Alzheimer

Depuis quelques temps ont entend dire que la maladie d’Alzheimer aurait un traitement.

Mardi dernier les informations de la BBC en parlaient et rappelaient, incidemment, qu’il y avait eu deux morts pendant les tests du produit.

Ce qui montre probablement qu’une science sans risque n’existe pas. Et que le principe de précaution est d’un maniement délicat.

Déconfinement durable

Paradoxe. Le gouvernement fait comme si l’épidémie était finie. Alors que les riches Indiens fuient leur épidémie nationale pour s’installer en Angleterre, et que l’on parle d’une épidémie en Tunisie. Comment la France peut-elle se protéger de pays avec qui elle a des contacts aussi étroits ? 

Il faut savoir parfois soulever les soupapes quitte à prendre des risques ? Si l’épidémie repart, au moins, l’opinion ne critiquera pas le gouvernement de l’avoir tenu inutilement confinée ? De l’art du bon usage du principe de précaution ?

Précaution relative

On nous répète que, sans vaccin, point de salut. Or, il y a aussi des doutes sur la possibilité de sa mise au point, et des traitement alternatifs semblent exister. Pourquoi ne parle-t-on que de vaccin ?

Mais surtout, étrangement, il n’est plus question de principe de précaution. Même, on semble tenter tout et n’importe quoi. On envisage de réduire les phases de test, par exemple. Autre exemple, la fiche wikipedia d’un des candidats, Moderna, dit que certains scientifiques s’interrogent sur les effets de la technique employée : ne pourrait-elle pas modifier notre génome, donc affecter nos enfants ? Bien sûr, on n’en sait rien. Mais on ne peut pas garantir, non plus, avant d’avoir essayé, qu’à long terme ce ne soit pas le cas.

Comment se fait-il que l’on semble faire preuve de plus de prudence lorsqu’il s’agit de culture OGM, que lorsque nous sommes concernés ?

C'est nouveau, ça vient de sortir ? Principe de réalité

On va réduire la quatorzaine à sept jours, disait le ministre de la santé. Certes on est toujours contagieux après sept jours, mais presque plus, et c’est insupportable aux Français de rester confinés.

Pour cela, il annonçait suivre un « principe » dont je n’avais pas encore entendu parler, celui de « réalité ». Un moyen de mettre de l’eau dans le vin du principe de « précaution » ?

(Une prise en compte de la voix du peuple, qui est voix de Dieu, pour les gens qui étudient la communication de crise ? Exercice contre nature pour un Etat jacobin ? Amorce d’un changement ?)

Le principe de précaution doit s'employer avec prudence

LUBRIZOL puis l’épidémie du coronavirus prouvent que le principe de précaution présente un risque de seconde espèce.

Il n’est pas là pour nous protéger, comme on le croit, mais pour protéger nos gouvernants. Or, il peut créer inutilement une crise économique, avec des conséquences sociales dramatiques. Risque de seconde espèce.

Ce qui est en cause, c’est l’état d’esprit de notre gouvernement. Omniscient, il se croit chargé du salut d’une masse d’innocents. Du coup, il est écrasé par les responsabilités. Il triche : précaution !

Solution ? Partage de responsabilités entre le politique et la société civile. Préliminaire : que le gouvernement découvre que nous ne sommes pas débiles, mais, au contraire, que notre expérience et notre compétence le ridiculisent. Qu’il n’est rien. C’est là que commence le respect. Et c’est ce type respect qui inspire ce qui pour le Grec était la vertu ultime du politique : la prudence.

Principe de précaution : victoire par KO ?

En chiffres, l’épidémie de coronavirus semble mineure, et, pourtant, l’économie mondiale s’est arrêtée. Et, des ultra libéraux, comme les USA, aux ultra dirigistes, comme la Chine, il n’y a pas eu d’exception. Même du côté des religions, dont, pourtant, on aurait pu attendre des miracles. La Mecque est vide.

