Terrorisme relatif

En direct, Israël-Hamas : des « combats acharnés » dans le nord de la bande de Gaza, rapporte le Hamas

Le Monde de samedi 16 décembre

Le Hamas est un groupe terroriste pour l’UE et la Grande Bretagne, entre autres. Il y a peu l’Allemagne disait avoir démantelé une tentative d’attentat sur son territoire, organisée par le Hamas. Ce qui semble confirmer son statut.

(Wikipedia note que cette question est un point de vue. L’Iran, par exemple, trouve le Hamas très sympathique, puisqu’il lui fournit des armes.)

Ce qui est curieux est que Le Monde (et la BBC) semble avoir de très bonnes relations avec lui. La presse est-elle au dessus des lois ?

Du mensonge

On peut mentir en disant la vérité. En ne disant pas toute la vérité. C’est ce que font nos journaux.

Comme dans la fable des aveugles et de l’éléphant, la vérité est « complexe ». Elle a plusieurs dimensions. Si on ne les connaît pas toutes, on ne peut rien décider.

Exemple ? Il y a autour de moi des gens qui m’horripilent, mais, qu’aurais-je fait sans eux ?

Mozart était un avorton, Beethoven laid, Le Carravage un voyou…

Une erreur habituelle est de ne parler que de ce qui ne va pas. Ce faisant on passe à côté de la seule chose d’utile : les leviers du changement, la réelle richesse de l’individu ou de la société.

Pensée d’élite

Notre pensée est-elle manipulée par la « nouvelle élite », se demandait la BBC.

Un interviewé expliquait que c’était une thèse stupide : les médias sont aux mains des milliardaires. C’est, d’ailleurs, eux qui ont manipulé le peuple afin qu’il vote Brexit.

Cela m’a rappelé une discussion que j’ai eue avec mon voisin. Lors de l’élection présidentielle de 2017, il me disait que la presse votait Macron, alors que je constatais le contraire. Nous lisions probablement deus presses différentes.

Ce qui m’a aussi frappé, à l’époque où je côtoyais les journalistes, c’était leurs CV : on y trouvait aussi bien Libération que le Figaro.

Je crois surtout que nous sommes influencés par notre éducation et que notre éducation est de gauche. Je reçois la communication de Cambridge et de l’INSEAD : dans les deux cas, on ne parle que de changement climatique et de genre. Il n’est plus question des sujets que l’on traitait jadis dans ces institutions. C’est ce que l’on nomme désormais le « capitalisme woke ».

De la vérité

J’ai l’impression qu’il n’y a pas une semaine sans que la BBC ne sorte un rapport sur quelque malversation au sein de la police. Cela finit par ressembler à un harcèlement. Et c’est d’autant plus inattendu pour moi, que j’ai été élevé dans la tradition du Bobby, du policier grand et bienveillant, sans arme, qui faisait régner l’ordre par sa seule présence.

On peut imaginer que ce qu’elle dit est vrai. Mais en est-il de même des conclusions que l’on peut en tirer ?

Surtout, les ressources qu’utilise la BBC pour enquêter sur ces sujets ne pourraient-elles pas être employées, au moins en partie, ailleurs ? Par exemple, j’entends que les enseignants et les médecins anglais semblent avoir entamé des grèves quasiment continues. La situation de l’Anglais moyen doit être insupportable. Et quid de l’avenir de ses enfants ? Pas un mot sur le sujet. Pas plus, d’ailleurs, que sur l’état des banlieues dans lesquelles la police doit intervenir.

La BBC ferait-elle bien de s’interroger sur le concept de vérité ?

Grosse chaleur

On parle de canicule. Ce qui est difficile à imaginer à Paris où il fait plutôt frais. Et en Bretagne, où les touristes se plaignent de la pluie. Et encore plus en Ecosse.

The weather has played a prominent part as tee times for Saturday’s third round were moved due to inclement weather that hit East Scotland. Heavy rain and high winds met players finishing their second rounds at The Renaissance Club. (Scottish open.)

Cela me rappelle une arrivée, un soir, à Jerez (de la Frontera), dans le sud de l’Espagne. Le panneau qui accueille les visiteurs annonçait 42°. On était fin juin ou début juillet.

