Causes structurelles du déficit français

Un précédent billet disait que les fonds destinés aux SDF ne leur parviennent pas. Dysfonctionnements. Et si la cause de nos déficits était là : une formidable désorganisation ?
Je me suis alors souvenu d’une phrase de Marc Bloch sur la France féodale : « les abus de force des maîtres n’avaient plus guère d’autre contrepoids  (…) que la merveilleuse capacité à l’inertie de la masse rurale et le désordre de leur propre administration ». (BLOCH, Marc, La société féodale, Albin Michel, 1989.) Nos dysfonctionnements nous protègent, depuis le Moyen-âge, des coups de folie totalitaires de nos dirigeants.

France éternelle

Nous sommes dans un pays qui croit aux belles et nobles idées extraordinairement simplistes. Il n’a aucun sens des réalités. Par exemple, il y a peu, un ministre voulait supprimer le plus vieux métier du monde par décret. Et quel est le programme du PS, si l’on écoute son premier secrétaire ?

la limitation du cumul des mandats (la salle est en délire), le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales (longue ovation), le mariage et l’adoption à tous les couples (tonnerre d’applaudissements).

C’est certain qu’avec cela c’est la fin de la crise, et un monde durable.
Quand le dysfonctionnement ne joue plus, c’est la catastrophe. C’est France Télécom et ses 70md de dettes. C’est aussi Sciences Po, plus modestement.
Si les pays du nord sont plus efficaces que nous, c’est parce qu’ils sont démocratiques. Leurs dirigeants doivent défendre, et mettre au point, leurs décisions plus sérieusement que chez nous. L’inefficacité de la France est liée à sa croyance au dirigeant de droit divin.  

Réquisition de logements vides

Hébergement de SDF. J’entendais une ministre annoncer la réquisition des logements vides. Je m’interroge.

Ne s’en prend-elle pas au droit de propriété ? N’est-ce pas un droit de l’homme ? Un socialiste n’est-il pas supposé défendre les droits de l’homme ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’un logement vide ? Ne devrait-on pas compter comme vide les grandes habitations occupées par peu de monde ? à propos, jadis les églises accueillaient les pauvres, pourquoi n’est-ce plus le cas ? Pourquoi, plus généralement, les bâtiments publics, qui sont vastes et qui ne servent que quelques heures par jour ne sont-ils pas réquisitionnés ? Ce qui m’a rappelé un article de The Economist qui expliquait que Londres offrait un toit à ses SDF : pourquoi, diable, le socialiste Paris n’y parvient-il pas ?

Inefficacité grossière, dit Julien Damon, si je le comprends bien. Les fonds consacrés à l’hébergement des SDF croissent. L’Etat, les associations, les villes… les gaspillent par la désorganisation de leur action.
Avec les compliments de la Mairie de Paris

La puissance publique ne devrait-elle pas nous protéger, plutôt que de nous accuser de ses impérities ?

PS. wikipediasur le droit de propriété :

Les droits de propriété sont protégés par la loi, la constitution ou une déclaration des droits. Le cinquième et le quatorzième amendement de la Constitution des États-Unis, par exemple, protègent explicitement la propriété privée. On retrouve également cette protection dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, article 17, dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, article XVII, et dans la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), protocole n°1.

Gallois au tapis

Apparemment, le rapport Gallois serait enterré. Au motif que le gouvernement ayant déjà asséché la France, il n’aurait plus les moyens de relancer son économie.
Reculer, pour mieux reculer ? Mettrait-il un point d’honneur à construire une réputation de lâcheté ?

Apparemment, cela viendrait de divisions au sein du PS, qui paralyseraient l’exécutif. A l’époque où je faisais des études de créativité, j’avais découvert que la différence était source d’innovation. Peut-être serait-il temps que notre président le comprenne aussi, et apprenne à en tirer parti ?

Faut-il taxer l’art ?

Hier, j’entendais France Culture se réjouir que notre premier ministre falot ait enfin montré sa poigne. Il a refusé de taxer les œuvres d’art.

