Réseau en difficulté

Publicité, TikTok casse les prix, disait, en substance, le Financial Times, hier. Ce qui ne fait pas les affaires des autres réseaux sociaux. Un problème de plus, pour eux.

Au temps de la bulle internet, je me souviens que la valeur de celui qui fréquentait (à titre gratuit) ce qui n’était pas encore réseau social était de l’ordre de 6000€. On estimait que l’entreprise concernée était un intermédiaire critique entre l’offre et la demande, avec une connaissance exceptionnelle des besoins du marché.

Cette prédiction n’a pas été vérifiée. Il ne reste aujourd’hui qu’un nombre infime de réseaux sociaux, et beaucoup font des pertes. Pire, il semblerait maintenant que leur situation se dégrade.

Que va-t-il leur arriver ? Y a-t-il quelqu’un pour faire une prévision ?

Mauvaise publicité

Si vous voulez enlever cette publicité, il va falloir payer. Voici ce qu’on lit chez YouTube et WordPress. L’utilisateur est devenu un otage, que l’on soumet à tous les désagréments pour qu’il crache au bassinet.

Que leur discours a changé ! Il y eut un temps où l’on disait que le contenu serait gratuit, et que la publicité permettrait de gagner beaucoup d’argent. D’ailleurs, c’est un très vieux rêve américain. Je me souviens d’un vieux film en noir et blanc, qui parlait des débuts du journalisme aux USA et qui utilisait les mêmes arguments.

Une fois de plus, ça n’a pas marché.

Mais ce n’est pas cela qui est le plus étonnant. Ce sont tous ces donneurs de leçons, souvent de grands cabinets de conseil internationaux, qui font ce genre d’affirmation, sans preuve. Et qui affirment l’envers le lendemain. Leur métier serait-il d’avoir raison ?

Le mot qui terrorise

Certains mots terrorisent. « Changement » fait trembler. « OGM » ? Grand peur. Et, maintenant, l’apocalypse : « intelligence artificielle ».

C’est l’évolution de la publicité. Un temps, on en parlait avec amusement. Gentiment, elle prétendait nous laver la tête. Aujourd’hui, elle paraît être devenu le seul moyen d’action de l’entreprise : inutile d’innover lorsque l’on peut faire croire que l’on innove. Et elle n’a plus de contre-poids: la science est privée. Mais, paradoxalement, sa puissance illimitée suscite une réaction épidermique, d’effroi.

(On pourrait se demander s’il n’en est pas de même pour d’autres aspects de notre vie : « immigration », « LGBT », « repentance »…)

Intelligence artificielle et progrès

Un peu contre mon gré, je me trouve au coeur du monde de l’Intelligence Artificielle. Petit à petit, je rassemble les éléments d’une enquête. Voici quelques, très surprenants pour moi, résultats provisoires.

  • L’IA serait vue comme une obligation ! Il faut y passer pensent les dirigeants. Mais, ils marchent à reculons. Ils attendent le dernier moment pour cela. « Cela les stresse » me dit-on. 
  • Il y a beaucoup de tests. Mais, seule une petite minorité d’entreprises a appliqué des solutions d’Intelligence artificielle à des problèmes critiques (mon échantillon n’est pas significatif). Elle est déçue. Les résultats obtenus n’ont pas été exploitables, semble-t-il. (Raisons à creuser.)
  • Par ailleurs les dirigeants ont des préoccupations. Elles sont « classiques » (exemple : perte d’avantage concurrentiel, ou de performance). Il y a, presque toujours ?, un type d’IA qui pourrait les aider. Mais ils ne pensent pas à l’IA pour ces cas. 

Cela m’a fait voir d’une autre façon des études que j’ai menées il y a longtemps. Notamment une qui concernait les nouvelles technologies des années 96 / 97 (Internet et téléphonie mobile). Ce qui motivait les early adopters était la peur.

Cela mériterait un travail scientifique. Mais il semble que l’IA soit un exemple de fumée sans feu. La puissance du marketing et peut-être les dérives de notre imagination nous ont convaincus que l’Intelligence artificielle avait une puissance dévastatrice. Cependant il semble nous avoir transmis une image fausse de l’IA. L’IA ferait des miracles. En conséquence, les problèmes de l’entreprise sont trop modestes pour elle !

(Et nos dirigeants ? Plutôt éviter le retard que chercher l’avance ?)

Publicité intelligente

Il y a quelques semaines je cherchais une image de meuble anglais. Depuis je suis poursuivi par des publicités pour une marque de meubles anglais. Et cela, partout de Facebook (et il y a des tas d’endroits où Facebook affiche de la publicité) jusqu’au moindre site que je consulte. 
J’admire le talent des commerciaux qui sont parvenus à vendre une technologie qui ne marche pas, à des dirigeants qui se disent gestionnaires !

Intelligence artificielle = coup de pub ?

L’ordinateur bat le champion de go. Campagne de publicité pour vendre du logiciel, m’a-t-on dit. Si je peux liquider un champion, remplacer un ouvrier, ou un cadre, c’est l’enfance de l’art. Et ça marche : IBM, m’a-t-on encore dit, aurait convaincu un dirigeant de remplacer ses plates-formes d’appel par un logiciel d’intelligence artificielle. On m’a aussi parlé des USA. On y fait des paris technologiques. On n’a pas peur de transformer radicalement une vache à lait centenaire. Sans comprendre qu’une technologie en vente libre ne donne aucun avantage concurrentiel. 
Ou peut-être ne peut-on pas le comprendre ? Le modèle du dirigeant moderne est Platon. Comme lui il a accès au monde des Idées. Ce n’est pas un meneur d’hommes. Et la dernière de celles-ci est l’Intelligence artificielle. La pub est la voix de Dieu ?

