Ouest coupable ?

On entend que le bon M.Poutine n’aurait fait que répondre aux manoeuvres de l’Ouest.

Ceux qui disent cela estiment que l’Amérique est une menace pour nous. Hier, ils pensaient que c’était l’Islam. Ils ne semblent pas s’inquiéter de ce que le bon M.Poutine soit prêt à liquider la planète dans une apocalypse nucléaire.

En fait, ce blog leur donne raison. L’Ouest, ou du moins son « élite » au pouvoir, a voulu faire le « bien » mondial. Pour cela il a voulu faire tomber les régimes qui ne respectaient pas les « droits de l’homme ». Par exemple au Moyen-orient. Il en est résulté un chaos.

Avant cela le « consensus de Washington » a voulu imposer le modèle capitaliste partout dans le monde. Là aussi c’était pour son bien. Ce qui a produit une série de crises extraordinairement violentes et meurtrières, en Russie, en Turquie, en Asie et en Amérique latine. Curieusement, on découvre que tous ses gens nous veulent du mal…

Il en a été de même entre l’Allemagne et la France, pendant un siècle. Pour différentes raisons, la France a dévasté l’Allemagne, qui n’était pas encore unifiée. L’Allemagne, unifiée, a voulu se venger, ce qui nous a valu trois guerres, dont deux mondiales, alors que la France avait oublié ses pulsions guerrières, et pardonné à l’Allemagne tout le mal qu’elle lui avait fait, généralement pour le bien de l’humanité, d’ailleurs.

Pour éviter de persévérer dans ce type d’erreurs, il faudrait peut-être dissocier « juger » et « condamner » ?

Ukraine : la guerre sans fin ?

Depuis quelques temps, on entend que la Russie manque de composants pour son armement. 

Affaires étrangères de Christine Ockrent (le 3 septembre) disait aussi que l’Occident donne à l’Ukraine assez d’armes pour empêcher les Russes de prendre l’avantage, mais pas assez pour lui infliger une défaite. 

Volontairement ou involontairement, l’Occident cherche-t-il à ce que ce soit une guerre sans fin ? Que la Russie soit prise dans un piège systémique : que les peuples frontaliers qu’elle cherche à déstabiliser pour créer un rempart avec le monde, soient des sources permanentes d’instabilité la maintenant en état végétatif ?

Iouri Andropov

Iouri Andropov n’est pas qui je pensais. 

A l’occasion d’une nuit des espions de France Culture, une émission d’Alexandre Adler a été rediffusée. Elle parlait, en partie, de Iouri Andropov. J’en avais un souvenir inquiétant : un patron du KGB prenant la tête de l’URSS, et mort prématurément. 

En fait, il aurait été le précurseur de la Glasnost. Un modéré intelligent. Il aurait pensé que la seule façon de sauver l’URSS, qui allait mal dans les années 70, et présentait les symptômes de pourrissement avancé, qui ont ressurgi dans les années 90, était une dose de pragmatisme (de « sociale démocratie » ?). Pour cela, il a dû contrer une courant concurrent, qui aspirait au Stalinisme et à un rapprochement avec la Chine. Il est parvenu à éviter une intervention soviétique en Pologne, que tramait ce camp. Ce serait ce dernier qui aurait commandité une tentative d’assassinat du pape, polonais, car celui-ci menaçait, en cas d’invasion, de mourir en martyr pour son pays… Mais, aussi, il a fait une efficace guerre à la corruption.

M.Poutine, l’anti Andropov ? Une carrière médiocre, un intellect limité, un passé d’oligarque, et, finalement, la guerre ? 

Hongrie antisémite ?

L’autre jour on parlait à nouveau de la Hongrie. Parce que, décidément, elle fait le jeu de M.Poutine ? 

Non. Parce que son dirigeant a dit qu’il ne voulait pas d’un « mélange de races ». 

Qu’il fasse ce qu’il veut pour aider M.Poutine, mais qu’il ne dise jamais d’aussi vilains mots ? 

Et si nos bien pensants étaient les idiots utiles des dictateurs ? 

Identité de la France

M.Poutine a pensé, un temps, être du côté de l’Occident contre l’islamisme. 

En y réfléchissant, il avait peut être des raisons de le croire. Selon certains des textes commentés par ce blog, les USA ont puissamment contribué au renouveau d’un Islamisme combattant

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis ? a peut-être pensé M.Poutine. Mais était-ce aussi simple ? Les USA sont un Etat profondément religieux. Ils tendent à aimer tous les peuples religieux. L’URSS, par contraste, est un descendant direct de la France laïque. 