Bon sujet pour prouver sa virilité ? Peut-être. Ce soir, La dispute, autre émission de France Culture s’en prenait à l’ISF, qui allait faire partir l’art de France, ruiner les collectionneurs et les galeries.
Défenseur du Grand capital?
Curieux, on n’entend aucune voix pour défendre ceux qui auraient pu profiter de ces impôts. La France serait elle dirigée par quelques directeurs de musées et autres esthètes désargentés ? Auraient-ils noué une alliance qui ne dit pas son nom avec les puissances de l’argent ? La gauche aimerait-elle le riche, quand il la paie ? Salaud de pauvre et culture, opium du peuple ? 

Une France à l’image de Sciences Po ?

L’histoire de Sciences Po est-elle celle du pays ? DSK, Acte 2 ?

Donc, la Cour des comptes découvre une « gabegie » à Sciences Po. Mais ce n’est pas n’importe quelle gabegie. Son président était la bien pensance de gauche faite homme. Celle qui ouvre les portes de l’élite aux misérables. Or, à quoi ressemblait son fief ? à un petit royaume qui ne rendait de comptes à personnes, qui accumulait les déficits avec désinvolture, et distribuait les prébendes à ses favoris (lui-même recevait plus d’un demi million). Comme tout royaume celui-ci avait ses exploités : les vacataires d’abord « A Sciences Po, les vacataires représentent 20% des dépenses en personnel et assurent 93% des heures d’enseignement », et les classes moyennes ensuite « l’IEP accueille davantage de boursiers en 2010 qu’en 2005, sans toutefois « atteindre le pourcentage de 30% attendu en 2012« . Mais, dans le même temps, « la proportion des étudiants issus de parents cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure s’est accrue de 5 points, passant de 58,5% à 63,3%« . »

Est-ce cela la gauche ? Une élite de Tartuffe qui vit dans un luxe ostentatoire, si possible à New York, et qui utilise le malheur des pauvres pour culpabiliser, et exploiter, le peuple ?

Immortel Molière ?

L’avenir de Manuel Valls

Manuel Valls serait l’homme fort du parti socialiste (la béquille du président). Vu de loin, il a beaucoup d’atouts. Il semble avoir des convictions fermes, ce qui est rare pour un homme politique. Il possède un ministère dont la raison sociale est, avec l’Education nationale, d’un grand prestige chez nous. Avec l’avantage que ses troupes ont l’habitude d’obéir, ce qui n’est pas le cas des enseignants.

Surtout, c’est un socialiste de droite. Ce qui le place peut-être dans un courant de valeurs important dans l’histoire du pays, mais qui n’a plus de représentant digne de ce nom. 

Curieusement, ces valeurs ne permettent de créer un parti solide en France. Et sans parti derrière soi, on ne peut pas aller très loin… 

Comment peut-on être socialiste ?

L’autre jour M.Fillon disait que si notre gouvernement n’a rien à déclarer, c’est parce qu’il ne s’est pas préparé à gouverner. C’est probablement juste, mais il y a tout aussi probablement quelque chose de plus fondamental dans le fait qu’à chaque fois que nous élisons un gouvernement socialiste, il fait de l’ultralibéralisme.

Les nobles principes socialistes sont un redoutable moyen de gagner le pouvoir, mais ils ne sont pas une pratique. Au pied du mur, le maçon socialiste est lâché par ses idées. Il est contraint à la politique de la tête vide. Il doit faire appel à ce qui lui reste quand il a tout oublié : sa culture, son « bon sens ». Et elle est de sa classe : libérale et bourgeoise. Le socialiste est un Sarkozy à discours humain.
Que pourrait faire le gouvernement pour aligner ses actes et ses paroles ? M’imiter. Mon métier est d’aider des entreprises à mettre en œuvre leurs décisions. Pour cela, je ne dois pas le faire à ma manière, celle que j’emploierais si je les dirigeais, mais à la leur.
Qu’est-ce que cela signifie pour le gouvernement français ? D’abord dire quel objectif il poursuit, et ensuite trouver comment y arriver de manière socialiste. Au préalable, il doit s’être convaincu que le socialisme n’est pas du vent. Mais, est-il capable de lier son sort à un tel acte de foi ?
L’acte de foi suscite l’euphorie.
(wikipedia)