(Par ailleurs IBM va mal. Pour se sauver, il parie sur l’intelligence artificielle : The Economist.)

Qu'est-ce que La Marque

Il y a peu je lisais un article qui parlait de « La Marque ». C’est un terme que j’ai découvert à une époque où je travaillais avec des agences de communication. On ne le prononçait qu’avec stupeur et tremblement. « La Marque », d’ailleurs, semblait avoir une vie, une opinion. On lui rendait un culte. 
C’est probablement un sujet pour anthropologue. Le monde de la publicité semble s’être coupé du reste de la société. Par exemple, il se décerne des prix, sans se préoccuper de l’opinion du public ou du marché. (Je me souviens d’une publicité pour un assureur, je crois, qui avait reçu de grandes distinctions alors que le téléspectateur n’était pas capable de dire à qui elle était associée.) Et il a ses divinités, La Marque. Serait-ce pour cela qu’il est menacé « d’ubérisation » ? 

Vous voulez vendre cher ? racontez des histoires

Avec l’aide d’un ami il commença a acheter des objets de peu, ou pas, de valeur, au hasard (…) le prix de ces objets allait d’un à quatre dollars (…) ensuite Walker demanda à des écrivains inconnus d’écrire une nouvelle contenant l’objet. Les histoires ne portaient pas sur l’objet, en tant que tel, mais elles l’aidaient à le placer dans un contexte humain, à lui donner une nouvelle signification. Quand Walker mit en vente les objets, et leurs histoires sur eBay (…) leur valeur augmenta en moyenne de 2.700%. (L’histoire complète.)

Enseignement ? Ce qui fait une grande partie de la valeur d’un objet, c’est l’histoire qui va avec. Et s’il y avait là un moyen de sauver la profession de publicitaire, menacée par Internet ? Demander conseil à Jeanne Bordeau ?

Derniers changements de l'économie

L’économie en changement
Les grandes compagnies pétrolières vont devenir de moyens producteurs de gaz. Pour diverses raisons. Notamment parce que les nations ont décidé d’exploiter elles-mêmes leurs réserves, et que les « grandes compagnies ont jugé sage de sous-traiter le forage et d’autres aspects de la production » à des entreprises qui ont apporté leur savoir-faire aux dites compagnies nationales. George Mitchell est l’entrepreneur qui a le plus fait pour le gaz de schiste. Il semble avoir eu une détermination increvable : c’est à près de 80 ans qu’il a trouvé l’idée qui a fini par rendre le processus d’extraction rentable. C’était aussi un défenseur de la nature. Et un homme de contradictions.
Fusion Publicis Omnicom. Publicité bouleversée par Internet. Plus besoin d’intermédiaires, annonceurs et médias traitent en direct. Les agences elles mêmes construiraient des plates-formes d’achat d’espace. Et se regrouperaient pour ce faire. Leur avenir semble sombre. « Fintech ». Les start up s’attaquent au métier des banques. En Europe, les banques « continuent à réparer leur bilan ». Ce qui les rend fort peu rentables. En outre, la BCE va les inspecter. Mais que faire si elle trouve qu’elles ont besoin de capitalisation, sachant que beaucoup d’Etats sont trop endettés pour les aider, et que l’Allemagne a bloqué toute possibilité d’aide mutualisée ?
Siemens semble avoir des difficultés à gérer une multitude d’activités. Par ailleurs, le modèle allemand de coopération syndicats – employeurs serait sur le déclin. Il aurait fait les frais des réformes Schröder.
Curieux calcul de PIB. Il dépend des hypothèses choisies. En tout cas, il semblerait que l’on cherche à évaluer la production non marchande (production et consommation de la famille), qui pourrait l’être. Où va-t-on s’arrêter ?
Le monde en changement
Prochaine coalition gouvernementale allemande ? Toujours aussi incertaine. Mais Mme Merkel est prête à toutes les cohabitations. En Egypte, l’armée serait tentée de prendre le pouvoir. Mais elle contrôle une grande partie de l’économie. Comment faire le bien collectif sans nuire à ses intérêts ? En Iran, le nouveau président tiendrait ses engagements de réforme. Comment va-t-il résoudre la crise économique causée par les sanctions internationales ? Au Mali, les élections se sont à peu près bien passées. Reste à régler la question de l’indépendantisme touarègue. Aux USA, on se demande si, après tout, la collecte de données privées dénoncée par M.Snowden n’est pas illégale. Un des étudiants de MIT a piraté un système informatique. Contrairement à sa devise, le MIT l’a laissé condamner. Et il s’est suicidé. Le grand bond en avant chinois serait mû par le désir de « venger l’histoire honteuse du pays ». Que va-t-il arriver quand la Chine sera puissante ? Vengeance ou repos du guerrier ?
Science ?
On essaie de construire des ordinateurs sur le modèle du cerveau. 3 avantages : ça consomme peu, c’est robuste, et ça se programme tout seul. 

USA, argent et élections

Les grandes fortunes américaines ont trouvé le moyen de contourner les lois locales, pour donner des millions de dollars à leurs favoris. Ceux-ci emploient cet argent en publicités qui dénigrent leurs concurrents. Le plus curieux est que cette publicité destructrice est efficace. (The hands that prod, the wallets that feed)

La nature humaine est-elle aussi facilement manipulable ? Faut-il penser, comme les philosophes des Lumières et notre troisième République, que cela n’arriverait pas si la raison du peuple était correctement éduquée ?