Que le monde est compliqué ? Qui sont nos véritables amis ?… 

Voilà peut-être pourquoi nos partis politiques font fausse route, qu’ils soient libéraux pro américains, ou, par réaction ?, pro Russes. Il n’y a pas de salut à l’étranger. Nous sommes nos seuls amis. Et c’est pour cela qu’il est certainement utile de se pencher sur notre identité collective. 

Dans la tête de Vladimir Poutine

La BBC poursuit son étude de Vladimir Poutine. 

Comme le dit ce blog, « j’ai toujours tort ». J’avais entendu parler de ses tentatives de désinformation, d’anciens espions assassinés… Mais je ne savais pas toute l’histoire. Mme Clinton, à l’époque Obama, a probablement fait intervenir la CIA pour monter la société russe contre M.Poutine, qu’elle a qualifié de « nazi »… Il se vengerait, à la russe. Quant aux espions, ils avaient recommencé à espionner après s’être engagé à ne pas le faire. Dans ces milieux, la sanction de ce type d’agissement est la mort. 

M.Poutine répéterait qu’il ne faut jamais se montrer faible. Il se reproche peut-être de l’avoir été avec l’Occident. Il a essayé de s’en approcher. Mais il a été abusé. 

Il a peut-être aussi compris que l’Occident était le pire ennemi de l’Occident. Que ce que l’on appelle le « libéralisme » était son chant du cygne. Il dit que c’est un crime contre l’humanité (selon une autre émission de la BBC).

En tous cas, il semble se préparer une fin pitoyable. Il est possible qu’il soit malade. Son pays est faible. Il est conscient de ne pas avoir de successeur, et il est terriblement inquiet pour l’avenir de la Russie. 

Ce serait une triste histoire, s’il ne massacrait pas des êtres humains. 

La soft power de Vladimir Poutine

Qu’est-ce qui fait le charme de Vladimir Poutine ? Pourquoi découvre-t-on aujourd’hui qu’il semble susciter un tel intérêt en France, en particulier ?

Il n’a pourtant pas un physique avantageux, ou la séduction de Bill Clinton. 

D’après BBC4, qui produit une enquête sur son compte, il se voit comme le rempart de l’humanité contre le « libéralisme ». Il faut entendre par libéralisme, avant tout, ce que l’on nomme « idées socialement avancées ». Il y perçoit le signe de la décadence de l’Occident. 

Peut-être représente-t-il le simple citoyen, son « bon sens » et ses valeurs terriennes ?

Si cette analyse est juste, cela a plusieurs conséquences. 

  • L’influence de M.Poutine ne s’expliquerait pas, comme on l’a entendu, uniquement par l’action de ses services secrets sur nos esprits faibles. (Ce qui paraissait inefficace, et donc ne pouvait pas être une cause d’inquiétude.)
  • L’appui du Français à l’Ukraine n’est peut-être pas aussi solide qu’on le dit. S’il n’y avait pas l’agression russe, elle serait vue comme un affrontement entre les valeurs « socialement avancées » de M.Zelinsky, et le conservatisme de M.Poutine. 
(A noter que la Russie du 19ème siècle se croyait aussi une sorte d’universalisme messianique : enseigner aux hommes l’humanité.)

M.Poutine : lost in translation ?

La guerre en Ukraine illustre peut-être l’intérêt de ce que l’on appelle « l’inter culturel ». 

M.Poutine n’a pas compris les subtilités de l’âme occidentale. Il a cru initialement qu’il y avait la civilisation et la barbarie. Il avait vu, correctement, la montée de l’islamisme. Et il pensait qu’il fallait faire front commun. M.Poutine n’avait pas saisi que l’Occident voyait le Tchétchène comme une nation colonisée, et non comme un islamiste. Et, d’ailleurs, l’Occident n’avait pas perçu l’islamisme comme une menace. En outre, comme le disaient les Indiens, l’Occidental a une « langue fourchue ». Si vous lui faites confiance, il en profite. 

Mais l’Occident a aussi ses règles du jeu. Il faut jouer avec. Seulement, apprendre ce jeu est difficile pour un homme seul. Alors, M.Poutine s’est senti trahi, et il en est revenu à la tactique immémoriale de la Russie : se replier sur soi, en créant une zone tampon aux alentours, de pays instables. 

