Atomique Poutine, tombeur des nationalités ?

Le génial M.Poutine a créé un précédent. Il a montré que, lorsque l’on possède la bombe atomique, on peut tout se permettre. Personne n’y avait pensé avant lui.

Il peut massacrer l’Ukraine, mais interdit de rendre la pareille à la Russie ! C’est une innovation.

La logique de tout ceci est que, demain, tout le monde sera équipé de l’arme nucléaire.

Si Kim Jong-un pense à commercialiser son savoir-faire, il va faire de son pays une nouvelle Arabie saoudite.

Le sort de l’humanité tiendra alors au hasard, à un éternuement. A moins qu’elle ne parvienne à s’auto-contrôler. Ce qui mettra un terme à l’ère des « nationalités ».

Monde fragile

Comment caractériser notre société en un mot ? Question que l’on retrouve régulièrement dans ce blog.

« Ultra fragile » ? Cela semble avoir été le résultat des politiques publiques menées depuis 50 ans. Résultat, aussi, des aspirations de la société ? D’une partie de celle-ci ?…

Le plus étrange, peut-être, est qu’une société fragile semble attiser, voire créer, les appétits de destruction. L’Allemagne d’avant guerre se gargarisait de « néant ». Il n’est pas certain que ce ne soit pas le fond de la pensée d’un président Poutine et de la clique qui l’entoure. S’il n’y avait pas d’empire russe, l’homme mériterait-il de vivre ? M.Poutine est un « stress test » vivant pour la l’humanité, au moins pour l’Europe.

En effet, ce monde n’est pas que « fragile ». Il est aussi irrespirable. Il est « absurde », au sens philosophique du terme. Tout le monde, du petit jeune de bonne famille au vieux patron de PME ringard, aspire à faire quelque-chose qui ait « du sens », un « impact ». Cela ne prend généralement pas la forme du manifeste de Greta Thunberg, mais on retrouve partout le même esprit. On fait du Greta sans le savoir.

La grâce de De Gaulle

Surprenant retour en grâce de De Gaulle. Tout le monde semble s’en réclamer.

Le plus étonnant est le cas du FN. Car, après guerre, temps où le général faisait l’unanimité, il semblait le seul à lui en vouloir, et à mort.

D’après la BBC, c’est même le héros de Vladimir Poutine. (Qui a eu un moment d’hésitation entre lui et Napoléon.)

M.Poutine a des raisons pour voir une ressemblance entre leurs histoires. Tous les deux sont sortis de l’anonymat, et d’une carrière médiocre, pour prendre la tête de leur pays. Mais, le général de brigade, à titre provisoire, de Gaulle, en plus, a fait un coup d’Etat. M.Poutine a été amené au pouvoir. Après avoir été oligarque, ce qui aurait été inacceptable pour le général.

En France, on rêve probablement de suivre quelqu’un comme de Gaulle, alors que lui n’aurait certainement eu que du mépris pour ce désir, et voulu que l’on imite son exemple : c’est-à-dire que l’on agisse en être responsable.

Attirer les incapables est le drame du leader ?

(Mais aussi susciter des imitateurs ? On raconte que les putschistes d’après guerre se réclamaient de l’exemple du général…)

Campagne de Russie

Les éléments semblent se conjuguer pour attaquer les fondations de notre société, dis-je, depuis quelques-temps. En fait, M.Poutine est peut être le plus résolu et le plus efficace de ces « éléments ». Il cherche, systématiquement, ce qu’il peut faire pour disloquer l’Europe. (Article.)

Bien sûr, on ne s’en prend qu’aux faibles. Pas question de défier les USA. Courageux, mais pas téméraire.

Peut-être serait-il temps que nos gouvernements cessent de nous faire croire que nous pouvons dormir en paix, et qu’EdF, par exemple, fera le miracle de remettre ses centrales en fonctionnement. Peut-être devrait-on se demander quelle tactique adopter face à quelqu’un qui nous a déclaré la guerre ? Et comment colmater les multiples brèches de notre pays et de l’Union Européenne ?

Jeu turc

La Turquie est une zone sismique à tous les sens du terme.

