Ethnologie du journalisme

Je suis réveillé par le journal de France Musique. Le présentateur se réjouit de l’augmentation du chômage : N.Sarkozy n’a pas tenu ses promesses.

Un ami me disait il y a peu qu’il trouvait les nouvelles déprimantes. Pas étonnant : les journalistes veulent nous démontrer l’incompétence de ceux qui nous gouvernent. Ce serait bien s’ils pensaient à nous expliquer pourquoi leurs élus vont faire notre bonheur. Mais non. Au mieux ce qu’ils nous en disent annonce l’avènement d’une morale sévère et de la contrition : nous paierons pour nos crimes.

Je ne suis pas honnête : j’écoute la radio publique, affiliée au PS, pas représentative de tous les journalismes. Mais la radio privée est-elle différente ? Les journalistes pensent que le capitalisme c’est l’homme loup pour l’homme. Ceux restés à gauche se battent contre son avènement ; ceux qui ont retourné leur veste se comportent selon les règles qu’ils prêtent à leur maître.

Compléments :

Repentance

J’écoute distraitement RFI. Une journaliste reproche à la France de ne pas s’être repentie de ses actes en Afrique. Elle répète « repentance », « repentance »… et en contre-point on entend la voix de N.Sarkozy dire (en substance) : « pourquoi se repentir de son histoire » ?

C’est curieux que cette journaliste emploie un vocabulaire religieux et ne fasse pas appel à notre raison. Pourquoi ne répond-elle pas à N.Sarkozy ? S’il y a eu pêché, la « repentance » est elle suffisante pour l’effacer ? Ou y a-t-il risque de tartufferie ? D’ailleurs puisque nous sommes concernés par l’affaire pourquoi ne pas lui consacrer un grand débat public, qui nous permettrait de comprendre la nature de notre culpabilité, et les décisions qui doivent en résulter ?…

Ségolène Royal avait aussi fait acte de repentance, au nom de la France, je ne sais plus pourquoi. La « repentance » serait-elle une valeur socialiste ?

Mais comment expliquer cette intimité entre Christianisme et Socialisme ? Simple coïncidence ?

À creuser.

Ali Soumaré

Des candidats UMP aux régionales affirment qu’un candidat du PS a subi de multiples condamnations. Ils auraient eu accès à des informations secrètes (en partie erronées). En outre, ils violeraient les principes du droit français. Les fondements de notre démocratie. Le PS peut pavoiser. Mais, voici ce que l’on apprend :

Concernant une infraction pour conduite sans permis relevée par M.Delattre, « aucune ordonnance n’a été signifiée à M. Soumaré. Le dossier est en cours », a-t-elle ajouté. Enfin, M.Soumaré ayant fait appel des deux mois de prison ferme auquel il a été condamné en 2009 pour rébellion à agent de la force publique, « il est donc présumé innocent. C’est un principe de notre droit », a rappelé Mme de Givry.

Reste une accusation de « violence » contre deux femmes en 2008. M. Soumaré nie en être l’auteur. Le candidat PS reconnaît, en revanche, un vol en 1999 pour lequel il a écopé de six mois de prison ferme. Selon son avocat, Jean-Pierre Mignard, « comme le prévoit la loi, cinq ans après l’exécution d’une peine, M.Soumaré a été réhabilité. Il est donc interdit d’en faire état ».

Le PS se met-il à la place de la personne non avertie qui reçoit cette information ? Que va-t-elle penser de la combinaison d’un nom étranger avec autant d’accusations, récentes en plus, même si elles sont couvertes par la présomption d’innocence ?

Que le PS ait choisit un candidat aussi facilement attaquable montre à quel point les calculs politiques sont loin de lui, et à quel point il tient à ses principes. C’est courageux.

Mais, nos partis de gouvernement (aveuglés par les coups qu’ils se portent ?) se rendent-ils compte du spectacle qu’ils nous offrent ?

Logique de la gauche

Un tortueux enchaînement de pensées m’a amené à me demander si la gauche n’est pas une machine à nous imposer de beaux principes théoriques. Mais y a-t-il une logique derrière ces principes ?

L’insistance sur le droit des immigrés signifie probablement que la gauche pourrait en avoir contre la notion de citoyen, donc de nation. « Droits de l’homme » signifiant l’impossibilité de tout édifice social ? Idéal d’Hegel et de Marx d’une fin de l’histoire où tous les hommes seraient frères ? Mais pourquoi alors cette insistance sur la culture, concept social par excellence ? La gauche penserait-elle qu’il y a une culture unique, qui serait celle de la société finale ?

À creuser

Compléments :

Silence du PS

Élections régionales. Campagne silencieuse. En particulier pour le PS.

Depuis des mois je me demande pourquoi le PS a pour seule stratégie d’attendre la chute du gouvernement. Serait-ce sa stratégie ? La France en mutation dit que les partis politiques veulent nous dissimuler leurs projets parce qu’ils pensent que nous ne pouvons pas comprendre le bien qu’ils vont nous faire. Selon cette hypothèse le débat politique ne pourrait donc pas porter sur leur programme réel, dont nous ne voulons pas.

