eux calculent (même si c’est pour le bien de l’humanité), lui pas. Est-ce là la différence entre l’intellectuel et celui qui ne l’est pas ? Ce que j’ai entraperçu dans les propos de R.Debay et de D.Bensaïd ? L’intellectuel compte, évalue, il n’a pas de conviction chevillée au corps, il rationalise autant qu’il raisonne, c’est un médiocre facilement manipulable ? Il fait la révolution parce qu’on lui a dit que c’est bien de la faire ? Quant au Français moyen, c’est son inconscient qui parle, il réagit plus lentement que l’intellectuel, mais quand il est en marche, rien ne peut l’arrêter, pas même la mort ? Il est poussé par des raisons bien plus puissantes et fondamentales que toutes les raisons que la raison peut inventer ?

S’il y a quelque chose de mal, c’est l’évolution de la loi, qui semble dire qu’il est un crime d’avoir le moindre contact avec les immigrants. Les descentes de police qui s’ensuivent, les délations que cela provoque et qui rappellent les plus belles heures de la collaboration. Un état qui fait de la solidarité, vertu sans laquelle il n’y a pas de société, un crime est sur une pente inquiétante. Il est bien plus inquiétant encore qu’il puisse ainsi modifier les lois sans que les mécanismes de la démocratie ne provoquent un débat préalable.

Compléments :

  • Je suis probablement proche de Rousseau dans mes points de vue sur l’intello et le primitif (Inégalités). Ils vont aussi dans le sens de la scène finale des Sentiers de la gloire, le film de Kubrick.
  • Cette discussion relève aussi de la distinction entre éthiques de valeurs et de responsabilité de Weber.

Les marchés sont prévisibles

Jusqu’ici la théorie économique voulait que les marchés soient parfaits. J’avais plutôt tendance à penser qu’ils étaient humains, c’est-à-dire qu’ils suivaient des règles. Un nouvel article semble m’approuver :

Pendant une période il y avait corrélation entre taux de change dollar / euro et taux d’intérêts nationaux respectifs, depuis quelques temps un nouveau paramètre est entré en jeu : la peur du risque.

Le marché, comme les organisations, subit des changements : il suit des règles, puis rien ne va plus, et de nouvelles règles apparaissent. Ses zones de prévisibilité ont une durée imprévisible, et ce qui émergera ensuite l’est probablement aussi. Ce n’est qu’avec le temps que l’on s’y retrouve à nouveau.

Compléments :

Leçon de manipulation pour les enfants

Je dépasse une mère et son fils. « Gregor dépêche toi. Si tu ne te dépêches pas maman va manger ta part de gâteau. » Gregor accélère le pas.

Voici la leçon de la journée pour le petit Gregor : on fait de nous des accro des sucreries pour nous rendre aisément manipulables.

Décidément, le règne de la raison qu’annonçaient Kant et quelques autres est bien loin de nous.