Génial plancton

Formidable plancton. Il émet le gros de l’oxygène que nous consommons, et dont nous sommes faits. Les forêts, en moyenne, n’émettraient presque rien.

Mais le plancton n’est pas une espèce, c’est plutôt une niche écologique, de petits êtres qui se déplacent avec les courants. D’ailleurs, on peut naître plancton, et devenir poisson.

Comme d’habitude, on se demande quel sera l’effet du réchauffement climatique sur le plancton. Comme d’habitude, il me semble que la réponse n’est pas claire. Pour une raison simple : le propre de la complexité rend illusoire toute prévision.

Ce qui signifie que l’on ne peut qu’agir selon ses convictions, et non selon les préceptes d’une science prétendument infaillible.

(In our time de la BBC, et wikipedia.)

Prospective

Chaque année, je me livre à un exercice de prospective. Cette année, je suis sec.

Nous sommes toujours au milieu du gué. La nouveauté de ces derniers temps est la crise. Les épidémies, les guerres… On se croirait revenu à un Moyen-âge qui hésiterait à déverser ses calamités.

La particularité de ces crises est, à chaque fois, de révéler une nouvelle faille inconnue. Faille immédiatement oubliée dès que l’alerte est passée. Faut-il craindre une nouvelle crise, « the big one », ou, pourrions-nous être victimes d’un « battement d’aile du papillon », par exemple d’une réforme insignifiante du gouvernement, qui fasse s’effondrer le pays ?

On se lamente sur le sort de la France, mais, finalement, tout le monde va aussi mal qu’elle. A croire que la vie d’une nation est un équilibre : lorsque l’on fait bien quelque-chose, c’est une excuse pour faire mal quelque-chose d’autre ? A moins que, comme en 39, nous soyons dans une fin de cycle mondial, tout le monde étant diversement affecté par un même phénomène ? Devons-nous nous réjouir ?

Le temps n’est plus celui des belles théories mais de l’incertitude. L’histoire n’est pas écrite. Elle se joue probablement à des moments comme ceux-ci. Ce qui est préoccupant, si c’est bien le cas, est l’abattement général de la société. Elle « manque de ressort ». La France n’est pas celle de « l’étrange défaite », mais elle n’est pas très vaillante. On peut craindre, pour reprendre un vocabulaire à la mode, qu’elle soit « impactée » plutôt « qu’impactante ».

Etat du monde

La France va mal, mais elle n’est pas seule. C’est peut-être l’originalité de notre temps.

Dans le passé, il semble qu’il y ait eu des empires qui dominaient le monde et avaient longtemps le vent en poupe. Aujourd’hui l’Etat ressemble à une entreprise, il est en permanence au bord de la faillite. L’Angleterre est pitoyable, l’Allemagne s’est jetée, avec entrain et discipline, comme elle a toujours su le faire, dans la gueule du loup, la Suède est en proie aux gangs, l’Italie paraît anarchique, mais, comme l’Inde, elle l’a toujours été, l’Espagne ne s’est pas redressée d’une bulle spéculative, la Chine est un colosse au pied d’argile, la Russie, la Corée du Nord, l’Iran ne sont plus que des pouvoirs de nuisance…

Nous sommes en fin de cycle. Le modèle dialectique de Hegel semble approprié pour décrire le changement. Après la première guerre mondiale, il y a eu une sorte de chaos démocratique, puis est arrivée son antithèse, la technocratie. Le « libéralisme », de gauche et de droite, s’y est substitué. Aujourd’hui il est à bout de souffle. Si Hegel a raison, le monde de demain sera l’antithèse du monde d’aujourd’hui. Ce qui ne dit ni ce qu’il sera, ni comment on y arrivera…

Ecologie comportementale

Si je comprends bien, l’écologie comportementale viendrait de l’idée que le comportement des animaux obéit à la sélection naturelle. Cette discipline aurait utilisé, outre les idées de Darwin, la théorie des jeux, et une transposition de résultats venus de l’économie. Elle s’opposerait aux travaux de Konrard Lorentz, qui pensait que certains comportements étaient innés.

Une de ses idées serait le « gène égoïste ». Le fait que les comportements animaux seraient déterminés par les intérêts de leurs gènes. (In our time, de BBC4.)