Je ne me souviens pas d’avoir eu chaud. Pourtant, en ces temps, je portais costume et cravate. Mais je roulais fenêtres ouvertes, et vite. Et les maisons de Jerez, en particulier l’habitat traditionnel, est adapté à ce type de températures.

De la bonne façon de rapporter l’information ? Il est plus juste de donner les effets que les chiffres ?

Responsabilité de la presse

Il y aurait eu manipulation d’images pendant les récents incidents. C’est ce que l’on a pu lire dans certains journaux quelques-temps après les dits incidents.

Ce qui m’a semblé indécent. Cela a brûlé pas loin de chez moi. Et ce ne sont pas de « fake news ». Nos bons journalistes ont-ils la moindre idée de ce que cela signifie d’être face à des incendiaires ? Au sentiment d’insécurité que ressentent bien des gens ?

La presse semble avoir de bien curieux biais. Peut-être serait-il bon de s’interroger sur sa responsabilité.

Droit à l’information

Un ami m’a raconté que, par esprit de provocation, il est allé assister à l’assemblée générale de Total. En effet, Total est dénoncé comme le mal absolu, et divers militants avaient appelé à empêcher cette assemblée générale. Qu’allait-il se passer ?

Qu’a-t-il vu ? Rien. Des manifestants bons enfants, des CRS tout aussi bons enfants. Quatre dirigeants de Total protégés par une vitre blindée. Et un débat bon enfant.

La surprise n’était pas là, mais dans le reportage qu’en a fait la presse. Selon elle on n’aurait pas été loin de 68, avec violences policières en sus.

La presse souffre peut-être d’un biais : par définition, elle ne s’intéresse qu’à ce qui est anormal ?

Biais d’interprétation

Une vie an Afrique. Un ami a parcouru l’Afrique en long, en large et en travers, pendant près d’un demi siècle. Il a rencontré à peu près tous les chefs d’Etat qui ont fait l’Afrique moderne. Ce qui l’a surpris, surtout, était la différence entre ce qu’il lisait dans les journaux et ce qu’il voyait dans sa vie quotidienne.

A un moment, il était au Mozambique, aux mains des Soviétiques, en guerre contre l’Afrique du Sud, aidée par les Américain. En ces temps l’Afrique du sud était dans le camp des bons. (Ce qui a bien changé ensuite.) Surtout, les mines d’or d’Afrique du Sud ne pouvaient vivre sans le personnel mozambicain, et, effectivement, il n’avait aucune difficulté à traverser la frontière. Et l’Etat d’Afrique du sud payait l’Etat mozambicain pour ses services… D’ailleurs lui-même passait d’un pays à l’autre sans grande difficulté.

Il serait utile d’étudier les biais qui transforment l’information me suis-je dit.

Au fond, ce qu’on reproche aux Russes et aux Chinois est aussi, au moins en partie, à l’oeuvre chez nous.

D’ailleurs, sans aller en Afrique, c’est facile à voir : les manifestations suscitées par la réforme des retraites étaient perçues à l’étranger comme ayant mis la France à feu et à sang, alors que je n’en ai rien vu, et que ma vie n’en a été aucunement affectée.

Alternative interpretation

La police utilise un « taser » contre un enfant de onze ans. Ce ne devrait pas être permis, disait la BBC, il y a quelques jours.

L’information disait aussi que l’enfant menaçait les policiers avec un couteau.

L’information de la BBC ressemble souvent à cela. D’un côté, elle dénonce les agissements de la police, mais, de l’autre, sans s’en rendre compte ?, elle décrit un pays sans foi ni loi. Ce qui est très inquiétant pour le gros de la population.

Cela peut donner une idée des raisons d’un phénomène souvent décrit par la systémique : l’énantiodromie. (Nos actions donnent le contraire de nos intentions.)

La presse ressuscitée ?

Les Echos gagneraient beaucoup d’argent avec les événements qu’ils organisent, me disait-on. C’est derniers temps, je rencontre pas mal de titres qui font de même.

Aurait-on trouvé une solution à la crise de la presse ?

Si c’est le cas, elle serait paradoxale. La presse a été victime du numérique. Et elle lui survit en prenant son contre-pied : « l’événementiel ».

Une stratégie digne du stratège chinois ? Attaquer la faille de l’adversaire. Celle du numérique, c’est le lien social.