L’affaire ukrainienne a mal tourné. En fait, M.Poutine avait raison : les Ukrainiens ont beaucoup du Russe. Et on ne peut pas attaquer 50m de Russes avec 200.000 soldats. En outre, il n’avait pas compris l’état de son armée, et prévu les réactions occidentales. La BBC dit qu’il avait mal interprété le succès de ses troupes en Syrie. 

Tout cela n’est qu’hypothèses. Mais, si elles sont justes, cela signifie que M.Poutine est rationnel, et, peut-être, que, comme de Gaulle en Algérie, il cherche à avoir un avantage suffisant pour pouvoir négocier en position de force un désengagement de ses troupes. Avec, en sus, l’établissement d’une zone tampon avec l’Ouest. 

Qui est Monsieur Poutine ?

BBC4 consacre une série d’émissions à la vie de Vladimir Poutine. Ce que j’en retiens :

Une jeunesse pauvre, dans les rues d’une URSS, qui souffre encore d’une guerre terrible. Tout enfant, il veut entrer au KGB, et lui rend visite pour savoir ce qu’il faut faire pour cela. On lui répond : des études de droit. Il étudie le droit. Entre au KGB. Y fait une carrière terne. Il est agent de liaison. C’est un besogneux. Puis la Russie s’effondre. Après un moment où il envisage d’être taxi, il est collaborateur d’un de ses anciens professeurs de droit, un libéral brillant, qui devient maire de Moscou. Mais celui-ci disparait. Survient la grande crise. Poutine, toujours homme de liaison, organise l’approvisionnement de Moscou. Il fréquente tout le monde, y compris la Mafia, et s’enrichit. Il aurait pu être oligarque. C’est sa capacité d’organisation et sa fiabilité qui le font repérer par les faiseurs de roi, qui doivent remplacer Heltsine, en fin de vie éthylique. Il devient président. 

Il semble avoir pensé, initialement, que la Russie était du côté de l’Occident. La civilisation contre la barbarie : la menace islamique. La sienne était Tchétchène. Mais l’Occident lui a répondu « droits de l’homme ». Lorsque les dits Tchétchènes ont pris des otages, il a tué les otages et les Tchétchènes. Ce qui est, en substance, ce que recommande les traités de négociation, mais pas les droits de l’homme. L’Occident l’a critiqué. Il s’est senti abusé. 

Quant les oligarques, qui s’étaient emparés des biens de l’Etat, ont cru pouvoir faire jouer la démocratie, comme le font les milliardaires occidentaux, il leur a fait entendre qu’il ne les ennuierait pas, s’ils ne s’occupaient pas de politique. Et même qu’ils pouvaient s’enrichir honteusement, en servant sa politique. Pour leur malheur, quelques-uns ne l’ont pas compris. Peut-être aussi pour le malheur de l’économie russe.

Le peuple russe le vénère, parce qu’il lui a rendu sa fierté. Au moment de la chute de l’URSS, le pays était tombé plus bas que terre. Les experts occidentaux venaient sans cesse lui faire la leçon. Sous la présidence Poutine, le pays s’est relevé. Avec la hausse des prix du pétrole, il a même connu un moment de prospérité. 

Apparemment, M.Poutine a envisagé de quitter le pouvoir, pour jouir de la vie, mais a jugé que sa mission n’était pas finie. 

Conclusion ? Il se voit en de Gaulle, et c’est probablement ce qui le définit le mieux. Il a une « certaine idée de la Russie ». Comme celle de De Gaulle ou de Churchill, elle semble manquer de subtilité. Pouvait-il en être autrement ? Les hommes politiques qui ont pris la succession de De Gaulle et Churchill étaient peut-être mieux adaptés à leur époque que ces derniers, mais ils ne furent guère brillants. Or, la situation russe est bien plus compliquée que celle de la France et de l’Angleterre… Le changement, ça ne se fait pas en un claquement de doigts.

La guerre des Vladimir

Je ne peux m’empêcher de comparer M.Zelensky et Greta Thunberg. Tous les deux semblent avoir le même art de la communication. Tous les deux s’adressent aux puissants qui nous gouvernent, en conclave. Ils prennent l’Occident par la morale. Ils lui font des sermons. 

J’imaginais M.Zelensky enfermé dans une cave, et traqué par les forces spéciales russes. Je ne donnais pas cher de sa peau. Or, il est partout. 

Etrange contraste avec M.Poutine. Lui n’arrête pas de vitupérer les valeurs occidentales. Et c’est l’envahisseur qui semble enfermé dans un bunker.