Non seulement la terre y tremble, mais elle est au milieu de toutes les instabilités politiques.

De chez nous elle semble appartenir à l’axe du mal. Mais sa situation n’est pas enviable. Elle doit ménager la chèvre et le chou. En particulier M.Poutine et l’UE.

En fait, elle cherche à transformer un mal en bien : utiliser sa position centrale (notamment entre les gazoducs et oléoducs qui relient les producteurs d’énergie à l’Europe, sans passer par la Russie), pour en tirer des droits de passage élevés. Mais le faux pas peut être fatal.

Voici ce que je retiens d’une conférence du Comité France Turquie, de la semaine dernière.

Décadence

Régis Debray parle de décadence de l’Europe. Un invité de Mme Ockrent disait que MM.Poutine et Xi partageaient son opinion. Qu’ils avaient été convaincus par la lecture de puissants auteurs occidentaux (parmi lesquels ne se trouve pas Régis Debray).

L’Europe n’a pas de pire ennemi qu’elle même ?

Et, si, maintenant que l’on a connu un âge des ténèbres, on songeait à renaître ?

On pourrait s’inspirer de notre 15ème siècle ou d’Israël. Ils ont choisi une culture qui leur plaisait, et ils s’en sont servis pour inventer une culture propre. Et si Régis Debray renaissait en du Bellay ou en Ronsard ?

Originalité russe

La particularité de l’Occident est peut-être de se haïr. A moins qu’il ne veuille se faire aimer ?

Certains prétendent qu’il est le mal incarné. L’inventeur du colonialisme. D’autres vous parlent « d’atlantisme » comme de la peste. On peut imaginer que chacun pense que l’étranger saura distinguer le bon grain (lui) de l’ivraie (nous).

La Russie a des leçons à nous donner. Le bon M.Poutine, homme de grand QI, n’a aucun complexe à utiliser ses armes, et à faire tuer les autres et les siens, en foule. On aurait parlé de de patrie et de gloire aux temps anciens.

Et l’Ouest ? Il répond par des sanctions. Et il n’utilise les armes que lorsque d’autres ont utilisé les armes.

Qui préférez-vous ? Choix de société ?

Comment gagner une guerre ?

La Russie a perdu un tiers de son contingent, et nous l’équivalent, si l’on compte les civils. Si l’on veut gagner la guerre, il faudra tuer un tiers des réservistes que nous envoie M.Poutine, et donc perdre l’équivalent. Voici, en substance, ce que disait une invitée ukrainienne de Christine Ockrent (Affaires étrangères, sur France Culture), il y a quelques temps.

Avait-elle compris la logique de la guerre ? De toutes les guerres ? C’est la révolte de l’innocent, pas la valeur du militaire, qui les fait gagner ou perdre ?

Quant à nous, Européens, nous sommes trop innocents pour la comprendre ?

Mérites de la démocratie

Liz Truss change de programme. L’Angleterre est passée près du drame. Mais, la banque d’Angleterre a réagi à temps. Et les collègues de Mme Truss semblent l’avoir persuadée qu’elle était allée un peu vite en affaires.

De son côté, M.Poutine a décidé, seul, d’envahir l’Ukraine, et, demain, seul, il décidera d’employer l’arme nucléaire.

Des mérites de la démocratie ?

(Et de la justesse des idées de Churchill ? “democracy is the worst form of government – except for all the others that have been tried.”)

Persuasion nucléaire

M.Poutine est un innovateur. Il a certainement lancé une nouvelle mode. Un nouvel usage de la bombe nucléaire. C’est un nouveau Dr Folamour à la Stanley Kubrick.

Désormais, un pays s’autorise à bombarder nucléairement un autre pays, à condition que celui-ci n’ait pas la bombe nucléaire. Ce qui pourrait empêcher le bombardement de M.Poutine, disait un invité de Christine Okrent, samedi 24, est que raser une ville ukrainienne, pourrait provoquer des retombées sur ses troupes, et désorienter son électronique.

L’enseignement est clair : équipons-nous de l’arme nucléaire.