Prochain coup

Au fond, Trump est marqué du signe du Vietnam : ce qu’il fait s’enlise. Mais cela ne risque-t-il pas de le pousser à quelque extrémité déplorable ?

Affaires étrangères d’hier pose une question curieuse : et si Trump était une marionnette ? Apparemment, il y aurait deux lobbys derrière lui : le GAFA, qui hier paraissait si « cool » alors qu’il ne rêve que de domination mondiale et d’énergie pour son intelligence artificielle, et une « élite » de fanatiques.

En outre, il faudrait faire le deuil de l’espoir de retour à la situation antérieure après Trump. Les USA ont fait leur coming out. Les invités de l’émission semblaient en déduire que l’Europe devait se préparer à utiliser ses atouts pour profiter d’un monde dont la règle est le rapport de forces et le coup bas.

Le temps des crises

Un changement s’est produit il y a quelque temps : nous sommes entrés dans une période de crises. Gilets jaunes, Covid, Ukraine, inflation ?, dissolution, Trump. Quelle sera la prochaine ? Taïwan ?

Au fond, nous vivons la globalisation poussée à son absurde : l’Occident a vendu la corde pour se faire pendre. Sa logique est retournée contre elle.

Quelle en sera la conséquence ? Certains annoncent la guerre, façon Ukraine. Une crise économique ne serait-elle pas plus vraisemblable ? Les faibles, les perdants de la globalisation, se retrouveraient dans une poubelle ? On en avait perdu l’habitude.

Fin de l’histoire

Bilan, suite. Peut-on faire des conjectures concernant l’évolution de l’humanité ?

Hegel pensait que chaque peuple à son tour contribuait à l’histoire. On peut se demander si l’on n’a pas assisté à un grand moment de bravoure des USA. Et s’ils ne sont pas le dernier coup de folie de l’humanité. Bien sûr, il y a la Chine, mais elle semble d’une faible originalité. L’humanité serait-elle au bout de ses illusions ? D’ailleurs, l’histoire de Hegel, l’avènement de la raison, n’était-elle pas occidentale ?

En outre, le monde ressemble de plus en plus à un village, l’humanité a fait sa jonction. Il est possible qu’il ne s’y trouve plus de grand foyer d’originalité et de créativité.

L’humanité va-t-elle finir par cultiver son jardin ? (L’objectif de Hegel.)

Notre changement

Montceau les Mines est une zone sinistrée s’il en fut. Un jour, un dirigeant d’une petite entreprise a eu une idée : elle avait un savoir-faire « d’engins de mobilité ». Effectivement, les mines transportaient le charbon dans des chariots sur des voies ferrées. Il crée un cluster. Aujourd’hui, c’est le lieu où s’invente le ferroviaire de demain. Il s’étend à Saint Pierre des Corps, et on vient l’étudier de l’étranger. Sans même parler de nouvelle mobilité, la rénovation des voies de la SNCF, seule, représente un marché de 30md€.

Cet exemple pourrait bien annoncer notre avenir. Les nouvelles aspirations de la population ou les nouvelles technologies amènent tout ce qui constitue notre société, mobilité, chauffage, etc., à se transformer. Ce processus de transformation est le « moteur » de l’activité humaine et de l’économie de demain.

Au cours des décennies, parfois des siècles, nos territoires ont accumulé les savoir-faire qui, aujourd’hui, sont nécessaires à la réalisation de cette nouvelle phase de notre histoire. Il devrait être le coeur de l’économie de demain.

Malheur au vaincu ?

Bilan de la situation ? L’Occident a ridiculisé ses valeurs. Ce n’est pas nouveau, le propre de l’Occident est l’hypocrisie. Mais le mouvement s’est accéléré récemment. Malheureusement, ces valeurs ne sont probablement pas sans vertus.

Mais ce qui est nouveau est son affaiblissement, plus ou moins volontaire, à force d’individualisme myope.

Comment les puissances de demain dirigeront-elles l’humanité ? Quel avenir cela promet-il au monde ?

Le mal américain

Je pense probable que les USA soient victimes du « mal américain ».

Le mal américain a été inventé par Michel Crozier dans les années 80. C’est le constat qu’un monde fermé rend folle la culture américaine. En effet elle est par nature inefficace, elle a besoin d’énormes moyens, d’immenses espaces. Dès qu’il s’agit d’économie et de subtilité, d’effort collectif soigneusement organisé… elle déraille. (Ce qu’elle faisait avant la chute des Soviétiques.)

On pourrait d’ailleurs penser que le phénomène Trump Vance Musk est le baroud d’honneur de cette culture qui donne de la tête contre la nécessité du changement et le refuse.