Cela mériterait d’être creusé. Mais pose quelques questions. Les expériences dont parlait l’émission portaient sur des micro phénomènes, pas sur la complexité d’un écosystème. Or, l’individu n’est pas seul. Il change avec son milieu.

En outre, je ne suis pas certain que tous les animaux d’une même espèce aient le même comportement. Par exemple, un précédent billet disait que l’on ne savait pas pourquoi certains oiseaux migraient alors que ce n’était pas le cas de leurs semblables.

Et surtout, cela ne paraît pas expliquer l’extraordinaire bizarrerie du monde. J’ai l’impression que plutôt que de sélectionner des comportements, la nature sélectionne la diversité. Ce qui n’est peut-être pas idiot. Car, contrairement à ce que croit la théorie du gène égoïste, l’avenir n’est pas prévisible. Il ne faut surtout pas mettre ses oeufs dans le même panier. Mieux : il faut sans arrêt inventer. (Ce qui rend l’avenir imprévisible !)

J’ai beaucoup utilisé un article portant sur la « stratégie en environnement incertain », je me demande si les spécialistes des comportements animaux ne feraient pas bien de le lire.

(Par ailleurs, j’ai lu « the selfish gene », qui explique que, du fait des croisements et recroisements, on ne peut pas réellement parler de « gène »…)

Périodes glaciaires

Nous vivons une période glaciaire. Une telle période se caractérise par le fait que les pôles sont couverts de glace.

La Terre a connu une succession de cycles. Il lui est arrivé d’être totalement verte, sans glace. La plupart du temps, elle a connu des glaciations. Elle a même été, parfois, complètement couverte de glace. Paradoxalement, ce qui a sauvé la vie est l’effet de serre, l’émission de dioxyde de carbone.

Le taux de dioxyde de carbone oscillait entre des limites relativement stables depuis longtemps. Il en a résulté un cycle glaciation / réchauffement, en environnement globalement glaciaire. Maintenant, il a très largement dépassé ces limites.

J’ai retenu ceci d’une émission de In our time, de la BBC.

J’ai trouvé une carte de ce que serait la Terre sans glaces. Je me demande si elle ne surestime pas la hausse des océans. En effet, une augmentation de température provoquerait probablement une beaucoup plus grande humidité. (Ce qui, d’ailleurs, réduirait l’effet de serre…) En tous cas, il se pose la question : ne serait-il pas à l’avantage de la vie, la nôtre ou une autre, d’avoir une planète verte ? On aurait, d’ailleurs, beaucoup moins besoin de chauffage. (Décidément, l’effet de serre aura du mal à se maintenir en vie !)

Comme je le disais déjà, il y a plus de vingt ans, quand j’avais utilisé ce cas comme sujet d’un cours de prospective, le danger du réchauffement climatique est peut-être celui du changement…

Crise et changement

L’avantage du grand âge, c’est d’avoir vécu beaucoup de crises. Soit mondiales, bulle internet ou bulle des subprime, par exemple, soit locales, concernant une entreprise.

Contrairement, à ce que l’on pourrait penser, on voit venir la crise. Durant la bulle internet, par exemple, on racontait une histoire dans laquelle on vendait un chat un million de dollars, en l’échangeant contre deux chatons à 500.000$.

Seulement, phénomène Cassandre, impossible de modifier le cap. Beaucoup trop d’intérêts sont en jeu ? Procrastination ?… Plus subtilement, certains, souvent aux USA, pensent pouvoir tirer parti du retournement de situation.

Le plus curieux est que l’on voit la catastrophe, mais que l’on ne peut imaginer sa nature. Un peu comme avec le big bang, la société d’après n’a rien à voir avec celle d’avant.

Cassandre a tout de même un avantage : les crises sourient à l’esprit éclairé.

Neigera-t-il à Noël ?

Exercice favori : regarder l’évolution des prévisions météo.

Il serait amusant de montrer l’évolution des prévisions pour un jour donné au fur et à mesure que l’on s’en rapproche. Et surtout de le faire, sur un même graphe, pour plusieurs sites météo.

En effet, les prévisions n’arrêtent pas de changer. J’ai vu, par exemple, lors du coup de froid précédent, l’annonce de chute de 15cm de neige en plaine, ou de températures de -13.

