De l’inconscient

Un livre cité par ce blog dit que Freud n’est pas sérieux. Rien de ce qu’il affirme ne peut être testé.

Est-ce sûr ? Ce que l’on en a retenu est surtout que parler fait du bien. Et cela a été testé.

Freud semble dire que nous plaçons dans notre inconscient ce que nous ne voulons pas regarder en face. Je me demande si notre mécanisme d’appréhension du monde n’est pas double. Il y a, d’une part, la raison, de l’autre « autre chose », que l’on nomme l’inconscient. Ma théorie est que les deux « captent » plus ou moins en même temps. Ou même que l’inconscient est le premier à « capter » : c’est le réflexe, ou l’évaluation « inconsciente » de la distance entre deux voitures. La raison est extraordinairement limitée. Du coup, elle fait beaucoup d’impasses. Ce n’est pas qu’elle ne veut pas le danger, elle ne le voit pas. Elle est bête. Mais il est vécu par l’inconscient, qui le stocke. Ce qui fait qu’il revient nous hanter, comme le font les cauchemars de concours, dont parlait un précédent article.

Pour éliminer ces sources de stress, il semble qu’il faille qu’ils passent par la raison. En parler pourrait donc avoir deux fonctions. D’une part transformer en mots quelque-chose « d’impalpable ». Ce qui est un exercice complexe, parce que c’est probablement un travail d’invention, pas de catégorisation. Les mots se créent avec ce qu’ils expriment. Ensuite permettre à la raison, une fois qu’elle est parvenue à poser le problèmes en des termes qu’elle comprend, à régler la question.

Psycho

Psycho, le film d’Hitchcock, vient d’un livre d’un certain Robert Bloch. La BBC en a fait un feuilleton radio.

L’intérêt de ne pas avoir de mémoire est que la vie est un éternel émerveillement.

L’histoire est celle d’un dédoublement de personnalité. Hitchock a été assez fidèle à l’original, si j’en crois wikipedia. Seulement, il a changé le dédoublé, de petit et gros, en grand et mince…

Dans les années 50, Hollywood a été transformé par la psychanalyse, même le Macbeth de Lawrence Olivier en a pris un coup. Une quantité de livres et de films en résultent.

Tout cela était-il très sérieux ? Licence poétique ? Ou l’homme a-t-il besoin de croire au père Noël ?

Oublions le passé ?

Et si la vie était faite de big bangs ? 

Il y a pas mal de théories qui le disent. Celle de Bergson, par exemple. Mais aussi celle de B.Cyrulnik. 

Je me demande si une expérience de Martin Seligman n’en donne pas une métaphore. Un chien est soumis à des décharges électriques aléatoires. Il s’agite dans tous les sens, et il touche un levier qui coupe le courant. Et s’il en était de même de notre vie ? Nous pensons qu’elle est guidée par la raison, et si ce n’état qu’une illusion ? Et si, en croyant aller tout droit, nous marchions, par hasard sur un levier qui nous propulse dans une autre vie ? 

En tous cas, si c’était vrai, cela changerait beaucoup de choses. En effet, après le big bang, le passé ne compte plus. Autrement dit, se lamenter sur ses malheurs, comme nous pousse à le faire le psychanalyste, est une prédiction auto réalisatrice. Cela maintient le statu quo. Et empêche de s’agiter, et de trouver le levier du changement. 

Qu'est-ce que la thérapie ?

J’ai tiré de ce que j’ai lu et de mon expérience que la « thérapie » du psychiatre est simplement une question de parole. 

Parler ou faire parler quelqu’un conduit à la formulation de « problèmes » au sens mathématique du terme. Et une fois que l’on a un problème bien exprimé, il existe beaucoup de techniques pour le résoudre. 

Je crois qu’il y a un mécanisme purement humain qui fait que notre façon, humaine, de traiter nos soucis consiste à les faire passer de l’inconscient au conscient, puis, ensuite, de faire appel au groupe, ou, du moins, aux connaissances acquises par le groupe, pour traiter la question. (Connaissances que l’on trouve, par exemple, dans les livres.)

Bien sûr la transformation de l’inconscient au conscient est longue et difficile, mystérieuse. Sans fin ? 

Je dis l’envers de Freud, lorsqu’il parle du refoulement. Tout commence par le passage de l’inconscient au conscient. Une fois là, on « refoule » probablement parce que l’on ne sait pas résoudre le problème.  

Sex and repression

Malinowski, un des pères de l’ethnologie moderne, s’attaque à la psychanalyse.