Elle expliquerait quelque chose que je n’ai toujours pas compris : pourquoi le PS a-t-il refusé de participer au débat sur l’identité française, en disant que c’était un piège ? Intuitivement, il me semble que tout débat est bon, et que même si ses intentions sont malfaisantes il donne la possibilité de faire entendre des opinions utiles. Or, si effectivement les idées du PS ne peuvent être entendues, tout devient clair : le débat était un piège.

Le problème que ceci pose n’est peut être pas tant que nous sommes représentés par des gens qui ne pensent pas partager nos valeurs ou que les idées de nos gouvernements ont fait la preuve de leur inefficacité, que le fait que tout ceci est la négation de la démocratie.

Qu’est-ce qui pousse le PS ?

France et immigration m’a fait découvrir que pour la gauche la lutte contre la discrimination vis-à-vis des immigrants était une cause quasiment religieuse.

J’en suis même arrivé à me demander si elle n’inventerait pas cette discrimination si elle n’existait pas. J’ai été particulièrement surpris de la sorte de Blitzkrieg menée par Martine Aubry, convaincant l’Europe de voter une loi sur la discrimination, qu’elle a cherché ensuite à nous imposer. Pour ne pas nous avoir consultés, elle devait être particulièrement sûre de son fait.

Ce soir j’entendais le fondateur de L’Harmattan, qui parlait de son engagement, lui aussi quasi religieux, dans la décolonisation. Et l’idée suivante m’est venue : est-ce que ce qui pousse l’intellectuel socialiste n’est pas une vision du « bien », des valeurs à faire entrer dans la société quel qu’en soit le coût pour les peuples du monde ?

N’est-ce pas pour cela que la décolonisation a joué un rôle aussi fondamental dans l’imaginaire de gauche : les anciennes colonies étaient des terrains d’expérimentation de son idéologie ?

Mais alors n’y a-t-il pas contradiction entre un PS qui se voit comme devant nous apporter la lumière, et le rôle d’un parti de gouvernement qui doit représenter la volonté du peuple ? À moins que l’intellectuel socialiste ne pense que cette volonté ne s’exprime qu’un instant : quand nous lui donnons notre vote ?

Compléments :

Liem Hoang Ngoc

France culture. Découverte d’un inconnu dirigeant socialiste. Le journaliste insiste lourdement : c’est un économiste, attention parole divine ? En tout cas, il semble boxer dans la même catégorie oratoire que Nora Berra.

Tentative de démonstration que les 35h ont été un succès économique sans précédent, en évoquant d’hypothétiques gains, et en oubliant les coûts de la mesure ? Que maintenant on travaille 39h mais on est payé 35 ? Je n’ai rien compris.

En tout cas, je me demande si le PS ne cherche pas à tester si l’opinion ne réagirait pas favorablement à l’idée suivante : et si les 35h n’avaient pas été un désastre dont le PS devait avoir honte ? Et si le « progrès », c’était de travailler moins ?

De l’importance d’être Sarkozy

À tort ou à raison, j’ai l’impression que B.Obama pense l’opposition républicaine trop stupide pour s’accorder avec elle. Et, c’est vrai que l’argumentation de celle-ci est affligeante, haïssable. Mais est-ce sa faute ?

Je me demande, si, comme tout parti d’opposition, les Républicains ne cherchent pas, par essai / erreur, ce qui peut déséquilibrer le gouvernement. Ce qu’il tente d’abord est le plus classique, souvent le plus bas (la moralité du président, les peurs les plus grossières de la population, les valeurs fondamentales de l’opposition). En France, le PS n’a pas trouvé la faille de la majorité, ses succès ne sont que de courte durée. Aux USA, les tactiques simplistes ont tout de suite marché. Les Républicains s’y sont donc tenus.

L’échec de sa politique palestinienne me conforte dans cette idée. Le plan de B.Obama a été immédiatement mis KO par Israël. Je ne suis pas sûr que les Israéliens s’attendaient à un succès aussi facile.

Tout cela me fait croire que B.Obama a un colossal point faible : il n’est pas N.Sarkozy, une « bête politique ».

Stratégie du PS

Un haut dignitaire du PS entendu à la radio ce matin déclarait que les Français sont las de leur hyperprésident. S’ils ne le veulent pas, en plus, dans leur région, qu’ils votent PS.

Imaginons que ce dignitaire ait raison et que la France soit irritée par son président, ne serait-il pas plus malin que le dit président gagne toutes les régions françaises, afin qu’il se rende tellement insupportable à la population que celle-ci ne veuille plus de lui ?

Compléments :

Pierre Moscovici

M.Moscovici a écrit un livre, il en parlait ce matin à France Culture.

N.Sarkozy n’est pas invincible. La France ne l’aime pas. D’ailleurs N.Sarkozy est un mauvais (népotisme, etc.). Le PS peut donc gagner.

Pour que le PS retrouve goût à la vie, il faut que son ennemi soit à terre ? C’est beau de croire ainsi en la force de ses idées !

D’ailleurs, pourquoi M.Moscovici, qui est pourtant doté d’un intellect supérieur (c’est un énarque), ne poursuit-il pas son raisonnement et ne se demande-t-il pas ce qui fait que le PS est, dans l’opinion des électeurs, à des années lumières derrière un président qui a autant de vices et qu’elle aime si peu ?

Compléments :