Question de méthode ? Je soupçonne que l’on met des modèles très compliqués dans l’ordinateur et que l’on prend ce qui en sort pour un oracle. Essaie-t-on d’améliorer les prévisions en les comparant à ce qui se passe ?

En fait, je me demande si cela est possible. Et si le temps dépendait d’une conjonction d’événements imprévisibles ? Ne dit-on pas que l’homme influence le climat ? Pourquoi ne le ferait-il pas à court terme ?

En tous cas, il y a une autre façon de prendre la question. La même que celle qui a été utilisée par la mécanique quantique. On commence par observer un phénomène, et on cherche une modélisation mathématique qui donne à peu près le même résultat. Ensuite, on invente une explication qui justifie la dite modélisation.

Conquête de l'espace ?

Comment voyait-on la conquête de l’espace dans les années 50 ? 

La BBC rediffuse des récits d’anticipation de ces années là. On prévoyait correctement que l’on irait sur la lune dans les années 60. Seulement, on ne voyait pas les astronautes comme les robots qu’ils sont devenus, mais comme des aventuriers, ayant les commandes de leur appareil. 

On s’attendait à conquérir, rapidement, le système solaire, et peu après l’univers. Surtout, on était certain d’y trouver une vie qui ressemble plus ou moins à la nôtre. Soit qu’elle soit pacifique, soit, au contraire, redoutablement destructrice. On allait voyager dans le temps. Ce qui est une condition nécessaire à un projet de conquête ayant un minimum d’ambition. Et probablement la suite naturelle des découvertes scientifiques de l’époque. 

Qui, en dehors d’Elon Musk et de quelques attardés, croit encore à la conquête de l’espace ? Cela présentait un intérêt lorsque c’était un rêve, de même que les Soviétiques rêvaient de liberté ? 

Les Irlandais n’ont plus aucune envie d’immigrer. Ils sont heureux chez eux. L’humanité va-t-elle bientôt leur ressembler ? Le temps des conquêtes serait-il fini ? 

Post post modernisme

Un billet précédent cherchait à caractériser notre temps. Peut-on « prévoir l »avenir » ? 

Hegel ? Le changement est dialectique. L’histoire est succession d’opposés. Société technocratique après guerre, puis libéralisme. « Interdit d’interdire ». « Post modernisme » : Lumières et l’Occident, sont le « mal ». 
La difficulté de l’exercice est qu’il n’y a pas qu’un contraire, de même qu’il n’y a pas une seule façon, pour un enfant, d’avoir un air de famille. Et que l’on tend à comprendre ce qui s’est passé après coup. 
Un essai, pour commencer :
  • De la « raison pure » à la « raison pratique »
  • De l’artificiel et de la « donnée », à la nature  
  • Du Yang au Yin : du chacun pour soi macho à la solidarité 
  • De la globalisation à la résilience 
  • De la volonté de puissance à la générosité 
  • De l’hybris à la prudence

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Vive la guerre froide ?

Amérique post Trump. Prospective. Après les changements internes d’un précédent billet, les changements externes.

« Continuité« . Ai-je entendu, dans l’émission Affaires étrangères de France Culture. 

Ce ne sont pas les présidents qui dirigent les Etats, mais les intérêts. Et, aux USA, il y a les « swing states », et ils exigent que la politique de M.Trump, revivifier la base industrielle, soit poursuivie. Plus étonnant ? M.Trump n’aurait pas fait d’erreurs en termes de politique étrangère. Et le désengagement international, commencé avec M.Obama, se poursuivra. Certes, on devrait à nouveau parler de droits de l’homme. (Mais pour mieux ennuyer ses concurrents ?)

Un invité russe rappelait que les démocrates sont beaucoup plus belliqueux que les Républicains. On se dirige vers une guerre froide, avec la Chine. Surtout pour des raisons de suprématie technologique, mais, aussi, du fait Taiwan dont la Chine veut s’emparer.  Renaissance d’un front occidental ? L’OTAN reprend du service ? Mais l’UE devra assumer sa part des dépenses. 

Quant à l’avenir de l’UE (bloc souverain ou passoire ?), il dépendra d’où Allemagne verra son intérêt : à l’extérieur ou à l’intérieur.