Enfance de l’art

L’autre jour j’entendais la BBC dire que le phénomène « El nino » s’arrêtait. Expliquerait-il le réchauffement climatique de cette année ? Il se trouve que l’on nous annonce maintenant un coup de froid venu du pôle. D’après un site de prévision, le mois devrait être « au dessous des normales ».

El nino est-il coupable ? En tous cas, cela rappelle à nos « scientifiques » que « la prévision est difficile, en particulier celle de l’avenir », comme le disait Niels Bohr.

(Un interviewé d’une émission parlant de la vie d’Haroun Tazieff expliquait que les volcans avaient du bon : une éruption peut réduire d’un degré la température du globe…)

Pluie

La météo annonce de la pluie, et il ne pleut pas. (Et je ne parle pas des « alertes » de mon assureur qui m’annoncent régulièrement des calamités !)

La règle que j’ai déduite de ma courte expérience semble plus efficace que l’ordinateur de la météo : il ne pleut pas en été. Si bien que, depuis qu’il est devenu d’usage de ne pas arroser son gazon, je n’utilise au plus que 3 fois ma tondeuse dans l’année. (La tonte coûte cher !)

Et s’il était impossible de prévoir certains types d’événements météo ? Après tout, on parle « d’anthropocène » : et si l’homme avait un impact immédiat sur le climat ? A une époque, on lisait que le fait que les Israélien aient cultivé le désert avait attiré la pluie. Il a aussi été question d’ensemencer les nuages.

Et si prévoir la pluie avait un effet sur nos comportements, qui fait qu’il ne pleut pas ? Et s’il fallait arroser son gazon, pour attirer la pluie, et économiser l’eau ?…

(Ce billet a été efficace : depuis que je l’ai écrit, la température a baissé, et on a même un peu de pluie ! Ce qui n’était pas prévu par la météo.)

Prévisions

Dorénavant, la météo donne une probabilité de changement de temps. Il est amusant de voir à quelle vitesse cette probabilité change.

En fait, j’ai découvert un moyen relativement fiable de prévoir le temps en France : écouter la météo anglaise. Cela mériterait une étude scientifique, mais, dans l’état de mes impressions, il me semble qu’elle anticipe la situation de notre atmosphère de quelques jours.

La modélisation nous a-t-elle sauvés du coronavirus ?

La nouveauté du coronavirus tient à l’importance qu’ont eue les modèles mathématiques et informatiques dans l’information que nous avons reçue. France Stratégie analyse ce phénomène dans un débat, que l’on retrouve ici : https://youtu.be/j0RVJID4D58.

Au fond, l’anthropologue du débat l’a tué dès qu’il a parlé : l’anthropologie a cru à la modélisation (le structuralisme de Lévy-Strauss) et a vite compris que la complexité du monde s’y refusait.

Il y a cacophonie entre modèles, ce qui ne conduit à rien. Tous leurs enseignements se ramènent à très peu de choses, qui ressortissent à la simple observation : les gouvernements ont tardé à réagir alors qu’il y avait une augmentation manifeste des malades, la densité semble un paramètre important dans la propagation du virus. (Mais, la question du fait que des pays hyper denses ne semblent pas touchés, n’a pas été évoquée.) Pour le reste, on ne sait pas.

Une remarque intéressante : certains modèles peuvent être « impérialistes ». Ils imposent implicitement les normes qu’ils désirent pour la société.

Détail inquiétant : pour masquer cette cacophonie, qui en elle-même est un signal, les chercheurs tendent à s’entendre pour parler d’une seule voix…

(Détail rassurant ? On apprend que les Anglais sont très en avance sur nous en termes de modélisation…)

Peut-on prévoir l'avenir ?