Toutes les cultures semblent devoir rencontrer une limite et, après un moment d’hubris, se replier sur elles-mêmes. Aucune ne semble être parvenue à se réinventer.

(Bien entendu, comme ma prévision du repli sur soi de la Chine, cela ne dit rien du court terme : comme le montre M.Poutine, il n’y a rien de plus dangereux qu’une culture blessée.)

Prospective

Quelqu’un a-t-il réfléchi à l’effet Trump ?

De ce que j’aperçois, il cherche à donner un avantage « déloyal » à ses entreprises : protectionnisme, déréglementation, énergie bon marché (pétrole)… On annonce un nouveau boom des start-up et on entend que la grande entreprise a intérêt à s’installer aux USA.

Déjà la France, surendettée, est violemment touchée par la concurrence chinoise et le coût de l’énergie. Un pan de son économie est en train de disparaître. Il ne s’agit pas de faillites classiques, mais peut-être d’un phénomène que l’on n’avait pas vu depuis la guerre. M.Trump va-t-il lui porter le coup de grâce ?

Mais, surtout, n’est-il pas le retour de l’Amérique éternelle, celle qui ne connaît pas la loi, mais la seule force ? M.Roosevelt ne fut-il pas une exception ? Une Amérique qui n’est que bulles spéculatives et crises ?

Crise ?

Inquiétude, depuis quelque temps. L’économie américaine n’irait pas si bien qu’on le disait jusque-là. Serions-nous à la veille d’une crise, qui pourrait toucher le monde ? Les bourses mondiales font du yoyo. Ce qui est le propre des temps de crise.

Curieusement, pour quelqu’un qui a toujours tort, j’ai prévu les deux précédentes crises, la bulle Internet et les supbrimes. Dans les deux cas, il y avait clairement en marche des phénomènes spéculatifs redoutables. Pour la bulle Internet, si mes souvenirs sont bons, on en était arrivé à estimer qu’une personne qui fréquentait un site web valait 40000F (6000€). Un blog (qui n’existait pas encore) avec 100.000 visiteurs aurait valu, dans ces conditions, 600m€ ! Pour les suprimes, l’idée était de prêter à des gens qui ne pouvaient pas payer, en transférant le risque.

Ce blog parle de l’intelligence artificielle comme bulle spéculative. En fait, la spéculation concernant les valeurs technologiques n’a pas cessé depuis la bulle Internet. Seulement, je ne reconnais pas les mécanismes diaboliques qui avaient cours alors. Il me semble surtout qu’il nous reste des ressources de croissance (ou de spéculation ?). L’économie mondiale a suivi des modes et les nations n’ont pas développé leur potentiel propre. En particulier la politique écologique a été particulièrement malencontreuse : au lieu de choisir la voie de la « bioéconomie », tout le monde s’est mis à construire des éoliennes, des batteries et des panneaux solaires…

Peut-être ne suis-je plus au milieu de la mêlée comme alors ? Ou le monde, comme le dit aussi ce blog, est devenu cassant, et il en faut moins que par le passé pour le rompre ? Toujours est-il, je ne sens pas venir une crise… Mais j’ai toujours tort !

Scénario Truss

J’ai envisagé le scénario Liz Truss, lors des présidentielles. Il était possible que le FN prenne le pouvoir. Or, il n’en a aucune expérience. Et, même avec une certaine expérience, comme celle du PS en 1981, on tend à faire des erreurs coûteuses. Seulement, le pays est tellement endetté, qu’il ne peut plus se les permettre.

Lorsque Liz Truss a voulu imiter Margaret Thatcher, elle a créé une crise extraordinairement violente. Elle a été suscitée par les marchés financiers qui ne voulaient plus de la dette du pays. Son prix a augmenté. Du coup, tous ceux qui possédaient des obligations (fonds de pension…), qui, du coup, ne valaient plus grand chose, sont passés à deux doigts de la faillite. Cela aurait pu entraîner le système financier mondial.

Scénario possible ? Le système britannique a éjecté Liz Truss extrêmement rapidement. Qu’en serait-il en France ?

Double tour

La presse étrangère semble penser que le premier tour de nos législatives permet d’exprimer son mécontentement, et le second la raison.

Seulement, il n’y aura plus beaucoup de monde au second tour. En particulier, le parti présidentiel pourrait en être quasiment absent. Le camp « non FN » risque d’être remarquablement hétéroclite.

Alors, le président peut démissionner. Ou, semble-t-il, exercer l’article 16 de la constitution, et prendre les pleins pouvoirs comme lors de la guerre d’Algérie.