Printemps érable et frais d'université

Le Printemps Érable parle du Québec et des mouvements étudiants récents. J’y ai vu, peut-être à tort, un parallèle fort avec le printemps arabe : des deux côtés un mouvement spontané de mécontentement qui profite à des partis, indépendantistes ou islamistes, qui ont quelque chose de fondamentaliste. Ce qui donne un assemblage un peu fragile, car la raison sociale de ces partis ne les prédispose pas à répondre aux problèmes qui sont à l’origine des mouvements.

Le billet pose aussi la question du coût des études supérieures. La montée des prix n’est-elle pas inéluctable ? Il y a effectivement ici un effet curieux que j’ai observé à l’université.
L’université française avait la particularité d’avoir des coûts faibles. Ses titulaires de chaire étaient extrêmement mal payés, et elle s’appuyait sur des quasi bénévoles venus de l’entreprise et tout un sous prolétariat d’assistants. Elle adopte maintenant les pratiques et salaires anglo-saxons. Est-ce un gain ? Je n’en suis pas sûr.

L’agrément du cours y gagnera probablement. Il sera mieux organisé et moins amateur qu’aujourd’hui. Mais son contenu ne changera pas. Un cours de mécanique classique sera toujours un cours de mécanique classique. La vidéo de promo ci-dessous, qui vient du MIT, illustre ce que je pense. 

Or, la conséquence de la montée des coûts ne peut qu’aller de pair avec celui des études. Aura-t-on demain des licences à 200.000$? Seuls les riches auront le droit d’être éduqués ?

D’ailleurs, l’explosion du prix de la formation universitaire est-il logique ? Pourquoi l’université ne fait-elle pas comme l’entreprise, c’est-à-dire ne baisse-t-elle pas ses coûts par gain de productivité ? Il n’y a pas besoin d’être un génie pour donner un cours de licence. D’autant que l’élève est supposé avoir une autonomie grandissante, et qu’il bénéficie de l’aide de plus en plus efficace de la technologie

Québec en grève

Depuis pas mal de temps les étudiants québécois protestent contre la hausse des frais scolaires (de 60% !).

The Economist s’en offusque. Pourquoi l’éducation serait-elle un droit ? Curieusement, pour une fois, il n’est pas choqué par une hausse d’impôts, et ne demande pas, à la place, une plus grande efficacité de l’État.
Curieux, aussi : victimes d’une université dont les coûts ont vertigineusement grimpé (et la qualité chuté), les étudiants américains se trouvent surchargés de dettes (10% en défaut de paiement) mais ne disent rien, alors que les Québécois, qui paient beaucoup moins, sont dans la rue. On ne se débarrasse jamais de ses atavismes, surtout lorsqu’ils sont français, dirait The Economist ?

Accorderie

La MACIF a importé de Quebec l’entraide. Des populations pauvres peuvent ainsi échanger heure pour heure leurs compétences respectives.
Ce qui me rappelle la récente crise russe. Les Russes, eux-aussi, ont eu recours au troc pour survivre.
Une telle situation, la pauvreté en France, était-elle seulement concevable dans les années 60 ? Le progrès dont nous étions si fiers n’a-t-il pas depuis longtemps arrêté sa marche ?
Compléments :