Marx et la soft power française

François Hollande et Laurent Fabius suivent l’exemple de David Cameron : la prospérité de l’économie française est leur fin, la diplomatie le moyen. Et notre culture aussi : elle nous permettra de mettre la main sur les richesses naturelles des pays africains francophones. Voici ce que dit CLES, lettre de l’Ecole de Management de Grenoble. 
N’est-ce pas l’aliénation de l’homme par l’économie ? Notre PS est anti marxiste ! Et clairement colonialiste : la francophonie comme opium du Nègre ?
CLES ne s’arrête pas là, elle encourage l’entreprise à s’équiper d’une diplomatie interne, dont l’arme est « l’influence ». J’ai peur que ce conseil soit dangereux. 
S’engager dans l’influence signifie prendre le risque de la corruption et de la compromission. Cela peut réussir quelques années, mais ce n’est pas durable. Il y a un peu plus difficile, certes, mais tout aussi rentable, et beaucoup moins hasardeux. Au lieu d’amener un pays donné vers ses intérêts, l’entreprise doit chercher à servir les intérêts du pays. Et pour cela, pas besoin de diplomates patentés, ou de théoriciens diplômés en géopolitique, les personnels de l’entreprise qui vivent dans le pays ont généralement une connaissance remarquable de son âme. 

Gouvernement silencieux

Depuis que M. Hollande est arrivé, le pays est étrangement calme. Et c’est reposant. Décidément Hollande est l’anti Sarkozy ! M.Sarkozy voulait donner l’illusion de l’action par l’agitation frénétique, M.Hollande semble croire qu’il ne sert à rien de masquer son impuissance.

Mais pourquoi cette impuissance ? Plus d’idéologie ? Le sentiment que la dette de la France retire à son gouvernement ses moyens d’action ? Pourquoi ne s’inspire-t-elle pas de l’entreprise qui sait se transformer justement lorsqu’elle n’a plus de moyens ? N’est-ce pas de ce type de changement, structurel, dont a besoin le pays ?
La presse prévoit des mouvements de mécontentement. J’en doute. Il me semble qu’il n’y a que la gauche qui ait une capacité d’agitation.
Et elle le démontre. Elle chasse les Roms, elle abaisse le prix du pétrole, elle parle favorablement de l’énergie nucléaire. Demain elle autorisera l’exploitation du gaz de schiste et les OGM ? Et voilà que le président, socialiste, du Sénat défend le cumul des mandats. (Mais Ségolène Royal l’avait précédé : n’a-t-elle pas dit qu’une ministre devait son poste à son origine ?)
Le socialisme est-il un égoïsme, voire un sophisme ? Un opium du peuple qui permet de prendre le pouvoir, de museler le mécontentement, et de satisfaire ses ambitions personnelles ?

Les paradoxes de La Rochelle

Ce blog est bâti sur le paradoxe, quels sont les paradoxes de La Rochelle, à laquelle j’ai rendu visite il y a quelques temps ?
J’ai trouvé sa vieille ville très commerçante, et ses magasins aussi beaux que ceux que j’avais admirés dans les galeries marchandes de Detroit. Y aurait-il une cause commune ? Une culture, commerçante et protestante, identique ? Mon analyse est-elle objective ?
J’ai aussi été surpris par le culte que l’on y rend à un de ses anciens maires. Ici, on lui a élevé un monument (fort laid : des portes de prison), là on rappelle un de ses faits d’arme : il a abattu des habitations pour y planter un arbre… Curieux, comme la Gauche semble avoir besoin de saints, elle qui pourtant a fait un nettoyage ethnique de ceux de la République.
Pour le reste on y trouve, mélangés aux hordes de touristes, des représentants d’une forme de cour des miracles probablement attirée par les Francofolies, solidement encadrée par une police municipale diligente. Ville de Bobos ? L’illusion de l’aventure en toute sécurité ? Manuel Valls et les Roms, bis repetita ?