La BBC me fait redécouvrir un livre lu dans mon enfance, et oublié.
Ce que tout le monde sait, même moi, est que les pompiers y brûlent des livres.
Quand je l’ai lu j’ai dû penser, comme tout le monde, que les bons étaient du côté des livres. L’esprit critique, que je suis devenu, peut aussi dire qu’un écrivain ne peut rien écrire d’autre, et que c’est un peu malhonnête. Mais à la troisième écoute, il se révèle que la chose est plus subtile qu’il n’y paraît. Car on brûle les livres, parce qu’ils rendent les gens malheureux. (Ce qui n’a rien d’idiot. Les utopies intellectuelles nous ont coûté cher.) En échange on leur offre des distractions à la TF1. Curieusement, cela produit une société dépressive et violente. Elle finit par se détruire, pour renaître comme le phénix. Et retrouver un rien de sagesse. Répétition de l’histoire de Noé, mais, cette-fois, il s’agit de sauver des livres, pas des animaux.
Voilà un enseignement que l’on peut tirer de l’histoire. Il y a des moments où l’humanité est prise d’une crise d’irrationalité telle qu’elle ne peut se terminer qu’en destruction. Si elle n’est pas totale, elle sert de leçon aux survivants. Seulement, comme on le voit probablement actuellement, la leçon est bien vite oubliée.