Il a vécu, lors de ses missions d’étude, dans une société qui croit que le père d’un enfant est un oncle maternel. Ici, ce que Freud a observé s’applique au père culturel, non au père génétique.

Les maladies qu’analyse la psychanalyse seraient-elles le résultat du conflit entre l’instinct de l’individu et les règles de la société, sa culture ?

En tout cas, la psychanalyse ne sera pas une science tant qu’elle refusera de se pencher sur les travaux d’autres disciplines scientifiques.

Un livre agréable qui parle de vie et de souvenirs, plus que de froide théorie.

Crises syriennes et grecques : actes manqués ?

L’acte manqué est un désir inconscient dit la psychanalyse. Les nations n’ont-elles pas aussi leurs actes manqués ? La crise syrienne, par exemple, ne sert-elle pas beaucoup d’intérêts ?

Et la crise grecque ? Et s’il y avait une utilité à ce que la souffrance du Grec soit interminable et démonstrative, à ce que la Grèce mette des décennies à se redresser ? Cela ne fournira-t-il pas aux peuples européens un exemple édifiant susceptible de les éloigner du vice ? Mais, aussi, le doute que cela fait planer sur la santé de l’Europe et la faiblesse de l’euro qui en est la conséquence ne servent-ils pas les intérêts des exportateurs allemands ?

Actes machiavéliques ? Ou nos démocraties n’ont bon cœur que lorsque l’intérêt d’un de leurs composants dominants est affecté ?

A dangerous method

Film de David Cronenberg, 2011.

Époque où les très fortunés étaient cultivés, polyglottes et névrosés. Et où l’on créait des théories par rationalisation de son cas particulier.

Introduction à l’œuvre de Jung, Freud et Gross.

Esprit de contradiction ? Je n’aimais pas les premiers films de Cronenberg, mais je trouve qu’ils avaient quelque chose d’original – une sorte d’étrangeté malsaine – qui a disparu. Ses dernières productions semblent avoir perdu le souffle initial. Elles ont peut-être gagné un grand public ?

Grandes écoles contre nature ?

Situation apparemment difficile à vivre : enfant incapable de suivre les traces d’un père polytechnicien, qui, pour des raisons de carrière, n’est jamais présent.

J’en suis venu à me demander si cette situation ne reflétait pas un dysfonctionnement de notre société. Et si l’on donnait comme modèle à un enfant normal, un père qui ne l’est pas ?

Après tout, ne mettons-nous pas à la tête de la société des êtres privés de lien social durant les années formatrices de leur vie ? Ne nous sommes nous pas donnés une élite d’autistes ?

Mon sujet d’intérêt n’en est-il pas une preuve ? Je me casse la tête à expliquer, par des théories scientifiques compliquées, le changement, qui est le propre de l’homme !

Suis-je une manifestation d’une pathologie sociale comme la psychanalyse a été le signe de la répression sexuelle du 19ème siècle ? La cause en serait-elle une raison délirante qui nous fait apparaître comme désirable ce qui est contre nature ? (La répression sexuelle, ou le gouvernement par autistes.)

L’invention de la psychanalyse

J’écoute d’une oreille distraite Michel Onfray parler d’Otto Gross, un psychanalyste. Il semblait, comme Nietzsche d’ailleurs, fort dérangé.

Et si la psychanalyse était née pour guérir les maux que la société de l’époque s’était infligée ?  
Et si le savant était simplement une personne particulièrement affligée des vices sociaux – dans cette profession être détraqué est un avantage concurrentiel – et qui a la capacité de rationaliser son expérience ?
Pour faire avancer la science, il suffit de modifier l’état de la société ?
Compléments :

Faute de psychanalystes, des médicaments

Discussion avec une spécialiste des questions de santé au travail. Je retiens :
  • La France n’ayant pas d’habitude de la psychiatrie, les personnes qui souffrent de problèmes psychologiques consultent leur médecin, qui leur donne des médicaments. Ça ne guérit pas et ça coûte très cher. Serait-ce à cause de cela que nous sommes des champions mondiaux de l’antidépresseur ?
  • Le coût de la santé de leurs employés serait en croissance rapide (15% pour certaines dépenses ?) pour les entreprises et leurs assureurs. Ils auraient décidé d’agir en cherchant à améliorer les conditions de travail des employés.
Compléments :
  • Maslow disait que l’amitié était la psychanalyse de l’homme bien portant. Notre société serait-elle par trop individualiste ?