Niels Bohr disait qu’il est difficile de prévoir, en particulier l’avenir. On a affirmé qu’il était l’homme le plus intelligent du monde. Et pourtant il n’avait pas compris qu’en termes d’avenir on n’est jamais mieux servi que par soi-même.
Car, il y a des prévisions qui marchent. Ce sont les « prédictions auto-réalisatrices ». Il suffit de lire un journal américain d’affaires pour comprendre comment procéder. Si vous convainquez le marché que l’avenir est à votre produit, Big Data, la voiture sans pilote, Uber…, alors tout le monde va le penser, et cela va être effectivement le cas. C’était un mécanisme qui a été utilisé avec succès lors de la spéculation de 29. Malheureusement, comme en 29, cela peut donner un effet mouton de Panurge. 
Il y a mieux. On peut procéder comme le sculpteur, ou le sage chinois. C’est-à-dire chercher s’il n’y a pas en potentiel dans l’avenir un monde qui pourrait nous convenir, et de faire basculer le cours des choses dans cette direction. C’est ça le changement.

Big Data amplifie les inégalités

« Une question : étant donné que tout change très vite et qu’aujourd’hui est différent d’hier, sans parler de demain, quel crédit peut-on accorder à une prédiction qui s’appuie sur des faits d’hier ? » me dit-on, au sujet de Big Data.
Voilà le problème avec Big Data et le data scientist. De plus en plus, d’ailleurs, on craint que Big Data n’amplifie les inégalités. Non seulement, il y aura ceux qui savent l’utiliser et les autres, mais, par définition, utiliser Big Data, c’est conduire le dos au sens de la marche. C’est reproduire le passé dans l’avenir.
La solution, c’est l’homme et l’anomalie. Il y a un type d’algorithme qui cherche l’exceptionnel, et pas à décrire le normal. L’exceptionnel, c’est le nouveau qui émerge, ou qui mériterait d’émerger. Par exemple, oui, le manager est mauvais, mais il en existe aussi de bons. Et si l’on généralisait leurs « bonnes pratiques » ? 
Pour utiliser ces algorithmes, il faut l’esprit humain. C’est lui qui va transformer des données incompréhensibles en une intuition qui fait du sens, et qui est robuste. En fait, elle l’est parce qu’elle lui donne envie d’agir, et qu’en agissant il va faire aller l’avenir dans la direction qui lui convient.

Y aura-t-il de la neige ?

Le week-end dernier, je me demandais s’il allait neiger. La météo de mon téléphone me disait oui. Mais, à chaque fois que je la regardais, je voyais le début des chutes de neige s’éloigner. Il n’a pas neigé sur Paris.
Mystère de la prévision. C’est curieux à quel point elle change rapidement. Je l’ai remarqué lorsque je cherchais à savoir si un épisode doux aller s’achever. Je voyais chaque jour les prévisions à quinze jours changer. Peut-on encore parler de prévisions ? A moins que ce ne soit une indication : si les prévisions ne changent pas, elles sont sûres, sinon, rien ne va plus, tout est possible, comme au casino ? 
La météo pose la question du déterminisme. Si Bergson a raison et que le monde est Création permanente, alors la prévision parfaite est impossible. Le fait que l’on puisse un peu prévoir semble dire qu’il y a assez d’indéterminisme pour assurer notre liberté, mais pas suffisamment pour que le monde soit totalement incompréhensible… Espérons que ça ne va pas changer ? 

Constitutions de sociétés : conclusion

Fin d’une série de billets sur la nature des sociétés humaine. Le commentaire de Jad emporte mon adhésion : il est erroné de partir de la nature de l’homme pour en déduire celle de la société. Il n’y a pas de rapport (évident) entre les deux.

C’est ce que dit la systémique. Un système est défini avant tout par la capacité qu’ont ses composants à interagir les uns avec les autres. Leur comportement individuel est relativement secondaire. (Cf. la différence entre le comportement d’un atome et celui d’une molécule.)

Mais il ne faut pas s’arrêter là. Faire l’hypothèse que la nature humaine est le mal, l’agressivité, ou autre est dangereux, voire criminel : cela encourage l’individu à agir selon le modèle qui est supposé être le sien. D’où prévision auto-réalisatrice. 

Changer, c'est imaginer le futur

Extraordinaire idée pour inaugurer le campus de l’EDHEC: faire plancher les élèves sur le futur des entreprises et de l’économie, direction 2035!

Au final, quelques excellentes idées comme:

  • Tatasoft, fusion de Tata et Microsoft
  • GGS, fusion de Google et de Goldman Sachs
  • Exxon Hydro, pour bien montrer que le pétrole ne salit pas…
Et en France, quels grands changements du côté des entreprises d’ici 2035?