Le principe de précaution répondrait-il à une aspiration fondamentale de l’humanité ?

Problème : peut-on prendre le risque de millions de chômeurs ? En 1929, la crise a eu de fâcheuses conséquences…

Cela conduit à une nouvelle définition du principe de précaution. Il s’agit de construire une société suffisamment solide pour qu’elle n’ait pas besoin de s’arrêter totalement en cas d’accident.

L'attitude paradoxale de l'entreprise à la crise

Je mène une étude sur la réponse de l’entreprise à la crise. Ce qu’il y a d’amusant est que les deux formulations opposées de l’attitude à adopter par rapport à la crise obtiennent une réponse identiquement affirmative de mes interviewés.

  • Ils sont d’accord pour dire que leur activité va être réduite de 30 à 50%, et qu’ils doivent adopter les mesures qui s’imposent. (Le patron de PME serait-il un adepte du « principe de précaution » ?)
  • Mais, lorsqu’on leur dit que l’histoire montre que c’est dans les crises qu’émergent les leaders de demain, ils trouvent que c’est une évidence. 

Précaution

Fin de l’hiver. Nous avons survécu grâce au conseil du gouvernement. Il nous a rappelé, plusieurs fois par jour que « la grippe est là ». Puis : attention à la « vague de froid » !

« Principe de précaution » ? Ce terme semble avoir deux sens. Le vôtre et le mien, c’est à dire pas grand chose. Et celui du gouvernement, la peur d’être attaqué, accusé, renversé. Ce qui explique, à l’envers, la furie des promoteurs du « principe d’innovation », dont Louis Gallois fut le champion. Ces gens sont frustrés par un gouvernement qui a peur de tout.

On s’attendrait à une lutte fratricide au sein de notre élite dirigeante. Or, c’est contre nous que se tourne l’ire de ces gens. Les choses n’ont pas changé depuis la nuit des temps : le peuple est toujours victime de guerres qu’il ne comprend pas ?

(Un livre sur le sujet.)

Dangereuses lentilles de contact

J’ai eu des problèmes de vue. Aux urgences, on m’a immédiatement demandé si je portais des lentilles. Apparemment, le verre de contact provoque des irritations. Cela pourrait venir de ce que lui ou sa manipulation troublent le « microbiome » de l’oeil, les bactéries qui s’y trouvent, disent des chercheurs.
Researchers at NYU Langone Medical Center say they have identified a diverse set of microorganisms in the eyes of daily contact lens wearers that more closely resembles the group of microorganisms of their eyelid skin than the bacterial grouping typically found in the eyes of non-wearers.
Il y a quelque-chose de désagréable dans le progrès tel qu’il se pratique actuellement. Une innovation est généralement suivie par des conséquences néfastes. Ne faudrait-il pas la tester longtemps avant de la mettre en circulation ? Mais alors, plus aucune entreprise ne voudrait innover ? Mais est-ce le rôle de l’entreprise ? Il a fallu des générations pour mettre au point la plupart des grandes découvertes. Ce à quoi sert l’entreprise, n’est-ce pas diffuser, voire mettre au point, mais pas faire des recherches fondamentales ?

Extinction de masse

La sixième extinction de masse bat son plein, dit Le Monde. Elle est causée par l’homme. Elle semble surtout aller particulièrement vite. On parle d’années, alors que ces prédécesseurs avaient demandé des millions d’années. Apparemment, l’homme serait le prochain sur la liste.
Ce qui m’a rappelé ce que dit Nassim Taleb : l’espérance de vie d’une espèce est fonction de son ancienneté. Plus elle est récente, plus elle est fragile. 
Comment réagissons-nous ? On essaie de sauver ce qui peut l’être. Mais, curieusement, on ne se demande pas ce qui, dans notre action, produit cette hécatombe. Cela semble être la modification des conditions de vie… Peut-être que si nous parvenions à comprendre comment les faire évoluer sans les détruire, nous résoudrions la question de la survie de notre propre espèce ?