Si je comprends bien, l’écologie comportementale viendrait de l’idée que le comportement des animaux obéit à la sélection naturelle. Cette discipline aurait utilisé, outre les idées de Darwin, la théorie des jeux, et une transposition de résultats venus de l’économie. Elle s’opposerait aux travaux de Konrard Lorentz, qui pensait que certains comportements étaient innés.
Une de ses idées serait le « gène égoïste ». Le fait que les comportements animaux seraient déterminés par les intérêts de leurs gènes. (In our time, de BBC4.)
Cela mériterait d’être creusé. Mais pose quelques questions. Les expériences dont parlait l’émission portaient sur des micro phénomènes, pas sur la complexité d’un écosystème. Or, l’individu n’est pas seul. Il change avec son milieu.
En outre, je ne suis pas certain que tous les animaux d’une même espèce aient le même comportement. Par exemple, un précédent billet disait que l’on ne savait pas pourquoi certains oiseaux migraient alors que ce n’était pas le cas de leurs semblables.
Et surtout, cela ne paraît pas expliquer l’extraordinaire bizarrerie du monde. J’ai l’impression que plutôt que de sélectionner des comportements, la nature sélectionne la diversité. Ce qui n’est peut-être pas idiot. Car, contrairement à ce que croit la théorie du gène égoïste, l’avenir n’est pas prévisible. Il ne faut surtout pas mettre ses oeufs dans le même panier. Mieux : il faut sans arrêt inventer. (Ce qui rend l’avenir imprévisible !)
J’ai beaucoup utilisé un article portant sur la « stratégie en environnement incertain », je me demande si les spécialistes des comportements animaux ne feraient pas bien de le lire.
(Par ailleurs, j’ai lu « the selfish gene », qui explique que, du fait des croisements et recroisements, on ne peut pas réellement parler de « gène »…)