Lazard réinvente la coopérative

À l’opposé des pratiques de ses confrères, la banque Lazard (USA) verse plus rapidement que prévu des bonus en cash à ses personnels. Conséquence : résultats négatifs.

Explication de la décision : moyen de chiper leurs employés à ses concurrents.

Voilà qui dément l’idée selon laquelle les entreprises sont esclaves du diktat de la bourse ! Pour Lazard l’employé est tout, l’actionnaire rien. Décidément l’économie sociale a le vent en poupe. Vive Proudhon!

CFA, banque coopérative

« L’idée, née en 2008 et soutenue depuis peu par la Banque de France et le Trésor, prend forme » : des entreprises auraient créé leur propre banque coopérative :

L’organisme prendrait l’exact contre-pied des tendances bancaires : il remédierait au manque de crédit ; introduirait de la concurrence au sein de l’oligopole bancaire ; ferait un travail traditionnel de prêteur, sans pratiquer aucun des métiers sophistiqués qui enrichissent les traders et causent les crises. Surtout c’est le retour de l’économie sociale, qui prône « la primauté de l’homme sur le capital ».

On en revient aux idées de Proudhon ? Qu’est-ce que ça signifie ?

  • En temps de crise, il y a besoin de solidarité, l’État et les partis politiques ne l’ayant pas compris, ou ne sachant rien faire ?, ce sont des communautés d’intérêt qui se regroupent et se protègent ?
  • Un spécialiste du secteur m’a envoyé ce commentaire : « Cependant, il faut lire aussi entre les lignes la montée en charge de l’économie sociale. Le gouvernement est en train de (re)prendre la main sur le secteur, historiquement maîtrisé par la gauche. » Effectivement le gouvernement est dans le coup. Dossier à creuser.

USA, économie sociale et santé

Ce week-end je discutais de système de santé américain, et j’ai compris qu’il était peu amical. Les assurances santé font tout pour ne pas payer ce qu’elles doivent, en particulier lors de gros pépins. Comment avons-nous évité ce vice ?

Si j’en crois une de mes anciennes missions : c’est grâce aux mutuelles. Ces organisations issues des idées des socialistes utopistes (Proudhon, par exemple) veulent profiter du capitalisme sans souffrir de ses défauts. Elles sont gérées par leurs adhérents. Leur mission étant de servir leurs adhérents plutôt que leurs actionnaires, ceux-ci reçoivent un service digne d’eux.

D’après ce que j’ai entendu tout à l’heure, ce serait la solution vers laquelle se dirigeraient les USA. On arriverait ainsi à une couverture universelle, le désir du gouvernement, sans intervention de l’état, inacceptable par la majorité des Américains. L’état apporterait les fonds initiaux aux mutuelles, mais les laisserait ensuite naviguer seules. Exemple remarquable de conduite du changement ?

Compléments :

  • JEANTET, Thierry, Économie sociale : La solidarité au défi de l’efficacité, la Documentation française, 2006. Attention : la mutuelle n’est pas sans difficultés : ce type d’organisme est bâti sur le principe de la démocratie, qui est bien plus difficile à installer que celui, hiérarchique et militaire, de l’entreprise ordinaire. Quelques citations de ma référence :
  1. Les objectifs : « promotion de l’individu » ; « épanouissement de l’individu et de la cellule familiale, sociale, civique » ; « voie d’accès à la dignité » ; « Dignité humaine au cœur du système de production » ; « maîtrise de l’économie au bénéfice de l’homme ».
  2. Les moyens : « solidarité » ; « juste répartition des excédents » ; « indivisibilité des fonds propres » ; « contrôle des moyens de production par les travailleurs » ; « libre initiative collective » ; « indépendance vis-à-vis de l’Etat » ; « un homme une voix ».