Corruption et capitalisme

La corruption indienne croit avec sa prospérité. (En Inde, une gigantesque affaire de corruption ébranle le gouvernement – LeMonde.fr)

Comme le constate régulièrement ce blog, elle désoriente The Economist. Elle a quelque chose d’indécent, venant d’une démocratie modèle. Il lui faut un coupable : la bureaucratie indienne.

Curieux. L’Anglo-saxon ne pense-t-il pas que c’est du mal que vient le bien, comme l’a dit Adam Smith ? Plus l’Indien a de vices, plus cela devrait profiter à l’humanité.

En fait, si le principe de fonctionnement de la société est que ce qui rend des services administratifs effectue des prélèvements sur l’économie, il n’y a rien d’étonnant à ce que cette ponction croisse avec le PIB. D’ailleurs, la logique du capitalisme n’est-elle pas celle de l’offre et de la demande ? N’est-il pas logique que le fonctionnaire en situation de monopole maximise son utilité ? 

Tactique électorale

Un jour, le parti gouvernemental parle de morale, le lendemain, reprenant un argument de la droite américaine, il juge que M.Hollande serait ridicule en patron des armées…

Pourquoi ne voit-il pas que ces arguments peuvent être retournés contre le président ?

Parce que sa tactique est de laisser flotter des idées afin de sélectionner celles qui séduisent le peuple ? Il n’en envisage pas les conséquences : perte de crédibilité du président ?

Embryon américain

L’embryon est il une personne ? L’avortement est-il un crime ? Les tribunaux américains semblent commencer à le dire. (A person already?)

Alors se posent des problèmes inattendus. Les embryons doivent-ils être comptés comme des personnes par les recensements ? Est-ce qu’une femme enceinte peut être condamnée pour maltraitance, si elle fume, ou se voir refuser une chimiothérapie si elle peut nuire au fœtus ?

Exemple des limites de la raison et de ce que les règles absolues conduisent à des contradictions ?
Compléments :

Réduire les dépenses de santé

Une compagnie d’assurance donne des « miles » aux personnes qui ont une vie saine. C’est apparemment une réussite, et une bonne affaire pour elle. (Getting on the treadmill)

Exemple d’une application de la théorie économique dite « comportementale ».

Signe des temps : c’était l’ennemie jurée de la rationalité de l’économie néoclassique, elle a maintenant le vent en poupe. 

Transaction à haute fréquence

Les transactions informatiques à haute fréquence attirent l’intérêt du régulateur.

On leur reproche d’être parfois utilisés pour manipuler les cours (par exemple en passant en masse des ordres, et en les annulant immédiatement), et peut-être d’augmenter leur volatilité, voire de créer des crashs artificiels. (High-Frequency Stock Trading Catches Regulators’ Eyes – NYTimes.com)

Signe des temps ?, l’argument selon lequel ce qui fluidifie les échanges fait le bien collectif ne semble plus suffisant pour tout excuser. 

L’intuition de Steve Jobs

Le succès de Steve Jobs est le fait de choix « irrationnels ». Par exemple, il avait une obsession de la beauté.

On ne peut pas imaginer plus parfait contraste avec l’optimisation financière permanente qui a actuellement le haut du pavé, et son obsession de la maximisation de la fortune de l’actionnaire.

Trop de rationalité tue ? Le génie a des raisons que la raison ne comprend pas ?

Compléments :

Nuisibilité du bonus

Des économistes analysent la nuisibilité du bonus, et, plus généralement, de la stimulation par l’argent.
Si une entreprise veut vivre heureuse, elle doit sélectionner des candidats que motivent son activité et sa culture. (Why performance-related pay should get the sack | vox)
Réinvention de Maslow ?
Ce qui est curieux est que ce type de recherches recommence à être publié. Et si c’était, simplement, parce que les tenants des thèses libérales de l’individu rationnel avaient été ébranlés par la crise ? Et si la science était plus affrontement d’idéologies que rationalité ? 

Qu’est-ce qu’un leader ?

Le vrai leader est à la fois un plombier et un poète. Un plombier parce que l’entreprise est faite d’une infinité de petits processus qui doivent être parfaitement huilés pour donner la meilleure efficacité. Un poète pour enchanter le monde et inspirer la créativité de ses collaborateurs. Ici, il n’y a que le résultat qui compte. Qu’ils donnent au poème le sens que lui attribuait l’auteur est secondaire.

Voici ce que dit James March. Et voilà un test que bien peu de nos dirigeants seraient capables de réussir ?

Compléments :

  • March, James G., Weill, Thierry, Le leadership dans les organisations, Les presses de l’Ecole des Mines de Paris, 2003.
  • Ce qui me semble retrouver les idées de BARNARD, Chester, The Functions of the Executive, Harvard University Press, 2005.