Voyeur

On s’interroge sur ce que veut dire la mécanique quantique. Est-elle bien sérieuse, avec ses histoires de mesures qui font s’effondrer des fonctions d’onde ?

J’en suis arrivé à une curieuse théorie. Le propre de l’homme est d’avoir une forme d’esprit qui l’a transformé en « observateur ». Cette fameuse « conscience » ? Ce qui signifie qu’il a organisé le monde qui l’entoure d’une certaine façon. Elle correspond à la description de la physique classique. La mécanique quantique est simplement une façon qu’a son esprit de recoller les morceaux, entre cette vision et ce qu’elle ne voit pas. Idem pour la relativité.

Monde quantique

La découverte de la mécanique quantique aurait produit une transformation du monde bien supérieure à la révolution industrielle. Car nous sommes quantiques : il n’y aurait pas de laser, d’électronique, donc de smartphone, d’ordinateur, d’Internet et de numérique, sans mécanique quantique.

Je n’en avais pas conscience.

D’ailleurs, c’est un paradoxe. Car la mécanique quantique nous reste toujours en travers de la gorge. L’émission qui m’a fait écrire ces phrases (la science cqfd, de France culture) faisait entendre Louis Leprince-Ringuet qui disait, d’ailleurs, que ses élèves polytechniciens avaient beaucoup de difficultés avec la mécanique quantique, alors qu’ils n’en avaient pas avec la relativité.

Autre paradoxe : les découvertes ont immédiatement conduit à des applications. Ce qui montre peut-être que nous sommes avant tout pragmatiques.

C’est Einstein qui semble personnifier le mieux le trouble que suscite le quantique. Planck a eu l’idée de proposer une modélisation quantique pour résoudre une énigme. Einstein a pensé qu’il y avait une réalité derrière cette modélisation. Ce qui lui a permis d’expliquer le phénomène photo-électrique. Du coup, il a montré la voie à la physique. (Ce qui ferait de lui le véritable père de la physique quantique. Avec, de surcroit, la découverte de la dualité corpuscule – onde.) Mais, au même moment, il s’est dit que ce qu’il avait trouvé était impossible, sans quoi le monde serait absurde.

Heisenberg

Heisenberg, ce n’est pas que le principe d’incertitude. C’est aussi le rôle de l’observateur dans la mesure.

Ce qui m’a fait avoir une bizarre idée. En rapprochant cette théorie de ce que Iain McGilchrist dit du rôle des deux hémisphères du cerveau, je me suis demandé si l’hémisphère droit qui, en quelque sorte, voit le monde et le temps dans une forme de chaos indistinct, n’est pas celui de la « réalité », et si l’hémisphère gauche, celui de l’ordre, n’est pas « l’observateur », qui perçoit le monde tel qu’il apparaît dans les équations de la physique classique, bien propre et bien rangé, avec ses atomes et ses étoiles. La physique quantique, mais aussi la relativité, tentent de faire recoller le monde de la physique classique, de l’hémisphère gauche, avec la réalité, en utilisant le langage du dit hémisphère.

Le propre de l’homme serait donc l’émergence de ce que l’on pourrait nommer la « conscience », qui en fait un « observateur », observateur qui modélise le monde d’une façon qui lui permet de l’utiliser ?

(Inspiré par In our time de la BBC.)

Quantique

Je n’ai pas eu l’occasion d’étudier la physique quantique durant mes études, je vais donc parler de ce que je ne connais pas.

Je l’ai découverte grâce à Richard Feynman.

En le lisant, j’ai eu une curieuse idée : et si elle n’était pas aussi mystérieuse qu’on le dit ? Et si elle était simplement ce qui manque à « notre » physique, pour représenter les phénomènes que nous rencontrons ?

En effet, si nous étions composés d’atomes, nos pieds traverseraient probablement le sol.

En outre, lorsque l’on observe les débuts de la physique quantique, on découvre qu’ils sont exclusivement empiriques. Planck constate avec d’autres qu’il ne parvient pas à expliquer le « rayonnement du corps noir ». Alors, il ajoute « ce qu’il faut » pour que ça marche, et il débouche sur le quantique, sans autre forme d’explication.

Idem pour l’atome de Bohr. Bohr, avec d’autres, constate que le modèle planétaire de l’atome n’est pas durable. Alors, il ajoute un « coup » de quantique, histoire de voir si ça ne pourrait pas arranger les choses. Et il trouve, effectivement, des résultats qui correspondent aux observations.

Qu’est-ce qui pourrait ne pas aller dans « notre physique ». Je hasarde une hypothèse…

Elle est basée sur la notion « d’individu ». De « choses » bien distinctes les unes des autres. Dans ce modèle, même les forces sont représentées par des particules. Or, la notion de « frontière » n’existe pas. Où commence et où finit un homme, par exemple ? Et qu’est-ce qu’un homme, d’ailleurs, puisqu’il n’arrête pas de se remplir et de se vider ?

La relativité d’Einstein, que je ne connais pas mieux, semble ne recourir qu’à une modélisation spatiale. Une solution ?

Après une physique du discontinu, une physique du continu ?